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Présentation de la commune de Léhon (fusion avec Dinan)

Dossier IA22018096 réalisé en 2013

Fiche

Les conditions de l’enquête

Dans le cadre de ses missions, le service de l'Inventaire du patrimoine culturel de la Région Bretagne a mis en en œuvre sur le territoire de projet du futur parc Régional Rance-Côte d’Émeraude, un recensement du patrimoine bâti puis une sélection raisonnée de certains bâtiments ou ensembles patrimoniaux. L’enquête sur le patrimoine de la commune de Léhon réalisée à partir du mois de mai 2013 s’intègre à cette étude générale visant à révéler les éléments bâtis – publics et privés - qui présentent un intérêt patrimonial. Ainsi, à partir de ce travail de recollement et de sélection des thématiques de valorisation sont progressivement proposées.

Le patrimoine du bourg

La commune de Léhon, au sud de Dinan, est singulière et attachante par la qualité de son site et de son patrimoine architectural. Le bourg lové dans un méandre de la rive gauche de la Rance s’est développé à partir d’une abbaye fondée dès le 9e siècle dédiée à Saint Magloire, évêque de Dol, et au pied d’une forteresse assise sur un promontoire rocheux dont l’histoire fut mouvementée. Le château subit plusieurs assauts tantôt à l’occasion des luttes entre les grands féodaux de la région, tantôt lors des guerres franco-anglaises : en 1034, 1169, 1359 et 1380, il est assiégé et pris. Un texte de 1490 le qualifie de « ruineux ». Vendu comme bien national en 1791, il est peu à peu démantelé. Les restaurations récentes : stabilisation et consolidation des ruines ont permis de promouvoir le site et de rendre hommage à « ses murailles altières », témoins de l’histoire féodale de la Bretagne.

Quant aux différents bâtiments de l’abbaye, ils rendent compte de multiples campagnes de travaux. L’église abbatiale très restaurée à la fin du 19e siècle s’inspire pour son voûtement des premières expériences angevines, elle est édifiée entre la fin du 12e siècle et le premiers tiers du 13 siècle. Elle était probablement fortifiée comme l’indiquent les vestiges d’anciens arcs mâchicoulis. Le réfectoire de la première moitié du 13e siècle est un témoin majeur de la diffusion en Bretagne du gothique rayonnant. Il a été restauré par les monuments historiques entre 1987 et 1991. Les volumes initiaux ont été restitués ainsi qu’une partie du décor mural peint du Moyen Age. La chaire du lecteur intégrée au fenestrage est une réalisation du 14e siècle des plus remarquables. Mémorables sont également les vitraux contemporains réalisés par Gérard Lardeur qui finalisent avec adresse la restauration du réfectoire. Le cloître et les bâtiments conventuels sont reconstruits par les mauristes vers les années 1670. Ils reprennent le style plus austère de cette période : piles carrées sobrement moulurées et arcades en plein-cintre non ornées, pour le cloitre, et au droit des fenêtres des bâtiments conventuels, d' élégantes lucarnes à fronton courbe ou triangulaire, forment les seuls ornements ostensibles des façades, autrefois enduites.

La plupart des maisons du bourg sont également reconstruites pendant cette période des grands travaux monastiques. Plusieurs dates portées précisent des aménagements et installations au 18e siècle : 1705, 1749, 1766. Les maisons à boutique, reconnaissables à l’appui saillant de leur fenêtre extérieure, se regroupent dans la grande rue, unique artère commerçante. De nombreux marchands et tisserands sont attestés pendant cette période de prospérité.

Les écarts (villages et hameaux)

En dehors du bourg, l’habitat est relativement dispersé sur la commune, seul le hameau du Saint-Esprit forme un regroupement significatif d’habitat ancien. Léhon a eu du mal à résister à l’extension urbaine de Dinan et de nombreux lotissements sont venus mités la campagne, le long de la route de Saint-Carné et en limite de commune en bordure de la Croix de Pierre vers la Barrière et le clos Gastel.

Parmi les plus anciens logis de la commune, ceux de la Marotais, de la Basse Gatinais, de L’Echapt, de la Renardière et du Haut Eclair se distinguent par la préservation de leur environnement, cour close de murs à la Basse Gâtinais, chemins bocagers à la Marotais, ou encore parcs et jardins à l’anglaise à l’Echapt et à la Foresterie. C’est ce cadre paysager verdoyant des bords de Rance et ses ressources qui seront mises en avant lors de l’implantation, en 1836, au nord de la commune, de l’hôpital psychiatrique Saint-Jean de Dieu. « Quoique placé sur un plateau élevé, il possède d’abondantes sources d’une eau limpide et salubre ; des carrières d’un superbe granit ; un vaste terrain, presque en friche, à rendre à la culture, ce qui fournit les moyens d’employer les bras des malades encore capables de travailler, et est pour eux, tout à la fois une distraction et un exercice salutaire. Le site est pittoresque, riant, accidenté, la vue étendue et la ville, quoique distante d’un kilomètre à peu près, est presque sous les yeux. ». (Charles Néel de la Vigne, 1850, sous-préfet des Côtes-du-Nord).

Aires d'études Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Léhon

Annexes

  • Léhon : liste des églises et chapelles

    Chapelle Sante Anne, Clermont, fondation 12e siècle (détruite).

    Chapelle Notre-Dame et Saint-Martin, la Grande Haye, fondée en 1340 (détruite).

    Chapelle privée, la Marotais, fondation 15e siècle (détruite)

    Chapelle saint-Joseph de Consolation, le château 1873, par Aubry architecte à Dinan (détruite).

