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Manoir de Trévenou (Langoat)

Dossier IA22132067 réalisé en 2013

Fiche

Destinations ferme, maison
Parties constituantes non étudiées dépendance
Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Tréguier
Adresse Commune : Langoat
Lieu-dit : Trévenou, Adresse : ,
Cadastre : D 847

Cet ensemble bâti ancien, à la fois résidence seigneuriale et exploitation agricole, est situé à l'extrémité occidentale du territoire de Langoat (à 4 000 mètres à l'ouest-sud-ouest du bourg) et à 29 mètres d´altitude. Il s'agit d'un ancien lieu noble qui disposait autrefois d'un moulin à eau, d'une chapelle et d'un colombier. Selon certains historiens, dont André-Yves Bourgès, "Trevechnou" en Langoat pourrait être le lieu-dit cité dans la Vie de saint Maudez. En effet, la fontaine Saint-Maudez pourrait être localisée à proximité de Trévénou.

Le toponyme est orthographié "Trevénou" sur le cadastre de 1836 ; dans les archives seigneuriales : on trouve "Treveznou" ou encore "Trevennou" ; le lieu-dit s'écrit aujourd'hui sur les cartes de l’Institut géographique national "Trévénou".

Ce manoir du 15e siècle, vraisemblablement reconstruit en 1610, a appartenu aux familles de Tréveznou (ramage de Kerouzy) dont les armoiries sont "D'or au lion de sable, qui est Kerouzy, l'écu semé de tourteaux de gueules", de Larmor (Olivier de Larmor en 1541), de Trogoff (Yvon Tuongoff : ?), de Rosmar de Kerdaniel, Nicol (1735) et Rogon (1768). La seigneurie possédait à l'origine un droit de moyenne et basse justice et s'étendait à Lanmérin et Trévenou.

En 1683, d'après la déclaration de l'abbé commendataire de l'abbaye de Bégard, nous avons trois frairies à Langoat : Lezeven (AD22 : IE 1604), Kervenou (AD22 : IE 1608) et Trevenou (ADCA : IE 2234). Subdivision de paroisse apparue au Moyen Âge, la frairie possédait souvent son saint protecteur et sa chapelle.

En 1734, les recteurs de Coatréven et de Louannec reconnaissent être vassaux de la dite seigneurie de Trezvenou, y devoir "foi, hommage, chambellenage, lods, ventes, droits et devoirs seigneuriaux selon la nature du fief et coutume du pays, néanmoins exempts de rachat dans l'étendue du minihy de Tréguier" (LE GRAND, 2002). Un "minihy" est un mot breton qui dérive du latin "monachia" : il désigne un "territoire monastique".

Le manoir de Trévenou (cad. D 847) est inscrit au titre des Monuments historiques depuis le 5 novembre 1970. Si l'édifice a subi un incendie en 1993, il a été restauré par la famille Perrot, propriétaire depuis 1995 (LE GRAND, 2002).

Période(s) Principale : 15e siècle , (?)
Secondaire : 1er quart 17e siècle
Secondaire : (?)
Dates 1610, daté par tradition orale

Le manoir de Trévenou se trouve à proximité immédiate de la rivière du Guindy. Selon le cadastre, on y accédait en passant par le "chemin de Trévennou à Kermouster" puis par une allée orientée vers l'ouest et donnant sur une entrée monumentale puis la cour. En empruntant deux ponts et en franchissant la rivière, le bourg de Lanmérin est distant de 1000 mètres à l'ouest.

Construit en pierre de taille de granite, le manoir affecte un plan en T. La façade orientale présente une porte en arc plein cintre armoriée de style Renaissance accessible par un perron et des fenêtres aux allèges percées d'ouvertures de tir.

La particularité de ce manoir est de posséder un niveau en sous-sol servant à la fois d'espace de stockage (cellier et réserves) et de d'espace de vie chauffée. S'agit-il des vestiges de la résidence seigneuriale primitive ?

Murs granite pierre de taille
Toit ardoise
Étages 1 étage carré
Escaliers escalier intérieur : escalier en vis, en maçonnerie
escalier intérieur : escalier droit, en maçonnerie
États conservations restauré
Statut de la propriété propriété privée
Protections inscrit MH, 1970/11/05
Précisions sur la protection

Manoir de Trevennou (cad. D 847) : inscription par arrêté du 5 novembre 1970.

Annexes

  • "Dans le regaire de Trégier" par Henri Frotier de La Messelière, 1938

    "Tréveznou est une belle construction du 16e siècle, malheureusement démolie en partie. Les vastes salles du rez-de-chaussée renferment deux cheminées monumentales d'un beau style Renaissance. C'était un manoir à cour close, portail, chapelle et colombier, en partie disparus, avec prééminences d'église à Langoat et juridiction, dite de Tréveznou-Kerlastre, en Langoat, Lanmerin, Quemperven et Rospez, relevant de l’Évêque et du Roi. Acquis, vers l'an 1500, par Olivier de Larmor, Tréveznou fut porté par sa petite-fille aux de Rosmar de Kerdaniel. Devenu propriété des Rogon de Carcaradec, il est passé, par alliance, vers 1863, à la famille de Broc de la Ville-au-Fourrier, qui le possède encore".

  • Notice des Monuments Historiques extraite de la base Mérimée (PA00089247 ; 1992)

    "Construction du 16e siècle en partie démolie. Les salles du rez-de-chaussée renferment deux cheminées Renaissance. L'une est décorée de sculptures au-dessus de la corniche à denticules ; l'autre, très classique, a des pilastres et des triglyphes. Les armoiries furent mutilées à la Révolution. C'était un manoir à cour close. Le portail, la chapelle et le colombier ont en partie disparu. Le corps de bâtiment a été amputé d'un étage. La liaison des deux bâtiments d'angle comprend une avancée à pan coupé. La menuiserie de l'ouverture du haut, à l'intérieur, possède en son centre une cariatide".

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