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Présentation de la commune de Noyal-Châtillon-sur-Seiche

Dossier IA35047249 réalisé en 2008

Fiche

Œuvres contenues

Canton de Bruz

Superficie : 2651 ha

Population 1999 : 5635 hab.

Cours d´eau : La Seiche, ruisseau de Blosne, ruisseau d´Orson

Les conditions de l´enquête

L´enquête d´inventaire a été réalisée d´avril à juin 2008, elle fait suite à un précédent recensement de 1973 effectué par Madame Jeannick Le Goux sur le patrimoine de la commune. Les photos en noir et blanc prises lors de ce premier repérage ont été intégrées à ce cédérom qui privilégie aujourd'hui l´image couleur. Cet inventaire exhaustif jusqu´en 1940 est avant tout réalisé à partir de l´observation in situ et de la documentation existante, très peu de dépouillements archivistiques ont été effectués en raison du temps relativement court et de la nature même de cette opération qui consiste en un état des lieux avec une évaluation du potentiel patrimonial selon trois catégories d´oeuvres.

Les oeuvres recensées et non documentées : 99

Parmi les oeuvres recensées, 99 ne sont pas documentées mais font l´objet néanmoins d´une cartographie précise. Il s´agit d´oeuvres remaniées ou rénovées dont l´analyse est devenue difficile, même si leur ancienneté est parfois indéniable.

Les oeuvres et ensembles repérés et documentés : 256

Il s'agit de la majorité du corpus. Ces éléments sont repérés et documentés, car ils correspondent à un patrimoine antérieur à 1940 dont le volume a été conservé et dont la typologie est encore reconnaissable. Certains de ces ouvrages sont cependant dénaturés par des mutations successives mais sont toutefois illustrés pour leurs valeurs documentaires liées à la construction vernaculaire. Chaque fiche documentaire correspond pour le domaine de l'architecture à un bâtiment, ou à un groupe de bâtiments affectés à une même destination, construit sur un fonds d'un seul tenant. Il n'y a pas de dossier sur des parties constituantes d'un édifice. Des dossiers d´ensemble sont également ouverts et concernent les principaux hameaux ou écarts de la commune. Ces dossiers servent également de classeurs aux oeuvres repérées de l´ensemble.

Les oeuvres repérées avec mention spéciale, étude souhaitable : 43

Les oeuvres qui méritent d'être signalées portent la mention «étude souhaitable», il peut s'agir d'oeuvres remarquables comme d'oeuvres sérielles représentatives d'une famille d'édifices. Ces dossiers pourraient faire l´objet d´une monographie spécifique.

De nouvelles limites communales

Les communes de Châtillon-sur-Seiche et de Noyal-sur-Seiche ont été réunies en une seule commune, par un arrêté préfectoral du 1er décembre 1992 qui a été effectif à compter du 1er janvier 1993. La nouvelle commune a pris dès lors le nom de Noyal-Châtillon-sur-Seiche. Elle dépend du canton de Bruz.

Des paysages aux multiples héritages

Située au sud du périphérique de Rennes, la commune de Noyal-Châtillon-sur-Seiche est à la fois proche de la grande ville et à l´écart de son agitation. Le paysage rural qui s´y déploie, en dehors des grands axes routiers, forme un contraste saisissant avec les quartiers périurbains de la capitale bretonne. Telle une enclave verte, il apparaît comme un espace protégé avec le maintien de nombreux chemins ruraux bordés encore de profonds fossés. Cette impression de campagne en partie bocagère est due principalement à un refus, celui du remembrement en 1988. Cette volonté politique appuyée par une association de sauvegarde du milieu naturel a permis une meilleure conservation des patrimoines de la commune. Quelques rabines et anciens chemins ont été photographiés et sont annexés aux dossiers des oeuvres repérées. La rivière de la Seiche qui traverse la partie sud de la commune participe également à cette ambiance bucolique et des parcours piétonniers et sportifs y ont été, par endroits, récemment aménagés. De vastes zones de maraîchage, à la Gélinais, à la Géoliette, à Lourmel et au Coudray configurent aussi le paysage actuel avec leurs immenses serres chauffées. Cette activité maraîchère ne semble pas de tradition très ancienne, toutefois un vestige de cheminée de serre pouvant remonter à la fin du 19e siècle ou au début du 20e siècle a été repéré proche du village du Pâtis Malais. Enfin les anciens bourgs de Châtillon et de Noyal aujourd´hui réunis par un urbanisme récent témoignent encore de leur passé. Châtillon, situé sur la rive nord de la Seiche est un site patrimonial sensible à signaler avec son église paroissiale de fondation romane.

