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Palais épiscopal puis hôtel de ville actuellement mairie et bibliothèque, boulevard Anatole Le Braz (Tréguier)

Dossier IA22132853 réalisé en 2017

Le palais épiscopal fut la résidence des évêques de Tréguier jusqu’en 1790. Augustin-René-Louis Le Mintier fut ainsi le dernier évêque de Tréguier. L'édifice, désigné comme « manoir épiscopal », revêt l’allure d’un bâtiment à travée régulière datable du début du 18e siècle mais l’histoire de sa construction est plus complexe. Le manoir épiscopal est construit à partir de 1433, sous l’épiscopat de Pierre Piedru, évêque de 1430-1435. Le « catalogue des évêques de Tréguier rédigé au 15e siècle » précise que c’est sous l’épiscopat de Jean de Ploeuc, évêque de 1442-1453 que le manoir épiscopal est achevé. Les ailes est et ouest du palais recèlent encore des éléments datables du 15e siècle comme les vestiges d’une cheminée, un décor peint et des maçonneries anciennes. Au cours des Guerres de la Ligue, le manoir épiscopal est partiellement détruit. Selon René Couffon, le manoir épiscopal a été reconstruit à partir de 1608 à la demande d'Adrien d'Amboise, évêque de Tréguier. Diligenté en 1691 par l’évêque Eustache Le Sénéchal de Carcado, évêque de 1686 à 1694, un état du manoir épiscopal révèle son mauvais état sanitaire.

L’étude de la mise en œuvre et l’analyse stylistique du corps principal de logis, des pavillons (est et ouest), des cheminées et des boiseries permettent de dater ces bâtiments des années 1700-1715. Cela place cet important chantier sous l’épiscopat de Olivier Jégou de Kervilio, évêque de 1694 à 1731. Les travaux du 18e siècle ont eu pour objectif de rationaliser les espaces et la distribution des pièces : c’est à cette époque que le manoir épiscopal se mue en un véritable palais. Au nord du palais, le long du Guindy s’étend des « bois et promenades » traversés par de grandes allées plantées. Un chemin court le long du mur de clôture ouest et aboutit à un belvédère dominant le Guindy.

En 1921, l’ancien palais épiscopal, le jardin et le « bois de l’évêché » sont achetés par la ville de Tréguier sous l’impulsion du maire Gustave de Kerguezec : le palais épiscopal devient l’hôtel de ville. Bien avant le classement au titre des Monuments historiques des façades et toitures des bâtiments de l’ancien évêché de Tréguier en 1954 et en 1956, c’est la « décoration de la salle des délibérations de l’hôtel de ville de Tréguier (ancienne salle capitulaire des Évêques au 18e siècle) » qui est inscrite titre des Monuments historiques en 1925.

Destinations mairie, hôtel de ville, bibliothèque, presbytère
Dénominations évêché, palais, écurie, dépendance, logement
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Tréguier
Adresse Commune : Tréguier
Adresse : 1 boulevard Anatole le Braz

Le palais épiscopal fut la résidence des évêques de Tréguier jusqu’en 1790. Augustin-René-Louis Le Mintier fut ainsi le dernier évêque de Tréguier. L'édifice, quelquefois désigné comme "manoir épiscopal", revêt l’allure d’un bâtiment à travée régulière datable du début du 18e siècle mais l’histoire de sa construction est plus complexe.

Un manoir épiscopal construit au 15e siècle

Le manoir épiscopal est construit à partir de 1433, sous l’épiscopat de Pierre Piedru (1430-1435) par Jean Le Gac et Jean Jamet (Chauou, 1969). Le "catalogue des évêques de Tréguier rédigé au 15e siècle" transcrit par René Couffon précise que c’est sous l’épiscopat de Jean de Ploeuc (1442-1453) que le manoir épiscopal est achevé :

"Fecit etiam multum aperte planare plateam villae unde fecit ad ipsius magnum decorem removere inestimabilem quantitatem terrae et ejusdem pavementum quod nunquam habuerat fieri et signanter inter ecclesiam polygonius et portem episcopalem. Item magnam cochleam cum habitationibus seu estagiis sibi inherentibus et magna stabula seu magnam grangiam et magnum puteum episcopales."

"Il [Jean de Ploeuc] fit aussi beaucoup aplanir à découvert la place de la ville d'où il fit enlever pour sa décoration une quantité difficile à estimer de terre et son pavement qui n'avait jamais existé et clairement entre l'église polygonale et la porte [du manoir] épiscopal. Il fit aussi une grande tour avec des logements ou pour les bâtiments lui étant attachés et de grandes étables ou une grande grange et un grand puits épiscopaux."

Les ailes est et ouest du palais recèlent cependant encore des éléments datables du 15e siècle comme les vestiges d’une cheminée, un décor peint (?) et des maçonneries anciennes (étage de comble de l’aile est, tour des latrines à l’est ou encore mur postérieur de l’aile ouest).

Le manoir épiscopal au 17e siècle : des travaux de reconstruction ?

Au cours de la guerre de la Ligue (1588-1598), le manoir épiscopal est partiellement détruit. Selon René Couffon (1929), le manoir épiscopal (qui abrite la chambre de l’évêque) a été reconstruit à partir de 1608 à la demande d'Adrien d'Amboise, évêque de Tréguier mais nous n’avons pas pu identifier les sources qu’il a utilisé. A la même époque débutent les travaux d’alimentation en eau de la ville depuis une fontaine située à Plouguiel : une conduite d’eau de 2700 mètres et un pont aqueduc sont construits à cet effet (Archives communales de Tréguier : "Plan de la pompe de Tréguier fait par le soussignant Charles Symon, maître peintre", 1610). Outre la fontaine située au sud de la cathédrale (actuelle place du Martray), cette conduite alimentait en eau un bassin situé dans le jardin du manoir épiscopal (Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, 1853).

Diligenté en 1691 par l’évêque Eustache Le Sénéchal de Carcado (évêque de 1686 à 1694), un état du manoir épiscopal révèle son mauvais état sanitaire à cette époque. Les experts s’attachent à distinguer ce que l’on doit à la "caducité", à des erreurs de conception ou au manque de réparation donc, ce qui peut être imputé à l’évêque. Il en est ainsi de la "voûte de la porte cochère" de la basse-cour ou cour de service située au nord du palais épiscopal, qui "menace ruine". A proximité immédiate de cette porte charretière, l’état évoque un "très ancien corps de logis" (rasé après 1757) mesurant environ 15 m de longueur : il est bien stipulé que "l’état où il se trouve ne provient d’aucun défaut de réparation, mais de la caducité".

Le manoir épiscopal au 18e siècle : des travaux de reconstruction et d’embellissement

L’étude de la mise en œuvre et l’analyse stylistique du corps principal de logis, des pavillons (est et ouest), des cheminées et des boiseries permettent de dater ces bâtiments des années 1700-1715. Cela place cet important chantier sous l’épiscopat de Olivier Jégou de Kervilio, évêque de 1694 à 1731.

L’aile nord-ouest a été construite sous l’épiscopat de François-Hyacinthe de La Fruglaye de Kervers, c’est-à-dire entre 1730-1745 ce qui est confirmé par l’analyse stylistique des cheminées et boiseries des trois pièces situées à l’ouest mais aussi, par une mention de l’évêque Gui Le Borgne de Kermorvan des travaux réalisés par son prédécesseur.

Dans les archives départementales des Côtes-d’Armor subsiste un "devis de l’embellissement du palais épiscopal de Tréguier" daté de mai 1757. Il a été réalisé sous l’épiscopat de Charles-Gui Le Borgne de Kermorvan (1746-1761). A cette occasion, l’évêque demande l’autorisation au roi de raser le vieux logis ruiné de la basse-cour reconverti en grenier car masquant la vue vers le jardin, le "bois de décoration" et la "campagne".

Dans l’avant-cour pavée, sont mentionnés en 1791 "un puits ragrée avec son couronnement en tailles [pierre de taille], à côté une auge de grosse pierre". Dans la seconde cour est décrite : "une fontaine sur pyramide avec son bassin et tympan en plomb, à côté deux petites auges de grosses pierres" (un bassin circulaire figure sur le plan de 1794). La porte permettant de passer de la basse-cour au bois est décrite comme une "ouverture de porte en pilastre de grosses tailles appuyée de deux petites masses de maçonnerie garnie d’une porte à claire-voie".

Les travaux du 18e siècle ont eu pour objectif de rationaliser les espaces et la distribution des pièces : c’est à cette époque que le manoir épiscopal se mue en un véritable palais. L’harmonisation des façades, mais également celle des niveaux des sols apparaissent comme un souci constant de l’évêque. Le confort n’est pas oublié puisque les pièces de vie sont dotées de cheminée, de parquet et de boiserie. Située au rez-de-chaussée du corps principal de logis, la cuisine comprend "un petit four à pâtisserie" et "deux potagers à différents services" (visibles sur le plan de 1794). Des latrines sont accessibles au rez-de-chaussée et à l’étage, dans la tourelle est et à la rencontre de l’aile ouest, du pavillon ouest et de l’aile nord-ouest. L’évêque propose d’ajouter au palais en 1757 "des greniers plus que suffisants pour la rente de grains du temporel".

Le corps principal de logis comprenait au rez-de-chaussée une cuisine et une "salle de plein pied" avec "fontaine" : cette "salle à manger", dallée de pierre de taille et, entièrement lambrissée donnait directement sur le jardin via un perron et un "escalier en limasson" (1791). Cette pièce a probablement été cloisonnée au début du 20e siècle lors du réaménagement du palais en hôtel de ville. A l’étage se trouve la "salle synodale" et la "chambre de compagnie" avec "latte parquetée en bois [de] châtaigner". La "salle synodale" présente des boiseries avec décor type Louis XIV datables des années 1700-1715 avec octogones, tables à écoinçons et panneaux avec ressaut en plein cintre. Le plafond lambrissé est peint en blanc afin d’imiter les plafonds parisiens en plâtre. La "chambre de compagnie" nommée antichambre a été divisée en deux espaces distincts à une date inconnue. Elle a conservé son plafond d’origine.

