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Présentation de la commune de Camlez

Dossier IA22004978 réalisé en 2016

Dossiers de synthèse

Situation géographique, données géologiques et paysagères

La commune de Camlez se situe à 6 kilomètres environ au nord-ouest de Tréguier, et à 15 kilomètres à l'est de Lannion. Elle fait partie du canton de Tréguier et de la communauté de communes du Haut-Trégor. Sa surface est de 1165 hectares pour 871 habitants (dernier recensement de 2012). Son territoire est limité au nord par la commune de Penvénan, à l'est par celles de Plouguiel et de Minihy-Tréguier au sud par celle de Coatreven, et à l'ouest par celles de Kermaria-Sulard, de Trélevern et de Trévou. La rivière du Guindy limite la commune avec Plouguiel à l'est, tandis que le ruisseau du Roudour constitue la limite sud avec Coatreven.

Comme de nombreuses petites communes rurales du Trégor, Camlez possède un bourg relativement dense, mais l'habitat y est dispersé. En effet, on trouve pas moins de 82 écarts dans la commune. Le territoire reste encore aujourd'hui dominée par l'agriculture, comme en témoigne l'installation récente d'une importante coopérative agricole au nord-est de la commune. Les terres arables forment 63,9 % du sol de Camlez.

Globalement constitué par un plateau, le relief du territoire de Camlez est peu accentué. L'altitude varie entre le point bas situé au Pont Neuf (20 mètres), et les 107 mètres d'altitude maximum au Rhun. Le sous-sol est constitué majoritairement de granite à gros grain de Port-Blanc, un hameau du nord de Penvénan où l'on extrait du granite. On trouve également un peu de tufs et de la dolérite, très localement.

Étymologie

Camlez, (Kamlez en breton) peut littéralement se traduire comme le château du boiteux. En effet, en ancien breton, le nom de la commune est issu d'un composé des termes anciens "camm" (courbe) et "les" (château). Ce nom peut aussi renvoyer à la seigneurie de Kerancam (aujourd'hui Kerham) dont le seigneur, Jean Le Lay, achète au chapitre de Tréguier la juridiction des Régaires en 1602.

La paroisse de Camlez existe comme telle à la toute fin du 14e siècle en tant que paroisse appartenant au fief épiscopal des Régaires de Tréguier. Un noyau ancien de population s'est ainsi développé autour d'une première église paroissiale. Il pourrait s'agir, selon l'historien Bernard Tanguy, d'un démembrement de la paroisse de Penvénan, elle même créée suite au démembrement de la paroisse primitive de Plougrescant.

Éléments d'histoire de Camlez

L'occupation humaine de Camlez remonte à la Préhistoire et plus précisément au Néolithique. Ceci est attesté par la présence de plusieurs mégalithes sur la commune : le menhir du Launay, situé non loin de la ferme du Rhun, et celui de l'enclos de la chapelle Saint-Nicolas. À la fin du 19e siècle, un agriculteur découvre un tumulus à Pen Prat, dans le nord-ouest de la commune, haut de trois mètres environ et large de 30 à 40 mètres.

La présence d'une motte castrale nous permet d'affirmer que le site reste peuplé au Moyen-Âge. Cette motte a servi de point de départ à la construction du château de Kerham. La toponymie donne des renseignements sur l'histoire du lieu : situé à proximité du château, le hameau de Kroaz Hent Kerham (la croix sur la route de Kerham) indique qu'une croix de chemin signalait la seigneurie de Kerham.

La paroisse de Camlez est citée pour la première fois à la fin du 14e siècle. Il est toutefois intéressant de noter que l'orthographe de la commune a évolué au fil des siècles. La paroisse de Kamles est mentionnée au diocèse de Tréguier en 1426. En 1444, le nom de la paroisse s'écrit Camles. Ce n'est qu'en 1731 que l'on trouve pour la première fois Camlez orthographiée sous sa forme actuelle. Ce nom vient probablement d'une mauvaise transcription, fréquente, de l'abréviation du K barré pour Ker. La paroisse de Camlez devient une municipalité en 1790.

Un remembrement a eu lieu dans la commune en 1972. À cette occasion, plusieurs chemins ou sentiers ont été détruits. On peut notamment citer les cas du sentier menant de la croix de Kergoniou à la ferme. Ce dernier se prolongeait d'ailleurs en direction du bourg. Le cadastre de 1834 fait également état d'une route, disparue aujourd'hui, joignant le hameau de Kerviziou à celui de ''Terre Neuve'' ou Douar Nevez en breton.

