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Moulins à marée de Stervins, puis scierie, actuellement maison, 1 rue de Stervins (Riantec)

Dossier IA56007227 réalisé en 2017

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénomination moulin à marée
Parties constituantes non étudiées digue, étang
Dénominations moulin
Aire d'étude et canton Bretagne - Hennebont
Adresse Commune : Riantec
Adresse : 1 rue de Stervins

Le nom Stervins provient de la Seigneurie de Sterguin qui remonte au XIVe siècle, connue plus tard comme Seigneurie de Stervins. Jean Le Branc, mort en 1398 en est le premier seigneur connu et la dernière mention de cette seigneurie date de 1495, dans un acte où Dom Guillaume Le Magouerou reconnut tenir noblement du Roi Charles VIII et de la Reine Anne de Bretagne. Le moulin tel qu'on le connaît aujourd'hui est daté de 1688, cependant l'historien Henri-François Buffet affirme qu'il aurait existé un autre moulin précédemment.

C'est le 20 novembre 1688 que Louis XIV vend à Charles Bréart de Boisanger, pour 810 livres par an, un droit de mouture, de banalité de four et de passage entre Port-Louis et Kernevel. Suite à cet accord, Charles Bréart de Boisanger fait aussitôt construire le moulin à marée du Stervins « avec trois tournants » et deux moulins à vent par l’entrepreneur Louis Le Jeune. Les trois moulins resteront dans la famille jusqu'à la restauration.

En 1697, Charles Bréart de Boisanger s'acquitte définitivement de ses droits en versant 9720 livres au Roi. Il afferme alors ses moulins au meunier Jean Le Baron, pour 6 tonneaux de froment, ce qui correspond à 120 livres environ. Le moulin de Stervins moulait 40 minots de grains sur une marée, soit autant que les deux moulins à vents sur 24 heures.

Sous Louis XV, parallèlement à cette activité de meunerie, un charretier de Loc malo était chargé de transporter le grain et la farine entre le moulin et les Ports-Louisiens contre 300 livres par an. En 1743 le moulin à marée et les deux moulins à vent sont encore estimés à 130 livres 12 sols et 6 deniers.

Le 31 juillet 1821, Pierre-Paul Bréart de Boisanger afferme les trois moulins a Michel et Guillaume Gallo.

Comme pour beaucoup de moulins, les meuniers furent accusés de fraudes, une situation illustrée par une plainte en 1746 les accusant de rendre « la mauvaise farine pour le bon froment qu'on lui donne à moudre » (H-F. Buffet).

Selon les témoignages locaux le moulin a également accueilli une scierie, fermée en 1934 environ. Depuis il sert de résidence principale pour des particuliers et aurait aussi été occupé par des Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.

Période(s) Principale : 4e quart 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle, 21e siècle
Dates 1688, daté par travaux historiques

Le moulin de Stervins se situe entre l'étang de Stervins et la petite mer de Gâvres. Il est placé à l’extrémité de la digue devenue une route qu'il flanque en aval.

L'étang a été considérablement comblé par une décharge dans les années 70. Ses anciennes limites sont encore très visibles en photographie aérienne et également marquées par la présence de deux lavoirs qui, selon les témoignages locaux, marquaient la fin du bassin. L'un se trouve à l'est de l'étang et est encore visible dans la maison d'un particulier et l'autre au nord est à côté de l'ancienne voie de chemin de fer.

La digue est en moellons de granit, elle a été élargie et les vannes ont été bouchées en partie aval. Un changement d'appareil entre moellons et pierres de taille permet de distinguer l'emplacement de l'ancienne porte mer. Côté amont il est encore possible de distinguer deux ouvertures qui signalent également cet ancien emplacement.

Le bâtiment est conçu selon un plan rectangulaire. Le petit appendice présent sur la façade aval correspondrait, selon les témoignages locaux, à un poste de surveillance construit par les Allemands. Les murs sont réalisés en moellons de granit et des pierres de tailles ferment les angles. Le mur aval présente un léger fruit pour préserver le bâtiment de l'enfoncement dans le sable et cette façade a été enduite pour limiter l'humidité à l'intérieur.

Le moulin compte deux cheminées réparties de manière symétrique sur les façades est et ouest ce qui indique qu'il a probablement servi d'habitation au meunier. Le moulin est surmonté d'un toit d'ardoise en croupe avec un coyau.

Les différentes utilisations du moulin à travers le temps rendent la lecture du bâtiment initial très incertaine. Aujourd'hui la façade amont accueille la porte d'entrée autour de laquelle sont réparties symétriquement deux fenêtres. Les façades Est et Ouest comptent chacune une fenêtre et la guérite de la façade aval également.

Murs granite moellon
Toit ardoise
Couvrements
Couvertures
Énergies énergie hydraulique produite sur place
énergie thermique produite sur place
Typologies moulin à marée
États conservations remanié

La Bretagne compte une forte concentration de moulins à marée, il s'agit pourtant d'un patrimoine méconnu. Le moulin de Stervins constitue donc un témoignage de cette histoire collective.

S'il y a peu d'éléments connus aujourd'hui qui permettent de retracer l'histoire du moulin, l'existence de la scierie pourrait constituer un point d'accroche pour des recherches plus approfondies. Son occupation par les soldats allemands constitue un point d'intérêt supplémentaire dans l'histoire de la ville. Enfin il s'agit d'un des rares moulins de la rade de Lorient qui n'ait pas été détruit.

Statut de la propriété propriété d'une personne privée
Intérêt de l'œuvre à étudier

Références documentaires

Bibliographie
Périodiques
  • BUFFET Henri-François, Riantec à travers les âges, Les Seigneuries , Aurore Nouvelle, 1950, n°12

(c) Région Bretagne (c) Région Bretagne ; (c) GRIEF EA7465 - ENSAB - Nadolski Claire
Claire Nadolski

Chargée d'étude (GRIEF EA7465 - ENSAB)


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