Le pavillon est est également datable du 1er quart du 18e siècle (vers 1700-1715 ?). Au rez-de-chaussée subsiste une pièce dite "salle de compagnie" (1791) avec cheminée, des boiseries au-dessus de la cheminée et une "armoire d’attache". Si la "chambre de l’évêque" située à l’étage, a perdu ses boiseries, elle a conservé son parquet à compartiment et son plafond. Au centre de ce plafond se trouve une colombe en haut relief, symbole de l’Esprit saint. Une gloire aux rayons divins en relief (décorés de feuille d’or) entoure et nimbe la colombe recouverte d’une argenture. L’étage de comble est doté d’une chambre haute avec cheminée et plafond à octogone (bassin pour un lustre). Éclairée par deux lucarnes, cette chambre haute ou cabinet donne sur les jardins et la rivière de Tréguier. Cette chambre est desservie par l’escalier ouest de l’aile est, un petit escalier secondaire donnant sur le niveau de combles de l’aile est (lui aussi réaménagé), un couloir et enfin quelques marches… L’étage de comble est couvert en enrayure.

L’aile est est un rhabillage d’un bâti plus ancien par chemisage des murs extérieurs : elle abrite un escalier à balustre de bois à rampe discontinue au niveau des paliers datable du début du 18e siècle (1700-1715).

La "maison Ejebo" (accolée au pavillon est et citée en 1691) a été vraisemblablement rattachée à l’évêché après 1691 : à l’origine, elle comprenait une salle haute sous charpente à l’étage mis en évidence par l’étude préalable de Christophe Batard. Elle semble avoir été profondément modifiée à la fin du 17e siècle ou au début du 18e siècle. Comme l’aile ouest, le niveau du plancher a en effet été relevé pour être en accord avec celui du corps de logis situé immédiatement à l’ouest. L’état de 1791 évoque dans le première chambre (la plus à l’ouest), je cite : le "comble plafonné en pavillon" et dans la seconde (à l’est) : "le comble en pavillon blanchi de chaux, l’enrayure du comble entièrement sous couverture d’ardoise". Sur le chaînage est de la maison, des pierres de taille restent en attente ainsi que le départ d’un pilier et d’une arcade…

Le pavillon ouest a été construit entre 1700 et 1715. Il abrite un grand escalier en granite (à angles vifs) à garde-corps en fer forgé desservant notamment la "salle synodale". Les éléments de boiseries de l’étage montrent des moulurations à grand cadre, un montage en trois parties, très savant, typiquement Louis XIV. Le plafond en dôme du vestibule est lambrissé en sapin. Selon, l’étude préalable de Christophe Batard, la rampe en fer forgé date de 1938 (devis du 13 août 1938). En haut du grand escalier, on accède également aussi vers l’ouest à plusieurs pièces.

Selon l’évêque Charles-Gui Le Borgne de Kermorvan, l’aile nord-ouest du palais date de son "prédécesseur" donc très vraisemblablement de l’épiscopat de François-Hyacinthe de La Fruglaye de Kervers (1730-1745). Cette aile comprend outre "un grand pavillon" (actuelle mairie), "une écurie de chevaux et greniers à foin". Les trois remises sous arcade ont été transformées en bureau au 20e siècle. Les combles servent à stocker les récoltes de grain.

Au-dessus des remises sous arcade se trouvent plusieurs pièces dont la fonction n’est pas connue avec certitude : s’agit-il du bureau et du secrétariat de l’évêque ? Les boiseries de ces trois pièces, de "style régence", sont datables des années 1730-1745 selon Jean-Jacques Rioult, conservateur en chef du patrimoine :

- une antichambre (deux travées de fenêtre vers l’ouest) avec cheminée, armoire d’attache et décor de lambris blancs (2e quart du 18e siècle) associé à des portes modernes (1922) donnant sur l’escalier en vis de l’aile ouest (pièce actuellement à usage de bureau). A l’ouest, des latrines. Cette pièce a été divisée au 20e siècle.

- une grande pièce (deux travées de fenêtre vers l’est) avec cheminée et boiseries de style "grand genre" ou "beau régence" (2e quart du 18e siècle). Il s’agit vraisemblablement d’un décor réalisé par des artisans locaux à partir de grands modèles savants : lambris de cheminée avec volutes et pilastres qui se terminent par des consolettes avec une feuille d’acanthe, au centre du manteau de la cheminée, des volutes, une coquille et une rosace… Les boiseries des dessus de porte semblent modernes (1922 ?) tout comme le parquet (entrecroisé), la tapisserie, le bureau, les chaises et fauteuils datables des années 1920 et probablement commandés lors de la transformation de l’ancien palais épiscopal en hôtel de ville. Cette pièce sert actuellement de bureau au maire de Tréguier.

- une pièce plus petite (une travée de fenêtre à l’est et à l’ouest), avec cheminée et boiseries en chêne débité sur quartier. L’œil de bœuf situé en haut des boiseries de la cheminée aurait pu recevoir un portrait. Cette pièce sert actuellement de bureau au directeur général des services ;

- plus au nord, les espaces ont été redécoupés lors de la transformation en hôtel puis en mairie à partir de 1986.

L’aile ouest, décrite de "construction gothique" est reprise entièrement après 1757 : sa façade est modernisée dans le style Louis XIV du reste du palais. Elle accueille des pièces de rang inférieur : étaient-ce les bureaux de l’évêché ? L’étage de comble est transformé en grenier (espace pouvant être ventilé grâce à la partie haute des fenêtres de l’étage). Les lucarnes sont datables du 19e siècle.

Le palais épiscopal dans la tourmente révolutionnaire

Le décret de l’assemblée nationale du 12 juillet 1790 fixe la constitution civile du clergé : la loi stipule qu’il ne doit y avoir qu’un diocèse par département ce qui entraîne la suppression de l’évêché de Tréguier (les évêchés de Dol, Léon et Saint-Malo sont également supprimés). Évêques et prêtres sont désormais choisis par les électeurs chargés d’élire des administrateurs départementaux. L’autorité ecclésiastique est mise devant le fait accompli : le 14 février 1791, l’évêque de Tréguier, Monseigneur Le Mintier, après avoir publié un mandement contre-révolutionnaire destiné au clergé du Trégor et aux fidèles, choisit la fuite et s’exile en Angleterre via Jersey. La cathédrale abrite désormais le temple de la Raison "consacré au silence et à l’instruction des lois".

Le procès-verbal d’estimation de l’ancien palais épiscopal de Tréguier est réalisé le 24 février 1791 par Bernard Nayrod de Lanvellec (Archives départementales des Côtes d’Armor : 1Q1/33, Tréguier). L’inventaire des "meubles et effets" de l’ancien palais épiscopal de Tréguier appartenant à l’évêque Le Mintier est réalisé les 25 et 26 novembre 1793 par Julien Mauffray accompagné de Yves Le Merdy, officier municipal et de Jacques Paul Le Bormier, notable (Archives départementales des Côtes d’Armor : 1Q143). L’ancien office situé au rez-de-chaussée de l’aile est du plais est alors habité par le "fermier des bois et jardins" nommé Nivet.

Le bataillon d’Étampes (détaché du "régiment du Temple") commandé par le citoyen Le Maire est envoyé à Tréguier pour éviter les troubles. Arrivés le 26 janvier 1794, les 842 soldats sont logés dans le palais épiscopal, au Collège (Séminaire) et pour certains d’entre eux dans le couvent des Ursulines (Guillou, 1913).

La mémoire collective se souvient qu’ils ont renversés la croix située au carrefour de la côte Saint-Michel en arrivant à Tréguier. Dans le couvent des Ursulines, les dégâts sont considérables (chapelle et autel profanés, statues brisées), dans le palais épiscopal (la chapelle ou "salle du chapitre" profanée sert de "salle de discipline", la cuisine sert d’atelier du salpêtre afin de fabriquer de la poudre noire), dans la cathédrale (profanée, vandalisée, certaines verrières ont été brisées et arrachées) et le cloître (devenu magasin d’armement). La porte de la tour a été vandalisée afin de déranger l’horloge. Ces évènements entrainent de nombreuses plaintes de la municipalité de Tréguier : le bataillon d’Étampes est finalement relevé le 24 mai 1794 contre 300 grenadiers de Rhône et Loire (Guillou, 1913). A la suite, l’Assemblée municipale de Tréguier demande l’autorisation du district de vendre le mobilier vandalisé de la cathédrale.

La nationalisation des biens ecclésiastiques dits de de première origine entraîne la vente des bien nationaux au profit de l’état. Le "palais épiscopal, dépendances et bois" (soit, "4 hectares 13 ares et 42 centiares environ") est mis en adjudication le 29 août 1794 est vendu comme "bien national" pour 50 000 francs (ensemble estimé à 14 180 francs). Le jardin de l’évêché estimé 72 francs est vendu en 1799 pour 155 francs.

Le manoir épiscopal au 19e siècle

L’ancien palais épiscopal de Tréguier est acquis par la mense épiscopale (établissement public du culte) de Saint-Brieuc le 14 décembre 1825 pour servir de presbytère et de maison de retraite aux prêtres du diocèse (pour la somme de 56 000 francs selon le décret de 1829) mais n’a jamais reçu cette affectation. Il comprenait : "trois grands corps de bâtiments ayant servi autrefois au logements de l’évêque, de presbytère, à un ouvroir, à une salle d’asile, etc. A l’entrée un bâtiment dit "porterie". Dans les vastes cours et jardins divers communs et, faisant suite à l’aile nord-sud, une maison comprenant rez-de-chaussée et chambres. Jardin, vergers, potagers, allée de boules. Un grand bois de haute futaie. Le tout indiqué sur au plan cadastral sous les numéros 203, 226, 266, 267, 269, 270, 271, 272 et 273 de la section A" (Archives communales de Tréguier : 1M3, carton n° 76. Lettre de Gustave de Kerguezec au préfet des Côtes-du-Nord, 20 juin 1920).

Le manoir épiscopal au 20e siècle : la transformation en hôtel de ville

Après la loi de séparation des Églises et de l'État, l’ancien palais épiscopal est attribué au département des Côtes-du-Nord par décret du 12 juillet 1913. En 1917, le département des Côtes-du-Nord projette la création d’une nouvelle route permettant de relier la place du Martray au Pont Noir ou pont de Plouguiel. Sur le plan de 1917, on peut voir la création d’une "salle de gymnastique" en lieu et place de de la laverie, du garde-manger et de la cuisine du 18e siècle et le déplacement vers l’est de la cuisine et de la salle à manger. Dans l’aile est, la pièce située immédiatement au nord de la sacristie est mentionné comme "salon". A l’étage du corps principal de logis, la "salle synodale" a été divisée en deux pièces.