Des seigneuries anciennes implantées sur le territoire

A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Tréguier de 1481, on comptabilise la présence de sept nobles venant de Camlez, contre trois en 1426 :

Alain CADOELLAN (50 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît armé en archer ;

Henry ERNAULD (10 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Jehan GARGEAN (30 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Pierre MERYEN (20 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

PLOEGROEZ (2 livres de revenu) : défaillant ;

Jehan de TNOUGUINDY de Launay (300 livres de revenu) : comparaît en Homme d’armes ;

Jehan TNOULONG (70 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer.

Parmi ces seigneuries :

La seigneurie de Kergrescant possédait un droit de basse justice. Propriété de la famille de Coadallan depuis le 15e siècle (Alain, puis François de Coadallan en 1540), elle passe en possession de la famille Le Lay suite au mariage de Jeanne de Coadallan avec Jean Le Lay. Cette famille fait construire un château à l'emplacement des possessions de la seigneurie. Celle-ci prend alors le nom de Kerham (cf. dossier château de Kerham).

La seigneurie du Launay et de Kergoniou, propriété de Jean de Troguindy, est la plus puissante au 15e siècle. Elle s'étendait également sur des terres situées en Penvénan et Ploezal. Une ferme est reconstruite au 19e siècle à l'emplacement de l'ancien manoir de Kergoniou (cf. dossier Ancien manoir de Kergoniou).

La seigneurie de Trolong n'a pas laissé de traces dans la toponymie des écarts de Camlez. On retrouve cependant les éléments d'une seigneurie portant ce nom dans les communes de Hengoat, Trédarzec, Troguéry, Pommerit et Pleudaniel (cf. dossier manoir de Trolong, Hengoat).

Il ne reste également plus de traces de la seigneurie du Rudonou, propriété de Jean de Garjan au 15e siècle, hormis son moulin à eau qui a été considérablement modifié. Même constatation pour les seigneuries des nobles Ernauld, Meryen et Ploegroez. A la montre de Tréguier de 1481, ces derniers se signalent déjà par leur maigres revenus. La noblesse trégorroise est très nombreuse au 15e siècle, il existe ainsi des nobles pauvres voire très pauvres dont les propriétés sont soient rachetées par des nobles plus puissants, soit détruites au 16e siècle.

Des vestiges de seigneuries plus tardives sont en revanche présents à Camlez. C'est par exemple le cas pour la seigneurie de Donan, citée pour la première fois dans un acte pénal de 1506. Cette seigneurie peut rendre justice pour les affaires relevant de basse et moyenne justice. La seigneurie de Trostang ne remonte qu'à 1513 avec la famille Cherdel.

La seigneurie de Luzuron est mentionnée dès 1380. Elle appartient alors à Charles du Halgoët, chevalier, seigneur de Luzuron. Cette seigneurie se compose d'un imposant manoir, modifié au 19e siècle puis restauré au 20e siècle, ainsi que d'une petite et d'une grande métairie (cf. dossier manoir de Luzuron).

La présence de seigneuries sur la commune se matérialise également par des fermes qui ne sont pas des logis seigneuriaux mais des métairies dépendant de ces seigneuries. En effet, les seigneuries possèdent des métairies implantées à proximité de leur lieux de résidence, habitées par des fermiers qui exploitent les terres nobles (grande métairie de Coat Jélégo, grande et petite métairie du Luzuron, métairie de Kerhuel,...). En échange, ces fermiers sont exemptés d'impôts. A ces métairies s'ajoutent les convenants, terme qui désigne un fermage particulier au Trégor caractérisé par une double propriété pour une même terre : le foncier appartient au propriétaire (un seigneur en général) et "les édifices et superfices" au paysan nommé domanier. À Camlez, onze écarts ont conservé ce terme dans leur toponyme en référence à cet ancien mode d'exploitation (Convenant Coat, Convenant Cornic, Convenant Langogan, Convenant Yvonnet,...).

