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Moulin à marée du Couffon puis Minoterie du Couffon, actuellement maison d'habitation et chambres d'hôtes (Kerlouan)

Dossier IA29131594 réalisé en 2017

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénomination moulin à marée
Parties constituantes non étudiées digue, étang, maison
Dénominations moulin
Aire d'étude et canton Bretagne - Lesneven
Adresse Commune : Kerlouan
Lieu-dit : Couffon

La carte de Cassini de 1750 semble déjà porter l'indication d'un moulin au Couffon, mais c'est sur le cadastre Napoléonien de 1817, que son existence se confirme. En effet, on y trouve déjà la mention du « moulin du Couffon » mais le bâtiment désigné ne correspond pas au bâtiment actuel.

Cet ancien moulin faisait parti du fief de la famille Bigeaud de Belair depuis 1688. Après la révolution plusieurs familles se partagent la propriété de ce moulin : les descendants d'Hervé Segalen, dernier meunier jusqu'en 1765, en possèdent la moitié, les enfants Gourel Saint-Pern en possèdent le tiers et Alain Abyven le sixième restant. En l'an 11, la République fait du moulin un domaine d'Etat.

Cinq meuniers ont été identitifés par les recherches effectuées par Soazig Le Gall, propriétaire du moulin en 2017 : Guillaume Segalen (1687-1747), Hervé Segalen (1716-1765) son fils, Joseph Le Roux meunier pendant la période révolutionnaire, Jean-François Beyer (1781-?), Yves Inizan (1796/97-1841). L'observation des cadastres Napoléoniens indique que ce moulin fonctionnait avec deux roues.

La date de construction du nouveau moulin n'est pas connue, mais le droit d'eau le concernant date de 1855. Le propriétaire du moulin est alors Louis Duplessis, qui le restera jusqu'en 1885 en le cédant à Goulven Morvan. Le moulin sera ensuite la propriété de Gabriel Abautret puis Marie-Jeanne Abautret en 1909. En 1911, Hervé Le Gall et Marie-Jeanne Simon s'y installent et leurs enfants y resteront jusqu'au début des années 1970, période qui correspond à la fin de l'activité de minoterie et de boulangerie. Il existe encore des sacs de farine affichant « Minoterie du Couffon – Le Gall Frères - Guissény » alors que le moulin se trouve à Kerlouan. L'indication de Guissény s'explique par la localisation de l'habitation du meunier qui elle se trouvait de l'autre côté de la route, terrain faisant partie de cette commune. La résidence de la famille Le Gall au moulin du Couffon sera marquée par quelques litiges, notamment les riverains qui se plaindront de l'inondation de prairies des rives du Quimilladec causée par la réserve d'eau du bassin trop importante.

L'énergie marémotrice a été complétée au XXe siècle par un moteur diesel pour assurer une production énergique plus régulière. Dans les années 1940 c'est le système de mouture qui se modernise par l'acquisition de quatre broyeurs à cylindre et un plansichter. Le broyeur resté sur place provient d'Ipswich en Angleterre, les trois autres venaient de deux sociétés françaises, la Société Générale meulière de la Ferté-Sous-Jouarre et Ets Teisset-Rose-Brault de Paris-Poissy-Chartes. Ils ont été enlevés en 2005 pour être amenés au moulin du Char à bancs à Plélo dans les Côtes-d'Armor.

Aujourd'hui (2017) le moulin accueille des chambres d'hôtes.

Période(s) Principale : 19e siècle, 20e siècle , (?)

Le moulin est situé à l'embouchure du ruisseau Quillimadec, dans l'anse de Guisseny, en aval d'une digue qui sert désormais de route départementale. Sa localisation laisse à penser qu'il s'agissait d'un moulin intermédiaire, c'est à dire que son bassin se remplissait tantôt avec la marée, tantôt avec le ruisseau qui l'alimentait également. L'observation des cadastres anciens permet de distinguer le chenal créé par l'ancienne porte mer au sud de la digue, l'élément déterminant pour distinguer un moulin fonctionnant avec la mer d'un moulin fonctionnant avec un ruisseau uniquement.