Le 12 février 1920, le conseil municipal de Tréguier se prononce favorablement pour le projet d’acquisition "d’immeubles qui ont constitué jadis l’évêché de Tréguier". Selon la ville de Tréguier, ces bâtiments ont été "mal entretenus", "laissés à l’abandon pendant la guerre [Première guerre mondiale]", "occupés par des cantonnements de troupes qui ont encore augmenté les dégâts". Cette acquisition est proposée pour la somme de 50 000 francs "dans un but d’utilité générale et d’embellissement de la ville" avec comme condition de maintenir le bois de l’évêché en "promenade publique". Pour la commission départementale des Côtes-du-Nord, la ville de Tréguier fait "une offre matériellement inférieure à la valeur réelle de l’immeuble". Dans un télégramme daté du 26 juin 1921, Gustave de Kerguezec écrit finalement à la mairie de Paris "suis heureux de conclusion affaire évêché amitiés Kerguezec". Les biens dits "de l’évêché" sont finalement vendus à la ville de Tréguier le 20 septembre 1921 pour la somme de 50 000 francs (payables en trois fois).

Gustave de Kerguezec écrit un peu plus tard dans ses "Note pour Tréguier" : "L’affaire de la vente de l’évêché à la ville de Tréguier a été une des plus dures, des plus difficiles et des plus délicates que j’ai jamais mené [sic]. J’ai trouvé au sein de la commission départementale les obstacles les plus inattendues et les plus énergiques". Un peu plus loin, on peut lire : "il y aurait peut-être lieu d’examiner s’il ne convient pas d’examiner [sic] la question d’installation de mairie de l’évêché et la vente de la mairie actuelle le produit de cette vente servant à l’aménagement de la nouvelle mairie. L’économie du projet serait de nous débarrasser d’un immeuble au profit d’un immeuble infiniment supérieur. On saurait faire une grande salle de délibération tout à fait belle et vraiment digne de la ville en gagnant l’ancienne grande salle de l’ouvroir. Le secrétariat pourrait être installé dans les trois pièces qui sont à gauche du grand escalier et la justice de paix [système de justice de proximité créé en 1790 et supprimé en 1958] dans la très grande salle qui se trouve dans l’ancienne salle d’asile à droite de la voûte lorsqu’on descend au bas de l’endroit que j’ai indiqué sur le plan par une petite croix bleue" (Archives communales de Tréguier : 1M2, carton n° 73.). Rappelons, que la mairie de Tréguier était en 1920 située rue Colvestre (appelée rue de la mairie au début du 20e siècle) dans un immeuble construit au 19e siècle.

En juin 1921 sont réceptionnés les travaux du deuxième passage pour la circulation des automobiles à travers le palais épiscopal (travaux réalisés par l’entrepreneur Étienne Rannou) afin d’aménager la nouvelle route jusqu’au Pont Noir. Des dépendances de l’ancien palais épiscopal dont la "conciergerie" accolée à la cathédrale sont alors rasées. Le porche de l’avant-cour est démonté puis vendu à un particulier (le porche a été remonté rue Chateaubriand).

Le projet de réhabilitation de l’ancien palais épiscopal en hôtel de ville est confié à Le Fort de Guingamp, architecte départemental des Beaux-Arts, qui réalise le devis estimatif des travaux le 30 mars 1922 (Archives communales de Tréguier : 1M2, carton n° 73). L’objectif est de créer une "grande salle" (salle du conseil ou "salle des délibérations"), un secrétariat et un bureau pour le maire ("Ancien évêché de Tréguier, plan du premier étage des parties à réparer", validé le 22 décembre 1922). Le vestibule, l’escalier d’honneur et la salle du conseil sont dotés d’un décor peint dédiés à dix-huit enfants de Bretagne et rappelant huit moments importants de l’histoire de Tréguier (voir l’annexe intitulée : Le décor de la "salle des séances" de l'hôtel de ville réalisé en 1923).

Le 2 juillet 1922 est inauguré le monument aux morts réalisé par le sculpteur Francis Renault sur l’ancienne avant-cour du palais épiscopal, actuellement place du Général Leclerc (d’autres équipements municipaux : groupe d'habitations ouvrières, dispensaire anti-tuberculeux, stade des sports sont alors inaugurés).

Le 2 septembre 1923, c’est dans le cadre du centenaire de la naissance d’Ernest Renan (né le 28 février 1823 à Tréguier) et de la visite de nombreuses personnalités dont Raymond Poincaré, président du conseil que l’hôtel de ville de Tréguier est inauguré.

L’aile nord-ouest du palais épiscopal (aujourd’hui "mairie") est occupée par un hôtel de tourisme jusqu’en 1956 au moins. L’Hôtel Central appartient à Raymond Chazottes, hôtelier, habitant à Tréguier. En 1962, il est racheté par les époux Darchen, également hôteliers, ils le rebaptisent "Hôtel de la Tour d’Hastings". Avant même la mise en vente de l’hôtel, la ville de Tréguier s’était déjà positionnée en vue de son achat. L’acquisition de l’hôtel est décidée par délibération du conseil municipal du 12 mai 1977 avec pour objectif de permettre l’agrandissement de la mairie. La vente est conclue le 12 octobre 1977 pour la somme de 320 000 francs.

Les travaux d’aménagement ont démarré en 1983 afin de consolider le bâtiment (travaux de maçonnerie, couverture et charpente).

La nouvelle mairie de Tréguier a été inaugurée en 1986 (Archives communales de Tréguier : 1M3, carton n° 76).

Période(s) Principale : Fin du Moyen Age, 1er quart 17e siècle, 2e moitié 17e siècle, 18e siècle , daté par source, daté par travaux historiques
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Dates 1757, daté par source
1921, daté par source
1922, daté par source
1986, daté par source

Le palais épiscopal de Tréguier est implanté directement au nord-ouest de la cathédrale Saint-Tugdual. Autrefois clos d’un mur, le domaine de l’évêque s’étendait de la cathédrale jusqu’au Guindy et comprenait bois et jardins. Le palais communique à la cathédrale et au cloître via la sacristie.

Au sud du palais, s’étendait l’avant-cour ou cour d’honneur aujourd’hui place du Général Leclerc, au nord une basse-cour entourée de dépendances et close de mur. L’avant-cour était agrémentée d’un puits. La basse-cour est doublée d’un jardin se prolongeant par un bois de décoration à usage de promenade. L’avant-cour était fermée par un mur et un portail monumental en arc plein cintre surmonté d’un mascaron (portail déplacé) flanqué d’un bâtiment à usage de porterie (bâtiment disparu). Si la communication entre la cour haute et la cour basse dite basse-cour se faisait par une simple porte charretière située au rez-de-chaussée du corps de logis principal, elle a été remplacée par un double passage de 4 mètres de largeur permettant l’aménagement d’une route descendant de la Place du Martray vers le Pont Noir (actuellement boulevard Anatole Le Braz).

Le palais se compose d’un grand corps de logis orienté nord-sud encadré par deux pavillons nommés respectivement "pavillon est" et "pavillon ouest". Le palais est prolongé à l’est et à l’ouest par deux ailes de bâtiment, vers le nord-ouest par une autre aile de bâtiment. Le pavillon est est flanqué d’un bâtiment nommé "maison Ejebo" disposant au sud d’une courette. Côté nord, une cave accessible de plain-pied depuis le jardin est éclairée par deux oculi.

L’avant-cour donnait accès à la "salle synodale" ou "galerie" située au premier étage via le vestibule et l’escalier d’honneur en pierre de taille de granite flanqué d’une rampe en fer forgé. Au même niveau se trouvait la "chambre de l’évêque" et des appartements. Au rez-de-chaussée étaient rejetées les pièces de service : laverie, garde-manger, cuisine, office… Situé dans le prolongement de la cuisine, la "salle à manger " disposait d’un accès direct au jardin via un perron et un petit escalier. Plusieurs pièces du palais ont conservé leurs boiseries.

L’aile orientale du palais est desservie par un escalier rampe sur rampe en bois à balustres (prolongé par un petit escalier secondaire donnant accès au niveau de comble) tandis que l’aile ouest est desservie par un escalier en vis (et un escalier rampe sur rampe autrefois situé à l’extrémité sud). L’aile nord-ouest à usage actuel de mairie est desservie par un escalier principal et un escalier en vis en bois secondaire.

La construction du palais a majoritairement fait appel à des moellons de granite dont les parements extérieurs étaient enduits avec un mélange de sable et de chaux. Les entourages des ouvertures reçoivent des éléments en pierre de taille de granite. Un bandeau en pierre de taille de granite vient souligner l’étage. Portes et fenêtres sont dotées de linteaux droits à l’exception des ouvertures du rez-de-chaussée de l’aile nord-ouest qui reçoivent des linteaux en arc segmentaire (comme les arcs des deux passages pour automobile). Les trois anciennes remises (actuellement transformées en fenêtre) étaient chacune dotées d’un arc en plein cintre. Les chainages d’angle de l’aile nord-ouest et de la "maison Ejebo" montrent chacun le pilier d’une arcade et des pierres de taille en attente. A la jonction du pavillon et de l’aile ouest, deux petites fenêtres et un jour témoignent des dispositions anciennes du palais (fenêtre éclairant notamment l’escalier en vis). Sur la façade sud du pavillon ouest ont été intégrées des armoiries d’évêque. Contre cette façade est également présenté un ancien manteau de cheminée en granite portant l’inscription suivante : "DEV [DEUM] FIDE. SPE AC CHARITATE COLITO (Honore Dieu par la foi, l’espérance et la charité)" et le millésime 1574.

