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Présentation de la commune d'Yffiniac

Dossier IA22001720 réalisé en 2003

Fiche

Œuvres contenues

Yffiniac en 1854, pop. 2213 habitants (source : Jollivet).

Yffiniac en 1881, pop. 2175 habitants (source : AD 22).

Yffiniac en 1905, pop. 2042 habitants (source : AD 22).

Yffiniac en 1919, pop. 1678 habitants (source : AD 22).

Yffiniac en 1946, pop. 1801 habitants (source : Insee).

Yffiniac en 1982, pop. 3185 habitants (source : Insee).

Yffiniac en 1990, pop. 3510 habitants (source : Insee).

Yffiniac en 1999, pop. 3842 habitants (source : Insee).

Située au fond de l´anse qui porte son nom [fig. 1], la commune d´Yffiniac s´étend sur une superficie de 1756 hectares et présente une curieuse configuration due à l´enhaché qu´y forme, au sud, le territoire de Plédran [fig. 2 et 3]. Traversé par l´Urne [fig. 4] et le Camois, le territoire communal est limité au nord et à l´est par les communes d´Hillion et de Pommeret, au sud par celles de Quessoy et de Plédran, à l´ouest par celles de Trégueux et de Langueux [fig. 2 et 3].

Histoire :

Des pièces de monnaie, une statuette en bronze, l´ancienne voie de Carhaix à Corseul et des substructions de l´époque gallo-romaine mises au jour au 19ème siècle près de l´Urne, au Val, à la Ville-Volette et Coat Erbeau témoignent de l´ancienneté du peuplement humain dans la commune.

Bien qu´il n´y ait aucune preuve matérielle de la présence romaine au bourg, celui-ci pourrait avoir des origines très anciennes. Etabli au fond de la baie [fig. 1], sur le trajet de l´ancienne voie romaine dite « Chemin-Noë », altération de « Chemin Ohès » selon Bernard Tanguy, son nom révèle une origine gallo-romaine manifeste. Cette variante d´ « Yvignac » et des « Evignac » évoquerait, en effet, soit un dérivé formé avec le suffixe gaulois -acos provenant d´un nom d´homme gallo-romain « Ivinius » ou « Ivinus », soit un dérivé formé avec le suffixe gaulois -iacos provenant du gaulois « ivinos » désignant l´If, correspondant au breton « ivin » et au gallois « ywen ».

Formée au détriment de la paroisse bretonne primitive de Plédran - telle est la raison d´être de l´enhaché qu´y forme au sud le territoire voisin -, la paroisse d´Yffiniac est explicitement mentionnée en 1311 et pourrait avoir existé dès 1207, date à laquelle un certain Hervé occupait les fonctions de prêtre d´ « Iffiniac ». Cette dénomination apparaît d´ailleurs pour la première fois en 1182 dans une charte énumérant les biens des Templiers en Bretagne, alors possesseurs de la chapelle de Saint-Jean-Baptiste du Port-Saint-Jean. L´édifice, aujourd´hui disparu, existait encore selon René Couffon à la fin du 18ème siècle et relevait du Temple du Créhac, en Plédran, dépendant lui-même de la commanderie hospitalière de La Guerche.

Appartenant au diocèse de Saint-Brieuc sous l´Ancien Régime, la paroisse élut sa première municipalité au début de l´année 1790. Chef-lieu d´un canton de cette époque jusqu´au 27 octobre 1801, la commune fut augmentée, par la loi du 28 juin 1847, du village de Bélêtre en Trégueux et de toute la fraction comprise entre l´Urne, le Chemin Noë et la limite de Langueux.

Le patrimoine architectural :

La présente enquête a permis de repérer un total de 53 oeuvres, dont 22 relèvent de l'architecture domestique et agricole, 8 de l'architecture religieuse, funéraire et commémorative, 13 de l'architecture du génie civil, 4 de l´architecture de la vie publique, 5 de l'architecture artisanale et industrielle, et 1 de l´architecture commerciale.

La chronologie du corpus s´étend de la fin du 15ème siècle à la 1ère moitié du 20ème siècle, incluant une forte proportion d´oeuvres datant de la période contemporaine.

