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Moulin à eau de Kermerzit (Trémel)

Dossier IA22132305 réalisé en 2014

Le moulin à eau de Kermerzit à Trémel

Le moulin à eau de Kermerzit était alimenté par le Yar. Cette installation hydraulique permettait de récupérer et de transformer l'eau en mouvement en énergie, via une roue, des engrenages et un arbre relié à une meule. La grande roue verticale (disparue) était alimentée par le cours d'eau via un bief, canal artificiel long de 230 mètres lui-même alimenté par un déversoir, dont on pouvait réguler l'alimentation et le débit en eau. Il était également possible de couper totalement l'alimentation en eau du bief afin mettre en repos l'installation ou d'opérer des travaux de maintenance. A noter que le pont routier du 19e siècle - en amont - reliant Trémel et Plufur dispose de deux arches : l'une - la plus large - pour le cours d'eau, l'autre pour le bief.

Le moulin banal appartenait à la seigneurie de Kermerzit depuis le 16e siècle au moins. C'était également un lieu de franchissement du cours d'eau vers la paroisse limitrophe de Plufur comme le montre le cadastre de 1848.

Si la porte nord en arc plein cintre du logis est daté par millésime de 1730, le moulin a été remanié aux 19e et au 20e siècles (percement de plusieurs fenêtres). L'intérêt du moulin à eau de Kermerzit réside dans la conservation exceptionnelle du mécanisme des deux meules. Une pièce de ce mécanisme (la poutre frein) est datée 1861.

Dans certains moulins comme ici à Kermerzit, on trouvait deux meules ou "pierres à moudre" : la première servait à la mouture grossière de l'orge, du blé ou de l'avoine, la seconde, au grain plus fin, à la mouture du blé tendre (froment) et du blé noir (sarrasin). Au moulin de Kermerzit, les deux meules (donc au total 4 pierres à moudre) sont accessibles par un plancher de poutres de chêne supporté par des piles en pierres de taille de granite. Cet entresol est desservi par deux petits escaliers latéraux en maçonnerie.

Le "rouet" porte des dents en bois qui permettent de faire tourner la "lanterne"ou pignon. Les dents nommées "alluchons" ou "harassons" sont souvent en acacia ou en pommier car c'est un bois très dur et résistant à une friction continue. Au besoin, une poutre en bois peut freiner l'arbre de la roue : l'une d'entre elles est ici datée de 1861. Ce système repose sur la présence et l'utilisation de pierres percées en granite qui permettent de recevoir des cales en bois et un système de vis qui peut agir sur la poutre-frein en la montant ou en la descendant à la manière d'un frein à tambour.

A l'étage supérieur du moulin (par rapport aux meules), les grains en sac étaient versés dans un grand entonnoir en bois nommé "trémie" et tombaient par gravité dans le trou central nommé "œillard" de la meule supérieure. Autour de chaque meule devait se trouver un coffre en bois nommé "arche" ou "archures" - le plus souvent de forme octogonale, servant à collecter les farines. Un compartiment (simple boite en bois) ou une auge permettait de stocker la farine avant sa mise en sac. La "bluterie" ou blutoir permettait de séparer le son et les impuretés de la farine. Certains dispositifs facilitent la vie du meunier comme le monte-sac... Un treuil ou cabestan permettait de lever si besoin, la meule dite "tournante" pour son entretien.

Si la majorité des moulins à eau servait à moudre des céréales - notamment panifiable, les roues pouvaient également servir à mettre en mouvement une scie (à ruban pour scier en long des poutres par exemple), un martinet de forge ou des maillets à foulon (pour fabriquer de la pâte à papier à partir de vieux papiers, pour le battage des draps et des toiles de lin afin de les assouplir ou encore pour le tannage des peaux)... Dans le Trégor, de nombreux moulins à farine sont transformés à partir des années 1840-1850 pour servir au teillage industriel du lin. Après l’opération de rouissage et de séchage, le lin était broyé mécaniquement afin de le transformer en filasse.

Dénominationsmoulin, logis, dépendance
Aire d'étude et cantonSchéma de cohérence territoriale du Trégor - Plestin-les-Grèves
HydrographiesLe Léguer
AdresseCommune : Trémel
Lieu-dit : Kermerzit, Adresse : Cadastre :
Période(s)Principale : 16e siècle , (?)
Secondaire : 2e quart 18e siècle, 19e siècle
Dates1730, porte la date
1861, porte la date
Statut de la propriétépropriété privée
Protections