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Manoir de Runoden (Caouënnec-Lanvézéac)

Dossier IA22017440 réalisé en 2011

Fiche

Destinations maison, ferme
Parties constituantes non étudiées dépendance
Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Lannion
Adresse Commune : Caouënnec-Lanvézéac
Lieu-dit : Runoden

Cet ensemble bâti ancien, à la fois résidence seigneuriale et exploitation agricole, est situé à 700 mètres à l'ouest du bourg de Caouënnec-Lanvézéac et à 63 mètres d´altitude. Il se trouve à 130 mètres à l'est de la rivière nommé le Guindy et à proximité immédiate d'une source. Le manoir est isolé dans la campagne ; on y accède uniquement par le nord-est via le hameau de Kerléo. Le toponyme "Runaudren" est mentionné en 1503 et à plusieurs reprises au cours du 18e siècle ; il est orthographié "Runoden" sur le cadastre de 1826. Son origine est vraisemblablement "run" qui signifie la colline, le tertre en breton et "dolen" (pluriel de "dol") qui se rapporte aux méandres ou à des prairies inondables, ce qui correspond très exactement à la géographie du lieu sur la rive orientale du Guindy.

Le manoir de Runoden a été fondé par la famille homonyme : on sait que Alix Menou, dame du Quellenec en Cavan et mariée à un du Bot de Kermaria-Sulard est citée comme dame de Runaudren en 1473. Jean du Bot, son fils, est lui-même seigneur de Runaudren en 1493. Selon Pol Poitier de Courcy, ces armoiries sont "d'argent à trois merlettes de sable ; alias : d'argent à la face de sable, accompagné de trois merlettes de même écartelé du Quiniou". En 1503, Plézou du Bot, mariée à Roland de Rosmar, seigneur de Runangoff est mentionnée comme dame de Runaudren. Jeanne de Troguindy hérite de Runaudren et Quellenec en 1504 ; elle a épousé Jean Quélen.

Au 16e siècle, la seigneurie de Runaudren possédait le droit de moyenne justice. Arthur de Rosmar, seigneur de Runangoff et du Quellenec-Bihan, époux de Catherine de Plouezoc'h est cité comme seigneur de Runaudren en 1535 et en 1552. Jean de Rosmar, fils des précédents, seigneur du Quellenec-Bihan, époux en 1559 de Jeanne de Kergorlay, est seigneur de Runangoff et de Runaudren en 1583.

Amaury Jacob de Kerjegu est seigneur de Runaudren en 1633. En 1673, la seigneurie de Runaudren appartient au dénommé Claude de Coëtloury. Yves de Coitloury, fils de Claude, seigneur dudit lieu fournit un aveu mentionnant la terre de Runaudren en 1695. Selon l’aveu fourni par Yves de Coitloury, la terre de Runaudren située dans la trève de Caouënnec comprend : "des prééminences dans l’église tréviale", "la métairie noble de Kerleau", "la chapelle Saint-Laurent et les caves situées auprès", "le bois de Coat-an-Quélennec" et de nombreuses terres. La seigneurie de Runaudren possédait une chapellenie très probablement dans sa chapelle privée de Saint-Laurent.

L'édifice actuel comporte des éléments stylistiques datables du 15e ou de la 1ère moitié du 16e siècles (fenêtres à meneau et traverse, porte de style gothique, dispositions intérieures et coussièges) et du 17e siècle.

L´escalier en vis en demi-hors-œuvre sur l'élévation antérieure remonte très vraisemblablement au 15e siècle ; la tour de forme octogonale dispose d´une pièce haute. On compte au moins deux campagnes de construction : la partie de droite, orientée vers l'est, semble être la plus ancienne ; elle comporte un escalier en vis en demi-hors œuvre sur l´élévation antérieure qui devait permettre d'accéder à une grande salle haute sous charpente. Datable du 17e siècle, la partie de gauche a été très restaurée.

Si l'on se réfère à la photographie prise lors du pré-inventaire de 1969 : plusieurs ouvertures (au moins six, portes, fenêtres et lucarne) ont été reconstituées depuis cette date. Cet édifice n'est pas protégé au titre des Monuments historiques : il était en cours de restauration en 2013.

Période(s) Principale : 15e siècle, 16e siècle
Principale : 17e siècle
Secondaire : 2e moitié 18e siècle

Construit en moellon et en pierre de taille de granite, le manoir de Runoden présente un plan en équerre qui s’articule autour d'une tour de plan octogonal. Cette haute tour flanque la porte principale au décor gothique surmontée d'un emplacement pour des armoiries (disparues) lui-même protégé par un larmier. Derrière la tour - dans l'angle nord-ouest - ont été aménagées des latrines en encorbellement.

La partie gauche du logis est orientée vers l'est, les pièces hautes (salles sous charpente) sont desservies par un escalier en vis situé dans une tourelle en demi-hors-œuvre en façade antérieure. Cette tourelle a pour particularité une mise en œuvre en pierre de taille, une porte extérieure à linteau sur coussinets et des ouvertures allongées (à caractère défensif ?).

La partie droite du logis est orientée vers le sud. En alignement se dresse une grange-remise (édifice très restauré). La façade nord présente des percements récents et des lucarnes qui témoignent de la transformation de l'édifice en ferme.

Les fenêtres du manoir - étroites ou larges - sont à linteau en accolade et appui saillant typique du 16e siècle : certains éléments ont été restaurés ou restitués. Les portes sont en arc brisé ou à linteau droit orné d'une accolade.

A l'intérieur, le manoir de de Runoden conserve de nombreux éléments de confort comme des fenêtres à coussièges, des cheminées, des passe-plats ou passe-bouteilles, des niches murales - crédences ou encore une console.

Murs granite moellon
granite pierre de taille
Toit ardoise
Étages 1 étage carré
Escaliers escalier intérieur : escalier en vis avec jour, en maçonnerie
États conservations bon état, restauré

Recensement réalisé sur le terrain par Tristan Le Nedellec.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Iconographie

    20122213607NUCA : Archives départementales des Côtes-d'Armor

    20122213609NUCA : Archives départementales des Côtes-d'Armor

    20102201788Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 30_22_69_bande1.

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