Au sein de ce corpus, 23 oeuvres ont reçu la mention « à étudier » en fonction de critères d'ancienneté, de conservation, de rareté, d´unicité, ou, à l´inverse, de représentativité. Certaines d'entre-elles ont également fait l'objet d'une présélection en vue d'une étude ultérieure en fonction du rôle déterminant qu'elles ont pu jouer dans la structuration du paysage et le développement économique d´Yffiniac (infrastructures routières et ferroviaires).

- Moyen Age et Temps Modernes :

Le paysage architectural d´Yffiniac recèle très peu d´éléments antérieurs à la Révolution, conférant aux oeuvres de cette période une valeur patrimoniale certaine. Tel est assurément le cas pour le manoir de Carjégu [fig. 5] et la fontaine des Sept-Saints [fig. 6], respectivement datés de la fin du 15ème siècle et probablement du 17ème siècle. Si l´état de conservation du premier demeure exemplaire, c´est davantage sa structure primitive de logis à salle basse sous charpente qui lui confère un intérêt de premier ordre pour la connaissance de l'habitat nobiliaire de la région. La fontaine des Sept-Saints offre, quant à elle, l´unique exemple d´une fontaine de dévotion sur le territoire communal, tout comme la chapelle Saint-Laurent [fig. 7], édifiée dans la 2ème moitié du 17ème siècle, puis en partie reconstruite en 1850, demeure l´unique chapelle d' Yffiniac. Dans la même optique, on n´omettra pas de signaler, à Caudan, la présence d´un édifice du 17ème siècle peu remanié, dont la typologie reste à établir [fig. 8].

Dans une moindre mesure, on accordera une attention aux maisons situées aux Villes Hervé, à la Ferrère et la Rue Fardel [fig. 9 à 11]. Si ces oeuvres accusent, principalement du fait de leur ancienneté, de nombreux remaniements altérant l'approche analytique de l'édifice - démarche nécessaire à la compréhension de l´habitat -, elles n´en demeurent pas moins intéressantes pour la connaissance historique d´Yffiniac, et notamment pour l´évolution de l´implantation humaine sur le territoire communal.

- La période contemporaine (19ème et 20ème siècles) :

Comme dans la plupart des cas, les 19ème et 20ème siècles fournissent davantage d´exemples et élargissent, de ce fait, la thématique architecturale en offrant des témoignages de l´architecture du génie civil et de l´architecture scolaire et administrative.

On notera ainsi le repérage des anciennes voies ferrées d´intérêt local de Saint-Brieuc à Moncontour et d´ Yffiniac à Matignon [fig. 12]. Respectivement mises en service en 1905 et 1924, ces voies furent aménagées par Louis Harel de la Noë, ingénieur en chef des Ponts-et-Chaussées des Côtes-du-Nord de 1901 à 1918. Outre ces deux vestiges du réseau départemental, il convient également d´évoquer la prise en compte de l´ancienne voie ferrée d´intérêt général du réseau de l'Ouest de Paris à Brest. Mise en service en septembre 1863 et modernisée dans la 2ème moitié du 20ème siècle, cette voie ferroviaire, qui fut à l´origine du développement économique du pays d´Yffiniac dans la 2e moitié du 19ème siècle [fig. 13], présente deux édifices et ouvrages d'art datant de l'époque des premiers aménagements [fig. 14, 15].

Au chapitre de l´architecture domestique et agricole, l´enquête a permis d´inventorier plusieurs édifices dont la présence rappelle indéniablement l´enracinement des pratiques agricoles vivrières dans le paysage architectural de la commune, à l´instar des logis-jumelés de Quimbrin et du Dernier Sou [fig. 16, 17], de la maison située à la Croix-Bertrand [fig. 18], ou du site de Coat Erbeau dont l´intérêt esthétique et paysager est à préserver [fig. 19].

