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Le Port-Blanc (Penvénan)

Dossier IA22012600 réalisé en 2008

Fiche

Dénominationsport
Aire d'étude et cantonCommunes littorales des Côtes-d'Armor - Tréguier
AdresseCommune : Penvénan
Lieu-dit : le Port-Blanc

Depuis l'Antiquité, 'Pors Gwen' est un port de prédilection pour tous ceux qui abordent la presqu'île armoricaine puis s'installent dans l'arrière pays, dont les premiers moines, venus d'outre-Manche. Il faut attendre les 12ème et 13ème siècles pour trouver des documents mentionnant 'Pengwenan'. Le plus ancien est daté de 1163, c'est une bulle du Pape Alexandre III approuvant la donation de l'église de Penvénan à l'abbaye de Saint-Jacut. Mais ce havre ne fut pas de tout repos pour la population locale qui dut se replier dès le Moyen-Âge vers l'intérieur de la paroisse, à l'écart de la côte. Le Port-Blanc est cité sur une carte marine datée de 1570, relatant la prise réalisée par les corsaires protestants de La Rochelle, du navire 'La Françoise', 'de Poulblanc en la paroisse de Penhouan'. Le 2 mai 1230, l'armée anglaise débarque au Port Saint-Gildas (autre nom de Port-Blanc). Ce débarquement se renouvelle en 1492, mais cette fois la flottille est mise en fuite selon la légende racontée dans la gwerz 'Notre-Dame-du-Port-Blanc', 'Itron-Varia a Borz-Gwenn'. Cette gwerz raconte comment la Vierge Marie transforma les fougères de la lande en une armée qui fit reprendre la mer aux sept navire ennemis. Une chapelle neuve fut construite en remerciement et en honneur de la sainte Vierge. Les étapes de la construction de ce monument reflètent étroitement les péripéties de l'histoire du Port-Blanc. On rencontre les appellations successives suivantes pour désigner Port-Blanc et Penvénan : 'Plebs Penvean' (10ème-11ème siècle), 'Pennguenan' (en 1160), 'Penvennan' (en 1163), Sanit. 'Petri de Penguennan' (vers 1180), 'Penguenan' (en 1228), 'Penguennan', 'Penvennan' (en 1330), 'Penguennan' (en 1464), 'Penvenan' (en 1731) et 'Pors Bago' au 19ème siècle. Shakespeare (1564-1616) évoque Port-Blanc dans Richard III, 1595 (acte 2, scène 1). En effet, c'est sous le nom de 'Port Gweltas', port de l'Île Saint-Gildas qui lui sert de bouclier et défend l'entrée de la passe qu'il est désigné jusqu'au 14ème siècle. 'Pengwenan' aurait été rattaché après la Révolution à l'unité administrative de Plougrescant avec Camlez, Trévou-Tréguignec et Coatreven. On peut encore interpréter 'Pengwenan' comme étant 'extrémité du territoire de Saint Gwenan' en signalant que Gwenan se traduit par 'abeille' en breton (voir la description du blason de la commune). En 1870, une cale débarcadère avec un quai est construite à 'Pors Bago' (le 'port des bateaux'), à l'usage des marins pêcheurs et des petits caboteurs de 30 tonneaux. Cette cale inclinée est plus accessible que le quai, mais elle est construite sommairement en pierres sèches et largement insuffisante pour les besoins du cabotage (en développement). Trois projets d'exhaussement et d'élargissement de la cale, avec l'aménagement d'une plateforme sont proposés à l'étude en 1902, ainsi que le creusement du port. Une petite cale inclinée supplémentaire est aussi envisagée à l'usage exclusif de la pêche. Cependant, les finances de la commune ne peuvent pas assumer tous ces travaux. Ils sont en partie subventionnés par le Département et l'Etat. Il faut attendre l'année 1931 pour qu'une cale viaduc en béton soit accolée à l'ancienne cale, élargie et exhaussée. Ces anciens ouvrages portuaires ont été réaménagés au cours de la seconde moitié du 20ème siècle pour la pêche (en déclin) et surtout la plaisance (1980).