Murs granite moellon enduit
maçonnerie
Toit ardoise
Étages 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Statut de la propriété propriété de la commune
Protections inscrit MH, 1925/02/23
classé MH, 1954/04/12
classé MH, 1956/05/31

Annexes

  • 6 septembre 1632 : "procès-verbal de justice du trésor, titres et garentz de l’église cathédrale de Tréguier, fait à la suite de l’incendie de la sacristie survenu dans la nuit du 5 septembre" (Archives départementales des Côtes d’Armor : 2 G 457, f°1 - extrait des annexes de l'Étude préalable à la restauration générale de l'ancien évêché de Tréguier sous la direction de Christophe Batard, architecte en chef des monuments historiques, 2010)

    "[…] Jehan de Trevou Sieur de Balloré, conseiller du Roy et Senechal en sa cour de Treguier au siège de Lannyon, Scavoir faisant que le lundy sixieme jour de septembre mil six cent trente deux Escuyer vinrent de Rosuras suivi et Runangoff, nous seroit venu en la ville de Lannyon et nous avoit presenté une lettre de la par du vénérable chapre [chapitre] de l’église cathédrale dudit Treguier dattée dudit jour soussignée Mathurin l’Hostier et Trogoff chanes [chanoines] dudit chapre [chapitre] par laquelle ils nous donnent advis que le soir précédent le feu avoit pris dans la sacristye de ladite église et avoit brullé et consommé les tresors les plus precieux ornementés et les plus importants Tiltres lettres dudit chapre [chapitre] et de ladite église nous requerant de desendre sur les lieux pour en faire estat et proscrire du procurateur du Roy sy transporter aurait été envoyé. En ne [notre] compaigny Maistre Guillaume Couppé advocat et son substitut ordre [ordonnateur]. Et rendus le lendemain en ladite eglise cathédrale dud Treguier ayant avec nous Me Pierre Martin juré […] comparant devant nous venerables mrs mathurin l’Hostier Thresorier pierre dallor archidiacre thomas Bodoir scolastique Guillaume Audre Grand vicaire et offal de monsieu Guy Crampion le reverendissime eveque de Treguier Guillaume de Trogoff rené de rosm michel thibault pierre fanoye yves bupour chanoine de ladite eglise estant en ville lesquels nous ont dit avoir aujourd’huy envoyé noble missive a esabion un des chanes [chanoines] dudit chapitre pour donner advis dudit bouleversement a monsieur l’eveque de treguier absent et occupé a la visite des paroisses du diocèse. Et attendant son advis ou retour nous avons presenté requeste signée dudit Hostier procureur dudit chapitre par laquelle il nous fait estat du proces verbal […]"

    (Extrait des annexes de l'Étude préalable à la restauration générale de l'ancien évêché de Tréguier sous la direction de Christophe Batard, architecte en chef des monuments historiques, 2010).

  • 30 janvier et 1er février 1691 : "procès-verbal de l’estat du manoir episcopal de Treguier fait par le sieur alloué de Lannion à la requeste de Eustache Le Sénéchal de Carcado éveque" (Archives départementales des Côtes d’Armor : 2 G 95, f°1 - extrait des annexes de l'Étude préalable à la restauration générale de l'ancien évêché de Tréguier sous la direction de Christophe Batard, architecte en chef des monuments historiques, 2010)

    "[…] De fait le requerant le sieur Le Noir assisté de maistre Michel prigent son procureur, nous nous sommes en compagnie des commissaires transportés dans une basse cour située au nord dudit manoire pal [épiscopal] ou ledit sieur Lenoir nous a fait remarquer en entrant que la voute de la porte cochère menace ruine faisant ventre sur le haut de la voute, et que les pierres qui composent ladite voute sont tellement séparées et disjointes l’une de l’autre qu’il nous parait evidement que la voute tombera en ruine si on n’y remédie au plus tot […]

    Sur quoy nous avons appelés lesdits experts et iceux envoye separemment sur ce fait nous ont unanimement raporté que ladite porte ne peut estre dans l’etat ou elle fait par aucun deffaut de ceparation, doublures ny concature et qu’ils estiment que ladite voute a esté faite depuis les cinquante ans, et que le deffaut de l’avoir plus vouté quelle ne l’est lors de sa construction cause sa ruine.

    Au mesme endroit nous a ledit Sieur Le Noir fait remarquer a douze pieds de ladite porte cochere sur la droite une muraille du tres ancien corps de logis ayant quarante six pieds de long, cinq pieds de hauteur, laquelle muraille surplombe et deborde par en haut en dehors, environ un grand pied de quoy il nous a requis acte, et que nous luy donnons le fait pour constant et que par caducitté ledit corps de logis du coté de la basse cour menace ruine.

    De quoy nous avons decerné audit sieur Lenoir apres avoir vu ladite muraille, et pris sur icelle l’advisdes experts.

    Nous avons donné pour constant et advisé que ladite muraille menace ruine n’etant pas perpendiculaire et debordant par le haut plus d’un pied, et par expres en l’endroit d’une fenestre d’une ancienne fermeture de laquelle fenestre la croisée deborde tellement par dehors quelle menace une prompte ruine.

    Nous a pareillement fait voir au bout du logis a gauche de la porte cochere un corps de pavillon quoy nous a dit composer des antichambres dudit corps de logis lequel fait ventre par en bas en dehors qu’il menace evidament ruine du coté de Loriant, et qu’il peut luy donner par constant que le mauvais etat ou se trouve ledit pavillon provient de caducité, et non faute de reparations.

    De quoy nous avons pareillement decerné acte et apres avoir sur ce interrogé lesdits experts, iceux prirent leur advis sur l’etat dudit pavillon nous avons donné pour constant qu’il menace evidement ruine, et que l’etat ou il se trouve ne provient d’aucun deffaut de reparation, mais de la caducité.

    Donnons pareillement pour constant qu’au bas dudit pavillon du coté de Loriant il y a une petite porte ronde au haut de laquelle au dedans il y a une ouvertrure considerable en forme de couleuvre que lesdits experts nous ont pareillement declaré estre une preuve de caducité et non faute des réparations refaites.

    Nous a envoyé ledit Sieur Lenoir fait remarquer au poulailler estant au bout desdites chambres, et au niveau des premieres ecuries du coté du midy, lequel poulailler est entierement ruiné et que les ruines d’iceluy ne proviennent que de caducité aussy qu’il parait par les massonages qui sont restés.

    […] De la estant entrés dans la première ecurie du coté du midy nous a ledit sieur Lenoir fait remarquerque les deux premiers poutreaux etant a la gauche de ladite ecurie sont entierement vermolus et de nulle valeur. Les soulivaux etant sur lesdits ouvrant pareillement de nulle valeur pareillement vermolus et rompus pour avoir esté trop ecartés et eloignés les uns des autres et que les autre soulivaux de l’autre coté de la porte sont de nulle valeur a l’exception de dix.

    […] En sortant de ladite ecurie ledit Lenoir nous a requis luy donner pour constant que la muraille deladite premiere ecurie du coté de la basse cour est ruinée par en bas a la hauteur d’un pied et par consequent qu’elle ne peut estre reparée que rais de terre.

    Ce quy a esté contesté par ledit Sieur procureur du roy qui a maintenu que ladite muraille est bonne et que s’il manque quelque chose ce ne sont que menues reparations.

    Desquels requisitoires et contestations avons acte decerné et après avoir vu et examiné et pris l’advis desdits experts sur l’etat de la muraille nous avons donné pour constant qu’elle est bonne et qu’il ny manque que quelques menues reparations par en bas.

    Après quoy le requerant ledit sieur Lenoir nous nous sommes rendus dans un corps de logis etant aubas de ladite basse cour et a l’oposé de ladite basse cour lequel batiment ledit sieur Lenoir nous a[illisible] les murailles duquel ledit sieur Lenoir nous a requis et donner pour constant menacer ruine etant surplombe et faisant ventre en plusieurs endroits du coté de ladite basse cour et au-dedans en sorte que encore que ladite muraille apres estre reparée en plusieurs endroits comme il se remarque elle menace ruine et ne peut plus se soutenir sans estre rebatie de murs comme aussy nous a requis de remarquer que dans le grenier au bas du coté droit en entrant il y a une poutre rompue soutenue d’une potance sans laquelle elle ne peut demeurer en place et que les solivaux sont rompus et demolis pour la plupart, et que dans les greniers d’en haut il manque quatre poutres et trois douzaine de soulivaux et qu’enfin toute la charpente de la couverture a l’exception de dix couples sont de nulle valeur desquels soulivaux poutres boisage et muraille la ruine n’est causee que par caducité.

    Sur lesquels requisitoires lesdits sieurs procureur du roy expediant repond et maintient que ladite muraille dudit corps de logis du coté droit en entrant est très bonne et ne menace en aucune manière ruine, requerant que sur ce l’advis des experts soit pris, au surplus n’empeche que le contenu aux requisitoires dudit sieur Le Noir luy soient donnés pour constant que acte luy en soit decerné.

    [..] la reserve de la muraille a la droite en entrant dans ledit corps de logis contenant vingt sept pieds de long.

    Par apres nous a ledit sieur Lenoir conduit dans une chambre etant en haut d’un apartement servant autrefois de prison aux pretres requerant qu’il nous pleut luy donner pour constant que la muraille du coté de la cheminée est ouverte faisant vantre du coté de la maison de Ejebo, et qu’elle est tellement surplombee qu’elle est tirée et separée de sa situation ordinaire et par la moitié de couple estant au milieu de ladite chambre sous la couverture.

    […] De laquelle chambre ayant entré dans une autre qui n’est separée que d’une terrasse etant de plain pied ledit sieur Lenoir nous a requis de luy decerner acte de ce que la longueur donant du coté de la maison dudit sieur d’Ejebo en plusieurs endroits et menace aussy ruine.

    De quoy luy avons decerné acte et donné pour constant le contenu en son requisitoire.

    En descendant de la chambre nous a ledit sieur Lenoir fait remarquer le degré d’iceluy est fendu et la muraille fendue du haut en bas et que par lesdites ouvertures causées par caducité et vieillesse des batiments les pierres font les marches du degré ont sorty de la muraille du coté de la maison dudit sieur de Ejebo, et ne se sont soutenues que par des etansons.

    De plus nous a fait voir que les poutres des chambres etant du coté de la maison tant du premier second et troisieme etage sont etansonnées, et que les autres ont une telle pante du coté de ladite maison qu’il n’est possible de les soutenir et qu’il faut batir la longeur en entier du coté de la maison desquels requisitoires nous avons decerné acte audit sieur Le Noir et donné pour constant et adveré.

    Advenu le lendemain 31 dudit mois de janvier 1691.

    Le requerant ledit sieur Le Noir assisté de maistre Michel Prigent son procureur nous nous sommes transportés audit palais episcopal pour continuer nre (notre) proces verbal d’iceluy ou estant il nous avait conduit audit degré de ladite prison ou il nous avait fait remarquer que la première porte du premier etage dudit corps de logis donnant sur la maison dudit sieur de Ejebo est soutenue d’un coté d’etanson et le massonage sous couverture menaçant une prochaine ruine et que nous luy avons donné pour comptant et adveré, et luy avons donné acte.

    Au meme endroit et a coté de cette premiere porte est aussy une seconde porte de la chambre donnant sur la maison dudit sieur de Ejebo laquelle est aussy presque nervuree par en haut, menaçant pareillement ruine.

    Et encore a coté de ces deux portes une troisieme par laquelle on entre dans la galerie de la porte cochere laquelle est aussy rompue par en haut, et le massonnage au dessus est tout conclavé faisant ventre, et menaçant pareillement ruine. Ce que nous avons donné audit sieur Le Noir pour constant et que le mauvais etat ou se trouvent lesdites portes, et massonage autour, et au dessus proviennent de caducité et ancienneté de batiment ce que lesdits experts nous ont aussy affirmés.