Si la précédente remarque demeure pertinente pour certains édifices situés au bourg, on retiendra dans ce secteur le repérage de la maison située au 29, rue du Général de Gaulle [fig. 20]. L´édifice, daté de la 1ère moitié du 19ème siècle, probablement du début du 19ème siècle, demeure effectivement l´un des rares témoins de l´habitat domestique épargné par les nombreux remaniements intervenus en bordure de l'axe Saint-Brieuc-Lamballe. De la même façon, on prêtera une attention particulière à l´ancien presbytère construit par l´architecte Morvan à la fin du 19ème siècle, ainsi qu´à la maison de notable située rue de la Ville-Nize et probablement édifiée par un architecte [fig. 21, 22]. Ces deux oeuvres présentent effectivement un plan et une structure qui ne sont pas sans rappeler les principes fondamentaux de l´architecture balnéaire alors en plein essor sur le littoral nord de la Bretagne.

Concernant l´architecture religieuse, commémorative et funéraire, on notera le repérage de deux croix des ateliers Hernot [fig. 23, 24], de la croix de chemin de la Rue Fardel [fig. 25], de l´église paroissiale Saint-Aubin construite de 1858 à 1874 [fig. 26] et du monument aux enfants d'Yffiniac morts pour la France, érigé par le marbrier Morvas en 1920 [fig. 27]. Déplacé en 1935, le monument caractérisé par sa forme en obélisque se tenait à l'origine tout près de la porte d'entrée de la mairie.

Au chapitre de l´architecture de la vie publique, on signalera avec force la présence de l´ancien groupe scolaire communal construit au début du 20ème siècle par l´architecte Victor Le Guen sur l´ancienne Place du Champ de Foire, rebaptisée à l´occasion Place de la mairie. Doté d´une portée symbolique difficile à appréhender aujourd´hui, ce groupe scolaire revêt pourtant une valeur patrimoniale certaine tant il contribua dès sa construction à affirmer l´enracinement de la IIIème République dans le paysage architectural du bourg et s´impose de ce fait comme un exemple représentatif du rôle que peut tenir l´architecture dans l´affirmation d´un pouvoir [fig. 28, 29].

Les origines maritimes d´Yffiniac : les salines

Situé dans le fond de la baie de Saint-Brieuc, le bourg d´Yffiniac alignait à la fin du 19e siècle ses maisons le long du Grand Chemin de Lamballe à Saint-Brieuc. Celui-ci devait reprendre à ce niveau une portion de l´ancienne voie romaine Carhaix-Alet. Cette dernière descendant du Créach en Plédran par le chemin Nohez (G. du Mottay, « Recherches sur les voies romaines du département des Côtes-du-Nord », Société d´Emulation des Côtes-du-Nord, 1869, p. 50-51), filait ensuite sur le territoire d´Hillion (Amoureux P., Clément J. H., « Réflexions sur l´habitat gallo-romain dans le Penthièvre littoral », dossier du CeRAA, 1984, p. 240).

Le fond de la baie est formée aujourd'hui des trois communes voisines de Hillion, Yffiniac et Langueux, avec leurs terres "mouldrenneuses".

Du 17e au 18e siècle, le bourg d´Yffiniac devait connaître une intense activité, de par la situation privilégiée de la « Grande Rue et Passage », au coeur de la cité, sur le Grand Chemin de Lamballe à Saint-Brieuc, qui recevait les voyageurs et les commerçants pour les foires et marchés. Cette opportunité géographique allait favoriser l'implantation au milieu du 19e siècle de la voie ferrée Paris-Brest, comme la ligne suit le plateau. Une nouvelle gare avec des voies de bifurcation allait permettre jusqu'en 1947 le trafic des primeurs (oignons, pommes de terre, choux fleurs) vers les stations de la côte de Penthièvre et l'exportation de la marne vers l'intérieur, favorisant de plus l'aire d'extension des surchamptiers. Aujourd'hui le maraîchage a pratiquement disparu sur la commune d'Yffiniac (5 exploitations en 1988 et aucune en 2003). Il n'y a plus d'agriculture littorale spécifique. La SAU (surface agricole utile) représente au début du 3ème millénaire 1026 hectares, stable depuis 1988, avec une forte production fourragère et porcine, pour 17 exploitations professionnelles (statistiques RGA 2000).

