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Présentation de la commune de Mernel

Dossier IA35003270 réalisé en 1999

Fiche

Œuvres contenues

1) Le cadre naturel

Le territoire de Mernel, qui présente grosso modo une forme élliptique s'enfonce tel un coin dans celui de la commune voisine de Maure qui l'enserre au nord, à l'ouest et au sud. Le finage communal se confond partiellement avec les tracés d'anciennes voies correspondant aux départementales 776 et 65 au nord-ouest, à la départementale 772 au sud, suit le cours du Ruisseau de Querpon jusqu'à l'étang de Maure, puis retrouve celui du Ruisseau du Moulin de Maure jusqu'au confluent d'avec le Combs, court enfin le long la ligne de crête qui traverse le Bois de Courrouët à l'est.

Le Combs, qui coule du nord au sud du territoire, depuis la Bouëxière jusqu'au Pont Rouault, établit une distinction assez nette entre, d'une part, le noyau originel du ponant, anciennement peuplé et mis en valeur, et, d'autre part, une zone orientale conquise sur les bois et landes à partir du Moyen-Âge central. La toponymie (Le Bois Brunard, La Lande de Courrouët) et le parcellaire gardent des traces encore biens visibles de ces défrichements. La carte géologique semble corroborer ce contraste : alors qu'à l'ouest dominent les schistes briovériens métissés de grès du Châtellier propices à la construction, un important massif de quartzites de Courrouët, moins fertile, affleure au delà du Combs.

Au milieu du XIXe siècle, Marteville et Varin complètent la notice du géographe Ogée par quelques chiffres sur la répartition des 1739 hectares que compte la commune : 673 ha. de terres labourées, 171 ha. de prés et patures, 45 ha. de bois, 13 ha. de vergers et jardins et 784 ha. de landes et incultes. Deux moulins mentionnésà cette époque ont disparu aujourd'hui : les moulins à eau du Pont Rouaux et à vent du Courroué (i.e du Courrouët).

2) Eléments d'histoire

Ancienne paroisse du Porhoët, cet archidiaconé méridional du diocèse d'Aleth, "Mesrenel" fut démembrée de la vaste paroisse primitive d'Anast à l'époque carolingienne.

Un acte daté de l'an 843 conservé dans le cartulaire de Redon raconte qu'à l'occasion d'un pélerinage sur le tombeau de Saint-Maur en Anjou, Anowareth fit don de la paroisse d'Anast dont il était le mac'htiern à l'abbé Gausbert de Glanfeuil, mais en excepta expressément " ecclesia que est sita in villa que dicitur Mirhenella, sacrata in honore Sancti Martini". Cette clause réservataire laisse supposer que le mac'htiern avait établi sa résidence à Mernel et entendait conserver la chapelle Saint-Martin comme sanctuaire privatif, selon une hypothèse formulée par le chanoine Guillotin de Corson. Faut-il voir dans cet épisode l'acte de naissance de la nouvelle paroisse de Mernel ainsi détachée de l'église-mère et la genèse d'une seigneurie indépendante d'Anast ?

Les lacunes de la documentation ne permettent pas de retracer les vicissitudes qui ont présidé à la remise de l'église de Mernel au chapitre de Saint-Malo par le pape Lucius III en 1181. Mais, dans le contexte de la "réforme grégorienne", cet acte semble prendre place dans le vaste mouvement de restitution consenti par les détenteurs de biens d'Eglise, à l'instar de ce "Petrus Meleine laïcus parrochianus de Merrenel", qui abandonne en 1250 à l'évêque de Saint-Malo le tiers des dîmes en blés et vins qu'il possédait à Mernel, ainsi qu'à Maure, Campel et Loutehel. Désormais, les évêques de Saint-Malo seront jusqu'à la Révolution patrons et décimateurs de la paroisse, et ce fait peut expliquer que saint Martin, patron primitif de l'église fut évincé au profit du patron diocésain.

On ne sait par quelles péripéties le fief de Mernel échut dans la mense épiscopale. En 1682, un aveu rendu par Mgr du Guémadeuc précise qu'il "est deub audit évesque obéissance, foy et hommage par les seigneurs du Corrouët, du Pontrouault, de la Vieuville, de la Guisnebergère, de la Pacaudaye...", tandis que celui de la Châteigneraie est tenu de recueillir les rentes féodales en qualité de prévôt féodé de l'évêque.

3) Le patrimoine de la commune

Si le corpus patrimonial s'avère dans l'ensemble relativement modeste, il semble qu'il faille incriminer ce phénomène de reconstruction et de modernisation du bâti qui affecte l'ancien pays d'Anast entre 1840 et 1940, et qui semble avoir été à la fois plus important et plus sévère à Mernel que dans les communes voisines.

De l'époque médiévale, toujours parcimonieuse, sont conservées les grandes mottes castrales qui recèlent un grand intérêt archéologique et quelques belles croix de chemin comme celle de Saint-Maure. Exceptées la chapelle de Joie et la remarquable croix de la Chauvinais, l'architecture de l'époque moderne est peu représentée, et n'offre souvent que des vestiges, comme le colombier de la Guimbergère ou la Maison de Richebonne. Dans le contingent des oeuvres plus récentes qui constituent l'essentiel du patrimoine communal, quelques pièces notables se détachent, tels la demeure de Tellian, le presbytère ou la ferme modèle de Mac-Mahon.

Aires d'études Ille-et-Vilaine
Adresse Commune : Mernel

Références documentaires

Documents figurés
  • Plan cadastral napoléonien, tableau d'assemblage des quartiers composant la section E dite de Saint-Maure, échelle 1/4000e. Mairie de Mernel. Non daté (1836).

  • Plan cadastral napoléonien, tableau explicatif des lavis de couleurs. Mairie de Mernel. Non daté (1836).

  • Carte de la France levée par César-François CASSINI de THURY, extrait de la feuille 129, Rennes. XVIIIe siècle. réédition Institut Géographique National..

  • Carte géologique détaillée de la France, extrait de la feuille de Redon levée par les Officiers du Corps d'Etat-Major Moisy, Blanchard et Giroux et publiée par le Dépot de la Guerre en 1855, révisée en 1928. 3e réédition, Service de la Carte gé.

Bibliographie
  • BANÉAT, Paul. Le Département d'Ille-et-Vilaine Histoire Archéologie Monuments Rennes : Librairie Moderne J. Larcher, 1927-1929, 4 vol.

    T. II p. 388-391
  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. nlle éd[1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

    T. II p. 31-32
  • GUILLOTIN DE CORSON. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray Libraire-éditeur. Paris : René Hatton Libraire-éditeur, 1882-1886, 6 vol.

    T.IV p.198-199
  • INVENTAIRE GÉNÉRAL DES MONUMENTS ET DES RICHESSES ARTISTIQUES DE LA FRANCE. Région Bretagne. Ille-et-Vilaine. Eglises et Chapelles, par ORAIN Véronique, avec la collaboration de BARBEDOR Isabelle, DUFIEF-MOIREZ Denise, RIOULT Jean-Jacques. Rennes : Association pour l' Inventaire Bretagne, 1996, (Indicateurs du patrimoine).

    p. 7-45
  • CHEDEVILLE, André et TONNERRE, Noël-Yves. La Bretagne féodale XIe-XIIIe siècles. Rennes : Ouest-France, 1987.

    p. 290-291