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Présentation de la commune de Pleudihen-sur-Rance

Dossier IA22005019 réalisé en 2016

Fiche

Œuvres contenues

CC Dinan

Population 2014 : 2882 habitants

Superficie : 24, 55 km2

Hydrographie : La Rance , ruisseau de Coëtquen, ruisseau de l'étang de la Chesnay

La conduite de l'inventaire

L'Inventaire du patrimoine de Pleudihen-sur-Rance a été réalisé en 2016. Il a pour objectif d'identifier, de localiser et d'évaluer le potentiel patrimonial de la commune au sein du territoire de projet, le parc régional Rance-Côte d'Émeraude. Le recensement du bâti ancien s´est accompagné d'une étude des éléments remarquables ou représentatifs du patrimoine, choisis à partir de critères raisonnés : authenticité, intérêts historique et architectural, bonne conservation des abords immédiats. Sur les 700 œuvres ou ensembles recensés, 41 ont fait l'objet d'une étude documentaire plus détaillée dont la liste est liée à ce dossier.

Une importante et ancienne paroisse

Comme toutes les paroisses bretonnes commençant par “plou”, “pleu”, Pleudihen fait partie des premières paroisses érigées entre les 5e et 6e siècles. Son périmètre était alors très étendu car il englobait Saint-Hélen, Lanvallay, Saint-Solen, Tressaint qui deviennent indépendantes aux 12e et 13e siècles. La Vicomté également se détache de Pleudihen en 1870 et une nouvelle commune la Vicomté-sur-Rance est crée le 7 avril 1877. Le contour de la commune n'a pas évolué depuis, seul son nom est modifié en 1972 pour Pleudihen-sur-Rance.

Un bourg prospère

La première mention de l'église paroissiale de Pleudihen apparaît dans un acte de 1223 où il est fait mention de sa donation par l'évêque de Dol à son chapitre de la cathédrale. Le chanoine trésorier de Dol était en même temps le recteur de Pleudihen jusqu'à la fin du 17e siècle. Les seigneurs supérieurs de la paroisse étaient les Coëtquen et la Bellière.

La présence d'une confrérie attestée dès 1339, comme pour les grandes villes marchandes souligne la richesse de la paroisse due au négoce maritime, en témoigne la dédicace à saint Nicolas, patron des bateliers, mariniers et par extension des négociants transitant par la Rance. Les statuts de cette confrérie ont été réformés en 1602 et ses membres sont issus des élites rurales : nobles, prêtres, hommes de lois et marchands comme Charles Bouvet, de l'hôpital, qui en 1602 en rédigea les nouveaux protocoles.

Hormis quelques vestiges de logis remontant au 16e siècle (presbytère, les Barillets) et une croix datée 1684, la plupart du bâti remonte aux 18e et 19e siècles, il en est de même des grands axes routiers nord-sud et est-ouest qui traversent le bourg. La route de Saint-Malo à Dinan est ouverte en 1759 par le duc d'Aiguillon, gouverneur de Bretagne, puis la route départementale de Miniac-Morvan à Mordreuc est créé en 1844. C'est aux abords de cette nouvelle route que fut créé en 1845, la maison d'école des filles La Consolation.

A partir du milieu du 19e siècle, comme pour l'ensemble de la commune, le bâti est rénové et plusieurs grandes maisons bourgeoises sont construites. C'est également la période où s'élèvent les édifices publics, le presbytère (1852), l'église paroissiale (1867), le cimetière, les écoles, rue des Frères Lamenais (1891, 1909).

L'ancienne église de l'Assomption a été plusieurs fois remaniée avant sa reconstruction totale en 1867. Le programme ambitieux de la nouvelle église Notre Dame se perçoit par ses grandes dimensions qui dominent le paysage. Perchée sur une hauteur, elle se voit tout autant de la campagne que des rives de la Rance maritime. Ce grand édifice néogothique a été consacré en 1878.

Des havres pas si tranquilles

Lieu de passage

Dans l'Histoire de la vie de Saint-Lunaire écrite au 10e siècle, il est fait mention du village de Mortruc, de l'ancien breton mor-treug,traversée de la mer. Le service du bac est maintenu par un arrêté préfectoral le 2 juillet 1858 qui le transfert en amont du village, à la pointe située en face du rocher dit le Bouvet (la Moinerie) en Plouër-sur-Rance.

Usine de chaux

Enfoui dans les ronces et à l’état de vestiges, le four à chaux de Mordreuc présent au début du 19e siècle fait partie des premières installations chaufournières sur les rives de la Rance maritime.

Commerce du bois

Les bateliers de Pleudihen étaient connus pour le transit des pommes vers Saint-Malo mais aussi pour les transports des bois, surtout les fagots, au moins depuis la fin du 16e siècle. Plusieurs ports naturels, avec des monticules formant des quais de fortunes sont aménagés pour les chargements des bois, à Mordreuc, aux Bas Champs, la Coquenais, la Chapelle-Saint-Magloire.