    Eglise paroissiale Notre Dame, Bourg, fondation 12e siècle (détruite)

    Eglise abbatiale Saint-Magoire, (limite 12e siècle13e siècle, 15e siècle détail, restauration 19e siècle).

  • Léhon : mention des maisons nobles de la commune

    Entre 1427 et 1429 : 3 maisons nobles appartenant à :

    - Famille Labbé, à la Grande Haye

    - Famille Lesquily à la Coulébart,

    - Famille Guyton à l’Echapt.

    1446 : Réformation titres de noblesse : 7 maisons nobles appartenant à :

    - Guillaume de Lesquily à la Coulébart

    - Jocelin Guytton, demeurant en l’hotel de l’Echpat

    - le Roy des parties de France, marié à Jeanne du Plessix

    - Colin de Grain, chevaucheur de l’escurie de Monsieur le connétable

    - Raoulet Caradeuc, noble, demeure à l’hostel Frost Gatinays

    - Jean Trouvé, dit qu’il et noble et qu’il sert en l’hospital de Clermont

    - Labbé, clerc de Court, demeurant à la Grande Haye.

  • Léhon : le travail de la toile, liste des artisans, fabricants et manufactures

    Fileuses

    Angélique Fain, fileuse, la Marotais, décédée 1809

    Françoise Rouxel, fileuse, la Ville-es-Mouches, décédée en 1810, « vivait de la charité »

    Marchands tisserands, et tisserands

    18e siècle

    Jean Amelot, ?, bourg, 1793

    François Amelot, ?, bourg, 1793

    Julien Amelot, ?, bourg, 1793

    François Aubry, bourg, 1793

    Noel Bellay, bourg, 1793

    François Bonnier, fabricant en toiles, 1795

    Jean Flageul, bourg, 1798

    Alain Robert, bourg, 1794

    Louis Rouxel, bourg, 1797

    Nicolas Ruquay, bourg, 1793

    Julien Sébille, bourg, 1797

    Gilles Sébille, bourg, « tisserand peu aisé », 1793

    Jean Fains, la Grande Haye, « tisserand peu aisé », 1798

    Noël Rouvrais, la Grande Haye, 1794

    Charles Charmel, la Marotais, 1793

    Macé Charmel, « tisserand pour Aubry »

    Jean Charmel, « tisserand pour Aubry »

    Jean Briand, la Salmonais, « « tisserand peu aisé », 1800

    Mathurin lecoublet, la Ville-es-Mouches, 1794

    Guillaume Tombrel, La Ville-es-Oiseaux, « tisserand pour Aubry »,1793

    Yves Tombrel, La Ville-es-Oiseaux, « tisserand pour Aubry », 1794

    Alain Lecoublet, le Champ Cocheril

    Gilles Ouïce, les Champs Brunets, 1794

    Jean Briand, Les Villots, 1797

    Olivier Chaton, tisserand, ?, 1800

    19e siècle (entre 1865-1866)

    Jean-Marie Bézard

    Mathurin Bézard

    Marie Ange Briand

    François Choqueux

    Alexis choqueux

    Ambroise Landry

    Stanislas Patru

    François Patru

    Pierre Patru

    Pierre Patru(fils)

    Mathurin Robert

    Guillaume Robin

    Joseph Ruquay, tisserand, Petit Clos Gâté

    Jean Sécardin

    Blanchisseuse

    Jeanne Lucas, blanchisseuse de fil, La Marotais, décédée en 1808.

    Manufacture

    -Telcide Duchemin, et le docteur Pringué, filature industrielle de toile à voile, abbaye de Léhon, 1854

    -Fabrique Chupin, (1844 B66)

    Entre 1867 et 1872 : construction d’une teinturerie comptant 6 ouvertures ordinaires imposables, ainsi qu’un hangar et un séchoir.

    En 1895 : fabrication d’extraits tannants à partir des écorces de chêne et de châtaignier par Auguste Rochereuil. Un escalier (encore en place) a été aménagé dans la berge en face de l’usine pour accéder à l’eau et laver les tissus. Une cale est également construite.

    - Tannerie Valois, mentionnés en 1907.

  • Lehon : mention de moulins

    - Mention au 13e siècle d’un moulin à eau à la Haye appartenant au prieuré de Lehon.

    - Construction en 1421 du grand et du petit moulin dans les jardins du monastère, ils seront restaurés en 1689 par les mauristes. Ils cesseront leurs activités en 1842.

    - Le moulin au Duc sur la rive gauche du Dennat construit vers le milieu du 15e siècle appartenait aux seigneurs de Dinan. A l’origine, il s’agissait d’un moulin à draps reconverti plus tard en moulin a grains. Il cessera son activité

    en 1894.

    - Le moulin à vent de Cassepot,édifié dans la deuxième moitié du 19e siècle par les frères de Saint-jean-de-Dieu pour les besoins de l’hôpital.

Références documentaires

Bibliographie
  • FOUERE-MACE Mathurin, Le Prieuré Royal de Saint-Magloire de Léhon, H. Caillière, Rennes, 1892, p.290-299.

  • PICARDA Françoise. Léhon entre Rêve et Rance. Maury imprimeur : Léhon, 1997.

  • Le patrimoine des Communes des Côtes d'Armor. Paris : Flohic éditions, 1998.

  • SALCH Charles-Laurent, MICHEL Jérôme-M, BURCKEL Benoit. Le château de Léhon. Strasbourg : centre d'étude des châteaux-forts, 1996.

  • CHAIGNEAU-NORMAND, Maogan. La Rance industrieuse. Espace et archéologie d'un fleuve côtier. Laval : Presses Universitaires de France, 2002.-270 p. ISBN 2-86847-694-5.