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Présentation de la commune de Drouges

Dossier IA35033192 réalisé en 2004

Fiche

Œuvres contenues

Canton de la Guerche de Bretagne

Arrondissement de Rennes

Superficie : 1163 ha

Population 1999 : 419 hab.

Cours d´eau : Rivière de l´Ardenne, ruisseau de Drouges, ruisseau de Pavard

Nombre total de repérés : 174

Nombre de dossiers non documentés : 53

Nombre de dossiers documentés : 121

Nombre de dossiers méritant une étude plus approfondie : 13

Conditions de l´enquête

Cet inventaire préliminaire est un état des lieux du bâti d'avant 1940. Il a été réalisé en décembre 2004. Des compléments bibliographiques, iconographiques et des recherches plus poussées en archives restent à faire. Ce recensement est néanmoins exhaustif car toutes les œuvres, hors sol, antérieures à 1940 ont été vues. Certaines d´entre elles n´ont pas fait l´objet d´une notice, mais sont géoréférencées sur la carte générale de la commune. Ces édifices laissés pour compte ne sont pas forcément inintéressants, seulement leur mauvais état de conservation ou leur manque de lisibilité après de profonds remaniements n´ont pas justifié l´ouverture d´une fiche documentaire.

De même, il convient de signaler un complément d´étude à effectuer au service régional de l´archéologie. Les sites archéologiques ne sont pas ici étudiés mais seulement évoqués lors d´observations générales pour une meilleure compréhension du territoire.

Présentation géographique

Drouges apparaît dans son tracé comme une enclave de la commune voisine de Rannée. Elle est bordée, au sud, par la forêt de La Guerche qui en détermine les contours et à l´ouest par la petite commune de Moussé. Elle est irriguée par la rivière de l´Ardenne qui prend sa source à l´étang de l´abbaye, situé dans la forêt de La Guerche, et principalement par les ruisseaux de Pavard et de Drouges qui convergent vers l´Ardenne. Des retenues d´eau également perceptibles à la Menerie à Launay et dans le bourg étaient associées à un domaine seigneurial. Le relief de la commune est modeste et culmine à 107 mètres au sud-ouest près du Châtel. Ce toponyme fait allusion à une construction très ancienne qui peut remonter à la période gallo-romaine. On sait par ailleurs que son territoire est traversé par une voie antique reliant Rennes à Angers dont le tracé peut encore se lire par tronçons de la Bécannière (sur Rannée) à la Petite Grange. Parmi les quelques autres particularités du contour communal, il convient de signaler, l´encoche de la Guigne-en-Bois à l´extrémité sud-ouest de la commune. Ce site archéologique, remontant aussi à la période gallo-romaine, présente une douve circulaire entourant un terrain légèrement surélevé.

Forges et ouvriers des forges

Le toponyme la Forge aux Gélins rappelle en ce lieu l´existence d´une ancienne forge, probablement une forge à bras. Les forges artisanales ne s´installaient pas n´importe où. La présence de combustible et de matière première étaient les deux conditions indispensables à leur mise en place. La forêt de La Guerche fournissait le combustible nécessaire et le minerai de fer est attesté dans la région, surtout au sud de la forêt, sous la forme de cailloux ferrugineux. Le haut-fourneau de Chelun, édifié en 1787 au déversoir de l´étang de Roches, à trois kilomètres de Drouges, procurait du travail à des centaines d´ouvriers de la contrée (fondeurs, lamineurs, forgerons, bûcherons, charbonniers, fendeurs, voituriers, etc.). A partir du milieu du 19e siècle, cette industrie est en déclin, le fourneau des Roches ferme et c´est pour le voisinage une catastrophe économique sans précédent qui se ressent dans les chiffres de la population. La commune est passée de 1116 habitants en 1806 à 804 habitants en 1866.

Permanence du cadre seigneurial

Le bourg de Drouges ne s´est pas ou très peu développé au 19e et au 20e siècles. Les terres qui entourent le manoir de la Motte de Drouges sont encore pour la plus grande partie, la propriété de la famille de la Bretesche. Ce cadre seigneurial toujours maintenu donne une identité très forte à ce village rural qui est composé de quelques habitations, presbytère, école, une ferme, un logement pour le meunier transformé en école au 19e siècle. La remise en eau de l´étang du moulin reconstitue aujourd´hui le cadre dessiné sur le premier cadastre de 1827. Les archives sont peu nombreuses sur l´histoire du manoir et des familles qui l´ont habité et des investigations utiles dans les archives privées pourraient sans doute éclairer l´histoire de cette seigneurie. L´appellation, la Motte de Drouges, renvoie à une implantation très ancienne d´un donjon sur motte dont il ne reste pas de vestiges visibles. On sait par les registres de Réformations de la Noblesse que le manoir dit de la Motte de Drouges, pour le différencier de son voisin appelé le manoir de Drouges, appartient en 1513 aux Laisné. Les armoiries de cette famille, d´azur au chevron d´argent, accompagné de deux étoiles d´or en chef et d´un croissant en pointe, sont présentes sur les pilastres qui encadrent le portail principal. Orienté à l´ouest, ce logis présente un corps de bâtiment rectangulaire avec une aile arrière. Une tour carrée coiffée d´une toiture en pavillon en forme l´angle nord-ouest. Malgré quelques reprises et remaniements postérieurs au début du 16e siècle, le parti d´ensemble a été conservé.

