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Moulin à marée du Birlot (île de Bréhat)

Dossier IA22015691 réalisé en 2008

Fiche

  • Vue générale
    Vue générale
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  • Parties constituantes

    • atelier de fabrication
    • digue

Dossiers de synthèse

Précision dénominationmoulin à marée
AppellationsMoulin à marée du Birlot
Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, digue
Dénominationsmoulin
Aire d'étude et cantonCommunes littorales des Côtes-d'Armor - Paimpol
AdresseCommune : Bréhat (île de)
Lieu-dit : le Birlot
Cadastre : 1832 B 3ème feuille, 1417-1418-1420-1421

Sur le cadastre de 1832, le moulin est cadastré en plusieurs parties : l'étang (B1417), la chaussée (B1418 et 1420) et le bâtiment du moulin (B1417). La rocher sur lequel s'appuie la chaussée en son milieu est cadastrée en B1416. C'est en 1632, à l'audience du 29 septembre au duché de Penthièvre, qu'il est à la fois rapporté que le moulin à vent de Crec'h Tarec nécessite des réparations, mais aussi 'que si l'on bâtissait un moulin à mer de revenu de la seigneurie en serait augmenté'. Il s'agit de la première évocation rédigée d'un projet de moulin à marée à Bréhat. Le moulin était en effet un enjeu de pouvoir et de placement financier. En 1633, un contrat de construction fut passé entre le duché de Penthièvre et Jan de Tanouarn, meunier, et en 1638, un contrat d'afféagement pour les deux moulins à vent et le moulin mer. En 1679, un aveu, rendu à la seigneurie de Bréhat, rend compte que les héritiers de Jan de Tanouarn, reconnaissent détenir 'le moulin à mer situé dans l'Isle de Bréhat, le moulin à vent de Crec'h tallec, celui de Crec'h ar Pot et un droit de colombier'. En 1718, le droit de féage a été cédé en indivision à François Corouge, François Lambert et Pierre Guézennec. En 1744, le moulin était fortement dégradé et les Bréhatins 'moulans' refusaient de participer à la corvée d'entretien et de réparations. Cependant, le Parlement donna raison aux afféageurs et la date de 1744, sur une poutre, témoigne encore des travaux accomplis. En 1794, le meunier était Yves Faye, en 1848 ; Yves Querhic faisait valoir les moulins du Birlot et de Crec'h ar Pot. En 1873, le nouveau meunier était Pierre Le Chevanton, dont la famille possédait plusieurs moulins à vent sur la commune de Pleubian. Le moulin du Birlot a cessé de fonctionner en 1916 ou en 1920, selon la tradition orale. Le mécanisme, la roue et les meules sont alors détruits. L'étang du moulin est communal. Avant la Révolution, ce moulin était un moulin banal, appartenant au duché de Penthièvre. En 1810, il pouvait moudre 8 quintaux de farine par jour. En 1848, il produisait 23571 kg de farine de froment, 825 kg d'orge, 728 kg de méteil et 146 kg de blé noir. Après avoir cessé son activité, le moulin fut vendu en 1925 à M° Rouget, qui remplaça le toit en chaume par une couverture en fibro-ciment, puis il fut de nouveau revendu à M° Wague (mime), qui restaura les vannes. Il a ensuite été acheté par le chanoine Bercy, qui devait en 1965 restaurer entièrement le moulin avec l'aide de l'Etat et du Département. Cependant, les travaux ne furent jamais entrepris, en raison d'un malentendu sur la maîtrise d'ouvrage. Le moulin devait encore changer plusieurs fois de propriétaire, avant d'être acquis en 1990 par la mairie de Bréhat. En 1991-1992, une première tranche de travaux a été effectuée par les services techniques communaux sur le bâtiment (rejointoiement et consolidation des murs hauts) et la digue. Une 2ème tranche de travaux a été réalisée entre 1995 et 1996 : comblement de la brèche existant dans la digue au Sud des pertuis, charpente et couverture en chaume, ouvertures extérieures, plancher, reconstitution de l'escalier extérieur). L'association du moulin du Birlot a été créée en 1994 afin de restaurer le moulin dans son intégralité. Les étapes suivantes se sont succédées afin que le moulin puisse retrouver son état d'origine et fonctionner avec un mécanisme neuf reconstitué et sa nouvelle roue en 2002. En 1996, l'association a reçu le 1er prix du concours du Brest 96, par la revue Le Chasse-Marée, pour le patrimoine maritime (prix d'encouragement et de sensibilisation au patrimoine).

