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Présentation de la commune de Betton

Dossier IA35014309 réalisé en 2001

Fiche

Œuvres contenues

Observations rédigées à l'issue d'un pré-inventaire du patrimoine architectural et des sites menés de novembre 1975 à janvier 1976 par Claudine Laisis, M.-M. Tugores et Christel Douard sous la direction de Denise Moirez-Dufief.

Transcription partielle

L´étude de la carte géologique montre que le territoire de la commune est constitué essentiellement de terrains schisteux dans lesquels les cours d´eau ont tracé des vallées sinueuses bordées d´alluvions modernes : vallées de l´Ille et de son affluent la Gravelle au Sud-Ouest, vallées de l´Illet et de son affluent le ruisseau de la Caleuvre au Nord-Est, ruisseau de Quincampoix au Nord-Ouest. Le reste du territoire, notamment la zone du bourg et la zone située au Nord de celui-ci ainsi que la bordure Est de la commune, aux confins de la forêt domaniale de Rennes, est constitué de limons.

Le terrain est, dans son ensemble, assez mollement vallonnée, l´altitude variant de 30-33 mètres en bordure du canal à 86 mètres à l´Ouest de la commune, près de La Boulais. Quelques rares accents se font sentir dans le paysage, notamment une légère ligne de crête au Nord du bourg, entre La Touche-Bernard et Le Vau-Rosé, qui permet de dominer le cours sinueux et pittoresque de Quincampoix.

Le paysage rural, récemment remodelé à la suite d´un remembrement qui s´est généralement effectué à l´amiable, fait coexister des zones où l´ancien bocage à mailles lâches s´est maintenu, comme dans presque tout le Sud-Est de la commune, en bordure de la forêt, et des zones où s´est progressivement installé un « paysage de compromis » conservant certains éléments du bocage ancien, champs clos de talus plantés de chênes, vergers entiers de pommiers ou, simplement, quelques alignements de pommiers ou de chêne conservés au milieu d´un espace remembré (cf. Fontaine-Guillaume, Vau-Reusé). Certains espaces sont largement remembrés (Bas-Boussard, La Petite Mare).

De nombreuses exploitations conservent un verger attenant, généralement à l´arrière des bâtiments (Malitourne, La Planche-Pinel, La Gaudière...). Ces espaces boisés compensent la disparition de nombreux arbres le long des routes et des chemins, même si leurs abords encaissés ont été maintenus (La Haute-Hardrouyère, Les Mézières, voie n°12 de Betton au village des Brosses).

Ce paysage rural récemment modifié par l´évolution de l´agriculture n´est que l´un des aspects de l´évolution plus générale que subit actuellement Betton, petite commune jusqu´à une date récente encore, à vocation toute agricole. La montée sensible du chiffre de la population entre 1962 et 1975 traduit l´urbanisation rapide de la commune, située à moins de 10 kms de Rennes et qui constitue, dès à présent comme les autres communes du district, une réserve foncière pour l´extension de la capitale bretonne. Une série de lotissements déjà construits ou en cours de construction se développent près du bourg (La Motte, La Renaudais, Papion) ou à proximité de la voie de chemin de fer et de la R.N. 776 de Rennes à Antrain (La Haye-Renaud, Les Macherais).

Compte tenu de cette évolution, il importe de donner une image aussi complète que possible du patrimoine naturel et monumental de la commune afin, si possible, d´en faire connaître, protéger ou mettre en valeur les éléments les plus intéressants.

Points de vues

Les zones Est et Sud de la commune, bien que moins élevées que la zone Ouest, présentent de nombreux beaux points de vues, soit sur le bourg (depuis Gilles-Pesset), soit vers le canal (depuis la Haye-de-Terre au Sud, Le Landret au Nord-Est), soit enfin vers les vallées et le paysage rural avoisinant (La Grande Louvrais, La Busnelais et le Grand Rigné au Sud-Est). Au Nord-Est, la petite route menant de La Touche à l´écluse des Brosses permet de découvrir de beaux panoramas sur la campagne proche du canal et la descente sur La Planche-Pinel permet une jolie vue sur ses abords à travers un verger proche. Au Nord de la commune, depuis Malitourne et les hauteurs de La Touche-Bernard notamment, de belles échappées se présentent sur le cours pittoresque du Quincampoix, ruisseau sinueux aux berges plantées de chênes noueux.