Période(s)Principale : 12e siècle
Principale : 13e siècle
Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 20e siècle

Le Port-Blanc est situé à 4 milles nautiques à l'Ouest de Perros-Guirec. Le port n'est pas protégé des vents d'Ouest et de Nord-Ouest mais représente un abri et un port-refuge pour les navires de pêche et les bateaux en transit. Des passes étroites, appelées 'trous' : le 'Trou du Graou' et le 'Trou du Flot' permettent son accès entre les bancs de galets de l'île aux Femmes et de l'île du Château. Les ouvrages portuaires sont situés à l'Est du rocher du Voleur, à l'entrée de la baie de Pellinec, qu'un long enrochement délimite, perpendiculairement à la côte. La toponymie nautique a conservé les noms des rochers et des passes de Port-Blanc : 'Kanol Porz Gwenn' ('C'henal de Port-Blanc'), Men ar chevr' ('Pierre à crevettes'), ''Porz Gwenn' ('Port-Blanc', échouage derrière la cale) et ''Roc'h Runrez' ('Roche à plusieurs sommets'). L'ancien quai du Port-Blanc, ancré à 10, 80 mètres, mesurait 34 mètres de longueur et la cale 50 mètres pour une largeur de seulement 2 mètres. Cette construction en pierres sèches n'était pas assez robuste. Elle fut élargie à 4 mètres et exhaussée pour accueillir les bateaux à grande marée. Une cale viaduc en béton, d'une largeur de 4, 50 mètres lui fut adjointe, accolée à la cale, avec un enrochement. Le quai actuel mesure une soixantaine de mètres pour une largeur de 5 mètres et une hauteur maximum de 6 mètres. Il est accessible des deux côtés, avec des murs verticaux à l'Est (et avec un léger fruit à l'Ouest) et un parapet. Le parement extérieur des murs est en moellons de granite. Le revêtement du quai et de la cale qui le prolonge vers l'Ouest est en béton. Le qui mesure environ 40 mètres de longueur et la cale 30 mètres. Une seconde petite cale vient en retour à l'enracinement du quai vers l'Est. Le mur qui prolonge le quai vers la plateforme est continu avec des enrochements. Le Port-Blanc offre aujourd'hui 562 places pour la plaisance en eau profonde, 210 places à échouage dont 4 pour les visiteurs.

États conservationsbon état, remanié, restauré
Techniquesmaçonnerie
Statut de la propriétépropriété de la commune

Annexes

  • Pêche et commerce à Port-Blanc

    Sources : AD 22, S Suppl. 253.

    Au début du 19ème siècle, le Port-Blanc est un petit port de bornage, pour l'expédition de 5 à 600 quintaux de blé, envoyés à Tréguier par allèges. Ce port est aussi un point central pour la pêche des maquereaux, avec un seul atelier de salaison ouvert dans la commune. C'est la raison pour laquelle, en 1834, la commune réclamait la création d'un bureau des douanes au Port-Blanc, afin de développer son commerce maritime.

    Déjà en 1799, une granvillaise Thérèse Lamort avait ouvert une première sècherie de poissons avec des 'lieus' au Port-Blanc.

    Sur les plans du port de 1869, on peut remarquer la présence d'un poste de douane. En 1867, 'Pors Bago' ou le Port Blanc accueille 15 bateaux de pêche de petit tonnage, qui pratiquent en alternance les pêches côtières (casiers, filets, lignes) et la collecte du goémon. Cependant, les ouvrages portuaires ne sont pas adaptés au développement de la pêche et du cabotage. Il subit la concurrence des ports de Tréguier et de Perros-Guirec. En 1926, le port reçoit 25 navires marchands pour le commerce des pommes de terre primeurs (1500 tonnes), dont 4 vapeurs de 100 tonneaux. Il est aussi desservi par 62 bateaux de pêche, totalisant une centaine de tonneaux et armés par 11 marins. Le quai doit être consolidé et de nouveaux aménagements finalisés. Ce qui fut réalisé en 1931.

    En 1984, on dénombrait 13 patrons-pêcheurs sur la commune de Penvénan. II en restait 10 en 1997 et 5 en 2008.

