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Moulin, Le Daniou (Hengoat fusionnée en La Roche-Jaudy en 2019)

Dossier IA22133017 réalisé en 2016

Moulin Daniou témoigne à la fois de la permanence de l'occupation des sites de meunerie et de leur évolution au cours des siècles. L'existence de plans anciens liés aux règlements d'eau permet de comprendre l'histoire de ce lieu important pour l'histoire de Hengoat et de ses environs.

AppellationsMoulin Daniou
Parties constituantes non étudiéesremise agricole, écurie, maison
Dénominationsmoulin à farine
Aire d'étude et cantonSchéma de cohérence territoriale du Trégor - Roche-Derrien (La)
AdresseCommune : Roche-Jaudy (La)
Lieu-dit : Hengoat Daniou (le)
Précisionscommune fusionnée après inventaire Commune inventoriée sous le nom de Hengoat

Le moulin Daniou au 16e siècle

Au 16e siècle, le moulin Daniou et ses abords immédiats dépendent de trois seigneuries comme en témoigne le plan dressé en 1573 pour servir de rapport aux différentes parties dans un litige porté devant le notaire. Cité sur le plan, le seigneur de Kergouanton (en Trelevern) n'est autre qu'un membre de la famille Loz qui possède, entre autre, le manoir de Trolong à Hengoat. La plus grande partie du site lui appartient : le moulin proprement dit ainsi que les canaux, des terres gaignables (labourables), des bois et des taillis situés aux abords immédiat du moulin. Le seigneur de La Roche-Jagu (en Ploëzal) possède le bief et l'étang Daniou. Le seigneur de Kerdéozer (en Pleudaniel) possède des bois de haute futaie et des terres gaignables. Cette histoire de conflit de territoire se règlera par un mariage en 1647, entre l'héritère des Loz de Kergouanton et un membre de la famille d'Acigné seigneur de La Roche-jagu.

Le moulin est représenté adossé contre une chaussée venant barrer un étang (estang Daniou) qui alimente les deux roues verticales du moulin. Le déversoir pour réguler le débit de l'eau est franchi par un pont en bois car la chaussée sert au passage du "grand chemin" menant de la ville de la Roche-Derrien au bourg de Lézardrieux. Quatre routoirs ("douets pour rouye") sont aménagés sous la chaussée, alimentés par les nombreux canaux et ruisseaux présents sur le site. Le plan donne également des indications intéressantes sur le paysage aux abords du moulin : le bief qui alimente l'étang longe une pairie bordée de bois de haute futaie et de bois taillis visiblement entretenus tandis que des fourrés de broussailles participent à la fixation de la terre des berges ; sur les terres "gaignables" (labourables) les lignes de culture perpendiculaires à l'étang favorisent le drainage des eaux de pluie.

L'évolution du moulin au cours du 19e siècle

Sur le cadastre ancien de 1835, une habitation longue et étroite est construite contre le moulin, au nord, formant un plan en équerre. Le moulin fonctionne avec une roue unique verticale sur le pignon est et non avec deux roues comme sur le plan de 1573.

En 1855, un plan est dressé pour régler un litige qui oppose, M. Cozannet, propriétaire du moulin, et M. le marquis d'Espeuilles, propriétaire foncier de terres riveraines. Ce plan permet de constater l'évolution du site : la roue verticale sur le pignon est a disparu ; un nouveau bâtiment contigu au moulin abrite une roue alimentée par le canal d'amenée qui traverse la chaussée et passe à l'intérieur du bâtiment.

Le moulin actuel est entièrement reconstruit dans les années 1870-80 et s'apparente à une minoterie. Une turbine remplace la roue à l'intérieur du bâtiment.

Une nouvelle maison de meunier est alors édifiée à quelques mètres à l'ouest, agrandie à la fin du 19e siècle par l'ajout d'une extension qui vient doubler sa surface.

Des dépendances à usage agricole sont également construites à cette période au sud du moulin et de l'habitation.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle

Le moulin est établi en fond de vallée. Il est adossé contre une chaussée destinée à barrer l'étang dont l'eau, avant son envasement, alimentait le moulin. La chaussée sert au passage d'un chemin communal. Une vanne d'amenée passe sous la digue puis à l'intérieur du moulin. La chute d'eau générée par la digue faisait fonctionner la turbine. Une vanne de décharge et un déversoir à l'extrémité ouest de l'étang complétaient ces aménagements. Le moulin s'apparente à une minoterie avec ses deux étages et son toit à croupe, construit en moellon de schiste avec encadrement de baies en granite. Au rez-de-chaussée, dans la partie ouest, se trouvait la turbine, tandis que les premier et deuxième étages abritaient les appareils de mouture et de blutage, aujourd'hui disparues. Deux escaliers intérieurs en bois placés au centre du bâtiment, contre la façade nord, permettent d'accéder aux étages et aux combles.

Edifiée en moellon de schiste à quelques mètres au nord du moulin, la maison des meuniers adopte une typologie classique à étage et élévation ordonnancée à trois travées. Sa surface est doublée par l'ajout d'une extension construite en continue contre le pignon ouest et le mur nord, couverte d'un toit à croupe brisée. Dans le même temps, une remise et des écuries sont construites à quelques mètres à l'ouest de la maison.