Sites

Les bords du Canal d´Ille-et-Rance, qui traverse la commune du Nord au Sud, constituent un beau site à juste titre bien connu des promeneurs rennais qui peuvent longer le chemin de halage, bien praticable dans son ensemble. D´agréables promenades sont possibles à proximité du bourg et plus au Nord, notamment entre La Planche-Pinel et Les Brosses. Au Nord-Est, le site du moulin de La Quinvrais, en bordure de l´Illet, est également bien séduisant.

Chemins et routes

Malgré l´évolution du paysage rural évoqué plus haut, la commune conserve un certain nombre de petites routes (La Vallée, La Chauvinais, la Haute-Touche) et de chemins de terre pittoresques, bordés de chênes et de hêtres (La Motte, Le Guérichet, La Grenouillais, La Haute Boulais, le Champ Roussel..) qui méritent d´être maintenus et protégés : ils animent le paysage, leur rôle « écologique » n´est plus à démontrer et leur attrait ne cessera de croître, non seulement aux yeux des résidents mais des citadins tout proches.

Il convient, à cet égard, de rendre un hommage bien mérité à la Municipalité de Betton, qui a su conserver, lors des travaux récents, la belle allée de platanes qui relie le bourg à La Levée.

ARCHITECTURE RELIGIEUSE

Bien représentée autrefois (Guillotin de Corson, à la fin du siècle dernier, dénombrait 12 chapelles seigneuriales encore existantes ou ayant existé), elle n´est plus représentée actuellement que par l´église paroissiale et la chapelle de La Vallée, tous deux XIXe siècle.

Le décor peint (7 tableaux) de l´église paroissiale n´est pas sans intérêt : il est l´oeuvre du peintre de genre rennais Istres CONTENCIN, qui exposa à Paris au Salon de la Nationale de 1893 à 1903. Les oeuvres qu´il exécuta pour l´église de Betton dans le dernier quart du XIXe siècle ne sont pas sans évoquer celles de son contemporain PUVIS DE CHAVANNES.

Du mobilier de l´ancienne église ne subsistent que les fonts baptismaux remontés dans l´actuelle, et des fragments de vitraux du XVe siècle, de belle qualité, conservés au Musée de Bretagne à Rennes. D´autres fragments, des XVe et XVIe siècles, plus importants, également de très grande qualité, sont conservés au Musée de Cluny à Paris.

La croix (fragmentaire) de La Vallée est un beau spécimen de sculpture en bas-relief pouvant dater du XVe siècle, mais il s´agit là d´un élément rapporté du patrimoine de Betton puisqu´elle se trouvait à l´origine dans la commune de Montgermont.

ARCHITECTURE CIVILE : LE BOURG

Le bourg de Betton, à l´exclusion du Prieuré et du Bas-Bourg, ne conserve guère d´habitations antérieures au XIXe siècle. Bien que relativement récente donc, les constructions constituent quelques ensembles dont l´intérêt tient moins peut-être à une certaine unité architecturale qu´à leur implantation. Celle-ci doit en effet tenir compte de la pente assez raide de la butte sur laquelle s´est édifié le noyau ancien autour de l´église paroissiale. Un second noyau s´est développé au XIXe siècle, sur la Levée, favorisé par le percement du Canal d´Ille-et-Rance, la présence de la route de Rennes à Antrain (R.N.776), bientôt doublée par la voie de chemin de fer. Ces facilités de communication continuent d´entraîner un développement rapide de l´urbanisation, largement aussi poussée qu´autour du bourg proprement dit.

ARCHITECTURE NOBLE

L´architecture noble de Betton n´est plus représentée, actuellement, que par 9 édifices, de types et d´époques très différents, ce qui contribue d´ailleurs à l´intérêt de ce patrimoine. L´autre caractéristique majeure est que la plupart de ces édifices n´ont plus leur fonction d´origine : ils servent de bâtiments agricoles, lorsqu´ils ne tombent pas en ruine.