Il ne reste presque rien du premier moulin à marée du Couffon, il s'agit aujourd'hui d'une maison d'habitation dont seules les vannes doivent être d'origine.

En ce qui concerne la minoterie, à la fin de son activité, elle était composée de quatre parties et les différentes étapes de l'évolution du bâtiment sont encore facilement identifiables. L'ensemble est réalisé en moellons de granit avec des angles renforcés par des pierres de tailles. La façade Sud a été enduite (2005) dans son intégralité par les actuels propriétaires. La description de l'évolution du bâtiment qui suit se base à la fois sur l'analyse du bâti actuel, d'anciennes photographies et sur des témoignages locaux.

La partie la plus ancienne de la minoterie n'est pas datée, elle se trouve côté route. Elle accueille le puits d'une turbine fait en blocs de granites et partiellement comblé. Ce puits a été découpé sur sa partie Nord par les actuels propriétaires pour des besoins d'aménagement mais aussi probablement lorsque le moulin a été équipé d'un moteur, pour relier ce dernier à la turbine. La charpente laisse deviner l'ancien mécanisme de 4 paires de meules qui se trouvaient au 1er étage. Il restait deux coffres de meules hexagonaux avant la réhabilitation du moulins, une partie sert aujourd'hui de table pour les chambres d'hôtes. Pour la récente réhabilitation de ce bâtiment (2005), deux fenêtres ont été ajoutées sur la façade Sud. La façade Est présente trois travées de fenêtres en arc plein cintre, la porte d'entrée s'inscrivant dans la travée centrale. On y trouve également l'indication du niveau de la mer.

La première extension du bâtiment est constituée par la partie centrale qui a évolué au cours du temps. Alors qu'avant 1914 elle était constitué par un simple rez-de-chaussée avec une toiture à un seul versant, elle est agrandie de manière à atteindre la même hauteur que le premier bâtiment vers 1930. Elle sera encore rehaussée en 1935 en s'alignant sur la hauteur du 3e bâtiment. C'est probablement à ce moment que cette partie sera également agrandie au Nord, créant ainsi le mur courbe que l'on peut voir aujourd'hui. Les moulins à cylindre se trouvaient au rez-de-chaussée, le 1er étage accueillait également des machines et le 2e le plansichter.

La partie qui se tourne vers la mer date de 1935 et a été construite autour d'une haute cheminée ronde qui existait préalablement. L'usage de cette cheminée n'est pas connu mais on suppose qu'elle aurait pu servir pour une machine à vapeur précédent le moteur ou encore un gazogène. Faite de briques, elle présente une section carrée à sa base, qui devient ronde dès le premier étage. Sur tous les étages de cette partie du moulin se trouvaient les silos et sacs de grains. En témoigne la porte coulissante du rez-de-chaussée encore présente censée se refermer seule pour ne pas créer de courant d'air. Selon des témoignages locaux, les longues poutres qui traversent le moulin dans sa largeur proviendraient des chantiers navals de Brest, ce qui explique les perforations que l'on peut y observer. Comme dans les autres parties du moulin au rez-de-chaussée, ces poutres sont soutenues par de fines colonnes en acier.

La partie la plus récente a été détruite vers 1988. Elle enjambait le canal aujourd'hui recouvert et accueillait les turbines et le moteur diesel.

Murs granite moellon
Toit ardoise
Énergies énergie hydraulique produite sur place turbine hydraulique
énergie électrique

Typologies moulin à marée

La Bretagne compte une forte concentration de moulins à marée, il s'agit pourtant d'un patrimoine méconnu.

Le moulin du Couffon, concentrant à la fois des traces d'un moulin à marée artisanal et de son évolution en minoterie présente une histoire particulièrement riche qui pourrait faire l'objet d'une pédagogie.

Statut de la propriété propriété d'une personne privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
(c) Région Bretagne (c) Région Bretagne ; (c) GRIEF EA7465 - ENSAB - Nadolski Claire
Claire Nadolski

Chargée d'étude (GRIEF EA7465 - ENSAB)


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