La première mention d´industrie du sel dans la littérature est faite en 1636 par Dubuisson Aubenay (« Itinéraire de Bretagne en 1636 » publié par Léon Maître et Paul de Berthou en 1898, cité par Couffon R en 1949, dans la Société d´Emulation des Côtes-du-Nord, p.16-17). Ce voyageur qui venait de Saint-Malo, par Dinan et Lamballe, atteignit Yffiniac en donnant cette description :

C´est un chemin de landes par trois lieues ; puis vous dévalez à Finiac, vous trouvez un ruisseau, et à la sortie et remontée (car Finiac est étymologiquement un fond) encore un autre, qui est la rivière d´Urne.Tous deux vont prendre dans un large vallon et marais au dessous de Finiac, plein de salines, où ils font du gros sel gris, au soleil, dans le marais et même du sel blanc, dans des chaudières de plomb.

Les différentes techniques utilisées dans les marais salants des grèves d´Hillion et du havre de Dahouët sont attestées par les textes contemporains de la duchesse de Mercoeur, initiatrice de cette industrie, avec le concours des sauniers du Poitou.

La technique du lavage du sablon dans des chaudières en plomb pour obtenir la concentration de la saumure sera décrite plus tard en 1834 par Habasque.

En 1672, un autre voyageur Jouvin de Rochefort venant de Morlaix et de Saint-Brieuc remarqua également la fabrication du sel blanc à Yffiniac, ceci par évaporation de l´eau de mer dans des marmites de plomb (A. Jouvin de Rochefort, « Le voyageur d´Europe, Tome 1, Paris, Thierry, 1672, cité par Couffon R., 1949, op. cit).

Dans la seconde moitié du 17e siècle, la paroisse d´Yffiniac comptait 1000 communiants (Ogée, 1843). Durant tout l´Ancien Régime, les seigneuries d´Yffiniac dépendaient de la juridiction de Moncontour en Penthièvre. La paroisse d´Yffiniac comptait plusieurs manoirs : le Buchon, Carjégu, la Fontaine Ménard, la Roche Bréhand, le Val, la Ville Hervé, la ville Rabel, la ville Volette et Malaunay ; dont seuls les noms ont été conservés dans la toponymie locale, pour évoquer les relations entre les sauniers redevables de rentes en monnaie ou en sel et les différents seigneurs locaux.

Les salines d´Yffiniac devaient se trouver en marge du bourg entre le ruisseau du Camois (ou de la Corderie) qui délimite Hillion et l´Urne au nord. La mosaïque de grèves et de marais où se perdent ce ruisseau et une branche de celui-ci formait une sorte d´île nommée la Ville Neuve. Ce nom évoque peut-être à l´époque médiévale un établissement nouveau de sauniers venus s´installer aux confins du bourg et des marais. Cependant, la qualité des sels produits à partir du sablon des grèves d´Yffiniac était moindre que celui des grèves de Langueux, du fait qu´elles ne sont pas aussi souvent recouvertes par la mer (Habasque). Ce "sel noir" était échangé contre des céréales, de l'avoine.

Cependant, les endiguements successifs au profit des maraîchers allaient isoler progressivement le territoire d´Yffiniac de la mer et de l´influence marine sur son développement.

En 1831, le bureau d´Yffiniac regroupant les salines des trois communes comptait 54 usines à sel. Langeux possédait 47 de ces établissements, Yffiniac comptait 4 salines et Hillion trois. En 1836, Yffiniac ne disposait plus que de deux salines (Jean Guéno et François Domalain : sauniers laboureurs), qui préfiguraient le déclin de cette activité littorale.

Cependant en 1858, un projet de construction d´une cale débarcadère au fond de la baie allait mobiliser le sieur Brizeux d´Yffiniac pour faciliter l´acheminement des sables calcaires et leur transport en bateau à partir du pont Robilliard à Langueux.

La réussite de ce projet aurait nécessité la contribution des communes d´Hillion, de Langueux et celles de l´intérieur des terres, qui ne furent pas intéressées.

Un projet de balisage de l´Urne en 1855 (demande renouvelée en 1860 et 1867), à la demande des maires d´Hillion et de Langueux n´eut pas plus de succès, avec le même argument d´amener les engrais d´Yffiniac à la cale de Ruzé Bréha en Langueux ; alors qu´il existait un débarcadère et une route (AD 22 11 S 7).