L´ancien manoir de La Boulais dont il ne subsiste malheureusement plus que des vestiges, devait constituer, lorsqu´il était complet, un très bel exemple de l´architecture noble des environs de Rennes à la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle, probablement édifiée par la famille Le Bault, alors propriétaire du domaine. Il semble en effet que la date de 1571 lue sur une porte à l´intérieur de l´édifice doive être attribuée à des remaniements plutôt qu´au gros oeuvre et au décor, d´inspiration encore toute gothique et d´une qualité exceptionnelle. Le dessin qu´en publie Banéat nous renseigne sur le parti général de l´édifice, constitué de deux logis de niveaux différents, distribués par un escalier en vis logé dans une tourelle pentagonale engagée en façade.

La Mevrais, ancien domaine des Languedoc selon P. Banéat (nous n´en avons pas trouvé confirmation pour le moment), conserve un logis partiellement en pans de bois, décoré dans le style de la Seconde Renaissance (1594), en mauvais état et abandonné au profit d´un logis moderne. Les bâtiments, dans leur ensemble, ont subi des modifications assez limitées et localisées et témoignent, de façon intéressante, de l´évolution, du XVIe siècle à nos jours, d´un habitat qui était, semble-t-il, à l´origine celui d´une petite noblesse terrienne avant de devenir plus complètement celui de fermiers.

La Grand´Cour, logis en pans de bois, à étage en encorbellement, est probablement aussi une construction de la fin du XVIe ou du début du XVIIe siècle. C´est un très bel exemple de ce type d´architecture dans le Bassin de Rennes. Il est laissé dans un état d´abandon total, qui en fera très vite une ruine si rien n´est tenté pour le sauver de cet état.

Launay-Québriac, devenu simple logis de ferme a, comme La Mévrais, subi de nombreuses mutilations qui rendent l´interprétation de l´édifice hasardeuse. Il est probable que nous ne lui voyons pas ses proportions originelles qui, sans doute, permettraient une meilleure mise en valeur du tympan de la porte. Les éléments qui en subsistent suffisent néanmoins à témoigner d´une construction soignée et d´un décor finement sculpté dans le tuffeau, à la fin du XVIe ou au début du XVIIe siècle.

Le manoir des Brosses, grand logis à étage, en pierre (schiste verdâtre) peut être daté du XVIIe siècle. Il conserve, au Sud de la cour, de beaux communs sans doute plus anciens qui, bien que transformés en porcherie, ont conservé intacte leur façade et leur volume. Cet ancien manoir s´accompagnait d´une fuie aujourd´hui disparue.

L´ancien manoir de La Planche-Pinel (XVIIe siècle ?), construit en pierre de Saint Germain sur Ille (schiste violacé) conserve, à l´Ouest, son logis à étage. On y entreprend actuellement une importante rénovation qui va entraîner la transformation complète des baies.

La Quinvrais a actuellement l´apparence d´un grand logis rural du XIXe siècle. A l´étudier de plus près, on s´aperçoit qu´il a effectivement été remanié au XIXe siècle mais qu´il conserve des éléments pouvant dater du XVIIe siècle. Les bâtiments actuels auraient, en fait, succédé à un manoir mentionné dans les textes dès la fin du XVe siècle. Il existait autrefois une chapelle et des douves, encore en partie visibles.

De l´ancienne seigneurie de La Busnelais qui appartint au début du XVIe siècle ; à l´illustre famille d´Espinay, seules subsistent actuellement les ruines d´un important logis peut-être construit au XVIIIe siècle. Chapelle, fuis et belles avenues avaient déjà disparu en 1927 lorsque Banéat publia son répertoire départemental.

Le Landret, grand logis rural avec communs du XIXe siècle, a remplacé un ancien logis à tourelle, mentionné dans les textes du XVIIe siècle.

Le Val Richer, au bourg, grosse demeure du XIXe siècle, avec parc, communs et mur d´enceinte, s´apparente à l´architecture bourgeoise de l´époque.

