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Présentation de la commune de Lourmais

Dossier IA35014928 réalisé en 2002

Fiche

Œuvres contenues

Canton de Combourg

Arrondissement de Saint-Malo

Superficie : 722 ha

Population 1999 : 251 hab.

Cours d´eau : Le Guyou

« L´ormaie, l´ormoie ou l´ormeraie désigne un lieu planté d´ormes »

Un paysage de bocage

A 6 km au nord de Combourg, la petite commune de Lourmais s´étend principalement à l´est de la route départementale de Hédé à Dol et de la ligne de chemin de fer Rennes Saint-Malo qui la traverse dans sa partie ouest. Elle est limitrophe des communes de Bonnemain au nord, de Combourg au sud et à l´ouest, et de Trémeheuc à l´est.

Son paysage vallonné n´a pas été remembré et donne aujourd´hui une forte identité à la commune.

Les étangs de Trémigon, du Milieu et du Moulin, situés au nord-ouest forment une zone d´eau importante et un site d´attraction pour les promeneurs. Cette partie occidentale du territoire appartient à une seule famille dont la principale ferme La Bazillais est une reconstruction du 19e siècle.

Les principaux hameaux sont La Barre, Les Naudières, les Fachelières et la Margotais.

Une empreinte religieuse fortement marquée

L´église paroissiale dédiée à Sainte Anne a dépendu de l´abbaye de Marmoutier en Tourraine. Les Bénédictins en possèdent encore le patronage en 1319. L´église très ancienne conserve des vestiges d´un appareil roman avec des tessons de brique visibles sur les murs extérieurs de la nef. Elle a été reconstruite à la charnière des 16e et 17e siècles, et agrandie d´une tour clocher en 1860 par l´architecte Eugène Hawke. Elle forme avec l´enclos paroissial un ensemble architectural majeur dans le village.

Sur le territoire communal une quinzaine de croix ont été recensées. Les plus anciennes peuvent remonter au Moyen Age. Elles sont toutes taillées dans du granite. Certaines possèdent un décor comme celle du Breil gravée d´un quatre feuille entouré de cercles. La croix de la Genouillère est quant à elle sculptée d´un Christ en ronde bosse. Quelques croix datées de la deuxième moitié du 19e siècle attestent du passage de missions pastorales comme la croix située à proximité de la mairie ou celle implantée à la Roche Téblin.

Quelques anciens logis conservent des niches à statue et rendent compte de la permanence des pratiques religieuses dans la vie publique.

En dehors du presbytère, le centre bourg abrite deux anciens logis de prêtre ayant appartenu à Mathurin Pistoul comme le signale une inscription, lisible sur un linteau de fenêtre.

Des anciennes exploitations rurales

La maison rurale profondément inscrite dans le terroir révèle un mode de vie simple, parfois communautaire. La plupart des anciennes exploitations datent des 16e et 17e siècles. Le corps principal de bâtiment abrite sous le même toit les hommes et les animaux. Cette disposition se signale en façade par une double porte cintrée. Le cintre de la porte de l´étable est souvent moins haut, comme dans les fermes rencontrées à la Margotais. Des gerbières ou des lucarnes pendantes permettent l´accès au grenier. Celui-ci est également accessible par un escalier en bois, le plus souvent en vis, situé dans un angle de l´unique pièce du logis. Cette disposition a été maintenue dans quelques demeures recensées à la Fachelière, à la Margotais et à la Gilaudière. Cette pièce unique d´habitation est munie d´un foyer, les murs intérieurs sont percés d´éviers et de vaisseliers afin de limiter l´apport de mobilier.

L´habitat est principalement regroupé en hameaux, peu de fermes sont isolées. Quelques hameaux rangées ou alignements de logis sont identifiables dans le bourg, à la Margotais et à la Barre. Dans ce dernier village, un logis à étage daté de 1694 porte le nom de son commanditaire : T.PIERRASIN.

Des étables et des porcheries peuvent être indépendantes de l´alignement.

Si la plupart des fermes sont mentionnées sur le cadastre de 1826, quelques métairies sont néanmoins construites au 19e siècle. Elles se situent dans la partie nord ouest de la commune à la Bazillais, aux Naudières, et à la Niquaisière. Les fermes proches du « château du Breil » reconstruit en 1862 ont été rénovées à cette période et possèdent des encadrements de baies en brique. Pour l´ensemble du bâti, le gros oeuvre est en moellons de granite parfois mélangé avec du schiste, les encadrements des baies et les chaînages des angles sont en pierre de taille de granite. Quelques rares cas de linteaux en bois ont été recensés. En revanche quelques logis et dépendances adoptent la terre en partie haute notamment aux fermes de Launay-Solon, à la Gilaudière et à la Cochardière.

Le Breil, un hôtel particulier à la campagne

Paul Banéat dans son Dictionnaire historique sur l´Ille-et-vilaine, mentionne à Lourmais trois manoirs. Le manoir de la Chalopinais qui était aux de la Bouéxière en 1513 a été détruit et remplacé par une ferme. Le manoir de Landouillère semble encore en place. Un logis à étage datable du 17e siècle est encore visible à cet endroit. Le manoir du Breil des 16e et 17e siècles aujourd´hui menacé témoigne encore de cette ancienne seigneurie. Un logis appelé « le château du Breil » a été élevé en 1862 plus à l´ouest. Cette maison de grandes dimensions dans le style néo 17e siècle, construite pour la famille Le Jariel par Jean-Baptiste Martenot, architecte de la ville de Rennes de 1858 à 1894, se démarque de l´architecture rurale de la commune. D´une grande élégance le logis à cinq travées ordonnancées est très représentatif du style de l´architecte, hautes toitures en pavillon, traitement soigné des chaînages des angles, des baies et des bandeaux horizontaux. La corniche et les lucarnes en pierre de taille de calcaire allègent la relative austérité des façades. Cette belle demeure aujourd´hui privée a servi d´école d'agriculture de 196O à 1978.

Aires d'études Ille-et-Vilaine
Adresse Commune : Lourmais

Références documentaires

Documents figurés
  • Lourmais, cadastre ancien, levé en 1826 par M.Narlier et M.Cheval, géomètres (A.D.Ille-et-Vilaine : 3P 5388).

Bibliographie
  • BANÉAT, Paul. Le Département d'Ille-et-Vilaine... Rennes : Librairie Moderne J. Larcher, 1927-1929, 4 vol.

    p. 305,306
  • Le patrimoine des communes d´Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic Editions, 2000, (Collection Le Patrimoine des Communes de France).

    p. 451-453 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • GUILLOTIN DE CORSON. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray Libraire-éditeur. Paris : René Hatton Libraire-éditeur, 1882-1886, 6 vol.

    p. 103-105
  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

    p. 531
  • CREST DE VILLENEUVE, Emile-René du. Département de l'Ille-et-Vilaine. Dictionnaire des communes. Reprise de l'édition restaurée de 1847. Paris : Res Universis, 1992.

    p. 76