Une concentration importante de logis noble : manoirs et logis de retenue

20 manoirs sont encore répertoriés sur le territoire communal, cette concentration importante de logis noble constitue une particularité des communes de la couronne rennaise. Cependant, si plusieurs logis sont attestés dans les sources au 15e siècle, seul le logis de Launay-Brûlon conserve sa silhouette originelle. La façade principale avec sa tour d´escalier hors oeuvre présente toutes les caractéristiques de cette période. Le manoir de la Jousselinaye, daté de 1573, dont la cour était autrefois fermée par un portail est une oeuvre majeure à l´échelon de la municipalité. Son état d´abandon demeure inquiétant et les décors sculptés tendent à disparaître. Il présente entre autre particularité de conserver ses aménagements intérieurs dont une monumentale cheminée Renaissance ornée de deux médaillons en terre cuite qui représentent Henri II et Catherine de Médicis. Ces médaillons produits par les ateliers de poteries de Fontenay, en Chartres-de-Bretagne, constituent de rares exemples, conservés in situ, de cette production locale reconnue. Le maintien des décors, lambris et peintures murales des pièces seigneuriales sont très souvent fragmentaires et ont très peu fait l´objet d´une restauration soignée. Paul Banéat nous en donne parfois une description détaillée comme à la Noë d´Etole, ou la chambre de l´étage conservait des vestiges de peintures murales, un semis de fleurs de lis rouge sur fond blanc et une représentation du roi Louis XIII à cheval sous un dais de parade. Ce décor inhabituel devait vraisemblablement commémorer le passage du roi, lors de son séjour, en 1626 à Fontenay. Le manoir de la Malcotais daté de 1641 est remarquable par le maintien de ses parties constituantes qui évoquent la demeure seigneuriale. La cour est fermée par un portail, la chapelle est attenante au logis et de nombreux trous de boulins pour les pigeons sont percés de façon linéaire sur la façade principale. Aucun colombier isolé n´a été répertorié sur les terres communales. Le manoir de la Grande Porte, également du 17e siècle, illustre quant à lui une demeure seigneuriale transformée en logis de retenue. Le logis de retenue ou le logis réservé aux maîtres des lieux qui n´habitent plus sur place, était situé à l´est de la cour avec une chambre supplémentaire à l´étage au-dessus du logis du métayer. Un jardin privé était également aménagé et clôturé de murs et de haies vives. Le logis du Métayer, situé au nord de la cour, possédait aussi deux jardins, un cellier, deux écuries, une grange et un pressoir. Cette généralisation du système de la retenue tend à s´amplifier aux 17e et 18e siècles et se rattache au phénomène plus large de l´acquisition de fiefs et de terres par les bourgeois de la ville. L'achat d´une terre, noble ou non, était avant tout un objet de placement, une source de revenus fixes, mais aussi un élément de promotion sociale et l´occasion de s´y ménager une villégiature champêtre. Plusieurs formes architecturales ont été observées. Certains logis dit en pavillon avec une chambre à l´étage peuvent avoir été utilisé en logis de retenue à Lourmel, Forêtz et Champagné. A Forêtz, l´étage était distribué par un escalier et une galerie en bois. Ces aménagements sont datables du 18e siècle, époque des lambris, et dénotent un cadre de vie raffiné tel que l´on peut le retrouver en ville. Dans le cas d´une seigneurie au domaine important regroupant plusieurs métairies comme à Mouillemuse, c´est l´ensemble du manoir autour de la cour qui est qualifié de retenue. Cette appellation se maintient au 19e siècle, puisque le contrat de vente de 1882 à Hyacinthe Gaëtan Porteu et Josephine Marie Laure Ramé mentionne la Retenue de Mouillemuse comme étant composée d´une maison de Maître, avec écurie et remise, jardins, orangerie, pièce d´eau, cour verte, avenue et bois. Cet ensemble patrimonial n´a pas été morcelé et constitue l´un des joyaux du patrimoine de Noyal-Châtillon-sur-Seiche.

Quelques fermes se détachent également du corpus des oeuvres repérées, telles les fermes de la Guéritte, de la Pinçonnais et de l´Hebregement qui ont fait l´objet d´une campagne récente de restauration.