La distribution du rez-de-chaussée s´effectuait à partir de la grande salle dont le portail a été légèrement déplacé. Ce parti de la grande salle basse se retrouve dans plusieurs manoirs bretons dont le Bois Orcant situé sur la commune de Noyal-sur-Vilaine, comme la présence de chambres sur caves. L´ancienne cuisine devait se trouver dans le prolongement de la grande salle. Cette dernière a dû être détruite lors de l´agrandissement du logis, au 18e siècle, pour le marquis Michel-Sébastien de Rosmadec, propriétaire jusqu´à sa mort, survenue en 1779, de la seigneurie de la Motte de Drouges.

Architecture rurale, diversités des matériaux selon les âges

Comme dans la plupart des communes du canton de La Guerche, les matériaux utilisés pour le bâti sont très variés et différents selon les âges, bois, poudingue, terre, grès, microdiorite de quartz, schiste. La construction en bois ou plus exactement en pan de bois semble plus attachée aux périodes anciennes, toutefois l´usage de ce type de mise en oeuvre semble s´être maintenu tardivement surtout pour les dépendances agricoles. 24% du corpus documenté des maisons et des fermes possède encore une structure en pan de bois, parfois masquée par un doublage en pierres, comme c´est le cas pour les façades de la Basse Pinsonnière, de la Touche et de la Feuillée (3ème ferme). Toutefois, la majorité du bâti, plus de 70% présente des maçonneries de moellons à peine équarris. Ces matériaux identifiés comme du grès pour leur dureté et leur couleur relativement claire se mêlent à de la micro granulite issue du sous-sol. Des calibres différents de pierres constituent également des lignes décoratives et forment un parement particulièrement soigné et flatteur, tel celui mis en place au presbytère. Le schiste plus couramment utilisé au 19e siècle est souvent employé avec un autre matériau. Des plaques de schiste d´un calibre inhabituel sont également visibles aux chaînages des angles et forment des entailles de couleur contrastées. La construction en terre est peu présente, 10% seulement de cas répertoriés selon la technique des adobes et quelques cas de murs en bauge.

Aires d'études Ille-et-Vilaine
Adresse Commune : Drouges

Annexes

  • Liste des chronogrammes :

    Ferme, Pinsonnière (la), 1671

    Ferme, Pâtis Boursier (le), 1789

    Ferme, Touche (la), 1818

    Ferme, Feuillée (la), 1818

    Bourg, le presbytère, 1833

    Bourg, mairie école, 1848

    École privée des soeurs de Rillé-Fougères, 1859

    Croix de cimetière, 1873

    Ferme, Chevrue (la), 1877

    Maison, Croisettes (les), 1878

    Ferme, Rinjardière (la), 1882

    Ferme, Rousselière (la), 1883

    Ferme, Rouauderie (la), 1886

    Maison, Fontaine Jean (la), 1890

    Croix de chemin, Rousselière (la), 1896 ; 1991

    Ecole, Tonneraie (la), 1906

    Croix de chemin, Forges aux Gelins (la), 1926

    Croix de chemin, le Jaunay, 1947.

Références documentaires

Documents figurés
  • Plan cadastral parcellaire de la commune de Drouges. Levée par M. Roger, géomètre du cadastre, 1827. (A.D. Ille-et-Vilaine : série P).

Bibliographie
  • BANÉAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine. Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1927.

    p. 542-543 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • GUILLOTIN DE CORSON. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray Libraire-éditeur. Paris : René Hatton Libraire-éditeur, 1882-1886.

    p. 546-549 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • Le patrimoine des communes d´Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic Editions, 2000. (Le Patrimoine des Communes de France).

    p. 658
  • BARON, Armand. Drouges. Rennes, texte manuscrit imprimé, 1987.

  • BARON, Armand, ANIEL Gérard. Histoire de Drouges. Boulogne-Billancourt, 15 mars 2000 (réédition).