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Port Saint-Jean (La Ville-ès-Nonais)

Dossier IA35045435 réalisé en 2006

Fiche

Œuvres contenues

Les hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem

Le village de Port Saint-jean est situé sur une pointe rocheuse qui domine la vallée de la Rance. Le resserrement du lit à cet endroit a servi de gué depuis des temps immémoriaux. En 1100 afin de venir en aide aux voyageurs et pèlerins de passage, un hôpital est construit par les chevaliers de saint-Jean de Jérusalem. La possession de leurs biens est confirmé par Conan IV en 1160. En 1252, leur grand maître était Guillaume de Chateauneuf. La commanderie dépendait au début de celle de Carentoir, évêché de Vannes, puis ensuite de celle de Quessoy, évêché de Saint-Brieuc. La chapelle fut rebâtie en 1574 et dédiée à Saint-Jean Baptiste. Un violent incendie ravagea vers 1768, le village et la chapelle. Celle-ci sera restaurée et vendue en 1813. A cette période, elle est désaffectée et dans un mauvais état de conservation. Il ne reste plus de vestiges aujourd'hui de cet édifice, ni de la commanderie des hospitaliers de Saint- Jean. Quelques éléments épars ont été rassemblés au pied de la croix, à l'arrivée du Port, afin de commémorer ce glorieux passé.

Une population de marins.

Comme la plupart des villages de Rance, celui du Port Saint-Jean abritait une population de marins, dont beaucoup partaient pour la haute mer. Les archives font remonter les premières pêches à Terre-neuve par les bretons au début du 16e siècle. Le recrutement avait lieu dans la Vallée de la Rance, nommée en 1792, " la vallée des singes " en raison de nombre importants d'hommes recrutés pour leur agilité à la mâture des grands mâts. En 1851, la population de marins demeure encore importante puisque plus de 200 hommes y sont recensés dans cette catégorie. Leurs maisons sont pour la plupart modestes et alignées les unes aux autres. Un jardin y est quasiment toujours adjoint au sud, pour le premier front de mer parfois au nord pour les autres alignements. L'intérieur, pour les maisons les plus anciennes est constitué d'une unique pièce à feu agencée pour tous les moments de la journée. Une maison datée de 1830 sur les quais à Veaux-boeufs témoigne d'un mode de vie plus élaboré. Une petite entrée desservait de part et d'autre d'un couloir central deux pièces aux dimensions réduites de 15 à 18 m2. Les meubles étaient encastrés dans des lambris peints. Une étable et une porcherie viennent également s'annexer à ce logis et témoignent de la mixité des ressources des familles.

( Véronique Orain, Inventaire préliminaire, 2006)

Dénominations écart
Aire d'étude et canton Bretagne - Châteauneuf d'Ille-et-Vilaine
Hydrographies Rance (la)
Adresse Commune : Ville-ès-Nonais (La)
Lieu-dit : Port Saint-Jean
Cadastre : 1848 B6 de la Ville-ès-Nonais AD 35 3 P 5538/2

En 1160, les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem se voient confirmer par le duc Conan IV une eleemosina de Stablon. Dès le XIIIe siècle, un port d’aumône semble y être établi sous la forme d’un passage à bac faisant le lien entre Saint-Suliac et Plouër-sur-Rance. Ainsi, en 1249, la femme de Bertrand Paignon, Haissia, lègue par voie testamentaire quatre deniers au port de Establehon. Sept ans plus tard, c’est Geoffroi de La Soraie qui donne à son tour sex denarios apud Establehon pour ses dernières volontés. En 1254, frère Pierre de Villedieu, commandeur Hospitalier en Bretagne Romane, approuve la vente d’un hébergement et de sa vigne attenante situm in hospitali de Portu de Establehon. Dès le XVe siècle, Port Stablon dépend de l’Hôpital de Quessoy, qui sera annexé à la commanderie de Carentoir le 18 Février 1566. En 1574, le membre de Saint-Jean du Port d’Establehon consiste en une chapelle dédiée à Saint-Jean Baptiste, ainsi qu’un emplacement de fuie et un colombier caduque contre l’édifice. En 1643, l’aveu de Gilles du Buisson précise que la chapelle est couverte d’ardoises, l’autel est garni et prêt à accueillir le service divin, le pignon possède une cloche de moyenne grosseur et le commandeur perçoit les oblations en tant que fondateur. La chapelle était encore desservie par Landal Grand-Maison jusqu’à sa destruction pendant la Révolution Française.