    De laquelle troisieme porte etant entrés dans ladite galerie au dessus de ladite porte cochere, nous aurions remarqué que la muraille ou longere qui est au dessus de ladite porte cochere est couleuvré au dedans de ladite galerie manaçante ruine par dedans ce quy prouve ainsy que nous ont assurés les dits experts de la caducité d’icelle, et du long temps qu’il y a qu’elle est construite.

    Pareillement avons remarqué que la clef de voute de la porte de laquelle on entre de ladite galerie dans la salle meme le pignon qui est entre ladite galerie et ladite sale est couleuvré en plusieurs endroits et fait ventre de toute part menaçant une prochaine ruine […].

    Dudit endroit etant montés jusqu’à la 7me porte dudit degré qui conduit a la prison des pretres nous aurions remarqué quelle est pareillement cassée par en haut et est soutenu par des etansons sans lesquels le massonage de ladite porte qui est entièrement ruiné tomberait ce que lesdits experts nous ont aussy dit et assuré provenir de caducité ce que nous avons aussy jugé.

    Avons encore remarqué que la longere de ladite chambre qui est au dessous de la prison des pretres est en plusieurs endroits couleuvrée et menace par caducité ruine ce qui parait tant au-dedans que au dehors ou l’on remarque que du coté de la maison dudit sieur de Ejebo la muraille fait ventre en dehors en plusieurs endroits et menace ruine ca que nous a été affirmé par les experts provenir de la caducité ce que nous avons donné […]

    Et nous etant transportés au grand grenier du coté de la maison dudit sieur de Ejebo on nous aurait faitvoir que la longere dudit grenier longue de quarante pieds se jette et panche beaucoup en dehors du coté de la maison dudit sieur de Ejebo ayant des couleuvres en plusieurs endroits en sorte que la muraille qui se jette en dehors attire a elle la charpente lesquels experts nous ont assuré provenir de caducité et par ce que les tirants sont trop éloignés les uns des autres, au surplus toute la charpente dudit grenier etant bonne a l’exception de deux couples garnys et leurs tirants. […]

    Pareillement nous avons trouvé que la septième porte du degré qui conduit a la prison des pretres est aussy rompue par le milieu et le massonage qui la compose couleuvre comme aussy avons remarqué que la tour ou est composé l’escalier cy dessus qui conduit a la prison des pretres fait ventre en plusieurs endroits, en dehors et est couleuvré en plusieurs endroits, en sorte que la muraille se jettant en dehors attire sur les marches dudit degré dont la plus grande partie est rompue et les pierres fendues sur tout quoy ayant interrogé lesdits experts il nous ont dit que lesdits tour et degré menacent terriblement ruine par caducité provenant du longtemps qu’il y a qu’il ont été faits ce qui nous a aussy paru estre ainsy […]

    Après quoy etant descendu dans la première cour du manoir episcopal nous avons entré dans une espèce de sellier qui sert de charbonnerie située au bas de l’aile et à la gauche dudit manoir episcopal, ou apres avoir examiné les poutres et soulivaux de la charbonnerie et pris sur iceux l’advis des experts, nous avons unanimement convenu que les poutres et soulivaux sont tous vermolus pouris et entierement ruinés et laquelle ruine provient de caduités et du long temps qu’il ont esté placés [..]

    A coté de ladite charbonerie aprochant du portail est encore une espèce de sellier que l’on nous a dit avoir autrefois servy de prison aux pretres dont les poutres soulivaux et autres boisage sont aussy de mauvaise valeur ainsi que la muraille donnant au dehors qui fait ventre et est couleuvrée lesquels charpentes et murailles menacent pareillement ruine par caducité comme cy dessus.

    A randus au portail dudit manoir episcopal il nous avait aparu que la face et longere dudit portail donnant sur la cour dudit manoir episcopal fait ventre et penche notablement en dehors du coté de la cour et menace aussy ruine, sur quoy ayant pris l’advis des experts il nous avait unanimement assuré que cela provient de caducité et du longtemps que ledit portail et pavillon au dessus ont esté construits,et que le massonage des lieux dudit pavillon atachés au pignon d’iceluy du coté de la chapelle dudit et surplombé et se jette en dehors, et que les soulivaux et charpente desdits lieux sont toutes pouries vermolues et consequament de nulle valeur […]

    Nous etant transporté le requerant ledit Sieur Le Noir jusqu’à la cuisine dudit manoir episcopal, nous avons remarqué que les poutres soulivaux d’icelle sont toutes ruinées vermolues menaçent ruine […]

    De la etant montés dans la seconde sale dudit manoir episcopal qui joint la chapelle, et qui donne sur le cloitre de l’eglise cathedrale nous avons vu et donné que la longere qui donne sur le cloitre fait ventre en dedans et est surplombée d’environ un pied en sorte que pour mieux remarquer ladite muraille nous etant transporté dans le cimetiere audit cloitre pour la reconnoitre au dehors il nous a paru que ladite muraille de ladite sale donnant en partie sur le cloistre et en partie sur une petite cour dependant du manoir episcopal longue d’environ trente pieds est notablement couleuvrée et menace une evidente ruine […]

    Dou ledit Le Noir nous ayant requis de descendre au bas du jardin dudit manoir episcopal pour raporter l’etat de la muraille dudit jardin qui est au long de la rive nous nous sommes transportés jusqu’audit lieu et apres avoir vu et examiné ladite muraille longue d’environ six cent pieds, il nous avait paru que ladite muraille fait ventre en plusieurs endroits, et menace evidament ruine quoy qu’il paraisse qu’elle ait été nouvellement réparée a plusieurs endroits […]".

    S’ensuit l’expertise de bâtiments dépendants de l’évêché [auditoire de la ville, halle, prisons,four, moulin, manoir de la Fougeraye].

    (Extrait des annexes de l'Étude préalable à la restauration générale de l'ancien évêché de Tréguier sous la direction de Christophe Batard, architecte en chef des monuments historiques, 2010).

  • mai 1757 : "devis de l’embellissement du palais épiscopal de Tréguier" (Archives départementales des Côtes d’Armor : 2 G 95, f°1 - extrait des annexes de l'Étude préalable à la restauration générale de l'ancien évêché de Tréguier sous la direction de Christophe Batard, architecte en chef des monuments historiques, 2010)

    "[…] L’entrepreneur fournira le tout mis en œuvre et enduit, excepté les poutres. L’entrepreneur aura les poutres soliveaux planchers et autres du premier étage au plancher inférieur des appartements du bâtiment du couchant à l’entrée dudit palais ainsi que tout autre bois des démolissements à sa liberté de les faire resservir ou s’il y conviendra aux édifice ci-après mentionnes.

    Édifice au couchant sur la première cour ou entrée dudit Palais.

    Sera fait le déplacement en entier des deux planchers supérieurs dudit édifice et leur réédification à hauteur actuelle des appartements des autres bâtiments, démolisements et établissement des poutres, soliveaux et planchers déplacés ainsi que ceux du plancher inférieur ci-dessus déclaré a être.

    A l’entrepreneur et estimé cy 600 lt [livres tournois]

    Lever et placer chaque poutre dans les greniers des édifices ci-apres, placer à la hauteur actuelle des étansons ou poutraux qui sont sous les fermes et rétablis en entier les demolissements faits pour le passage et position des dites poutres estimé 15 livres article extrait.

    Plancher du grenier de la sale sinodale [synodale]

    Sera placé sur les poutres ci-dessus parlés la quantité suffisante de soliveaux posés et mis d’égale distance pour recevoir les planches renées et blanchis clouées à la rencontre de chaque soliveaux. Sera aussi faites des lucarnes tant du coté du midy que du Nord et rétablis tous les demolissements pour pratiquer lesdites lucarnes qui seront couvertes et garnies de chaux, estimé d’article : 876 lt [livres tournois]

    Plancher du grenier de la sale a l’italienne jointe la précédente du bout du levant

    Sera pratiquée dans le pignon d’entre lesdits deux greniers une porte de communication, sera aussi placés sur les poutres ci-desus mentionnées le nombre suffisant de soliveaux mis d’égale proportion,pour recevoir les planches renée et blanchis clouées à la rencontre de chaque soliveaux et pratiqués des lucarnes en conformité ci-dessus dit estimé par le menu de joint : 486 lt [livres tournois]

    Plancher des greniers de l’édifice au couchant sur la base cour.

    Seront pratiquées dans les pignons des appartements dudit édifice des portes de communication. Sera mis sur les poutres déjà mentionnées la quantité nécessaire de soliveaux placés d’égale distance pour recevoir les planches en conformité comme c-devant dit, et faites des lucarnes et rétablis tous les démolissements pour pratiquer lesdites lucarnes qui seront couvertes et garnies de chaux ainsi que les autres estimé d’article à autre 1100 lt [livres tournois]

    Les greniers ci-dessus et autre part mentionnés seront fréquenté par les escaliers ci-après, parce qu’il ne sera nullement touché au perron ni au dogme, savoir les greniers de la sale sinodale [synodale] et de celle y jointe seront fréquentés par l’escalier du levant dudit palais épiscopal et les greniers du côté du couchant par l’escalier du même bout pour rendre les susdits escaliers praticables à fréquenter lesdits greniers estimé 90 lt [livres tournois]

    Appartement au levant sur la première cour

    Sera fait de terrasse un plafond dans l’appartement au-dessus de la chapelle, compris tous les matériaux et œuvre de main estimé 100 lt [livres tournois]

    Sera aussi faite au même appartement un plafond ou lambris en planche renée et blanchi tout fourni et œuvre de main comme autres ouvrages les conditions y mentionnés estimé 50 lt [livres tournois]

    Le tout trouvé monté à 3302 lt [livres tournois] […]".

    (Extrait des annexes de l'Étude préalable à la restauration générale de l'ancien évêché de Tréguier sous la direction de Christophe Batard, architecte en chef des monuments historiques, 2010).

  • 22 octobre 1757 : "supplique adressée au Roi par Charles Guy Le Borgne de Kermorvan, évêque, pour les travaux à faire au palais épiscopal et à la maison de campagne du Fougeraie" (Archives départementales des Côtes d’Armor : 2 G 95, f°1 - extrait des annexes de l'Étude préalable à la restauration générale de l'ancien évêché de Tréguier sous la direction de Christophe Batard, architecte en chef des monuments historiques, 2010)

    "[…] Au Roy et à Nos seigneurs de son conseil

    Sire,

    Supplie très humblement Votre majesté Messire Charles Guy Le Borgne de Kermorvan, évêque et comte de Tréguier [Charles-Gui Le Borgne de Kermorvan, évêque de 1746 à 1761]

    Disant qu’au nombre des édifices de l’évêché il s’en trouve un isolé et en ruine dont on ne s’est jamais servi que pour renfermer des grains de rentes. Il est figuré sur le plan ci-joint depuis la lettre R jusqu’à S à la couleur bleue.