Période(s)Principale : 2e quart 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Principale : 20e siècle
Principale : 4e quart 20e siècle
Dates1633, daté par travaux historiques

Le site du moulin est classé mais non le moulin lui même. Le moulin est situé sur la partie Nord-Ouest de l'étang, adossé à l'extrémité Nord d'une digue submersible côté mer, avec une pente accentuée vers le chenal et le flot. L'édifice est accessible côté mer pour les bateaux. Le bâtiment, de belles proportions, est de plan presque carré, avec un étage de soubassement, un rez-de-chaussée submersible et un étage carré. L'édifice a une longueur de 8, 60 mètres, une largeur de 8, 20 mètres et une hauteur de 11 mètres côté mer et 6, 40 mètres sur la digue. Les murs, évasés vers le sol, de 1, 33 mètre de section intérieure et 3 mètres de section à la fondation, sont constitués d'un assemblage de blocs de granite (granite gris de Bréhat), avec un fruit très prononcé de la base au sommet. C'est une construction dite 'à simple maçonnerie', ne formant qu'une seule et même pierre sur les quatre faces, assise directement sur la roche, afin d'éviter les vibrations, lors du fonctionnement hydraulique du moulin. L'angle Sud-Ouest est épaulé par des contreforts réalisés en pierre de taille. Le contrefort Sud est évidé à sa base pour laisser le passage à l'eau du coursier. La toiture d'origine était à croupe, en 4 pans avec faîtage parallèle à la digue. En 1920-25, la toiture a été modifiée. La couverture était en chaume l'origine ; ce matériau a été de nouveau employé pour la restauration. Le moulin comprend neuf ouvertures extérieures, deux portes et une fenêtre en façade à l'Est, deux petites fenêtres et le passage de l'arbre à roue au Sud, une porte haute et une lucarne à l'Ouest et une dernière ouverture à la base du pignon Nord. Les trois petites fenêtres à l'Est et au Sud sont situées sous la charpente et servaient à éclairer la meule. A l'Ouest, la petite lucarne était en surélévation de la maçonnerie et intégrée dans la toiture, pour aérer et éclairer le grenier. La partie inférieure du bâtiment ou caveau était inondée au flot et asséchée au jusant. L'eau passait par les deux ouvertures pratiquées ; celle du Sud permettant le passage de l'arbre et celle du Nord, la visite du caveau pour la vérification et l'entretien de cet arbre et du mécanisme de renvoi. L'une des deux portes au centre de la façade est cintrée, de même niveau que la digue mais elle a été rebouchée. La date gravée sur le linteau de cette porte, 1744, correspond à la date de reconstruction du moulin. L'autre porte, plus haute et autrefois accessible par un escalier extérieur, aujourd'hui reconstitué, permettait d'entrer dans le moulin, même à pleine mer, la chaussée inondée. A l'Ouest, en dessous de la petite lucarne surélevée, se trouvait la petite porte haute caractéristique des moulins qui pouvaient accueillir des bateaux. La digue ou chaussée est formée de deux tronçons qui prennent appui sur un îlot rocheux isolé au milieu de l'étang 'Roc'h Moch'. La longueur de la digue est de 140 mètres de long et sa largeur moyenne de 4 mètres. La digue barre partiellement l'anse du moulin à marée. L'étang, très envasé, constitue une retenue d'eau de mer d'une superficie de 2 hectares et demi, d'une hauteur d'eau maximum à grande marée de 4 à 5 mètres, a une contenance d'environ 30 000 m3, sans apport d'eau douce. La variation du niveau d'eau dans l'étang est assez faible pendant les 8 heures de fonctionnement du moulin. Seule l'ouverture complète des vannes pour le curage de l'étang ou pour la pêche, permettait de le vider. L'étang était très poissonneux et a pu servir de pêcherie. Les passages d'eau ou pertuis, réalisés dans la digue (2 arches) au Nord, permettaient de remplir et de vider l'étang grâce à des portes à marée (équipées de vannes à clapet, en bois, remplacées en 1935 par deux vannes à ouverture manuelle, pour un usage de pêcherie), reconstituées en chêne, lors de la réfection totale du moulin et de la digue. Ces deux passages, sorte de galeries en pierre de taille et moellon, étaient voûtés et pavés, séparés par une mur de refend en pierre de taille. Les vannes à la mer étaient appelées 'portes à mer', s'ouvrant librement sous la poussée du flot et se refermant au jusant. Une vanne à pelle permettait d'orienter le courant de jusant vers la roue dans un canal d'évacuation ou coursier ('kanel'), avec une hauteur d'eau suffisante ou chute d'environ 3 à 4 mètres. La pelle était soulevée par une crémaillère. Le coursier, de 0, 70 mètres de largeur et de 2 mètres de profondeur, recevait une roue unique, actionnée par des pales, sous la poussée de l'eau 'moutale' ('dour mal' en breton). La chute ou déversoir du coursier a une pente de 30 degrés pour accélérer la vitesse de l'eau. La roue ('ar rod vras') verticale à aubes, à simple couronne, mesure 4, 50 mètres de diamètre et est équipé de 8 bras (ou raies) et 32 pales ou palettes d'une largeur de à, 64 mètre, réparties sur la couronne (ou jante). L'arbre de couche reposait sur des coussinets réalisés en dolérite. Une pierre à lubrifier, encore visible sur le pignon Sud et relayée par une goulotte en bois incluse dans l'épaisseur du mur, permettait de lubrifier et de refroidir les points de frottement et d'échauffement de la transmission, notamment le palier interne de l'arbre à roue. Le logis du meunier se situe au Nord de l'étang. Cette maison est classée et fait partie du site classé. Une maquette du moulin a été réalisée en stérodur, avec la technique associée de pyrogravure, par la présidente de l'association, Marion Le Pache.

