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Pont Canada (Tréguier - Trédarzec)

Dossier IA22133340 réalisé en 2016

Depuis 1834, trois ponts se sont succédé afin de permettre de franchir le Jaudy et de relier les communes de Tréguier et de Trédarzec. Ces ouvrages succèdent eux-mêmes à un bac homonyme dont l’existence est attestée dès le 17e siècle. A partir de 1952 est édifié un nouveau pont à arc en béton armé. L’équipe en charge de la construction de cet ouvrage d’art écrivaient en 1955 dans un article de la revue Travaux : « …l’intensité de la circulation peut croitre beaucoup plus rapidement que prévu ; le problème que nous considérons aujourd’hui résolu pour une longue période, se posera peut-être à nouveau dans un avenir relativement proche. Nos successeurs regretteront peut-être les caractéristiques admises qu’ils considéreront alors comme « étriqués ». » En 2018, le pont Canada – nouvellement restauré – est toujours en activité.

Dénominations pont
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Tréguier
Adresse Commune : Tréguier
Adresse : Pont Canada

Les trois ponts Canada

Inauguré le 29 mai 1834, le premier pont Canada – le lieu et la grève sont cités ainsi dès 1619 - permet de franchir le Jaudy sans avoir à emprunter des bacs ou à remonter jusqu’à La Roche-Derrien. Ce pont routier suspendu d’une longueur de près de 100 mètres, prolongé de chaque côté par une arche en pierre, est financé par monsieur Ozou, négociant à Tréguier, contre une exploitation à péage d’une durée de 70 ans moins un mois. S’il facilite la communication entre Trédarzec et Tréguier, le pont interdit en revanche toute remontée du Jaudy à des navires dont le tirant d’air est supérieur à 3 mètres. Le pont, avec ses droits de péage est vendu en 1849 mais la concession est rachetée en 1873 par le conseil général des Côtes-du-Nord qui souhaite le rendre gratuit. En juillet 1886, ce pont est déconstruit. De cet ouvrage subsistent une travée en maçonnerie côté Trédarzec.

Un second pont routier de type « pont à poutre métallique disposé en treillis » est construit en 1886 après 10 ans d’études : sa particularité est de disposer d’une travée mobile, côté Tréguier, afin de permettre la navigation sur le Jaudy. Côté Trédarzec, il réutilise l’ancienne arche en pierre. Cet ouvrage reste en service jusqu’en 1952 en dépit de problèmes structurels importants : en l’occurrence, un tassement de près de 40 cm du tablier. Le 14 août 1944, l’une de ses six travées est dynamitée par les troupes américaines lors des combats pour la libération de Tréguier. Si ce pont a été déconstruit en 1954, le massif de maçonnerie supportant la travée mobile du pont a été transformé en belvédère tandis que les piles sont encore visibles à marée basse.

Le pont actuel – troisième pont - a été réalisé par l’ingénieur Gilbert Lacombe (1922-2008), directeur technique de la société des constructions Edmond Coignet (rachetée ensuite par l’entreprise Spie Batignolles) sur un projet de 1941. Afin de faciliter la circulation, le tracé de la route nationale 786 reliant Dinard à Morlaix par la côte est simplifié au niveau du nouvel ouvrage. D’une portée de 153 mètres, il s’agit d’un modèle de pont en arc avec tablier inférieur réalisé en béton armé doté de suspentes en acier. Sa construction s’étale sur 26 mois à partir du 15 février 1952. Quoique inauguré officiellement le 25 juillet 1954 par René Pleven, président du conseil général des Côtes-du-Nord, il a été emprunté par les coureurs du Tour de France le 13 juillet. Les « épreuves » de l’ouvrage ont été réalisées le 10 juillet (soit 90 jours après la dernière coulée de béton) : le convoi d’essai était constitué de 3 porte-chars et d’une vingtaine de camion représentant un poids total de 500 t. Les mouvements maximums du tablier ont été de 22 mm seulement !

Un article a été consacré à la reconstruction du pont Canada dans la revue Travaux en mars 1955. En 2017 et 2018, le pont a fait l’objet de travaux d’entretien par l’entreprise Freyssinet sous la direction de Robert-Marie Bescond consistant notamment à remplacer les suspentes.

Période(s) Principale : 3e quart 20e siècle
Dates 1952, daté par travaux historiques
1953, daté par travaux historiques
1954, daté par travaux historiques

Pont en arc d’une portée de 153 mètres avec tablier inférieur réalisé en béton armé (3200 mètres cubes) doté de 36 suspentes en acier (chaque suspente étant constituée de 40 fils métalliques de 7 mm disposés pour former une section rectangulaire). Le tablier faisant travée principale est constitué d'une dalle reposant sur une grille de poutres : la route d’une largeur de 7 mètres est doublée de trottoir. Sa longueur totale avoisine les 180 mètres de longueur.

Murs béton
acier
États conservations bon état
Statut de la propriété propriété du département

Références documentaires

Bibliographie
  • MARREY, Bernard. Les ponts modernes - vingtième siècle. Picard Éditeur, Paris, 1995, p. 164-165.

Périodiques
  • DANTU P., GALARD, E., LACOMBE, G. "La reconstruction du pont Canada à Tréguier. Arc de 153 m de portée". Travaux, n° 245, mars 1955.

  • DANTU P., GALARD, E., LACOMBE, G. (recherche d'archives par Paul-Henri Guillot, documentaliste-archiviste). "Trésors de nos archives : Le pont Canada de Tréguier dans les Côtes-d'Armor". Travaux, revue technique des entreprises de travaux publics, n° 906, juin 2014, p. 95-113.

Liens web