    L’aile gauche de la maison, en entrant dans la cour est aussi en très mauvais état et de par le corps de logis, par sa construction gothique, on l’a marqué sur le plan par la couleur bleue depuis C jusqu’à D [aile sud-est ?].

    Le suppliant se propose de rétablir cette aile, de la rendre uniforme au corps de logis, et pour la hauteur et pour les ouvertures et en conservant et rendant plus commodes les appartements actuels d’y ajouter des greniers plus que suffisants pour la rente de grains du temporel.

    L’ancien corps de logis servant de grenier deviendra conséquemment inutile ; et à charge au suppliant et à ses successeurs. Cette maison lui fait espérer obtenir de votre Majesté la suppression de cet ancien grenier qui par sa position masque la plus belle vue de l’évêché ; celle se partie du jardin et bois de décoration et de la campagne.

    D’ailleurs il n’est point d’évêché d’un revenu aussi peu considérable que celui de Tréguier, dont les édifices sont en aussi grande qualité. Le plan en sert de preuve.

    Le prédécesseur du suppliant [François-Hyacinthe de La Fruglaye de Kervers, évêque de 1731 à 1745] a augmenté les bâtiments d’un grand pavillon, d’une écurie de chevaux et greniers à foin, marqués sur le plan de la couleur violette depuis la lettre A jusqu’à B [aile nord-ouest ?]. Ces nouvelles constructions n’ont prouvé aucun retranchement aux anciens édifices et ne feront que surcharger les évêques de réparations trop considérables par le nombre des édifices […]".

    (Extrait des annexes de l'Étude préalable à la restauration générale de l'ancien évêché de Tréguier sous la direction de Christophe Batard, architecte en chef des monuments historiques, 2010).

  • 22 octobre 1757 : "lettres patentes sur arrest en faveur du sieur evêque de Treguier, l’autorisant à réaliser des travaux d’embellissement au palais épiscopal" (Archives départementales des Côtes d’Armor : 2 G 95, f°1 - extrait des annexes de l'Étude préalable à la restauration générale de l'ancien évêché de Tréguier sous la direction de Christophe Batard, architecte en chef des monuments historiques, 2010)

    "[…] Louis par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre […] notre cour de Parlement de Bretagne a Rennes Salut notre ainé et feal Charles Guy Le Borgne de Kermorvan Évêque et Comte de Tréguier, Nous a fait représenté qu’au nombre des édifices dépendants de son palais épiscopal il s’en trouve un isolé et en ruine qui n’a jamais servi qu’à recevoir les rentes en grand dues a l’évêché et qui en figure sur le plan représenté par ledit sieur exposant a l’endroit lavé de la couleur bleue depuis la lettre R jusqu’à la lettre S que l’aile gauche de la maison en entrant dans la cour figurée sur le même plan a l’endroit lavée aussi en bleue depuis la lettre C jusqu’à la lettre D est pareillement en très mauvais état et de pars le corps de logis principal par sa construction gothique que ledit sieur exposant se propose de faire rebâtir cette aile de la rendre conforme au corps de logis pour la hauteur et pour les ouvertures, en la conservant et rendant plus commode. Ces appartements actuels est d’ajouter des greniers plus que suffisants pour la récolte des grains qu’au moyen de cet arrangement, l’ancien corps de logis servant de grenier lui devenant inutile a ses successeurs, il espère que nous nous porterons d’autant plus facilement a lui permettre la suppression qu’il est certain qu’il n’est pas dans notre Royaume d’évêché d’un revenu aussi peu considérable que celui de Tréguier qui ait tant de bâtiments le prédécesseur dudit sieur exposant ayant ajouté a ceux qui existaient déjà un grand pavillon, une écurie et de grands greniers à foin a marqué sur le plan figuratif a l’endroit de la couleur violette depuis la lettre A jusqu’à la lettre B, construction qui n’ont procuré aucun retranchement et qui surcharge de plus en plus les évêques de réparations […]"

    "[…] Juillet mil sept cent trente cinq confirmatif d’un autre du dix huit janvier mil sept cent quatre vingt seize qu’on obmis alors de faire mention d’un colombier sans doute par ce que de ce temps il soit totalement ruiné comme l’annonce asse son état actuel qui n’est plus qu’un monument de pierre couvert de ronces et d’épines, que sa reconstruction serait aujourd’hui absolument inutile puisque la maison à laquelle il était attaché n’existe plus et serait très […] Sur quoi ayant bien voulu pourvoir nous avons par arrêt de notre conseil d’État nous y étant le dix sept septembre dernier promis au sieur exposant de supprimer ledit ancien corps de logis qui se trouve en ruine a la charge par lui de faire construire en conformité du plan figuratif qui est joint a l’expédition de notre arrêt l’aile du corps de logis principal situé a gauche en entrant dans la cour et ordonne en outre que ledit sieur exposant sera déchargé de la reconstruction du colombier ci-devant attaché a la maison et chapelle de la Fongeray […]"

    (Extrait des annexes de l'Étude préalable à la restauration générale de l'ancien évêché de Tréguier sous la direction de Christophe Batard, architecte en chef des monuments historiques, 2010).

  • 24 février 1791 : "procès-verbal d’estimation de l’ancien palais épiscopal de Tréguier" (Archives départementales des Côtes d’Armor : 1 Q 1/33, f°1 - extrait des annexes de l'Étude préalable à la restauration générale de l'ancien évêché de Tréguier sous la direction de Christophe Batard, architecte en chef des monuments historiques, 2010)

    "[…] L’an mil sept cent quatre vingt onze le jour vingt quatre février, nous François Bernard Nayrod expert demeurant a Lanvelle [Lanvellec], commis par délibération du directoire du district de Lannion le huit janvier mil huit cent quatre vingt onze, portant notre nomination et prestation de serment que nous avons fait le même jour au tribunal du district en qualité d’expert pour procéder a l’estimation de parties des biens nationaux situés en la ville de Tréguier, en conséquence sommes ce jour transporté de notre demeure que nous avons prise en cette ville de Tréguier jusqu’en la maison épiscopale d’icelle où étant aurions demandé a parler a monsieur Le Mintier ci-devant évêque, et icelui en prevenu nous serait venu trouver et lui ayant déclaré le fait de notre commission nous a répondu n’avoir moyen empêchant a la chose, et à en conséquence ordonné à un nommé Clenau son domestique de nous conduire dans les appartements et autres dépendances de ladite maison épiscopale et sur ladite avons commencé comme suit :

    Pour entrer dans la cour dudit évêché au midy de la place une grande porte cochère voûtée en taille, crochets, peristille de même jour couverture d’ardoise, appuyée des deux côtés d’un mur de pierres de tailles orné de son vanteau.

    A coté vers le levant un édifice nommé la puisserie ayant en chacune de ses deux longueurs de maçonne quinze pieds, large d’un pignon large huit pieds quatre pouces, hauteur compensée onze pieds.

    Pour y entrer ouverture de porte carrée en tailles ornée de son vanteau, à côté une grande fenêtre carrée de tailles, vitrages en petits bois et abat vent, au pignon du (mot manquant ?) une petite cheminée en maçonnerie et manteau de bois ; au double deux poutrelles cinq cours de solives, deux chevêtres avec son écoutille, lattre du grenier en mauvaise terrasse, au comble deux fermes et demies, entrais, poinçons escelliers, contrefort, deux cours de pannes, un fer, chevronnés de sciage sous couverture d’ardoise, un jour carrée en bois.

    Le principal corps de logis construit en deux longueurs de maçonnerie compris les deux pavillons ayant chacun de long quatre vingt seize pieds, large à trois pignons aiguillonnés et deux largeur hauteur compensée vingt six pieds et demi. Pour la fréquentation des appartements au rez-de-chaussée dans le passage d’entre les deux cours dont les ouvertures sont voutées en tailles, lattre pavée de cailloux, dans le pignon au levant une ouverture en maçonnerie avec son vanteau pour entrer dans la laverie dont lattre est carrelée de cailloux, pour l’éclairer deux fenêtres carrées en taille, vitrages en petit bois et volets ; dans l’embrasure d’une d’elle, une grande auge de pierre, à côté une boulangerie séparée de la précédente par une cloison d’argile à lattis et montant de bois, un garde manger séparé par la même cloison, autre cloison de séparation entre la boulangerie et ledit garde manger, deux ouvertures de porte avec leurs vanteaux. Pour la formation de la cuisine a plein pieds autre cloison pareille aux précédentes,une ouverture de porte avec son vanteau ; au pignon du levant une cheminée à jambages, corbeaux, et manteau de tailles, à côté un petit four a pâtisserie, deux potagers a différents services. La dite cuisine éclairée par quatre fenêtres pareilles aux précédentes. Dans l’embrasure d’une d’elle une fontaine avec son auge de pierre, Lattre de la cuisine ne mauvaise tablettes, au comble trois poutres vingt cours de solives.

    La salle de plein pied, pour y entrer une ouverture en maçonnerie avec son vanteau, au pignon du couchent une cheminée à jambages et manteau de taille boisée en toute sa hauteur ; le contour de la salle aussi boisée en toute sa hauteur. Le tout bois de sapin. La dite salle éclairée par trois ouvertures carrées en tailles avec leurs vitrages et volets ; dans l’embrasure d’une d’elle une fontaine. Lattre en tablette. Au comble deux poutres et vingt cours de solives ; Pour la fréquentation de la salle au jardin, une grande ouverture de porte carrée, en taille, ayant vanteau a deux battants pour descendre dans ledit jardin un perron avec un escalier en limasson composé de douze marches de tailles garde de corps de même posé des deux côtés sur massif de maçonnerie ; dans l’autre longueur pour la fréquentation de l’édifice au midy autre ouverture carrée en tailles sept marches de même, un vanteau en sapin a demi vitré, autre salle de plein pied, pour y entrer ouverture carrée ornée de son vanteau a deux battants ; au pignon du levant une cheminée à jambages et manteau de tailles boisée en toute sa hauteur ; à côté une armoire d’attache. Ladite salle en partie boisée en sa hauteur, le surplus a hauteur d’appui, latte de la salle planchéiée le tout bois de sapin éclairée pour deux fenêtres pareilles aux précédentes. Pour la fréquentation des chambres au-dessus des cuisines, laverie et salle par le pavillon du levant, au grand corps de logis, une grande ouverture carrée de tailles ornée de vanteau un vestibule ayant de creux vingt six pieds de longueur sur la largeur de dix neuf pieds latte en tablette de pierres pattes, le comble lambrissé en sapin ; pour parvenir aux chambres un grand escalier composé de vingt marches en tailles paliers compris assis sur massif de maçonne orné de parement entaillés, un garde corps en fer travaillé, le palier supérieur posé sur trois voutes entailles dans l’intérieur des voutes deux petits cabinets séparés par cloisons d’argile lattis et montants de bois ; deux ouvertures de portes avec leur vanteaux.

