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Moulin à marée de Béquerel (Crac'h)

Dossier IA56007234 réalisé en 2017

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénomination moulin à marée
Parties constituantes non étudiées digue, étang
Dénominations moulin
Aire d'étude et canton Bretagne - Auray
Adresse Commune : Crach
Lieu-dit : Béquerel
Précisions

Le moulin de Becquerel, dont le nom provient de « bec er rel », soit « l' extrémité », « le bout de l'étang du moulin » n'a conservé que ses fondations. Alors qu'il était encore en place, le linteau présentait l'inscription de 1633.

Son activité a cessé en 1962 avec M. Le Corvec, alors meunier salarié.

J-L. Boithias et A. de La Vernhe relèvent que jusqu'en 1923 au moins, ce sera le propriétaire qui gardera le droit de pêche sur l'étang du moulin, une pratique qui remonte au système féodal où les seigneurs prélevaient une partie de la pêche du meunier ou pouvaient complètement le lui interdire.

Période(s) Principale : 2e moitié 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 1ère moitié 20e siècle , (détruit)
Dates 1633, porte la date

Le moulin de Becquerel se situe entre le ruisseau de Pont-er-Rui et la rivière de Crach. Il est placé à l'extrémité est de la digue qu'il flanque en aval. Cette digue, longue de 250 m est réalisée pierres de taille et moellons de granit.

Aujourd'hui à l'état de vestiges, il était organisé selon un plan rectangulaire de 21 m par 7,2m. Ces dimensions proches de 7 et multiple de 7 ne sont pas un hasard. En effet, ce chiffre se retrouve pour de nombreux moulins à marée et particulièrement dans le Morbihan. Il est à associer à la règle du nombre d'or caractéristique des travaux propre au compagnonnage. Ses murs en granit sont d'abord constitués de pierres de tailles grossières pour le soubassement, là où le bâtiment doit résister davantage aux assauts de l'eau et où la chaux ne prend pas, et se continuent par de simples moellons plus haut dans la façade.

Les roues du moulins se trouvaient à l’intérieur et, selon J-L Boithias et A. de La Vernhe la commande du vannage se trouvait dans le moulin même, dissimulée dans un renfoncement du mur spécialement aménagé pour cela. Aujourd'hui il semblerait que des trous dans le sol constituent les traces de ces commandes. Ces auteurs relèvent également que l'estrade des meules ne s'appuyait pas contre le pignon comme c'est souvent le cas du fait des trois roues. Les meules quant à elles étaient composites, composées de plus d'une cinquantaine de morceaux. Aujourd'hui dans le soubassement du moulin il est encore possible de voir l'arbre d'une roue, une meule monolithe et un rouet. Deux autres meules sont laissées en décoration près de l'habitation de l'ancien meunier et sur le moulin.

Les vannes de la double porte mer sont entretenues par la propriétaire et fonctionnent encore. Les galeries de ces vannes sont réalisées en voûtes en pierres qui commencent à se découvrir sous le sable de la digue. Elles sont également surmontées de gros linteaux de granit de chaque côté de la digue. Deux petits escaliers en pierres sont encore visibles, l'un creusé dans la digue permet de descendre côté amont et l'autre, constitués de dalles de pierres indépendantes encastrées dans la digue permet de descendre en aval à l'est du moulin

D'après les anciennes photographies du moulin visible dans le livre de J-L. Boithias et A. de La Vernhe, on observe que le moulin était surmonté d'un toit de chaume disparu avec l'écroulement du bâtiment vers les années 1965. Sa façade aval comptait deux portes hautes qui témoignaient du transit du grain par bateau, mais l'actuelle propriétaire n'en a jamais vu l'usage. Le pignon ouest compte encore une poterne trapézoïdale.

Murs granite pierre de taille
granite
Toit chaume
Étages rez-de-chaussée, sous-sol
Escaliers escalier isolé
Énergies énergie hydraulique produite sur place roue hydraulique verticale
Typologies moulin à marée
États conservations vestiges

La Bretagne compte une forte concentration de moulins à marée, il s'agit pourtant d'un patrimoine méconnu. Le moulin du Béquerel constitue donc un témoignage de cette histoire collective. Encore présent dans la mémoire locale avec son toit de chaume, le moulin s'inscrit dans un site exceptionnel. L'existence passée de trois roues et sa taille conséquente sont également des aspects qui méritent l'attention mais son statut privé rend difficile sa mise en valeur patrimoniale.

Conservation d'une partie du mécanisme (roue)

Statut de la propriété propriété d'une personne privée
Intérêt de l'œuvre à signaler

Références documentaires

Bibliographie
  • BOITHIAS, J.-L., VERNHE, A. De la. Les moulins à mer et les anciens meuniers du littoral : mouleurs, piqueurs et moulageurs. Nonette : éditions Créer, 1989.

Périodiques
  • GUILLET Jacques, Les moulins de la mer. Le chasse-marée, n°5, p.42-57

    Bibliothèque de Rennes Métropole
(c) Région Bretagne (c) Région Bretagne ; (c) GRIEF EA7465 - ENSAB - Nadolski Claire
Claire Nadolski

Chargée d'étude (GRIEF EA7465 - ENSAB)


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