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Moulin à papier, Cosquer Izellan (Plounevez-Moëdec)

Dossier IA22132009 réalisé en 2014
Dénominationsmoulin à papier, usine à papier
Aire d'étude et cantonBretagne
HydrographiesGuic (le)
AdresseCommune : Plounévez-Moëdec
Lieu-dit : Cosquer Izellan

Selon le propriétaire de Cosquer Huellan, descendant de la famille Alexandre, famille qui fut propriétaire des moulins de Cosquer et de Coat-Run, le moulin de Cosquer Izellan est le plus ancien moulin à papier de cette zone du Guic, et aurait été fondé en 1610, date mentionnée sur un acte de vente aujourd'hui disparu.

Deux moulins existent au Cosquer : Cosquer Izellan, aussi nommé dans certaines sources Paper ar Gosquer, et Cosquer Uhellan, aussi appelé Milin ar Gosquer, moulin à grains jusqu'en 1914, date à la quelle il devient une cartonnerie.

En 1680, Marguerite Le Vaillant veuve de Charles Le Cordier est papetière au moulin du Cosquer avec son fils Guillaume Le Cordier. Jean Guénon est, dès 1688 le maître papetier de Cosquer Izellan avec Anne Danjou, son épouse. Ces derniers viennent de Tonquédec après avoir travaillé à Plourin-lès-Morlaix. Leurs filles et les époux de celles-ci y sont compagnons papetiers au début du XVIIIe siècle.

Une autre famille, les Pihan, originaires de la vallée de la Sée en Normandie, sont papetiers au Cosquer. Jean Pihan décède chez ses enfants au Cosquer en 1698. Ses fils Pierre et Noël sont papetiers au moulin de Cosquer Izellan (Pierre de 1692 à 1711, Noël de 1690 à 1708, date où on les trouve à Saint-Brieuc. Noël et son épouse décèdent au Cosquer, respectivement en 1723 et 1724. Leur fille Catherine Pihan travaille au moulin de Penhoat à Taulé, où elle épouse Guillaume Homo en 1715, puis revient avec son mari travailler au Cosquer de 1719 à son décès en 1746.

De 1702 à 1746, Jean Le Maître est papetier au Cosquer Izellan avec sa première épouse Barbe Laurégan, puis la seconde Jeanne Cotel. Un autre Jean-Marie Le Maître, venant de Pleyber-Christ, en devient le fermier de 1761 à 1772, avec sa femme Renée Charlotte Huet. Selon l'enquête de 1772, le moulin possède à cette date une roue, une cuve et cinq piles à maillets, et produit 2000 rames de papier pour l'écriture et l'emballage. Ces papiers sont exportés vers le Portugal et la Hollande, principaux débouchés du papier breton avant les guerres napoléoniennes. Les enfants et petits-enfants de Jean-Marie Le Maître y travaillent jusqu'en 1836.

En 1812, Guillaume Guédon emploie 4 ouvriers. Le moulin produit 2600 rames de papier de quatre qualités différentes, à partir de 40 tonnes de chiffons. Guillaume Guédon dirige le moulin à papier de Kéréven, situé sur la même commune, les années précédentes. Il est possible qu'il ait tenu pendant quelques temps les deux exploitations avec son fils Guillaume.

En 1829, Claude Lagadec, propriétaire, ne produit plus que 1800 rames.

En 1841, quatre personnes seulement vivent au moulin : trois compagnons papetiers (dont Guillaume Alexandre, père de Thomas Alexandre) et une domestique.

En 1843, Thomas Alexandre et sa femme Barbe Le Maître viennent de Coat Run en Loguivy-Plougras et créent la cartonnerie. Ils en sont les maîtres papetiers avec 9 ouvriers. Ils vendent 3744 rames de carton à Morlaix, Saint-Brieuc, Guingamp et Lannion.

Cette famille poursuit l'exploitation de la cartonnerie pendant les XIXe et XXe siècles. En 1872, les neuf ouvriers déclarés sont les neuf enfants Alexandre, tous inscrits comme papetiers sur les relevés de recensement de cette année.

En 1901, François-Marie Alexandre et son frère Pierre sont qualifiés de patrons de l'usine, fabricants de carton. Ils produisent du papier d'emballage à base de paille et 3 à 4 tonnes de carton-feutre par jour pour l'isolation des automobiles et l'emballage de bouteilles de champagne. En 1920 est fondée la Société Alexandre Frères dirigée par Pierre-Yves-Marie et François-Marie Alexandre. La société est dissoute en 1924 au décès de Pierre-Yves-Marie. Albert-Louis Alexandre, fils de François-Marie et précédemment co-directeur de l'usine de Coat-Run Izellan avec son frère Emile, prend la succession jusqu'à son décès en 1947. Son gendre prend la succession de 1948 à 1972. L'usine, reprise par un descendant des Alexandre, fonctionne jusqu'en 1981.

L'usine est détruite en 2004. Il reste aujourd'hui l'emplacement des roues et turbines hydrauliques et le bief.

Période(s)Principale : 1er quart 17e siècle , daté par tradition orale , (?)

Sur la rive droite du Guic, il ne reste de la cartonnerie de Cosquer Uhellan que la chute d'eau, le bief d'amenée, la vanne de décharge, ainsi que des petites maisons situées de l'autre côté de la route d'accès, qui seraient, selon l'ancien directeur de l'usine, des anciennes maisons d'ouvriers. Des entrepôts de l'usine se trouvaient autrefois situés entre elles.

Les vestiges de l'ancienne chambre à eau sont maçonnés en moellons de granite, le bief d'amenée est recouvert d'un revêtement de ciment.

Sur le plan de l'usine de la cartonnerie, établi vers 1975, sont mentionnés une chaudière et un moteur électrique.

L'usine a été détruite en 2004.

Énergiesénergie hydraulique produite sur place roue hydraulique verticale
énergie thermique
énergie électrique
États conservationsdétruit

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD35. C 1504 Intendance et États de Bretagne : rapports des subdélégations sur l'industrie papetière (1739-1789)

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine
Bibliographie
  • BOURDE DE LA ROGERIE, Henri. Contribution à l'histoire de la papeterie en France. [8], les Papeteries de la région de Morlaix depuis le XVIe siècle jusqu'au commencement du XIXe siècle. Editions de l'Industrie Papetière. Grenoble, 1941. 61p.; 23cm.

  • KEMENER, Yann-Ber. Moulins à papier de Bretagne. Skol Vreizh. Morlaix, 1989. 84p. ISBN 2.903313-22-9

  • CHASSAIN, Maurice. Moulins de Bretagne. Keltia Graphics. Spézet, 1993.

  • CAROFF Jean. Moulins à papier et familles papetières de Bretagne du XVè siècle à nos jours. Les éditions du CGF et du Queffleuth. Saint-Thonan, 2015. 364 p. ISBN 978-2-9552574-0-1