Mursgranite
moellon
pierre de taille
Toitchaume
Plansplan carré régulier
Étagesétage de soubassement, 1 étage carré
Couverturescroupe
Énergiesénergie hydraulique
Typologiesmoulin à marée
États conservationsétablissement industriel désaffecté, restauré

Le moulin à marée du Birlot mérite d'être signalé pour son ancienneté, son histoire et la qualité de sa restauration.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • Historique et descriptif de la restauration du moulin du Birlot

    Les premiers travaux ont été réalisés en 1992 par les services techniques de la commune de Bréhat : réfection de la partie haute des murs et reconstitution des arasements.

    En 1995, la digue a été restaurée, au niveau de la brèche Sud et des pierres de recouvrement, cimentées.

    Pierre Auffret, ancien entrepreneur en bâtiment a bénévolement pris part au chantier de maçonnerie, en sa qualité d'adhérent à l'association créée en 19943, pour faire revivre le moulin. Il a été aidé par l'amoulangeur Jean Peillet de Saint-Quay-Portrieux. Celui-ci a réalisé l'ensemble des plans pour refaire la charpente et l'ensemble des mécanisme.

    Le moulin du Birlot a été restauré professionnellement par l'entreprise SGCBB de Lannion pour le gros oeuvre. La charpente a été refaite par Pierre Auffret de Bréhat. La couverture en chaume a été réalisée par l'entreprise Ruello de Coetmieux et le mécanisme par Morio de Plerneuf. En 1999, les meules ont été mises en place, dont la meule courante, de 850 kg, réalisée en trois parties. Une nouvelle roue, en chêne, identique à l'originale, a été confectionnée et l'axe vertical du mécanisme refait à neuf.

    L'amoulangeur Jean Peillet a conseillé utilement le chantier de restauration en tant qu'expert des moulins.

  • 20072210563NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 4 num 1/20, Numplan 2.

    20092211893NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 4 num 1/20, Numplan 1.