Aujourd'hui la commune d'Yffiniac ne possède plus qu'une centaine de mètres de façade maritime face aux marais de Langueux, entrecoupée par le pont de la Corderie et le Pont Derlande. Les portes à marée et les petits ponts au-dessus des cours d'eau du Saint-Jean et de la rivière d'Yffiniac (la Corderie) représentent le dernier témoignage de la rencontre des eaux douces et des eaux salées dans ses anciens marais gagnés à la mer. Le pont Percé, le pont Saint-Jean et le pont Derlande méritent d´être sauvegardés et entretenus.

Pour exemple de mémoire orale, l'église d'Yffiniac a été construite sur le domaine public maritime. C'est son clocher que l'on peut apercevoir lorsqu'on vient à pied des grèves vers le fond de baie, comme un amer à la fois symbolique et mémoriel.

Pour les habitants des marais d'Hillion et du hameau de la Coquinet en Langueux, le bourg d'Yffiniac et ses équipements publics, son école demeurent un pôle d'attraction et un référent identitaire. Le classement d'une partie de la baie de Saint-Brieuc en réserve naturelle, avec la valorisation de l'anse d'Yffiniac (plan d'interprétation et sentiers) favorisent certainement le sentiment d'appartenance à une aire géographique, qui regroupent les communes de ce fond de baie autour d'Yffiniac.

Aires d'études Communes littorales des Côtes-d'Armor
Adresse Commune : Yffiniac

Aucun monument n'est protégé au titre de la législation sur les monuments historiques.

Annexes

  • L´anse d´Yffiniac : un espace littoral remarquable

    L'anse d'Yffiniac, au-delà des frontières communales, recouvre 700 hectares de vase, de sable, de prés-salés (100 ha), entre la pointe de Cesson à l´ouest et la pointe des guettes à l´est ; large de 2, 5 km, elle reçoit la marée deux fois par jour. Les filières de l´Urne et du Gouët serpentent sur 7 km du fond de l´anse, pour rejoindre la mer. Par vives eaux, la hauteur de marée peut atteindre un maximum de 7 mètres. Cette usine à plancton bénéficie de l´apport des eaux douces des cours d´eau de l´Urne, du Gouët et de leurs nombreux petits affluents.

    Cet estran sablo-vaseux fait partie de l´ensemble paysager, écologique et biologique du fond de la baie de Saint-Brieuc : niveau européen pour l´avifaune hivernante (classement en Réserve Naturelle).

    La croissance du phénomène d´eutrophisation de la baie avec « marée vertes » ne pourra être enrayée que par la maîtrise de la qualité de l´eau dans les bassins versants.

  • Les villages de pêcheurs entre Hillion et Planguenoual

    L´Hermot en Hillion

    A Hillion, le village de Lermot était déjà important sous l´Ancien Régime et y comptait nombre de pêcheurs. Les Hillionnais étaient spécialistes de la pêche au mulet surs les côtes jusqu´au Cap Fréhel, pratiquée par amorce avec le « pouillot », récolté dans les grèves (un fameux pêcheur surnommé « Jésus » du village de Lermot, pratiquait cette pêche il y a un demi-siècle, technique toujours en vigueur de nos jours). Les autres hameaux de la Grandville et de Carieux abritaient quelques uns de ces pêcheurs à pied.

    Les dénombrements de la commune d´Hillion (AD 22 6 M-182) nous font connaître quelques habitués des grèves, ainsi en 1841, Jacques Thermel et son épouse Marie-Jeanne Le Mounier résident au village de Carberon. De même en 1846, Gilles Hué et sa femme Catherine habitaient le village de Lermo, Gilles se déclarant poissonnier.

    Planguenoual

    Plusieurs hameaux de cette commune regroupaient des foyers de pêcheurs à pied : le Pont-Rouault, dont quelques représentants de la famille Lesage de la .Longeraie pratiquaient la pêche aux bas-parcs. On accédait de la Longeraie aux grèves par une sente façonnée dans la falaise, située entre Jospinet et le Pont-Rouault, surnommée « l´Avallouère ». Sébastien Lesage, dit Bastien Meno symbolise cette époque (en carte postale). Il y avait aussi un certain Guérin de Morieux.