HABITAT RURAL

L´habitat rural de Betton, assez tardif dans l´ensemble, c´est-à-dire en grande majorité du XIXe siècle, pose dans plus d´un cas, le problème qui mériterait d´être approfondi, de la substitution d´une exploitation agricole à une ancienne demeure noble. Cette homogénéité dans le temps lui confère également une uniformité apparente de « style », qui tient aussi au fait très généralement observé dans l´habitat traditionnel, l´utilisation des matériaux localement disponibles : ici, le schiste, le bois, la terre, l´ardoise assurent le passage tout naturel des teintes entre l´habitat et le paysage environnant.

Une étude un peu approfondie de cet habitat incite à dépasser cette uniformité apparente et à constater, en fait, une grande diversité dans les formes et l´implantation des bâtiments, dictées par la configuration du terrain, l´importance de l´exploitation, les commodités de l´utilisation.

Matériaux de construction et mise en oeuvre :

Selon une pratique constante, les bâtiments, qu´il s´agisse du logis ou des communs, reposent toujours sur un muret de pierre (ici en schiste) formant généralement une assise horizontale régulière au-dessus de laquelle est édifié le mur de terre. Le logis de la ferme de La Boulais (1836) construit en schiste, fait exception, mais les communs qui en dépendent suivent la règle générale. Les édifices construits en pans de bois et torchis suivent encore la même règle (hangars de Fontaine-Guillaume et de Pas-au-Loup). Cette pratique s´observe également dans la construction des fours.

Les encadrements des ouvertures sont, sauf exception (communs Sud aux Brosses) en bois ; les toitures, en ardoises exclusivement, sont conçues de manière à protéger non seulement les parties hautes du bâtiment mais aussi les murs de terre : ceux-ci sont protégés du ruissellement de la pluie par le débordement de la toiture, assuré ou soutenu par les coyaux et les blochets dont le rôle utilitaire se double d´un décoratif.

Implantation des bâtiments (plan-masse) :

Si une certaine variété s´observe dans ce domaine, il est néanmoins possible de dégager trois types de plans particulièrement fréquents :

- L´alignement simple regroupant logis et dépendances (étable) est la forme la plus élémentaire ; adoptée dans le cas d´une exploitation modeste. Les exemples en sont assez peu nombreux à Betton (La Grenouillais, Le Paradis). Les deux alignements parallèles (logis au Sud) de la Chauvinais constituent un cas exceptionnel.

Aires d'études Ille-et-Vilaine
Adresse Commune : Betton

Annexes

  • 20013516186NUC : - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

Références documentaires

Documents figurés
  • Tableau d'assemblage de la commune de Betton , par Lebreton et Guignard géomètres, 1818, échelle 1/10 000e (A. D. d'Ille-et-Vilaine : 3 P 5612).

  • Carte de la France, feuille 128, Rennes, plan de César-François Cassini de Thury, levée vers 1783, échelle : 1/86 400.

Bibliographie
  • BANÉAT, Paul. Le Département d'Ille-et-Vilaine : Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : Librairie Moderne J. Larcher, 1927-1929.

    t. 1, p. 141-159 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • GUILLOTIN DE CORSON. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray Libraire-éditeur. Paris : René Hatton Libraire-éditeur, 1882-1886.

    t. 3, p. 156-161, 573, 619 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • ORAIN, Adolphe. Petite géographie pittoresque de l'Ille-et-Vilaine... Rennes : P. Dubois Libraire-Editeur, 1884.

    p. 91
  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

    p. 83-84
  • Rennes et pays de Rennes en 1900. 1992 (Mémoire photographique de notre siècle).

    p. 75
  • FROTIER DE LA MESSELIÈRE, Henri. Le Guide de l'Ille-et-Vilaine. nlle éd. [1907]. Plouagat : [s.n.], 1994.

    p. 37
  • BRAND'HONNEUR, Michel. Les mottes médiévales d'Ille-et-Vilaine. Saint-Malo : Les Dossiers du Ce.R.A.A. 1990.

    p. 46
  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic Editions, 2000. (Le patrimoine des communes de France).

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • ORHANT, Francis. Contribution à l'histoire de Betton. Betton : F. Orhant, 1986.

  • GUILLOTIN DE CORSON. Les grandes seigneureries de Haute-Bretagne ; les baronnies, marquisats, comtés et vicomtés compris dans le territoire d´Ille-et-Vilaine. Paris : Le Livre d´histoire, 1999.

    p. 41-49