Aires d'études Ille-et-Vilaine
Adresse Commune : Noyal-Châtillon-sur-Seiche

Annexes

  • Le contexte archéologique de l´occupation gallo romaine à la création des paroisses

    L´origine du nom de Noyal proviendait de noda marécage, tandis que celui de Châtillon indiquerait l´existence d´une fortification de l´époque romaine ou du Moyen Age.

    Pour connaître la liste des entités archéologiques de la commune, il faut se reporter à la carte archéologique réalisée par le service régional de l´archéologie de Bretagne. Cette dernière assez fournie sur le territoire communal dénote une occupation très ancienne qui remonte au néolithique. Un menhir est attesté au Champ de la Roche, mais c´est surtout pour la majorité des sites l´occupation gallo-romaine qui domine, avec des enclos et des zones d´habitat à la Guyomerais, à Coquelande, à la Lande Jambu et à la Robinais. Des gisements de surface ont été également fouillés pour cette période dans de nombreux endroits au Coudray, aux Monts Gaultier, et au Domaine. Certains des objets récoltés ont fait l´objet d´un dépôt au Musée de Bretagne à Rennes. Le territoire de la commune de Noyal-sur-Seiche était recouvert au 12e s iècle par la forêt de Mont-Mohon, de Monceau ou de Moucon remplacées plus tard par les landes de Monceaux. Un seigneur nommé Geoffroy y construisit vers 1050 un château dans un lieu appelé Nulliacus. Ce château fut érigé avec l´autorisation de l´abbesse de Saint-Georges de Rennes. Une motte castrale semble également attestée à Châtillon-sur-Seiche à l´emplacement de l´actuelle église paroissiale. Quant aux paroisses, elles sont mentionnées dès le 11e siècle, l´église paroissiale Saint-Léonard conserve une crypte de l´époque romane.

  • Statistique sur l´occurrence des périodes chronologiques.

    A partir des 256 dossiers documentés.

    (Période de construction, vestiges ou remaniements).

    15e siècle : 6

    16e siècle : 8

    17e siècle : 54

    18e siècle : 113

    19e siècle : 173

    1ère moitié 20e siècle : 35.

  • Liste des chronogrammes.

    1573 : la Jousselinais, manoir

    1599 : la Bézalais, maison noble

    1629 : Brais, manoir

    1642 : la Bézalais, ferme

    1724 : la Geslinais, ferme

    1762 : la Guyomerais, ferme

    1792 : 6, rue de la Mairie, ferme

    1833 : les Meriais, ferme

    1856 : Pâtissel, dépendance

    1875 : Monceau, ferme

    1869 : la Chaîne, ferme

    1874 : Rue Bomée, ferme

    1877 : rue de Rennes, mairie école

    1880 : Châtillon, église paroissiale, porche

    1888 : rue de Saint-Erblon, croix de mission

    1897 : bourg, croix de mission

    1923 : Pâtissel, dépendance

    1948 : l' Herbregement, maison.

  • Statistique sur l´occurrence des matériaux employés dans le gros oeuvre.

    A partir des 256 dossiers documentés.

    (Emploi majoritaire ou emploi partiel avec une mise en oeuvre mixte).

    Enduit : 130

    Schiste : 120

    Terre : 119

    Dont 115 selon la technique de la bauge

    Et 4 selon la technique des caillibotis avec assemblage de petites mottes de terre.

    Brique : 34

    Calcaire : 25

    Pan de bois : 10.

  • Statistique sur l´état de conservation du patrimoine de la commune.

    A partir des 256 oeuvres documentées.

    Remanié : 82

    Restauré : 81

    Remanié et restauré : 35

    Bon état : 51

    Etat moyen : 46

    Mauvais état : 17

    Vestiges : 8 .

    Pour une évaluation générale, il convient d'ajouter aux 82 oeuvres remaniées les 99 oeuvres non documentées. Ce chiffre important concernant la dénaturation du patrimoine dû aux mutations successives, ne doit pas toutefois masquer les efforts non négligeables entrepris depuis quelques années pour une meilleure restauration du bâti, notamment les enduits de ciment sont remplacés progressivement par des enduits de chaux. Des chantiers font école et servent de référence comme la restauration de la ferme en terre du Pâtis Avril.

Références documentaires

Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray, Paris : René Haton, 1884.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

  • ORAIN, Adolphe. Monographies de trois communes du canton sud-ouest de Rennes. Rennes, 1910.

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Collection : Le patrimoine des communes de France. Paris : Flohic éditions 2000, 2 tomes.

  • PARIS-JALLOBERT, Paul. Anciens registres paroissiaux de Bretagne. Rennes, 1904.