  • Le havre de Port-Blanc du 16ème au 18ème siècle

    Ce havre, ou plus exactement cet ensemble de havres, constitue l'un des ensembles portuaires importants de l'espace compris entre la rivière de Tréguier et la rivière de Lannion.

    Son importance est notée dès le 18ème siècle, puisqu'une description de 1665 (Arch. Mar. Vincennes, SH 48, f°353-354) y consacre une bonne place : nous nous sommes transportés sur les lieux du havre nommé le PortzBlanc distant de trois lieües dudict Lannion ou, estant de basse-mer nous avions fait voir que ledict port-blanc paroist à 49° 3' de haulteur ayant son entrée et son embouchure au noroest fond derriere que par entrée laquelle embouchure est entre une roche dicte la Roche Blanche faisant la pointe de l'isle Gueltas [île saint-Gildas]laquelle pointe demeure à Basbord entiere dans ledict havre, et un grand rocher quy est à une extremite d'une autre isle vulgairement appellée chateau neuf (île de Chateauneu qui demeure à sur bord, entre lesquel isles de chatteau neuf et de Gueltas, a ladicte coste de Penreguan, sentant ledict havre du port blanc large dans son embouchure d'eau une portée et de mie de mousquet, bon channal, et profond de basse mer de huict brasses d'eau, laquelle largeur va croissant vers la grande terre et ladicte profondeur diminuant en sorte que l'endroit d'une piuerre appelée Roche noire, laquelle couvre à my marée et de [lac] à bas bord en estant à distance de deux portées de mousquets de l'embouchure dudict havre, il ne se trouve que 6 brasses de profondeur en basse mer et nous ont dict (...) que ladicte entrée et embouchure est bonne et facille abondant plus vers de ladicte isle de Gueltas que celle de Chastteauneuff n'y ayant ensuite autre havre que la rencontre d'avec longue fille de basse mer aux deux costé d'une pierre dict Roch Forn qui ne couvre jamais, laquelle Roche forn doit estre laissé du costé à la portée d'un mousquet à stourbord par les vessaux venant d'aval qui relaschent audict havre, et en sortant pour couvrir d'aval à basbord pareille distance et qu'audict port blanc y a bon avantage pour tous grands vessaux depuis l'embouchure d'icelluy jusques à ladicte roche noire, et plus bas à la porée d'un mousquet et bon abry de tous ventz la marée ny estant fort et rude, et le fond estant de bonne tenüe et sy spacieux que les navires peuvent y charger du liest, monter ou dessendre entre les terres suivant l'effort et le changement du tems auquel havre ne se faict aussy aucune descharge ny de leste ny de marchandises n'ayant servi depuis longtems que de port de relasche

    En 1756, le duc d'Aiguillon juge positivement le Port-Blanc, mais relève cependant la difficulté d'y accéder ; c'est donc un havre dans l'intérieur duquel il y a un très bon mouillage pour les plus gros vaisseaux, mais l'entrée en est si difficile par la grande quantité de roches plattes et d'islots qui la couvrent, qu'il n'est fréquenté que par les barques chassées par les corsaires (Arch. Génie, 4-2-3-1, pièce 46).

    Ce havre est plutôt estimé : situé à 3/4 de lieüe du port Laber, en suivant les sinuosités de la côte, situé E. se trouve le Port-Blanc dans lequel des bâtimens de plus de 200 tonneaux peuvent aborder, mouiller et y rester : la tenüe y est très bonne, surtout en s'abritant de l'isle de Saint Gildas qui est au devant.

    Cette isle a 1/2 lieüe de tour ; il y a une chapelle dont les moines de Lazard sont seigneurs, ainsi que de l'isle ils y ont établi un pélérinage dud. Saint qui s'aporte en triomphe de l'abbaye, et qui porte un autre nom ailleurs (Arch. nat. Mar. D2 22, f°131 et Arch. Art. 3a 19, f°156).

