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Présentation de la commune de Plévenon

Dossier IA22004432 réalisé en 2005

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Plévenon en 1854, pop. 1 075 habitants (source : Jollivet).

Plévenon en 1884, pop. 1 138 habitants (source : AD 22).

Plévenon en 1914, pop. 1 102 habitants (source : AD 22).

Plévenon en 1946, pop. 906 habitants (source : Insee).

Plévenon est une commune littorale du département des Côtes-d´Armor située au carrefour de la côte de Penthièvre et de la côte d'Emeraude, à environ 50 kilomètres au nord-est de Saint-Brieuc. Bordée par la Manche sur trois côtés, au nord-ouest, au nord-est et au sud-est, elle occupe une position péninsulaire et possède, outre un patrimoine naturel et paysager exceptionnel en la présence de hautes falaises et de plus de 400 hectares de landes, deux sentinelles ayant joué un rôle de première importance dans l'histoire militaire et maritime de la région, le cap Fréhel, paré de sa tour Vauban et de son phare [fig. 10 et 11], et la pointe de la Latte où fut érigé à la fin du Moyen-Age le château de la Roche-Goyon [fig. 12].

Quelques traces matérielles à l'état de vestige témoignent d'une implantation humaine très ancienne sur cette partie du littoral, à l'instar du tumulus du Tertre de l'Eglise au bourg, recouvrant une allée couverte du Néolithique et de l'Age du bronze, et des vestiges de l'époque gallo-romaine mis au jour sur la grève près du Fort-la-Latte et à proximité de la pointe du Muret.

Plévenon est une ancienne paroisse bretonne primitive. Le toponyme formé avec le vieux-breton Ploe, signifiant "paroisse", serait, d'après Bernard Tanguy, un doublet de Plouénan (Bretagne, 29) mentionné au 16ème siècle sous la forme Plouevenan. Si tel était le cas, Plévenon aurait alors pour éponyme un obscure saint nommé Menoen (Plouénan étant dénommé Plebs Menoen à plusieurs reprises entre 1149 et 1157).

Si Plévenon est mentionnée pour la première fois comme paroisse en 1240, le nom apparaît en 1214 sous la forme Pleveninus dans un acte mentionnant l'octroi d'une dîme par Etienne Goyon, seigneur de Matignon et de la Roche-Goyon, à l'abbaye cistercienne de Saint-Aubin-des-Bois (Bretagne, 22, Plédéliac). Outre cette abbaye, le monastère de Léhon (Bretagne, 22, Léhon) possédait dans la paroisse la chapelle et le bailliage de Saint-Gérand, avec sa maladrerie de Saint-Jean-de-l'Hôpital.

D´une superficie totale de 1 373 hectares, Plévenon est limitrophe de la commune de Fréhel, anciennement dénommée Pléhérel, avec laquelle elle partage une partie de son histoire administrative récente dans la mesure où elle a fusionné avec Pléhérel en 1972 pour former la commune de Fréhel (du nom du cap situé en Plévenon). Ces deux communes, qui existaient en tant que telles depuis l´élection de leur municipalité respective en 1790, ont été de nouveau séparées le 24 septembre 2004 pour former deux entités administratives indépendantes, à savoir la commune de Fréhel, au sud-ouest, correspondant à l´ancien territoire communal de Pléhérel, et la commune de Plévenon, au nord-est, dont le territoire actuel est identique au territoire paroissial originel [fig. 1].

Le patrimoine architectural :

La présente enquête, réalisée au cours du mois de mai 2005, a permis de repérer un total de 104 oeuvres, parmi lesquelles 91 relèvent de l´architecture domestique et agricole, 6 de l´architecture religieuse, commémorative et funéraire, 3 de l´architecture artisanale et industrielle, 2 de l´architecture des équipements publics et 2 de l´architecture du génie civil.

La chronologie du corpus s´étend du milieu du 14ème siècle à la 1ère moitié du 20ème siècle, incluant quelques édifices des 17ème et 18ème siècles, ainsi qu'une forte proportion d'oeuvres datant du 19ème siècle et de la 1ère moitié du 20ème siècle.

Au sein de ce corpus, 2 oeuvres - le château de la Roche-Goyon ou Fort-la-Latte [fig. 12] et le calvaire de la Roche au Cygron [fig. 13] - sont protégées au titre de la législation sur les Monuments Historiques. Le premier est une fortification littorale quasi-unique en France, le second une croix tableau à bâtière de la fin du Moyen-Age.

Aires d'études Communes littorales des Côtes-d'Armor
Adresse Commune : Plévenon
Sites de proctection site classé, site inscrit, abords d'un monument historique, réserve naturelle

Annexes

  • Le légendaire de Plévenon et du cap Fréhel (Guy Prigent)

    Gargantua fut l'un des personnages légendaires du cap Fréhel, avec les fées qui habitaient les nombreuses grottes du cap. On raconte (Paul Sébillot) qu'un jour l'envie lui prit de visiter Saint-Malo. Il laissa ses sabots à Plévenon et les gens se chauffèrent avec pendant trente ans ! En descendant dans les grèves de Fréhel, il mit un pied en haut qui est resté marqué sur un rocher et son autre pied sur la grève. Mais il sentit quelque chose qui lui faisait mal au pied. Il ôta son soulier et y trouva un rocher qu'il jeta par-dessus son dos : ce fut l'amas du cap. On retrouve cette version concerant le rocher Gargantua dans la le passage de la grève du Minieu entre Sable-d'Or et Erquy (la Vallée Denys).