    Pour éclairer les vestibules et escalier cinq fenêtres pareilles aux précédentes, pour entrer dans la chambre nommée salle synodale, ouverture carrée ornée de vanteau, à chaque pignon d’icelle une cheminée à jambages et manteau de tailles boisées en toute leur hauteur, en menuiserie. Le contour de la salle aussi boisée, lambrissée, lattée, le tout en bois sapin, éclairée par dix fenêtres carrées en tailles ornées de leur vitrages et volet, de plain pied, la chambre de compagnie [antichambre], au-dessus de la salle à manger, ouverture de porte avec vanteau, au pignon du levant une cheminée à jambages et manteau de tailles boisée de différents bois en toute sa hauteur, latte parquetée en bois châtaigner, le contour liseré, boisé à hauteur d’appui dans les entrevoux des fenêtres, le surplus en toute sa hauteur et lambrissé le tout en bois de sapin et éclairé par cinq fenêtres ; Le surplus en toute sa hauteur et lambrissé le tout en bois de sapin et éclairé par cinq fenêtres ; en la longueur au levant, pour la fréquentation de l’aile au midi de la cour autre ouverture de porte ornée de son vanteau ; la dite chambre éclairée de cinq fenêtres pareilles aux précédentes ; de plein pied autre chambre nommée la chambre du Duc [chambre de l'évêque], et pour la hauteur ouverture carrée avec son vanteau, au pignon du Levant une cheminée à jambages de maçonnerie manteau de tailles boisée en châtaigner en toute sa hauteur, également que le contour de la chambre en différents bois ; autre ouverture de porte et une armoire d’attache avec leurs vantaux et battants, latte parqueté et lambrissé en bois de châtaigner éclairé par deux fenêtres pareilles aux précédentes ; L’enreinure [enrayure] du comble entièrement sous couverture d’ardoise. Ledit corps de logis ayant ses corniches, écoinçons, lissieres, et ses pilastres dans ses deux cotés extérieurs tous en tailles.

    Adjacent au pignon du Levant du précédent édifice autre pavillon ayant en chacun ses deux longueurs de maçonnerie vingt quatre pieds, large à un pignon aiguillonné quinze pieds, au rez-de-chaussée et à plein pied de la salle de compagnie du grand corps de logis une chambre, dans la longueur au midy une cheminée en tailles manteau de bois, la dite cheminée et le contour de la dite chambre boisé, lattre de la chambre parqueté le tout en châtaigner ; deux fenêtres en tailles pareilles aux précédentes, autre chambre de plein pied dont au levant séparée de la précédente par une cloison en argile à lattis et montant de bois ; ouverture de porte avec son vanteau, au pignon du levant une cheminée à jambages et manteau de bois, boisée dans toute sa hauteur ; le contour aussi boisé à hauteur d’appui, lattre parqueté en châtaigner, pour la fréquentation des appartements au midi et au rez-de-chaussée des précédentes, une ouverture de porte ornée de vanteau, un vestibule donnant sur une petite cour, dans le même vestibule, deux cabinets le tout séparés par cloisons en argile à lattis et montant debois, ornés de portes et fenetres le tout plancheyé de differerent bois ; à côté autre vestibule et cabinetd’aisance à un siège, lattre planchéié de différents bois, trois fenêtres à vitres mortes, au dessous une cave ; au dessus des précédentes une chambre fréquentée de plein pied par la chambre au dessus de la salle de compagnie du grand corps de logis, et par un vestibule de l’aile en retour, vers le couchant de la cour, en la longeur au midy une cheminée à jambages et manteau de tailles boisée en toute sa hauteur, et le contour a hauteur d’appui, le plat de la chambre en bois chêne, le comble plafonné en pavillon, éclairé par deux fenêtres pareilles aux précédentes ; de plein pied autre chambre séparée de la précédente par une cloison en argile a lattis et montant de bois, au pignon du levant une cheminée à manteau de bois boisée en toute sa hauteur, et le contour a hauteur d’appui, lattre parqueté en bois de chêne ; le comble en pavillon blanchi de chaux, l’enreinure [enrayure] du comble entièrement sous couverture d’ardoise […]".

    La suite des appartements n’est pas décrite. La visite des lieux fut inachevée pour cause de problème de clefs. Poursuite de la visite de la cour, des jardins et du bois le 19 mars 1791.

    "[…] La première cour contenant de plat pavée en petite partie en cailloutage quinze cordes et demies,un puits ragrée avec son couronnement en tailles, a côté une auge de grosse pierre.

    La seconde cour contenant de plat compris une petite levée dix huit cordes, une fontaine sur pyramide avec son bassin et tympan en plomb, à côté deux petites auges de grosses pierres ; pour passer de cette cour dans le bois de l’évêché ouverture de porte en pilastre de grosses tailles appuyée de deux petites masses de maçonne garnie d’une porte a clair voix […]".

    (Extrait des annexes de l'Étude préalable à la restauration générale de l'ancien évêché de Tréguier sous la direction de Christophe Batard, architecte en chef des monuments historiques, 2010).

  • 25-26 novembre 1793 (An II, 5 frimaire) : Inventaire des meubles et effets de l’ancien palais épiscopal de Tréguier (Archives départementales des Côtes d’Armor : 1 Q 143, f°1 - extrait des annexes de l'Étude préalable à la restauration générale de l'ancien évêché de Tréguier sous la direction de Christophe Batard, architecte en chef des monuments historiques, 2010)

    "[…] Le cinq frimaire l’an deux de la République française une et indivisible. Nous Julien Mauffray, en vertu de la commission nous adressé, par les citoyen administrateurs du directoire au district de Lannion, département des côtes du nord en datte du deux de ce mois, enregistrée à la municipalité de Tréguier, ce jour sommes transportés jusque au ci-devant évêché en la ville de Tréguier, accompagné du citoyen Yves Le Merdy, officier municipal et Jacques Paul Le Bormier, notable, a l’effet de procéder à l’inventaire estimatif de tous les meubles et autres effets y existant, et ayant appartenu au Mintier, ci-devant évêque de Tréguier et français émigré. Y étant et parlant au citoyen Nivet fermier des bois et jardins et occupant un appartement en la dite maison, Lequel nous a dit être fermier des bois et jardins audit ci-devant évêché, et n’occuper qu’un appartement a plein pied a l’aile droite servant autrefois d’office avec cave au dessous […]

    Savoir

    Dans la cuisine :

    Deux crémaillères simples estimées dix livres

    Une grande table de cuisine estimée six livres sans tiroirs

    Dans le cabinet à côté :

    Un grand billot estimé vingt sols

    Dans le lavoir en entrant :

    Une mauvaise armoire sans battants ni étages estimée trois livres

    Une autre vieille armoire sans battants ni étages estimé deux livres

    Dans la boulangerie :

    Une maie a patte sans couverture estimée trois livres

    Un vieux bois de lit à alcôve avec une armoire d’attache au pied sans serrure estimé cinq livres

    Dans le salon :

    Une mauvaise armoire sans fond ni étage estimée quatre livres

    Un reste de tapisserie de la salle seulement estimé deux livres

    Un petit bassin de marbre noir avec son pied d’estal cassé estimé cinq livres

    Appartements du levant :

    Dans la salle la manger et autres appartements au levant n’avons point trouvé d’effets

    Sous l’escalier prés [de] l’office :

    Une armoire sans battants, sans étage estimée trois livres

    Dans le garde manger :

    Un vieux billot estimé vingt sols

    Une mauvaise barrique déformée estimée dix sols

    Deux tringles avec leurs crochets et pattes fiches en fer estimées quinze sols

    Dans la cage du grand escalier :

    Une mauvaise échelle double pour la taille des arbres estimée deux livres

    Dans le secrétariat :

    Une armoire a quatre battants et deux tiroirs servant de bibliothèque estimée avec les petits étages a côté douze livres

    Autre petite bibliothèque sans battants ni fond estimée deux livres

    Un marche pied en bois de sapin estimé vingt cinq sols

    Une embrasure de fenêtre en appui servant de marche en trois services estimée trois livres

    Une table a tiroirs estimée trois livres

    Une chaise bourrée estimée trente sols

    Un marche pied de sept marches estimé vingt sol

    Un devant de cheminée avec des petits morceaux de bois et porte manteaux estimé estimé dix sol

    Un marche pied dans l’alcôve sous le lit estimé trois livres

    Deux pièces de tapisserie en papier en deux de l’appartement collées sur canevas estimées cinq livres

    Chambre du ci-devant chantre :

    Toute la tapisserie au contour de l’appartement en papier collé sur canevas estimé douze livres

    Dans la cave au charbon : aile droite entrant dans la cour de devant :

    Avons trouvé cinquante tuiles en brique que le citoyen Nivet nous a déclaré appartenir au Sr [seigneur] Mintier que nous avons estimé six livres dix sols

    Au premier étage sur le palier de l’escalier :

    Une table servant de bureau estimée deux livres

    Sur le dernier palier vis-à-vis la porte du grenier :

    Une armoire a deux battants sans clavure ni clef estimée vingt livres

    Dans la 1ere antichambre du ci-devant évêque :

    Un long buffet a deux étages a quatre battants estimé quatre livres

    La tapisserie au contour de l’appartement, en papier veloutée collée sur canevas estimée dix livres

    Deuxième antichambre :

    La tapisserie de deux cotés de l’appartement en papier veloutée collée sur canevas, estimée huit livres

    Dans le cabinet a côté :

    Une grande armoire a plusieurs a deux services et quatre battants, sans fond ni dessus estimé sans clef ni clavure trente livres

    Un porte manteau a quatre supports estimé dix sols

    Un bureau a trois services que le citoyen maire déclare au nom de la municipalité estimé quinze livres

    Appartement du ci-devant évêque :

    La tapisserie de la chambre de l’évêque estimée neuf livres

    Dans l’entre deux de la bibliothèque :

    La tapisserie de deux cotes seulement de l’appartement estimée quinze livres

    Dans la bibliothèque de l’évêque :