    La Cotentin : le plus gros village de Planguenoual, habité par des pêcheurs à pied.

    Ce village doit son nom à la seigneurie de Saint-Costantin qui fut sans doute le fief patronymique de la famille Costantin de Planguenoual au 15e siècle. A partir de 1853, la profession de pêcheur à pied ne semble plus être déclarée. Dans les années 1920, la famille Le Chantoux pratiquait encore la pêche aux bas-parcs. En 1926, quelques femmes se déclaraient encore « pêcheuse » : Marie Nicolas (née en 1877 à Hénansal), Marie Angélique Rohon (née à Planguenoual en 1869) et Marie Cardin (née en 1867). Cette déclaration apporte la preuve d´une pluri-activité familiale et de l´apport de la pêche comme complément de ressource.

    Un peu plus au nord-est, le fond de l´anse de Port-Morvan, abritait quelques chaumières.

    Les textes de l´Ancien Régime évoquaient les droits de pêcherie de la Vicomté de Saint-Denoual.

    La loi de 1852 supprima les bas-parcs ; cependant, il existait encore quelques bas-parcs dans les grèves de Trahillion en 1953.

    Au 19e siècle, le village de la Cotentin abritait des groupes sociaux très divers : une grande proportion d´artisans, des gens de l´administration des Douanes (le hameau comptait une brigade des Douanes), quelques familles de pêcheurs, tout comme dans les villages du Pont-Rouault et du Petit Crapon (AD 22 6 M-356 et 357).

  • Pêcheries et poissons

    La baie de Morieux et l´anse d´Yffiniac, les deux racines du fond de la baie de Saint-Brieuc furent très poissonneuses. En effet, celles-ci, très larges et de faible profondeur sont très propices à la reproduction de certaines espèces de poissons. Par ailleurs, la grande abondance du plancton, dés le mois de mai (appelé « pouillot » sur la rive droite de la baie et « pouillain » sur la rive gauche) constitue une source de nourriture pour le poisson, formant la base de la chaîne alimentaire. Il faut aussi noter que ce « pouillot » ramassé dans le flot à l´aide d´un havenet aux mailles très fines, poussé entre deux eaux, servait de boëtte, d´affare pour attirer le poisson (mulet, bar, maquereau, chinchard, éperlan), dans le fond d´une crique ou en pleine mer.

    La proximité de la filière et des eaux saumâtres favorisait la prise de saumons, de mulets, d´anguilles, de fontes (flets), remontant dans l´estuaire. A ce titre, plusieurs pêcheries fluviales furent établies sur le Gouessant et le Gouët. Dans les dernières décennies, une pêche traditionnelle au « carrelet » existait encore sur le Gouessant, au niveau de la vallée de Crémur (Hillion).

    A la belle saison, à partir de mai, les prises de maquereaux et de chinchards (« ripons » sur la rive droite et « carriaux » sur la rive gauche de la baie) devaient être abondantes. Ces poissons ainsi que le bar traquaient la « mn´use » (genre de sprat) et le « buey » ainsi que des lançons avides de zooplancton (« pouillot »).

    L´hiver, la prise de poissons migrateurs tels que les morues et les harengs ne devaient pas être rares. Les droits de pêcherie sous l´Ancien Régime étaient souvent exigés aux rogations, fêtes religieuses précédant le jeudi de l´Ascension. La mention « tiers d´un lot de pêcherie » évoque les aspects des mutations dans le système féodal quant à la transmission de ce patrimoine.

  • 20032203971NUCB : Tableau d'assemblage des plans cadastraux parcellaires, 1813 - Archives départementales des Côtes-d'Armor - 4 num 1/19, Numplan 1.

    20032203989NUCB : Extrait des plans cadastraux parcellaires, 30 octobre 1847 - Archives départementales des Côtes-d'Armor - 4 num 1/30, Numplan 1.

    20032203974NUCB : Carte postale, 1ère moitié 20ème siècle - - Coll. Part.

