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Moulin à marée du Suler, Pen Ar Veur (Loctudy)

Dossier IA29131256 réalisé en 2017

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénomination moulin à marée
Parties constituantes non étudiées digue, étang
Dénominations moulin
Aire d'étude et canton Bretagne - Pont-l'Abbé
Adresse Commune : Loctudy
Lieu-dit : Pen Ar Veur
Précisions

L'existence du moulin du Suler est attestée pour la première fois dans un « aveu » du Seigneur de Kerazan datant du 23 janvier 1609. Ce dernier y décrit les biens et terres qu'il tient d'un autre seigneur ainsi que ses obligations envers lui. Ce premier moulin sera modifié et agrandi en 1718, il fonctionnera jusqu'en 1919 environ.

A quelques kilomètres du moulin du Suler se trouvait un autre moulin à marée, Le Dourdy, dont il ne reste que peu d'éléments du bâtiment originel. Ces deux moulins fonctionnaient selon un accord de marche et ce lien s'exprimait jusque dans l’appellation de ces deux bâtiments. En effet le moulin du Suler est aussi désigné par l’appellation Ar Veil Vras (soit « le grand moulin »), qui fait écho à sa taille et son importance. Le moulin du Dourdy était quant à lui appelé Veil-vihan, c'était donc « le petit moulin ».

Le moulin du Suler n'est pas seulement désigné en référence à sa taille. Le terme de « suler », vient du breton et désigne « la pièce la plus élevée de la maison, le galetas ou le grenier proprement dit » (J-L. Boitthias et A. de La Vernhe), en référence à son activité de mouture du grain.

Le premier meunier qui exploita le moulin entre 1718 et 1743 fut Tudy Tanniou, s'en suivit une meunière, Corentine Bernard. Puis ce fut Alain Scouarnic (à partir de 1754), René Soulleg (1760), Grégoire Palut (1778) et Charles Le Drezen (1826) qui se succédèrent. Le dernier meunier fut le père Tirilly qui y travailla entre 1900 et 1919. Entre temps le moulin fut saisi à la Révolution et vendu comme biens nationaux.

Parallèlement à l'activité de meunerie le moulin compte également une « retraite » à porcs , canards, oies et poules. Fait notable, le meunier Tirilly pu aussi y exercer un droit de pèche en vidant l'étang, alors même qu'il dépendait de la famille noble De Gransègne. En effet, au cours des siècles, le droit de pêche sur les étangs du moulin n'a pas été constant. En fonction des lieux et époques ce droit revenait tantôt au propriétaire du moulin, tantôt au meunier, il se pouvait aussi que ce dernier doive reverser une partie de sa pêche au seigneur dont dépendait le moulin. Au cours du XVIIIe siècle ce droit fut complètement retiré aux meuniers et revint progressivement dans les années 1840-1860.

D'après les témoignages locaux, le moulin continua de tourner pendant la 1ère Guerre mondiale puis fut abandonné et démoli petit à petit.

Au XIXe siècle le site est marqué par la présence de Marie de Kestrat, alors propriétaire du domaine de Penanveur qui eut une influence conséquente en dehors de la Bretagne. En effet elle participa à la diffusion du cinéma aux Etats-Unis et au Canada. Quant au Suler, elle fit construire à proximité des villas pour de riches touristes pour qui elle organisait tout un programme d'activités autour de la plaisance et de la découverte de la région. Le domaine du Suler une expérience pionnière des premiers « village de vacances » et attira par la même occasion de nombreux peintres et écrivains comme Maxime Mauffra, André Suarès ou encore André Chevrillon.

Période(s) Principale : 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle , (?) , (détruit)

Le moulin est situé près de l'embouchure de la rivière de Pont-l'Abbé, sur la rive gauche d'un de ses petits affluents, à l'extrémité d'une digue rectiligne qui forme l'étang du Suler. On trouvait notamment sur cet étang un lavoir et un four à goémon. Les deux coursiers que l'on peut encore voir sur la digue correspondaient probablement à deux types de mouture. Dans ce genre de configuration on trouve habituellement un moulin blanc qui produit une farine fine pour la consommation humaine et un moulin roux. A une date inconnue, le seigneur de Kerazan décida de laisser un seul de ces moulins en activité.

Le bâtiment, réalisé en moellons de granit, flanque la digue en aval et est organisé selon un plan rectangulaire. Prolongé par une longère, le moulin compte aussi plusieurs petites dépendances qui se situent avant même l'arrivée sur la digue. Afin de ne pas s'enfoncer dans la vase, le mur aval présente un fruit sur toute sa longueur et le bâtiment est renforcé par un arc-boutant situé à un de ses angles qui est évidé pour permettre l'écoulement du coursier.

Sur les anciennes photographies on remarque que le toit à deux versants présente un léger coyau qui correspond à un léger adoucissement dans le bas de la pente du toit. Jusqu'au XIXe siècle les couvertures de l'habitation du meunier et des dépendances étaient encore végétales, puis furent supplantées par l'ardoise.

La façade amont du moulin accueille la porte d'entrée et une fenêtre. La façade Nord comporte une petite ouverture, la façade aval également, ainsi qu'une poterne qui donne sur le sous-sol. La façade sud, mitoyenne d'un petit bâtiment, accueille une cheminée.

En 2008, le moulin a bénéficié d'un chantier qui a permis de dégager une quantité importante de vase, dévoilant ainsi le deuxième coursier qui était complètement envasé. La digue qui se trouve sur le GR a été totalement restaurée en 2015 et à cette occasion la « porte-mer » , l'endroit par lequel entrait l'eau à marée montante a été élargie.

Murs granite
Énergies énergie hydraulique

Typologies moulin à marée
États conservations vestiges

Malgré son état de vestiges le moulin du Suler suscite une forte mobilisation autour de l'idée de sa reconstruction, notamment à travers l'association « Association pour la reconstruction du Moulin de Pen Ar veur ».

Outre sa fonction de moulin à marée qui constitue déjà une source d'intérêt, le moulin du Suler s'inscrit dans un site avec une histoire particulière, notamment à travers les villas de Marie de Kerstrat. Toutes ces raisons et son inscription dans un GR rende un projet autour de sa reconstruction très souhaitable.

Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Bibliographie
  • DUIGOU Serge, LACASSE Germain, Marie de Kerstrat, Mayenne : Ed, Ouest France, 2002

(c) Région Bretagne (c) Région Bretagne ; (c) GRIEF EA7465 - ENSAB - Nadolski Claire
Claire Nadolski

Chargée d'étude (GRIEF EA7465 - ENSAB)


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