    Sept vieux fauteuils bourrés garnis de panne de trait estimée quatorze livres

    Six chaises bourrées transées couvertes en cuir estimées neuf livres

    Trois chaises de elisse et un fauteuil garni en canne très mauvais estimé deux livres dix sols

    Une grande table a pieds de biche couverte d’une caisse servant a un jeu de quilles estimé trois livres

    Quatre tréteaux une pompe sans table estimé une livre dix sols

    Une vieille table marquetée et ayant un tiroir estimé une livre dix sols

    Une vieille table couverte d’un vieux tapis verd estimé une livre dix sols

    Deux autres vieilles tables couvertes en cuir estimées quatre livres

    Autre table portant un ecran estimé deux livres dix sols

    Un petit ecran estimé une livre

    Une table de nuit estimée trois livres

    Autre table de nuit plus petite estimée une livre

    Trois petites encoignures estimées trois livres

    Deux vieux devants de cheminée […] estimé quinze sols

    Une monture de canal en fer blanc d’Angleterre ornée de fleurons ciselés en vignette estimée trois livres

    Un bureau a hauteur d’appui, portant huit tiroirs couverts par deux portes […] estimé soixante livre

    La bibliothèque simplement faite contenant huit rayons coupée par six séparations une hauteur d’appui separée aussi par six separations […] estimée cinquante cinq livres

    Une grande table a quatre tiroirs, ayant six pieds […] cinq livres

    Une mauvaise barrique defourrée estimée dix sols

    Dans les archives :

    La bibliothèque faisant le contour des archives trente deux petits tiroirs […] estimée quatre vingt dix neuf livres

    Une table a pieds de biche en bureau a hauteur d’appui avec un tiroir estimé huit livres

    Dans la plus haute chambre du pavillon :

    Une petite armoire a deux battants sans serrure estimé sept livres

    Dans l’écurie d’en bas :

    Un coffre a mettre de l’avoine estimé six livres

    Dans les deux écuries un crenau et un râtelier que nous avons laissés, sans estimer comme étant attaché

    Sous le portail entre deux cours :

    Deux grandes poutres portant vingt huit pieds de long et quatorze pouces d'équarrissage, chacune estimée quarante huit livres

    Une ferme portant vingt pieds de long, trois autre fermes de seize pieds de long, le tout estimé vingt quatre livres

    Dans la chapelle de l’évêque et princier :

    Une armoire a quatre battants estimée soixante douze livres

    Un fauteuil garni en petit velours estimé six livres

    Six vieilles chaises de clisse estimées quarante sols

    Un prie dieu sans porte estimé trente sols

    Une mauvaise petite table quarrée estimée vingt sols

    Un mauvais accoudoir estimé vingt sols

    Trois mauvais bancs estimés quarante sols

    Deux gradins estimés vingt cinq sols

    Un prie dieu dont la clef est perdue estimé six livres

    Autre prie dieu idem aussi estimé six livres

    Un porte manteau a quatre services estimé dix sols […]

    (Extrait des annexes de l'Étude préalable à la restauration générale de l'ancien évêché de Tréguier sous la direction de Christophe Batard, architecte en chef des monuments historiques, 2010).

  • Les jardins, bois et promenades du palais épiscopal de Tréguier d’après le plan de 1794

    Le plan de 1794 de la maison épiscopale de Tréguier est la seule source d’information iconographique sur les jardins et le bois dit de l’Évêché. L’ensemble du domaine de l’évêque est clos par un mur percé d’une entrée principale située au sud (au nord de la basse-cour), d’une porte donnant sur le "second jardin", d’une porte donnant sur l’enclos du collège et d’une porte au nord donnant sur le Guindy. Le Guindy est appelé "rivière de Saint-François" en référence au couvent des Frères Mineurs de Saint-François installé au 15e siècle sur la rive opposée à Plouguiel.

    Au nord du palais, le long du Guindy s’étend des "bois et promenades" traversés par trois grandes allées plantées. Un chemin court également le long du mur de clôture ouest et aboutit à un belvédère dominant la rivière. Ce belvédère est appelé "l’allée Saint-François". Sous le belvédère est aménagé un passage couvert vers le "chemin le long des rochers". Le château de La Briantais à Saint-Servan dispose également d’un belvédère comparable surnommé la "galère" en raison de sa forme particulière.

    Entre le bois et le palais ont été aménagés un verger (lui-même clos de mur et ne disposant que d’un accès unique vers l’entrée du bois) et trois jardins en terrasse (des plans inclinés ou escaliers permettent la communication d’un jardin à l’autre) : premier jardin dit "le parterre", "second jardin" et "bas jardin". Une "maison du jardinier" est signalée dans le "bas jardin". Ces jardins forment plusieurs "parterres à la française" avec en arrière plan la rivière de Tréguier. Au centre de cette composition a été aménagé un vaste bassin. Situé immédiatement au nord de la "maison Ejebo" et du cloître, un espace est nommé "semis".

Références documentaires

Documents d'archives
  • Mairie (ancienne) ; démolition et reconstruction de l'ancienne prison [bâtiment situé rue Colvestre, voir 1M6] : correspondance, devis estimatif, plans, soumissions, procès-verbaux d'adjudication, états des dépenses et des recettes, décompte définitif des travaux, dossier de souscription. 1822-1834.

    Archives communales de Tréguier : 1M1
  • Mairie ; aménagement dans les locaux de l'ancien palais épiscopal : correspondance, délibérations du conseil municipal, rapport du Conseil général, dossier d’acquisition des bâtiments, plans, soumissions, 1 affiche (1920-1923). Projet de réaménagement des locaux : correspondance, délibération du conseil municipal, devis estimatif, plan (1938). 1920-1938.

    Archives communales de Tréguier : 1M2
  • Mairie ; réfection des toitures : correspondance, délibérations du conseil municipal, dossier de classement parmi les monuments historiques, arrêtés préfectoraux, devis estimatif, plan, dossier d'emprunt (1952-1959). Aménagement et modernisation des bureaux : délibérations du conseil municipal, devis estimatif et descriptif, plans, procès-verbaux de réception des travaux (1959-1962). Agrandissement (aménagement de l'ancien hôtel DARCHEN "La tour d'Hastings" [sic]) : correspondance, délibération du conseil municipal, arrêté préfectoral de déclassement de l'hôtel, dossier d’acquisition des bâtiments, actes notariés, notice explicative, devis estimatif, plans, dossier de demande de subvention, dossier d'emprunt (1971-1982). 1952-1982.

    Archives communales de Tréguier : 1M3
  • Palais épiscopal ; création de 2 voûtes : correspondance, plan, procès-verbaux de réception des travaux, cahier d'inscription des recettes et dépenses, décompte définitif des travaux. 1920-1923.

    Archives communales de Tréguier : 2M2
Documents figurés
  • ROBIEN (de), Christophe-Paul. Plan [partiel] de la ville de Tréguier par Christophe-Paul de Robien in Description historique, topographique et naturelle de l'ancienne Armorique. Vers 1756.

    Document iconographique collecté par Gwenaël Fauchille dans le cadre du projet de publication "Villes de Bretagne. Patrimoine et histoire" sous la direction de Jean-Yves Andrieux (2014).

    Bibliothèque municipale de Rennes : MS0310, planche II_47 / I-2012-0001077
  • BURDELOT (ingénieur de l'arrondissement). Plan de la ci-devant maison épiscopale de Tréguier, avec ses cours, jardins, vergers et bois ; situé sur la côte maritime du département des Côtes du Nord. Levé le 19 floréal an II [8 mai 1794].

    Document iconographique figurant dans l'étude préalable à la restauration générale de l'ancien évêché de Tréguier sous la direction de Christophe Batard, architecte en chef des monuments historiques (2010).

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 1Q143 - 02_FRAD022_1Q_143_01 (version numérique)
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : V3540
  • Plan de localisation des bâtiments de l'ancien évêché de Tréguier et du tracé de nouvelle route départementale à partir du cadastre par l’architecte départemental, à Saint-Brieuc, 10 juin 1917.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 2-O 362-4-calque - FRAD022_2O362_4_77 (version numérique)
  • Plan du rez-de-chaussée et coupe sur la cour d’honneur de l'ancien évêché de Tréguier, état avant travaux, dressé par l’architecte départemental, 10 juin 1917.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 2-O 362-4-calque - FRAD022_2O362_4_79 (version numérique)
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : 2-O 362-4-calque
  • Figure n° 1 : élévation des 2 voûtes à percer dans la longère sud du bâtiment principal de l'évêché, 19 août 1920.

    Archives communales de Tréguier : 1M2 (carton n° 77)
  • Figure n° 2 : coupe suivant l'axe du passage, avec élévation des 2 voûtes du mur séparant les deux voies, 19 août 1920.

    Archives communales de Tréguier : 2M2 (carton n° 77)
  • Ancien évêché de Tréguier : plan du 1er étage des parties à réparer, plan validé le 22 décembre 1922 par le préfet des Côtes-d'Armor.

    Archives communales de Tréguier : 1M2 (carton n° 73)
Bibliographie
  • DUBREUIL, Léon. "La Vente des biens nationaux dans le département des Côtes-du-Nord (1790-1830)". Paris, thèse pour le doctorat ès-lettres, H. Champion, 1912, 707 pages.

  • GUILLOU, Adolphe (préface d'Anatole Le Braz). Essai historique sur Tréguier par un Trécorrois. F. Guyon, Saint-Brieuc, 1913 (réédition collection Monographies des villes et villages de France. Paris, 1993, 204 p.)

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel) : 7382
  • CHAUOU, Michel. "Une cité médiévale, Landreguer au 15e siècle". Mémoire de maîtrise. Novembre 1969, 200 p.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • BATARD, Christophe (architecte en chef des monuments historiques). Étude préalable à la restauration générale de l'ancien évêché de Tréguier. Annexes : recherche de polychromies par Joël Marie, restaurateur de peintures murales. 2008, 17 p. Étude historique et documentaire réalisée dans ce cadre par Gérard Danet, historien du patrimoine.

    Archives communales de Tréguier
  • BATARD, Christophe (architecte en chef des monuments historiques). Étude préalable à la restauration générale de l'ancien évêché de Tréguier. Rapport de présentation. Juin 2010, 86 p. Étude historique et documentaire réalisée dans ce cadre par Gérard Danet, historien du patrimoine.

    Archives communales de Tréguier
  • THOMAS, Loïc. Gustave de Kerguézec. Un missionnaire de la République. Cesson-Sévigné, édition à compte d'auteur, 2013, 154 p.

Liens web