    20032203959NUCB : Carte postale, 1er quart 20ème siècle - Yffiniac - Coll. Part.

    20032204070NUCB : Carte postale, vers 1910 - Yffiniac - Collection particulière.

    20032204069NUCB : Carte postale, vers 1910 - Yffiniac - Collection particulière.

    20032204142NUCB : - Dans : "Les espaces littoraux remarquables des Côtes d'Armor"/ Rennes : DIREN Bretagne, 1998 - Direction départementale de l'Equipement (Côtes-d'Armor)

    20032204197NUCB : - Tableau d'assemblage 1847 - Mairie d'Yffiniac

    20032204141NUCB : - Terrier du Penthièvre (1785) - Archives départementales des Côtes-d'Armor - E 495.

    20032204169NUCB : Phototype : carte - Collection particulière

    20032204150NUCB : - Carte du département des Côtes-du-Nord, 1790 - Archives départementales des Côtes-d'Armor - Série 2 F i.

    20032204151NUCB : - Carte du département des Côtes-du-Nord, 1790 - Archives départementales des Côtes-d'Armor - Série 2 F i.

    20032204143NUCB : - Dans : "Carte IPLI : usage du sol, Côtes du Nord, Trégueux, 1977"/ Paris : IGN, 1981 - Direction départementale de l'Equipement (Côtes-d'Armor)

    20032204147NUCB : - Dans : "Carte IPLI : usage du sol, Côtes du Nord, Trégueux, 1977"/ Paris : IGN, 1981 - Direction départementale de l'Equipement (Côtes-d'Armor)

    20032204148NUCB : - Dans : "Carte IPLI : usage du sol, Côtes du Nord, Trégueux, 1977"/ Paris : IGN, 1981 - Direction départementale de l'Equipement (Côtes-d'Armor)

    20032204146NUCB : - Dans : "Carte IPLI : usage du sol, Côtes du Nord, Trégueux, 1977"/ Paris : IGN, 1981 - Direction départementale de l'Equipement (Côtes-d'Armor)

    20032204149NUCB : - Dans : "Carte IPLI : usage du sol, Côtes du Nord, Trégueux, 1977"/ Paris : IGN, 1981 - Direction départementale de l'Equipement (Côtes-d'Armor)

    20032204145NUCB : - Dans : "Carte IPLI : usage du sol, Côtes du Nord, Trégueux, 1977"/ Paris : IGN, 1981 - Direction départementale de l'Equipement (Côtes-d'Armor)

    20032204144NUCB : - Dans : "Carte IPLI : usage du sol, Côtes du Nord, Trégueux, 1977"/ Paris : IGN, 1981 - Direction départementale de l'Equipement (Côtes-d'Armor)

    20032204186NUCB : Phototype : carte - Direction départementale de l'Equipement (Côtes-d'Armor)

    20032204184NUCB : Phototype : feuille cadastrale - 2003 AD 10 - Mairie d'Yffiniac

    20032204173NUCB : Phototype : carte postale - Collection particulière

    20032204185NUCB : Phototype : carte - Mairie d'Yffiniac

    20032204161NUCB : Phototype : reproduction d'un dessin au crayon - Musée Mathurin Méheut (Lamballe)

    20032204170NUCB : - Musée de la Briqueterie (Langueux)

    20032204160NUCB : Phototype : reproduction d'un dessin au crayon - Musée Mathurin Méheut (Lamballe)

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/19.

    Numplan 1, tableau d'assemblage des plans cadastraux parcellaires d'Yffiniac (1813)
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/30.

    Numplan 1, tableau d'assemblage des plans cadastraux parcellaires d'Yffiniac (1847)
  • AD Côtes-d'Armor : 2 O 389/1.

    bâtiments communaux
Bibliographie
  • AMOUREUX, P., CLEMENT, Jacques-Henri. Réflexions sur l´habitat gallo-romain dans le Penthièvre littoral. In Dossiers du CeRAA. Saint-Malo : CeRAA, 1984.

  • CLEMENT, Jacques-Henri. L´industrie du sel dans le Penthièvre littoral. Mém. Thèse de doctorat en Pharmacie : Rennes : UER Médical et pharmaceutique, 1989.

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