    20092211686NUCB : Collection particulière

    20092211485NUCB : Collection particulière

    20092211173NUCB : Collection particulière

    20092211366NUCB : Collection particulière

    20092211409NUCB : Collection particulière

    20092211670NUCB : Collection particulière

    20092211682NUCB : Collection particulière

    20092211587NUCB : Collection particulière

    20092211676NUCB : Collection particulière

    20092211367NUCB : Collection particulière

    20092211687NUCB : Collection particulière

    20092210915NUCB : Collection particulière

    20092211404NUCB : Collection particulière

    20092211478NUCB : Collection particulière

    20092211486NUCB : Collection particulière

    20092211476NUCB : Collection particulière

    20092211050NUCB : Collection particulière

    20092211048NUCB : Collection particulière

    20092211463NUCB : Collection particulière

    20092211462NUCB : Collection particulière

    20092211461NUCB : Collection particulière

    20092211469NUCB : Collection particulière

    20092211464NUCB : Collection particulière

    20092211051NUCB : Collection particulière

    20092211468NUCB : Collection particulière

    20092211466NUCB : Collection particulière

    20092211467NUCB : Collection particulière

    20092211465NUCB : Collection particulière

    20092211034NUCB : Collection particulière

    20092211365NUCB : Collection particulière

    20092211482NUCB : Collection particulière

    20092211484NUCB : Collection particulière

    20092211479NUCB : Collection particulière

    20092211477NUCB : Collection particulière

    20092211456NUCB : Collection particulière

    20092211483NUCB : Collection particulière

    20092211480NUCB : Collection particulière

    20092211481NUCB : Collection particulière

    20092211471NUCB : Collection particulière

    20092211380NUCB : Conseil régional de Bretagne

    20092211170NUCB : Collection particulière

    20092211171NUCB : Collection particulière

    20092211181NUCB : Collection particulière

    20092211180NUCB : Collection particulière

    20092211424NUCB : Collection particulière

    20092211368NUCB : Collection particulière

    20092211369NUCB : Collection particulière

    20092211370NUCB : Collection particulière

    20092211249NUCB : Collection particulière

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor. Série M ; sous-série 6 M 926. Administration générale et économie (an WIII-1940). Statistiques : état des moulins à farine, à eau et à vent (s.d. vers 1810). Fiches de minoteries et moulins à farine (1840-1844).

  • Archives départementales des Côtes-d'Armor. Série 1 E 1398. Titres de propriété, Île de Bréhat. Aveu du 3 novembre 1539 : les moulins sont affermés, celui de 1547 les porte au même prix. 25 septembre 1633, ferme consentie par M. de Vendome à Jean Tanouarn, qui s'obligea à faire construire un moulin à mer avec son étang et sa chaussée. Le 26 février 1682, le duc de Vendome et de Penthièvre fait aveu au Roi de 3 moulins, l'un sur la mer, deux autres à vent.

  • Archives départementales des Côtes-d'Armor. Série 1 E 1399. Île de Bréhat, 1744. Concernant un des moulins de l'île, les habitants soutiennent ne pas être assujettis aux corvées pour son rétablissement, et refusent de payer les amendes. Il y a un moulin à mer et deux moulins à vent, cédés au titre de féage au duc et à la duchesse de Vendome, alors propriété du duché de Penthièvre. Rentier de l'île : le moulin à mer, le moulin de Crec'h Talec et le moulin de Crec'r ar Pot, baillés pour 300 livres.

  • Archives départementales des Côtes-d'Armor. Série 1 E 1354. Afféagement d'un moulin à mer 'récemment construit suite à un contrat passé le 20 septembre 1633'.

  • Archives départementales des Côtes-d'Armor. Série 1 E 1310. Etablissement d'un moulin à mer, 29 septembre 1632..

  • Archives départementales des Côtes-d'Armor. Série M ; sous-série 6 M 927. Administration générale et économie (an WIII-1940). Statistiques : enquête sur les moulins à eau et à vent ; notice donnant la nature, la quantité et la valeur des matières premières employées et des produits, ainsi que le nomebre des ouvriers et leur salaire.

  • Archives départementales des Côtes-d'Armor. Série 1 E 1354. Afféagement d'un moulin à mer, récemment construit suite à un contrat passé le 20 septembre 1633. Le 7 avril 1690. Aveu d'Ecuyer Jan Couffon, 'd'un moulin à mer, à l'occident de l'île, du moulin de Crec'h ar Pot, du moulin de Crec'h Tarec'.

Bibliographie
  • BOITHIAS, J.L. ; LA VERNHE (DE), A. Les moulins à mer et les anciens meuniers du littoral. Nonette : Editions Créer, 1980.

  • LE MAREC, Pierre. Energie et moulins dans la région de Paimpol. In Les carnets du Goëlo, Paimpol : n° 4, 1988.

    p. 21-35
Documents audio
  • AUFRET, Pierre. Témoignage oral. Île de Bréhat : 2008.

    Témoignage oral
  • SAN MIGUEL, Madeleine.témoignage oral sur l'histoire du moulin du Birlot. Ile de Bréhat : 1992.