(Stéven Lemaître, enquête thématique régionale, 2016)

Période(s) Principale : 15e siècle, 17e siècle, 19e siècle
Secondaire : 12e siècle, 13e siècle

Le toponyme de l’impasse des Templiers, que l’on peut emprunter perpendiculairement à la rue de Vau Bœuf, face au ruisseau de Coëquen, ne trouve aucun écho dans les sources manuscrites, l’Ordre du Temple n’ayant eu absolument aucune possession à Port Saint-Jean. Seule, la croix du bourg rappelle le souvenir des Hospitaliers-de-Saint-Jean-de-Jérusalem à Port Saint-Jean. Bien que son emplacement soit déjà indiqué sur le cadastre napoléonien en 1848, le calvaire actuel, composé de vestiges de l’ancienne chapelle hospitalière, a été remonté en 1956.

Statut de la propriété propriété privée
propriété publique

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Loire-Atlantique : B908
  • Archives départementales de Loire-Atlantique : B908
  • Archives départementales du Morbihan : 58H1
  • Archives départementales de Loire-Atlantique : H460
Documents figurés
  • Port- Saint-Jean (I. et V.). Arrivée de la Ville-es-Nonais, reproduction de carte postale ancienne. (A.Privées : Eugène Berrier, la Ville-es-Nonais).

  • 1619. Les Bords de la Rance. Le Port Saint-Jean, reproduction d'une carte postale. ELD, édition. (A.C. La Ville-es-Nonais).

  • Bords de la Rance. Port Saint-Jean, reproduction d'une carte postale. Dinan, J.P., édition. (A.C. La Ville-es-Nonais).

  • COTE d'EMERAUDE. Les Bords de la Rance. 1174. Port Saint-Jean. Saint Grégoire : collection Germain fils Ainé. (A.Privées : Eugène Berrier, la Ville-es-Nonais).

  • 4. bords de la Rance. Le Port St-Jean. Vue générale. Dinan : J. ? éditeur. (A.Privées : Eugène Berrier, la Ville-es-Nonais).

  • 36. Les bords de la Rance. Le Port Saint-Jean. LL, édition. (A.Privées : Eugène Berrier, la Ville-es-Nonais).

  • De St- Malo à Dinan par la Rance. Le Vapeur Dinardais, de la Société des Bateaux Bretons, passant au Port St-Jean, reproduction d'une carte postale. HLM, édition. (A.Privées : Eugène Berrier, la Ville-es-Nonais).

  • 50. La Rance pittoresque. Port Saint-Jean, reproduction d'une carte postale ancienne. Dinan : J.Passemard, édition. (A.Privées : Eugène Berrier, la Ville-es-Nonais).

Bibliographie
  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dits Chevaliers de Malte en Bretagne, Nantes, 1902.

  • GESLIN DE BOURGOGNE, Jules-Henri ET BARTHELEMY Anatole de, Anciens évêchés de Bretagne : histoire et monuments, Saint-Brieuc : Guyon Frères, 1856, T3, p. 156-317.

  • « Notes sur le sens de quelques mots de basse latinité », dans Revue Archéologique, Nouvelle Série, Vol. 6 (Juillet à Décembre 1862),

  • AUFFRET, abbé. Histoire de Sainte-Anne-sur-Rance. Ville-ès-Nonais. [s.l. ; s.n.], 1957.

  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • COURTOIS, Béatrice. Mémoire en Images. Les Bords de la Rance Maritime. Rennes : Alain Suton, 1995.

  • GICQUEL Roger, AUFFRET Max. La Rance de rives en îles, de cales en ports. Rennes : Ouest France, 2003.

  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray, Paris : René Haton, 1884.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • MOTROT, Louis. Mémoire en Images. Saint-Malo et le Clos Poulet. Saint-Cyr-sur-Loire : Alain Suton, 1994.

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic éditions 2000, 2 tomes, (Le patrimoine des communes de France).