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Poste de défense contre les sous-marins, pointe du Château (Plougrescant)

Dossier IA22133412 réalisé en 2018

Pour améliorer la protection de la route côtière des convois de voiliers caboteurs, il est décidé le 24 août 1917, d’établir à la Pointe du Château au nord du village de Plougrescant, département des Côtes-du-Nord, une batterie d’artillerie armée de 2 canons de 90 mm modèle 1877 sur affût de campagne.

Le secteur de tir de 110°, commun aux deux pièces, à pour limite est une ligne affleurant la partie est du récif de la Grande Pierre ; la limite gauche est orientée sur la pointe nord de l’île de Rouzic. Une distance de 10 nautiques sépare ce P.D.C.S.M. de celui de l’île aux Moines. La capitale de tir est axée à 350° sur la Basse du Château. Une indentation du trait de côte occasionne un angle mort de 10°.

L’emplacement provisoire de mise en batterie, ne permet pas aux deux pièces de 90 mm sur affût de campagne de battre le champ de tir prévu. L’observatoire est installé dans une lucarne de la Villa Nina d’Asti, à une trentaine de mètres des emplacements de tir. La communication optique avec les sémaphores de Pleubian-Créac’h Maout et Penvénan-Port Blanc se fait dans de bonne condition par temps clair. Une ligne téléphonique relie la position au bureau des Postes, Télégraphes, Téléphones (P.T.T.), ainsi qu’au réseau général.

La Dépêche Ministérielle n°14 ATC 27 en date du 18 décembre 1917, prescrit de réorganiser la position de batterie par l’installation de 2 canons de 90 mm modèle 1881 sur affût de côte modèle 1879. Ils sont équipés d’un frein "Marine" qui fonctionne avec de la glycérine à 21°. Ces matériels seront livrés par le Parc d’Artillerie de Saint-Malo. La construction est approuvée par les Décisions Ministérielles du 30 janvier et du 11 février 1918. La plus grande partie des matériaux, ciment excepté, sont à pied d’œuvre ; mais fin mai 1918, les travaux ne sont pas commencés. Le Chef du Génie de la Subdivision de Saint-Brieuc, en réfère à la pénurie de wagons-tombereaux de la Compagnie des Chemins de fer des Côtes-du-Nord. D’où, la difficulté qu’il éprouve à faire transporter ce liant indispensable à la construction des plateformes de tir. La Marine a consenti au Génie de Saint-Brieuc, un prêt de 8 tonnes de ciment, pour lui permettre d’entreprendre immédiatement les travaux d’achèvement du poste de Plougrescant. L’acheminement est effectué par voie ferrée avec livraison en gare de Tréguier. le transport de ces 8 tonnes de ciment à la Pointe du Château s’effectue par voie routière avec les camions du Centre d’Aviation maritime de Tréguier-Plouguiel. Les agrégats nécessaires à l’édification des divers abris et murs sont prélevés sur place. Des niches pour les coups d’alerte sont aménagées dans un terre-plein en queue de plateforme. Les servants sont protégés par un parapet de 0,80 mètre d’épaisseur.

Le 02 octobre 1918, les deux canons de 90 mm modèle 1881 sur affût de côte modèle 1879, sont opérationnels.

Dénominationsbatterie
Aire d'étude et cantonBretagne
AdresseCommune : Plougrescant
Lieu-dit : Pointe du Château

La garnison

- Guerre : 1 maréchal des logis, 1 brigadier, 14 hommes du rang.

- Marine : 1 premier-maître, 1 quartier-maître, 3 matelots.

L’armement individuel

- 13 fusils modèle 1884, plus 180 cartouches, soit environ 13 cartouches par fusil. Cette dotation en munitions de petit calibre est des plus "maigre", du point de vue du premier-maître chef du P.D.C.S.M. Il demande à sa hiérarchie un approvisionnement de 2 000 à 3 000 cartouches, le minimum indispensable d’après lui.

L’hébergement

Le personnel de la Guerre est logé dans la villa de madame Nina d’Asti. La cuisine fonctionnelle fait aussi fonction de réfectoire. Le sous officier dort dans la salle à manger, le salon est affecté aux soldats. Tous les locaux sont pourvus d’une cheminée. L’alimentation en eau est assurée par le puits qui se trouve entre la villa et la maison du garde. Sur ce puits est installée une pompe alternative aspirante et foulante qui alimente directement la villa.

État des lieux aujourd’hui

Un siècle plus tard, la position de cette batterie est identifiable aux deux demi circulaires dentelées, noyées dans le béton des emplacements de tir. Il s’agit des seuls vestiges, d’un Poste de Défense Contre les Sous-Marins (P.D.C.S.M.) de la grande Guerre 1914-1918, qui subsistent dans les Côtes-d’Armor. Cette aire est ravalée aujourd’hui au rang de "point de vue". A une petite centaine de mètres au sud-ouest de cette position, le puits qui alimentait la villa de Madame Nina d’Asti est visible en bordure de la piste qui mène à Castel Meur.

Épilogue

Dans les années quatre-vingts dix, après avoir acquis le site, le Conservatoire du Littoral a fait détruire la villa.

Période(s)Principale : 1er quart 20e siècle
Mursgranite moellon
schiste moellon
maçonnerie
ciment
(c) Région Bretagne (c) Région Bretagne ; (c) Association Océanide - Bohée Alain
Alain Bohée

Historien, membre de l'association Océanide.


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