Logo ={0} - Retour à l'accueil

Ossuaire (Plouzélambre)

Dossier IA22132454 inclus dans Le bourg de Plouzélambre réalisé en 2015

L'ossuaire de Plouzélambre

L'ossuaire fait partie constituante de l'ensemble ecclésial regroupant calvaire, église, clôture du placître, cimetière et presbytère. En règle générale, les ossuaires sont bâtis au sud-ouest de l'enclos comme ici à Plouzélambre. L’ossuaire est également appelé "reliquaire".

De plan rectangulaire, cet édifice orienté vers le sud-sud-est est construit en maçonnerie de pierre de taille de granite et en moellon. Il est accessible par une porte unique en arc brisé percée dans la façade antérieure. La façade principale est ouverte par sept arcades composées d'une double rangée de colonnettes supportant des arcs trilobés. Contre cette façade se trouve un bénitier en granite. Le pignon sud est percé d'une petite baie. Le bâtiment est revêtu d'une couverture à deux pans en ardoise épaisse : les ardoises sont fixées par des chevilles en bois. A l'intérieur, la maçonnerie est recouverte d'un enduit à la chaux et d'un badigeon blanc. Sa charpente voûtée est revêtue de lambris blanchis au lait de chaux. Sur le pignon nord se trouve une étagère murale reposant sur des consoles en pierre. L'étagère présente six boîtes crâniennes humaines.

Au Moyen Age, les morts étaient enterrés à l'intérieur de l'église selon à un protocole bien établi : les nobles suivant le "droit de sépulture", les ecclésiastiques et les notables grâce à leurs dons se réservaient les places au plus près du chœur et du maître-autel. Lorsque la place vint à manquer à l'intérieur de l'église, on eut recours à un édifice spécifique destiné au dépôt des ossements : c'est l'ossuaire. L'ossuaire peut également être adossé à l'église elle-même comme à Plufur : il s'agit alors d'un "ossuaire d'attache".

Au cours du 17e siècle, le placître s'est progressivement transformé en cimetière. Les reliques des défunts étaient régulièrement prélevées du cimetière pour être déposées dans l'ossuaire. Cette pratique permettait d'inhumer de nouveaux défunts dans l'église ou dans le cimetière. A Plouzélambre, si le dallage de l'église a été refait dans la seconde moitié du 18e siècle, on note cependant la présence de pierres tombales anciennes sous le porche. L’ossuaire rappelle aux fidèles leur destinée mortelle.

Un joyau du Moyen Age tardif et du gothique breton

De par l'analyse stylistique du décor d'arcatures, l'ossuaire de Plouzélambre est datable du 15e siècle. Il peut être considéré comme l'un des plus anciens de Bretagne avec celui de Lanvellec. C'est un joyau du Moyen Age tardif et du gothique breton. L’ensemble paroissial de Plouzélambre - dont l'ossuaire - est classé au titre des Monuments historiques depuis 1993. Propriété de la commune, l’ossuaire a été restauré en 1994-1995 : les huisseries des arcades n'ont cependant pas été reconstituées.

Les ossuaires bretons

Pour évoquer les ossuaires bretons, on cite souvent l'exemple de Pleyben (29) dont l'ossuaire de style gothique flamboyant est daté du milieu du 16e siècle. A La Roche-Maurice (29), l’ossuaire daté de 1639-1640 passe pour être l'un des plus grands de Bretagne.

Le "trésor" de Plouzélambre : une boite à crâne triple

Une boite à crâne triple est conservée dans la secrétairerie située au-dessus du porche monumental. Elle se trouvait originellement conservée dans l’ossuaire (des cartes postales en témoignent). Elle renferme les crânes de Mathurin Le Calvez, laboureur à Plouzélambre, décédé le 10 octobre 1864, à l’âge de 56 ans, Thomas Le Calvez, laboureur, décédé le 7 août 1869, à l’âge 25 ans, fils de Mathurin Le Calvez, et de Jacquette Le Cam, ménagère, décédée le 30 juin 1870, à l’âge de 48 ans, épouse de Mathurin Le Calvez.

Tout en conservant l'identité du défunt, les boîtes à chef servaient à protéger le crâne : c'est un usage le plus souvent réservé aux ecclésiastiques, aux nobles ou à des notables bienfaiteurs de l'église. Cette pratique permet d'honorer le défunt en conservant la relique la plus précieuse : le "chef", c'est à dire la tête du mort. Le décret de l'an XII (1805) sur les sépultures encadre cette pratique et autorise les familles à recueillir le crâne de leurs défunts cinq ans après leur mort. Cette pratique a cours du 16e au début du 20e siècle en Bretagne.

La cathédrale de Saint-Pol-de-Léon (29) est connue pour conserver de nombreuses "boîtes à chef" d'ecclésiastiques. A Saint-Fiacre (22), c'est dans l'ossuaire que sont conservées huit "boîtes à chef". Enfin, l'ossuaire de Trégornan-en-Glomel (22) conserve toujours des ossements pèle-mêle.

Dénominationsossuaire
Aire d'étude et cantonSchéma de cohérence territoriale du Trégor - Plestin-les-Grèves
AdresseCommune : Plouzélambre
Lieu-dit : Le bourg, Adresse : , Cadastre :

L'ossuaire de Plouzélambre est vraisemblablement datable de la seconde moitié du 15e siècle. Il peut être considéré comme l'un des plus anciens de Bretagne avec celui de Lanvellec. Il a été restauré en 1994-1995.

Période(s)Principale : 2e moitié 15e siècle
Statut de la propriétépropriété de la commune
Éléments remarquablesensemble religieux, église paroissiale, ossuaire, calvaire, mur de clôture, cimetière
Protectionsclassé MH, 1993/06/04
Précisions sur la protection

Ensemble architecturé formé par l'église Saint-Sylvestre, l'ossuaire, le calvaire et la clôture du cimetière (cad. A 666, 667) : classement par arrêté du 4 juin 1993.

Annexes

  • Notice de la base Mérimée (Monuments historiques)

    "Ensemble des 15e et 16e siècles, regroupant ossuaire, calvaire et clôture de cimetière. L'ossuaire, daté du 15e siècle, est considéré comme l'un des plus anciens de Bretagne, et conserve une couverture dont les ardoises sont fixées par des chevilles en bois. Il comporte, à l'extérieur, une rangée de colonnettes supportant de petits arcs trilobés et, à l'intérieur, une voûte formée par une charpente lambrissée. Le chevet de l'église est du 15e siècle ; la nef, du 16e siècle ; les lambris peints, du 19e siècle".

Références documentaires

Bibliographie
  • COUFFON, René. Répertoire des Eglises et Chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc, Les Presses Bretonnes, 1939-1947, 779 p.

Périodiques
  • DUCROCQ, Théophile. "Des ossuaires et des boîtes à crânes de la Bretagne armoricaine". Mémoire de la Société des Antiquaires de l'Ouest, série 2, t. 7, p. 362-367.

Liens web