Un riche territoire agricole favorisant l'activité des cultivateurs

Par sa proximité avec la côte, Camlez bénéficie d'un climat très doux qui favorise la culture du blé, du lin et le maraîchage. Sur les 1165 hectares que compte la commune, Ogée note dans son dictionnaire géographique et historique de Bretagne (1843) : 859 hectares de terres labourables, 106 de prés et de pâturage, 32 de bois, 14 de vergers et de jardins, 13 pour les étangs, pour uniquement 85 hectares de landes et d'incultes. Cette richesse agricole favorise l'émergence d'une nouvelle classe rurale après la Révolution : les cultivateurs. Les terres, les espaces bâtis et naturels qui jusqu'alors étaient réservés aux seigneurs et à leurs métayers sous l'Ancien Régime deviennent la propriété de cette nouvelle catégorie de paysans. Dans le but de s'affirmer socialement, ils décident de reconstruire de nouvelles fermes sur les sites des anciennes seigneuries. Ces nombreuses reconstructions, entières ou partielles, avec leurs logis, étables, granges et remises illustrent ce phénomène social et économique caractéristique du Haut Trégor (cf. dossier "Les maisons et les fermes de la commune de Camlez").

Aires d'études Schéma de cohérence territoriale du Trégor
Adresse Commune : Camlez

Annexes

  • Recensement de la population de Camlez de 1793 à 2013

    Données démographiques :

    1793 : 956 habitants.

    1800 : 1 040 habitants.

    1806 : 1 011 habitants.

    1821 : 1 191 habitants.

    1831 : 1 108 habitants.

    1836 : 1 252 habitants.

    1841 : 1 241 habitants.

    1846 : 1 284 habitants.

    1851 : 1 282 habitants.

    1856 :1 278 habitants.

    1861 : 1 262 habitants.

    1866 : 1 601 habitants.

    1872 : 1 223 habitants.

    1876 : 1 162 habitants.

    1881 : 1 152 habitants.

    1886 : 1 148 habitants.

    1891 : 1 051 habitants.

    1896 : 1 031 habitants.

    1901 : 1 145 habitants.

    1906 : 1 044 habitants.

    1911 : 994 habitants.

    1921 : 915 habitants.

    1926 : 893 habitants.

    1931 : 814 habitants.

    1936 : 791 habitants.

    1946 : 797 habitants.

    1954 : 723 habitants.

    1962 : 719 habitants.

    1968 : 646 habitants.

    1975 : 578 habitants.

    1982 : 692 habitants.

    1990 : 731 habitants.

    1999 : 711 habitants.

    2004 : 729 habitants.

    2008 : 813 habitants.

    2009 : 837 habitants.

    2013 : 882 habitants.

Références documentaires

Documents d'archives
  • État de section de Camlez, 1834. Série 3P33/2

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 3P33/2
  • Domaines nationaux. Contrat de vente du 13 thermidor an 4 de la République Française. Canton de Tréguier, Camlez. Série 1Q2/71

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 1Q2/71
  • Cultes. Série V1033

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : V1033
  • Série 2 0 28/1. Camlez. Biens communaux. Constructions Scolaires.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 2 0 28/1
  • 2 O 28/2. Camlez. Biens communaux. Constructions scolaires

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 2 O 28/2
Documents figurés
  • Fonds du cadastre ancien. Tableau d'assemblage et plans parcellaires de la commune de Camlez, 1834. Série 3P33/1

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 3P33/1
Bibliographie
  • COUFFON, René. Répertoire des Eglises et Chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc, Les Presses Bretonnes, 1939-1947, 779 p.

  • Le patrimoine des communes des Côtes-d'Armor. Collection : Le patrimoine des communes de France. Paris : Flohic éditions 1998, 2 tomes.

  • POL POTIER DE COURCY. Nobiliaire et armorial de Bretagne. Joseph Floch Editeur, Mayenne, 1970.

  • OGEE Jean. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nantes, tome 1, 1778, 252 p.

  • Cabel Michel. Camlez des origines à nos jours. Edition Anagrammes, collection Recherches et documents, 2005.

  • KerOfis : base de données du Service Patrimoine Linguistique de l'Office Public de la Langue Bretonne. KerOfis est la base de données du Service Patrimoine Linguistique de l'Office Public de la Langue Bretonne. Cette base est utilisée quotidiennement par le service pour répondre aux besoins des collectivités bretonnes (Signalisation, traduction, études normatives). Dorénavant, elle permettra à tout un chacun de trouver la forme bretonne de son adresse ainsi que de mener gratuitement des recherches sur la toponymie de la Bretagne. (Site internet : http://www.ofis-bzh.org/).

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