Mursschiste moellon
Toitardoise
Étages2 étages carrés
Couvrements
Couverturestoit à longs pans croupe
croupe brisée
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier tournant en charpente
Énergiesénergie hydraulique produite sur place turbine hydraulique
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Série 84 S 82 Ruisseau du Bizien et ses affluents. Règlement d'eau du moulin Daniou. Rapport de l'ingénieur ordinaire

    Une contestation de propriété, entre M. Amédée de Kergariou, mandataire de M. le Marquis d'Espeuilles et M. Le Cozannet, propriétaire du moulin Daniou, alimenté par un étang, a amené devant l'autorité administrative, le règlement d'office de cette usine. La procédure judiciaire qui a précédé cette demande de règlement et les jugements prononcés en conséquence simplifient singulièrement la fixation du niveau de la retenue légale.

    En effet, M. le marquis d'Espeuilles,propriétaire foncier de terres riveraines, son colon, et le fermier de ce même colon, sont les seules personnes qui réclament le règlement d'eau, et leurs intérêts se confondent. Les autres propriétaires riverains n'ont fait aucune observation, une même a été présentée en faveur de la maintenue du niveau actuel, pour le Sr Corlouer, qui attribue les dommages qu'il a soufferts pour les inondations en été aux éclusées intempestives de l'usine supérieure,munie autrefois d'un étang actuellement supprimé.

    L'arrêt de délimitation prononcé par le tribunal civil de Lannion, le 1er mars 1853, a établi que le bornage serait fixé entre la propriété de M. d'Espeuilles et celle de M. Le Cozannet, pour l'intersection du terrain naturel par un plan horizontal au niveau du déversoir actuel, situé à l'extrémité ouest de la chaussée de l'étang. Cet arrêt a été confirmé par la cour de Rennes le 22 février 1854.

    Cette délimitation de propriété détermine immédiatement le niveau de la retenue légale, la propriété de M. Le Cozannet, étant un étang ou retenue d'eau, celle de M. d'Espeuilles, de prairies et autres terrains bien supérieurs en niveau, nous en concluons immédiatement, d'après l'instruction ministérielle du 23 octobre 1851, que le niveau légal de la retenue doit être fixé à 0 m 16 en contrebas de son niveau actuel, ou autrement à 0 m 18 en contrebas du repère provisoire, pour que les prairies de M. d'Espeuilles, soient non imprégnées d'eau.

    Les prairies situées à la queue de l'étang étant au même niveau que celles de M. d'Espeuilles, profiteront de l'égouttage, quoique leurs propriétaires n'en aient pas fait la demande.

    Il nous reste seulement à considérer, si les ouvrages régulateurs de l'usine actuellement existants, sont en dimensions convenables pour ne pas retarder le mouvement des eaux.

    Le déversoir de superficie a 5 m de large, cette largeur étant beaucoup supérieure à celle du ruisseau, près du double, car il faut ne considérer le ruisseau qu'à partir du point où il commence à présenter de la pente, le reste devant rester dans la dénomination d'étang ; cette largeur est suffisante.

    Le vannage de décharge présente une largeur libre de 2 m. Le seuil des vannes est à 1 m 82 en contrebas du repère provisoire, le niveau légal étant à 1 m 18, la tranche d'eau sur le seuil, est donc de 0 m 64. Le débit de vannage est par conséquent de 2 m 005.

    Il convient de voir si ce débit répond à celui des grandes eaux, le ruisseau étant près à déborder, ainsi que le prescrit la circulaire de 1851. Nous avons trouvé que le ruisseau de Trolong commençait à déborder lorsque le débit atteint 2 m 042 par seconde. On voit par conséquent que le vannage de décharge est trop petit, mais d'une quantité si faible 1/55e, que nous ne croyons pas devoir proposer de le modifier. L'excès de l'arrivée de l'eau dans l'étang sur le débit des vannes pourra s'écouler sans inconvénient par dessus le déversoir de superficie.

    Un chemin communal passe sur la chaussée de l'étang et traverse le conduit du vannage de décharge et le canal d'amenée des eaux sur la roue unique existant sur des ponts en bois ; il passe à gué sur le déversoir. La hauteur d'eau qui peut s'y observer atteint dans les plus grandes eaux 0 m 40. Il serait avantageux qu'un pont y fut fait également pour permettre le passage en tout temps.

    Guingamp, le 17 août 1855

    L'ingénieur ordinaire

    L.R. de La Fribonnière

Références documentaires

Documents d'archives
  • Etats de section de Hengoat, 1836. Série 3P 83/2

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 3P 83/2
  • Série 84 S art.82. Ruisseau de Bizien et affluents. Règlement d'eau du Moulin Daniou. Rapport de l'ingénieur ordinaire

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 84 S art.82
Documents figurés
  • Série 1 E 2870. Plan du moulin et de ses environs, 1573

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : Série 1 E 2870
  • Série 3 P 078. Fonds du cadastre ancien. Tableau d'assemblage et plans parcellaires de la commune de Hengoat, 1835.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 3 P 078
Bibliographie
  • POL POTIER DE COURCY. Nobiliaire et armorial de Bretagne. Joseph Floch Editeur, Mayenne, 1970.

(c) Région Bretagne (c) Région Bretagne - Tanguy-Schröer Judith
Judith Tanguy-Schröer , né(e) Tanguy
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