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Moulin à marée (intermédiaire) de Keridreuff, actuellement maison, 2 rue Voltaire (Pont-Croix)

Dossier IA00006061 réalisé en 1983

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénomination moulin à marée
Parties constituantes non étudiées digue
Dénominations moulin, maison
Aire d'étude et canton Pont-Croix - Pont-Croix
Hydrographies Goyen le
Adresse Commune : Pont-Croix
Lieu-dit : Adresse : 2 rue Voltaire
Cadastre : 1981 AE 23

Le moulin à marée de Keridreuff a été construit aux alentours de 1800. Bien avant, la rivière du Goyen sur laquelle il est situé, compte déjà le moulin à eau de Pen-ar-Han dont la construction est estimée à la fin du XVIIe siècle. Mais le fonctionnement de ce moulin est très irrégulier à cause du canal qui est régulièrement comblé par des dépôts de limons et débris ainsi que des périodes d'étiage et de sécheresse. Par ailleurs le pont de Pont-ar-Hantic empêche un bon écoulement des eaux ce qui provoque l'inondation des berges en amont. Cela n'est pas sans conséquence sur la production de farine du moulin qui ne suffit plus à nourrir la population de Pont-Croix, augmentée du fait de la présence de troupes militaires qui y sont cantonnées pour la défense du Cap-Sizun en 1793.

C'est dans ce contexte que Guillaume Piriou, qui possède déjà 3 moulins, va demander à construire un moulin à marée. L'autorisation lui est accordée le 14 septembre 1798. Dès le début de la construction, Jean Dumoulin, meunier du moulin de Pen-ar-Han fait part de ses inquiétudes à propos des conséquences sur le fonctionnement de son moulin. Ses inquiétudes se confirment et, en 1806, Simon Audren, son beau-fils, s'en plaint auprès des services des Ponts et Chaussées. Deux experts sont nommés pour évaluer la situation, mais ceux-ci considèrent que c'est le mauvais entretien du moulin qui est responsable de ces dysfonctionnements.

L'emplacement du moulin laisse supposer qu'il n'était pas très performant et l'on suppose que la fin de son activité coïncide avec la construction d'une minoterie à Keridreuff en 1866, ce qui signifierait que le moulin aurait fonctionné moins d'un siècle.

Période(s) Principale : 19e siècle , (?)

Le moulin se situe au fond de l'estuaire du Goyen et flanque le pont de la rue Voltaire en aval. Il comptait deux roues horizontales, aussi appelées « pirouettes ». Le moulin a été complètement restauré en 1991 dans le but de le transformer en habitation. Les photographies de l'inventaire de 1983 montrent que ce dernier était en très mauvais état avec une absence totale de toiture. Le plan et les façades correspondent au projet de l'architecte Gilbert Lijour. La toiture a été dessinée par l'architecte Joëlle Furic qui a également suivi les travaux de gros œuvre.

Le bâtiment est réalisé en moellons de granit et des pierres de tailles viennent finir les angles et le haut des pignons. Afin d'éviter l'enfoncement dans la vase, la façade aval est renforcée par trois éperons dont le sommet prend naissance au milieu du mur. A l'occasion de sa restauration, une dalle en béton a été créée pour le confort de la future habitation.

La façade Nord est percée de deux trous circulaires qui accueillent l'about des corbeaux de la cheminée. La façade Sud comporte trois fenestrons.

La façade aval comporte un fenestron situé au dessus de l'éperon central, deux fenêtres ainsi qu'une porte fenêtre. Ces trois dernières ouvertures ont été ajoutées au moment de la réhabilitation du moulin en 1991. La porte-fenêtre était une volonté des propriétaires qui ont pris en référence la porte pont-levis du moulin à marée de Bili Gwen à Troguery, qui permettait un déchargement rapide entre le moulin et les bateaux.

On remarque également sur cette façade la présence de deux pertuis qui devaient correspondre à l'écoulement de l'eau après le passage dans les pirouettes. Ces deux ouvertures présentent la particularité d'être chacune divisée en deux, ce qui est probablement réalisé dans l'objectif de ne pas trop fragiliser la structure par une ouverture de trop grande dimension.

La façade amont contient la porte d'entrée, une fenêtre et un fenestron. On remarque sur les plans et photographies anciennes qu'à la place de ces deux ouvertures se situaient une porte charretière. Sa présence ne semble pas être cohérente avec la fonction de moulin à marée du bâtiment et laisse penser qu'elle constituait déjà une modification du bâtiment qui a dû servir de remise pendant un temps.

Le toit à deux pentes fait en ardoise de Sizun a donc été complètement refait au moment de restauration du bâtiment et dessiné par l'architecte Joelle Furic. Il présente un léger coyau (changement d'angle de la toiture) et comporte trois "vélux" sur le versant aval.

Murs granulite
moellon
Toit ardoise
Étages en rez-de-chaussée
Couvertures toit à longs pans
pignon découvert
Énergies énergie hydraulique
énergie thermique
Typologies moulin à marée, logis à pièce unique
États conservations remanié

Les façades du moulin ont été très remaniées pour le rendre habitable, aussi le bâtiment a perdu un peu de son caractère massif qui est pourtant propre aux moulins à marée. Cependant la Bretagne compte une forte concentration de moulins à marée et il s'agit pourtant d'un patrimoine méconnu. Le moulin à marée de Keridreuff constitue donc un témoignage de cette histoire collective.

Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Références documentaires

Périodiques
  • MONAT Alain, Le moulin de Pen-ar-han, Bulletin municipal de Pont-Croix, 2014, n°13, p 7-10

(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Région Bretagne (c) Région Bretagne ; (c) GRIEF EA7465 - ENSAB - Ducouret Jean-Pierre - Nadolski Claire
Claire Nadolski

Chargée d'étude (GRIEF EA7465 - ENSAB)


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