Moulins à marée

L'exceptionnel marnage de l'estuaire de la Rance, l'un des plus importants d'Europe et les anses abritées expliquent la concentration d'une chaîne de moulins à marée. Trois d’entre eux sur la commune ont été étudiés, la Tourniole, le Pont des Cieux et Mordreuc. Celui de la Grande Planche (détruit), proche du havre de la Chapelle Saint-Magloire a été révélé par des recherches en archives.

Trafic maritme

Le voisinage de la mer a facilité les échanges et le commerce jusqu’au milieu du 20e siècle, grâce à des aménagements successifs. La cale de Mordreuc a permis, à partir de 1876, de maintenir le trafic fluvial et l’entretien permanent du chenal a consolidé la navigation. Le rocher de la Moulière, face au four à chaux de Mordreuc, a été dynamité dans la deuxième moitié du 19e siècle afin d’améliorer le passage. Néanmoins, les tarifs attractifs du chemin de fer, à partir de 1879 et l’amélioration du réseau routier ont mis progressivement fin aux chargements maritimes. Le port de Mordreuc, comme celui du Lyvet à la Vicomté-sur-Rance, est aujourd’hui aménagé pour la plaisance.

Batillage des eaux

Les maisons proches du littoral, comme à la Chapelle-Saint-Magloire sont protégées par des murets ou perrés de pierres sèches. En 1808, l’ingénieur qui examine les lieux précise que les mouvances de la mer sont peu violentes dans les deux anses de la Tourniole et de la Grande Planche et que les murs de soutènement construits en pierres sèches d'un petit volume résistent avec succès à la poussée des terres qu'ils parementent pour les garantir du batillage des eaux. Ces perrés aujourd’hui fragilisés forment un trait de côte comme à La Viller Ger ou à Mordreuc.

Un espace rural très habité

Plus de 70 lieux dits

Plus de 70 lieux-dits sont répartis sur le territoire communal. Les villages ou hameaux les plus étendus sont : au sud du bourg, Mordreuc, la Chapelle- de-Mordreuc, le Val Herve lin, à L'ouest, la Chienne, le Breil, vers le nord, Buet, Cains, la Coquenais, la Haute-Ville Boutier. Ces hameaux sont tous mentionnés sur les plans cadastraux de 1817 et 1844, 9 d'entre eux ont fait l'objet d'une étude particulière.

La toponymie rend compte de la présence d'établissements religieux très anciens, comme la Madeleine, l’Hôpital, l'Hôtellerie ...

Des écarts aux organisations similaires

Les villages de la Rance maritime se ressemblent, l'habitat est regroupé et forme des rangées de trois à dix maisons anciennes, mitoyennes, et orientées vers le sud. Une cour avec droit de passage, un jardin et une dépendance sont annexés au logis. L'étude des matrices cadastrales permet de retrouver à l'intérieur de ces hameaux des appellations disparues, telles des quartiers qui indiquent un noyau initial de bâti, des regroupements familiaux ou une maison de maître.

Ces villages traduisent tous une importante mutation des usages dans la seconde moitié du 19e siècle. A la Chapelle de Mordreuc, dans les années 1850, des activités liées au rouissage et au tissage du chanvre sont encore mentionnées dans plusieurs familles. Alors, qu'à partir des années 1860 jusqu'au début du 20e siècle les chefs de familles sont pour beaucoup d'entre eux des cultivateurs ou des marins. C'est en effet à cette période que l'habitat ancien se transforme : étage supplémentaire de greniers, grandes baies et abandon du chaume ou de la paille pour des toitures en ardoise. Les marins partaient six mois en mer et pour le reste du temps ils revenaient à la culture de la terre.

(Voir aussi, les synthèses sur les croix, maisons, fermes et manoirs de la commune).

Aires d'études Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Pleudihen-sur-Rance

Annexes

  • Synthèse communale :

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D. Côtes d'Armor : 3P 20217

  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : V 2297, V 2298
  • A.D. des Côtes d'Armor : 2 O 197. (Ecoles).

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 2 O 197
  • A. Départementales des Côtes d'Armor (en ligne). Registre des baptêmes, mariages et sépultures, années 1774-1778.

Bibliographie
  • BREBEL Eugène, abbé. Pleudihen-sur-Rance. Monographies des villes et villages de France. Le Livre d'histoire, Paris, 2003 (réédition d'un ouvrage paru en 1916).

  • LEMASSON Auguste, abbé. Histoire du Pays de Dinan de 1789 à 1815. Le Pays de Dinan : Dinan, 1989

  • Le patrimoine des Communes des Côtes d'Armor. Paris : Flohic éditions, 1998.