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Moulin à papier, teillage de lin, Pont-Pol (Plourin-lès-Morlaix)

Dossier IA29010023 réalisé en 2015

Fiche

Destinations moulin à papier
Dénominations moulin à papier, moulin à blé, usine
Aire d'étude et canton Bretagne
Hydrographies Queffleuth
Adresse Commune : Plourin-lès-Morlaix
Lieu-dit : Pont-Pol

On ne connaît pas la date précise de création. Il a été dans un 1er temps moulin à farine. Il devient moulin à papier en 1635. Il est fondé par Julien Cordier, papetier normand, qui a déjà fondé le moulin à papier de Glaslan, sur Pleyber-Christ (1629). Le propriétaire du moulin est le seigneur Yves de Coatanscour.

En 1776, le fabricant de Pont Pol est M. Thépaut : Pont Pol dispose d'une roue, d'une cuve et de cinq piles à maillets (3000 à 3300 rames de papier/an). En 1808, Pont Pol travaille pour FM Andrieux qui va faire passer la fabrication de papier dans l'ère industrielle dans les années 1830. Les petits moulins vont changer peu à peu d'affectation.

Pendant une courte période, Pont Pol devient un moulin à pierres.

En 1846, Pont Pol devient l'une des premières usines à teiller le lin de la région, en relation avec la Société linière du Finistère créée à Landerneau pour relancer la filière du lin. Il est incendié en 1849. En 1850, Pont Pol est agrandi pour faire face à l'augmentation de la production de lin. Pont Pol est l'un des rouage essentiels de la Société Linière du Finistère qui emploie 3000 ouvriers en 1865. La Société décline face à la concurrence des toiles anglaises, belges, de Lille (...), à la suppression de la voile dans la marine et à la diminution de l’approvisionnement en toile de l’armée et des prisons. La Société ferme en 1892. Pont Pol est inactif pendant quelques années. Il subit des incendies en 1934 et 1948.

Le moulin à teiller cesse de fonctionner en 1953.

Le moulin de Pont Pol est aujourd'hui la propriété de la commune de Plourin-lès-Morlaix.

Période(s) Secondaire : 17e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle

Les bâtiments actuels du moulin correspondent à la partie ancienne de l'usine à teiller. La partie la plus moderne de l'usine a quasiment disparu.

On peut distinguer des traces de l'ancien moulin à papier dans la première salle du bâtiment principal (voûte à l'intérieur sous laquelle devait circuler l'eau) et à l'extérieur de ce même bâtiment au pied de la roue (2 voûtes par lesquelles l'eau devait s'évacuer).

Entre 1846 et 1953, l'usine à teiller a connu de nombreuses modifications dues à sa modernisation mais également aux incendies qui l'ont frappée (1934, 1948).

Le bâtiment principal actuel correspond à la partie ancienne de l'usine. Il mesure 27 mètres x 7 mètres (dimensions extérieures), sa façade est orientée vers le nord-ouest. Il est composé d'un seul niveau et de quatre salles. On pénètre par une première salle (6,40 x 6,20 mètres de dimensions intérieures) qui comprend le mécanisme du moulin : le mécanisme à actionner la vanne, la roue d'entraînement (avec des alluchons en bois) et le débrayage sont encore présents. On pénètre ensuite dans une deuxième salle (2,85 x 3,85 mètres de dimensions intérieures) qui permet d'accéder dans une troisième salle (9 x 6,20 mètres). Il s'agit de la salle d'espadage (les tiges de lin après avoir été broyées subissaient l'opération d'espadage qui consistait à enlever le bois et l'étoupe, des fibres de lin) : on y trouve encore les 9 postes à espader le lin dont certains sont en mauvais état. Sous ces postes, se trouve la fosse à étoupe et chènevotte qui dispose d'une ouverture close par deux portes (qui donne sur la façade nord ouest) afin d'évacuer cette étoupe et chènevotte vers une roue de l'étoupe située dans un bâtiment qui était collé, aujourd'hui disparu. La dernière salle ne communique pas avec les autres salles. On y accède par le pignon nord-est : cette salle est vide. Il s'agissait de la salle où les fibres de lin étaient peignées. Derrière ce bâtiment principal, on trouve une cuve à diésel, le support pour un moteur (qui permettait de prendre le relais quand l'eau manquait dans la rivière) ainsi qu'une fosse (sans doute pour un broyeur à cylindres).

La roue du moulin est une roue métallique à aubes de type Sagien qui mesure 6,40 mètres de diamètres et 2,80 mètres de largeur. Il s'agit d'une roue de poitrine. La roue actuelle n'a plus ses pales. Le bief du moulin toujours visible est asséché.

Un second bâtiment mesure 20,30 x 8,00 mètres. Sa façade est orientée vers le nord-est. Il s'agit sans doute des vestiges de l'usine moderne, transformée en grange. Les traces de l'usine moderne sont très visibles dans la cour située entre le deux bâtiments.

De l'autre côté de la rue, un autre bâtiment est le témoin de ce teillage de Pont-Pont. Il s'agissait du magasin de filasse : le lin teillé y était stocké avant expédition. Aujourd'hui, il sert de garage.

Murs schiste moellon
granite
brique
Toit ardoise
États conservations établissement industriel désaffecté
Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler

Références documentaires

Bibliographie
  • BOURDE DE LA ROGERIE, Henri. Contribution à l'histoire de la papeterie en France. [8], les Papeteries de la région de Morlaix depuis le XVIe siècle jusqu'au commencement du XIXe siècle. Editions de l'Industrie Papetière. Grenoble, 1941. 61p.; 23cm.

  • KEMENER, Yann-Ber. Moulins à papier de Bretagne. Skol Vreizh. Morlaix, 1989. 84p. ISBN 2.903313-22-9

  • KORT (de), Fons. Pont-Pol, moulin à papier moulin à teiller. Kort (de), Fons, Imprimerie de Bretagne. Morlaix, 1988. 40p.

  • CHASSAIN, Maurice. Moulins de Bretagne. Keltia Graphics. Spézet, 1993.

  • POULIQUEN, Gilles. Les moulins en Bretagne. Coop Breizh. Spézet, 2005.

  • CAROFF Jean. Moulins à papier et familles papetières de Bretagne du XVè siècle à nos jours. Les éditions du CGF et du Queffleuth. Saint-Thonan, 2015. 364 p. ISBN 978-2-9552574-0-1

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