    La faille du "Toul-an-Ifern"ou "trou de l'enfer", située entre le cap Fréhel et le Fort-la-Latte, renferme les âmes des pêcheurs condamnés à expier leurs fautes jusqu'au jugement dernier. On les entend parfois hurler de douleur quand le vent et la mer déchaînent les éléments. Autrefois les pâtres s'amusaient à sauter par-dessus. Un jour, sur le banc des Collets du Château, une sirène est redevenue femme quand un marin lui a enlevé l'anneau d'or qu'elle portait à la queue, mais le dragon qui gardait la sirène déclencha une terrible tempête. Les fées qui habitent dans la houle de Poulifée sortent au clair de lune, et ont donné le pouvoir de guérir à une fontaine de la falaise.

    On retrouve dans ces histoires autour de Plévenon les récurrences habituelles du légendaire breton : le thème des fantômes au tumulus du Château-Serein, hanté par les âmes perverses des moines débauchés, le thème des lutins, des fées des houles (la houle de la Teignouse, de Poulifée), des chiens errants et enragés qui venaient mourir près de l'effigie de saint Hubert au Fort-la-Latte, des béliers courant sur la lande, le thème de l'herbe de l'oubli, qu'il fallait éviter de fouler.

    Parmi les conteurs ou conteuses, citées par Paul Amiot : Elisa Durand, couturière à Plévenon, née en 1848, Joseph Chrétien, de Plévenon, clerc de notaire, né en 1864.

    Paul Sébillot (1843-1918), écrivain, peintre, ethnographe et traditionaliste français, né à Matignon. Il corrige lui même l'épreuve du dictionnaire des traditionalistes, collecte nombre des contes et légendes sur la côte de Penthièvre, qu'il publie dés 1881 "La littérature orale de Haute-Bretagne". Il dirige en 1886 la Revue des traditions populaires. Ses "Contes de terre et de mer" évoquent le légendaire de Gargantua dans la tradition populaire. Il réalisera même une sorte de cartographie, avec une forme de géo-référencement des lieux de ces imaginaires.

  • 20052204768NUCB : Carte - Collection particulière

    20052204772NUCB : - Dans : "Cartes marines de Bretagne : 1580-1800" / Claude Gaudillat, Spezet : Coop Breizh, 2003, p. 105 - Archives départementales des Côtes-d'Armor - Bi.

    20052204771NUCB : Carte - Collection particulière

    20052204767NUCB : Carte - Collection particulière

    20052204780NUCB : Carte - SHAT Vincennes

    20052204769NUCB : Carte - Archives départementales des Côtes-d'Armor - Fi.

    20052204770NUCB : - Archives départementales des Côtes-d'Armor - Fi.

    20052204464NUCB : Tableau d'assemblage des plans cadastraux parcellaires de 1826 - Archives départementales des Côtes-d'Armor - 4 num 1/7, Numplan 1.

    20052204766NUCB : Carte - Archives départementales des Côtes-d'Armor - Fi.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes-d'Armor : 2 O 201/1.

    bâtiments communaux (1846-1938)
Documents figurés
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/7, plans cadastraux parcellaires de 1826.

    Numplan 1, tableau d'assemblage. Documents consultables sur le site Internet <I>http://archives.cotesdarmor.fr</I>
  • AD Côtes-d'Armor : fonds Frotier de La Messelière, 60 J 226 : planches de dessins de monuments et de sculptures, recueil in-plano (Penthièvre : 138 planches).

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 60 J 226
Bibliographie
  • AMIOT, Pierre. Histoire du Pays de Fréhel. Fréhel : Pierre Amiot, 1981.

  • AMIOT, Pierre. Marie-Josèphe, paysanne en Haute-Bretagne. Vie et moeurs campagnardes. Bannalec : Imprimerie Régionale, 1986.

  • BIHR, Jean-Pierre. Regards d'Emeraude. Les pays de la côte d'Emeraude de Dinard au cap Fréhel. Saint-Jacut-de-la-Mer : Jean-Pierre Bihr, 1988.

  • COUFFON, René. Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc : Les Presses Bretonnes, 1939.

  • GAUDILLAT, Claude. Anciennes cartes marines de Bretagne : 1580-1800. Spezet : Coop Breizh, 2003.

  • JOLLIVET, Benjamin. Les Côtes-du-Nord, histoire et géographie de toutes les villes et communes du département. Guingamp : B. Jollivet, 1854, 2.

  • LA MOTTE ROUGE, Daniel de. Châtellenie de Lamballe. Vieilles demeures et vieilles gens. Hénansal : Daniel de la Motte-Rouge, 1977.

  • LA MOTTE ROUGE, Daniel de. Vieux logis, vieux écrits du duché de Penthièvre. Le Mans : Imprimerie M.G.T., 1986.

  • LE SAULNIER DE SAINT-JOUAN, Régis. Dictionnaire des communes du département des Côtes-d'Armor : éléments d'histoire et d'archéologie. Saint-Brieuc : Conseil Général des Côtes-d´Armor, 1990.

  • MONIER, M.-E. Châteaux, manoirs et paysages ou quinze promenades autour de Dinan. Mayenne : Joseph Floch imprimeur-éditeur, 1975.

    p. 432-433
  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Rennes : Deniel, 1853, 2.

  • SEBILLOT, Paul. Contes de marins. Rennes : Editions Terre de Brume, 2000.

  • SEBILLOT, Paul. Contes populaires de la Haute-Bretagne. Contes des paysans et des pêcheurs. Rennes : Editions Terre de Brume, Sous la direction de Dominique Besançon, 1999.

  • TANGUY, Bernard. Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor : origine et signification. Douarnenez : Ar Men-Le Chasse Marée, 1992.