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Présentation de la commune de Guerlesquin

Dossier IA29131790 réalisé en 2015

Fiche

L'enquête

L´inventaire topographique du patrimoine architectural de la commune de Guerlesquin a été réalisé entre septembre 2015 et novembre 2015. L´opération s´inscrit dans le cadre du recensement du patrimoine architectural du Parc Naturel Régional d´Armorique, structure à laquelle adhère la commune. Cet inventaire a pour finalité d´identifier, de localiser et de documenter les éléments appartenant ou susceptibles d´appartenir au patrimoine architectural et de présenter un état des lieux raisonné du patrimoine bâti. Les limites chronologiques sont fixées du Néolithique à la fin du 20e siècle.

Protection du patrimoine bâti

Trois édifices sont protégés au titre des monuments historiques :

- la façade occidentale et le clocher de l’église Saint Ténénan (inscription MH 03/06/1932)

- le Présidial, ou prétoire (classement MH par liste de 1875)

- le menhir de Kerhellou (classement MH 15/03/1909)

Archéologie

L’occupation ancienne du territoire est attestée par le menhir de Kerhellou érigé au néolithique. Des fouilles lors de la reconstruction de la chapelle Saint-Trémeur ont également mis en évidence la présence dès le 12e siècle d’un oratoire ou d’une chapelle, dont certaines pierres sculptées ont été retrouvées.

Histoire de la paroisse

La paroisse de Guerlesquin semble être un démantèlement de la paroisse primitive de Plouégat-Moysan. Siège d’une importante seigneurie, la ville semble être d’origine castrale dès le 11e siècle. La motte est remplacée par un château construit par la famille de Charruel, avant d’être abandonné au 13e siècle, puis remplacée par les seigneurs de Penhoët au 14e siècle. Le livre des Ostz de 1294 mentionne « Monseigneur Henry Charrue, I chevalier pour le fié Even Guen, douquel chevalier Henri le Lonc dist qu'il doit la quarte partie. ». S’il est difficile de situer la terre d’Even Gwen, s’agit-il probablement du château de Guerlesquin.

Le nom de la ville apparait vers 1330 sous la forme Guirlisquin. La forme même de la ville, dominée par trois larges places, est issue d’une longue vocation commerciale. Guerlesquin obtient en 1434 du Duc Jean V le titre de « ville » et le privilège de foires. La première cohue est attestée dès le début du 16e siècle, mais des marchés devait exister dès la fin du Moyen Age. L’importance des foires et marchés dominera l’activité de la paroisse jusqu’à une époque contemporaine, au milieu du 20e siècle.

Evolution du territoire rural

1838

Etabli en 1838 à Guerlesquin, le cadastre napoléonien nous donne un état assez précis de la propriété immobilière au début du 19e siècle. La répartition des constructions, comme partout en Bretagne, suit une logique d’habitat dispersé. Seul la ville, dynamisée par ses nombreuses foires et marchés présente un bâti dense agencé de manière originale autour de trois grandes places, séparées par le présidial (17e siècle), les halles (16e siècle) et l’enclos paroissial (16e siècle). Les nombreuses maisons de marchands et de notables, construits principalement aux 17e et 18e siècle, sont implantés en alignement, et sont rythmés par différents manoirs (Penanru, Penanguer, la Tourelle…) La ville est ainsi marquée depuis au moins le 15e siècle par une triple fonction commerciale, religieuse et judiciaire.

Sur tout le reste du territoire, l’habitat dispersé se caractérise par de petites unités formées d’une à trois fermes, rarement plus, séparées de quelques centaines de mètres et toutes reliées entre elles par un réseau de routes et chemins denses. A la fin du 18e siècle, les chemins sont cependant de manière général en mauvais état : « dans tout le Finistère, les chemins de traverse sont des abimes impraticables dans l’hiver : les voitures s’y brisent ; des chevaux, des bœufs, des hommes y sont tous les jours estropiés. » . Jusqu’au début du 19e siècle, la situation évolue peu, J-M Brousmiche de noter vers 1830 « ce qui manque pour donner l’élan, favoriser l’industrie, accroitre la civilisation, pour concourir au défrichement des landes infertiles du Finistère, ce sont des routes viables ». A Guerlesquin, il note que la ville « dont l’importance commerciale par sa position ne saurait être contestée, verrait ses relations s’étendre encore si de bonnes routes y conduisaient. Les chemins vicinaux y sont impraticables six mois de l’année. »

La situation semble s’être améliorée au milieu du 19e siècle, puisque J-M Elouet note en 1849 que « Les routes nationales et départementales sont dans un parfait état d'entretien, grâce à l'excellence et à l'abondance de matériaux. Si l'administration parvient à les rendre moins accidentées, et si les paysans s'entendaient pour la réparation de leurs petits chemins, nous ne mettons pas en doute que, dans quelques années, il n'y aura pas d'arrondissement où les voies de communication seront plus faciles que dans l'arrondissement de Morlaix». Les cinq chemins vicinaux de Guerlesquin présentent alors une largeur moyenne de 6 mètres.

1950

Entre l’établissement du cadastre napoléonien de 1838 et le milieu du 20e siècle, les structures de l’espace rural ont peu évolué. Toutefois, du milieu du 19e siècle aux années 1920, l’habitat rural connait un fort renouvellement marqué par de nombreuses constructions neuves, reconversions, démolitions. La ville de Guerlesquin, dont la population oscille tout au long du 19e siècle entre 700 et 800 habitants, soit près de la moitié de la population communale, évolue très peu.

2015

A partir des années 1960, de nouvelles manières d’habiter ont entrainé la construction de nombreuses maisons dans un style régionaliste ou néo-breton, isolées ou en lotissement, principalement autour de la ville et le long des grands axes de communication. La population de la commune a diminué continuellement entre 1900 et 1960, avant d’amorcer une remontée dans les années 1960-1970, puis une descente démographique depuis les années 1980. C’est durant les années 1970 que la ville a connu un fort étalement urbain. Parallèlement, le dépeuplement des campagnes a entrainé l’abandon d’une bonne partie de l’habitat rural ancien.

Conclusion

La commune de Guerlesquin possède un patrimoine rural de qualité dont les formes architecturales empruntent à la fois au Trégor et à des éléments du Finistère nord et particulièrement des monts d’Arrée (maisons à avancée, fermes à Porz Clos…). La ville présente une forme urbaine originale et remarquable, autour de trois grandes places, attestée depuis la fin du Moyen Age, et de nombreuses maisons nobles ou de notables des 17e et 18e siècles.

Aires d'études Parc Naturel Régional d'Armorique
Adresse Commune : Guerlesquin