    Une autre description insiste une fois encore sur la bonne qualité du mouillage, mais également sur ses difficultés d'accès : l'entrée du Port-Blanc est fort dangereuse par la quantité de roches dont elle est garnie, il est assez sûr quoique peu à l'abri du vent, surtout de Nord. Il y a toujours assez d'eau pour des vaisseaux de guerre, et il est assez large pour en contenir 3 ou 4, outre une anse dont le fond est fort vaste où les barques pourroient se retirer, elle s'appelle Penvinerf. (anse de Pellinec), elle sèche à basse mer (Arch. nat. Mar. G 154, f°98).

    Enfin, en 1809, l'état indicatif des ports insiste sur la structure même de ce havre (ici qualifié de port). Des aménagements seront réalisés au cours du 19ème siècle, mais, tout au long de cette période, il n'en sera rien.

  • Extrait du 'Pilote' de Thomassin, 1875

    Ce petit port est un bras de mer de 1 encablure 1/4 de largeur, ouvert au Nord, où un bâtiment de 2 mètres de tirant d'eau peut mouiller sans échouer, au fond est un échouage sur la vase à l'abri de tous les vents et de la mer du large. L'alignement pour entrer est : 'le moulin de la comtesse par la pyramide blanche du fond du port. Ce moulin est dans l'Est du sémaphore et à le toucher. Lorsqu'on louvoie il faut le tenir ouvert des roches de l'entrée.

    Les bateaux sont très mal abrités dans le port de la Chevrette, où il y a beaucoup de ressac avec les vents d'Est. Ils sont au nombre de cinquante. Il leur faudrait une petite jetée dirigée vers le Nord, à 500 mètres à l'Est du fond du port.

    Il y a pour entrer au Port-Blanc trois autres passages fort étroits, et qui assèchent à toutes les marées. Ils sont praticables pour les caboteurs, de sorte que pour les petits navires, il n' y a à la pleine mer des grandes marées que les vents de Nord-Nord-Ouest qui empêchent de sortir.

    Le passage de l'Ouest ou de l'Île de Bruc, appelé 'Trou du Grau', court à 1 mille de longueur. Il assèche de 5, 20 mètres à l'endroit le plus élevé qui se trouve entre l'Île des femmes et la terre ; il y a une langue de galets ou grau, qui est coupée sur une largeur de 10 mètres. L'alignement pour sortir est la tête de Min Ruz par le Nord du Voleur. Ainsi à la pleine mer des grandes marées, un caboteur de 3, 50 m de tirant d'eau, ayant le vent portant, peut passer par là ; cela le conduit dans le chenal à terre du Four, dont il sortira en prenant l'alignement du moulin de Kergastel (à 1400 mètres de distance, à l'ouest du moulin de la Comtesse), un peu à gauche du rocher le plus nord de la pointe de Portz Tréguiniec.

    Le passage du 'Trou du Flot', court au Sud-Sud-Est et a 1/2 mille de longueur. Il vient aboutir dans le port entre Roc'h Avel et l'Île des Femmes.

  • 20082211281NUCB : Collection particulière

    20082210890NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 253.

    20082210892NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 253.

    20082210873NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi 7021.

    20082210857NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi 7012.

    20082210894NUCB : Collection particulière

    20082210855NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi 7007.

    20082210854NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi 7000.

    20082210856NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi 7014.

    20082210874NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi 7022.

    20082210891NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 253.

    20082210895NUCB : Collection particulière

Références documentaires

Documents figurés
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor. S Suppl. 253. Construction d'une cale débarcadère (1867-1873). Travaux d'amélioration, exhaussement (1892-93), élargissement de la cale (1902, 1927-30).

  • BEAUTEMPS-BEAUPRE, Charles-François. Le Pilote français. Paris : Imprimerie Royale, 1847.

    p.
Bibliographie
  • LEVASSEUR, Olivier. Les usages de la mer dans le Trégor au 18e siècle. Rennes, thèse de 3ème cycle, (CRHISCO UPRES A-CNRS 6040), Centre de Recherches historiques sur les Sociétés et Cultures de l'Ouest, UHB, Rennes 2, juillet 2000.

  • THOMASSIN, Anastase. Le Pilote. Paris : 1875.

    p. 296-304