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Présentation de la commune de Plougrescant

Dossier IA22011762 réalisé en 2008

Fiche

Œuvres contenues

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1- Plougrescant : évolution démographique (1854-1999)  : (Patrick Pichouron)

Plougrescant en 1854, pop. 2 296 habitants (source : Jollivet).

Plougresacnt en 1906, pop. 2 012 habitants (source : AD 22).

Plougrescant en 1946, pop. 1 909 habitants (source : Insee).

Plougrescant en 1968, pop. 1 644 habitants (source : Insee).

Plougrescant en 1975, pop. 1 557 habitants (source : Insee).

Plougrescant en 1982, pop. 1 556 habitants (source : Insee).

Plougrescant en 1990, pop. 1 471 habitants (source : Insee).

Plougrescant en 1999, pop. 1 402 habitants (source : Insee).

2- Plougrescant : principaux repères  : (Patrick Pichouron)

La commune de Plougrescant, Plougouskan en breton, est une commune littorale du département des Côtes-d'Armor située sur la Côte des Ajoncs, à moins de dix kilomètres au nord de Tréguier. D'une superficie totale de 1 554 hectares, le territoire de Plougrescant affecte la silhouette d'une bande de terre qui s'étire vers la mer. Limitrophe des communes de Penvénan à l'ouest et de Plouguiel au sud, il est en effet bordé par la Manche au nord et par l'estuaire du Jaudy à l'est [fig. 1, 2]. Le sous-sol renferme, quant à lui, essentiellement du granite.

Quelques vestiges matériels, à l'instar du menhir de Kergonnet [fig. 3] ou du tumulus du Castel, attestent une implantation humaine précoce sur cette partie du littoral. Plougrescant, est comme sa voisine Plouguiel et comme l'indique son nom formé avec le vieux-breton plou, "paroisse", auquel est associé un nom de saint breton, saint Crescant, une ancienne paroisse bretonne primitive. Au contraire de Plouguiel, cette paroisse bretonne primitive fut toutefois démembrée dans la mesure où elle englobait probablement à l'origine les actuels territoires de Penvénan, Camlez, Trévou-Tréguignec et Coatréven.

Membre du Régaire ou du fief du chapitre de Tréguier et paroisse du diocèse de Tréguier sous l'Ancien Régime, attestée comme telle en 1330 lors du procès de canonisation de saint Yves, son nom apparaît pour la première fois vers la fin 10ème siècle ou au début du 11ème siècle sous la forme Plebs Crescentis. Si l'église de Plougrescant est placée sous la protection de saint Pierre, il n'en demeure pas moins que la paroisse a pour véritable patron saint Gonéry, titulaire d'une célèbre chapelle aujourd'hui protégée au titre de la législation sur les monuments historiques [fig. 4]. Plougrescant a élu sa première municipalité au début de l'année 1790.

3- Plougrescant : le patrimoine architectural  : (Patrick Pichouron)

La présente enquête a été réalisée au cours des mois de juillet et août 2008 dans le cadre de l'opération d'inventaire préliminaire à l'étude du patrimoine des communes littorales du département des Côtes-d'Armor menée conjointement, depuis 2002, par le Conseil Général et le Conseil Régional de Bretagne (service de l'Inventaire général du patrimoine culturel).

Cette enquête a permis de procéder au repérage de près de 300 oeuvres, parmi lesquelles 269 relèvent de l'architecture domestique et agricole (châteaux, manoirs, fermes) et 14 de l'architecture religieuse, commémorative et funéraire (église, chapelles, croix, monuments commémoratifs).

Au sein d'un corpus daté entre le 12ème siècle (datation probable) et le milieu du 20ème siècle, 12 oeuvres, dont la chapelle Saint-Gonéry [fig. 4], la chapelle Sainte-Anne et Saint-Nicolas de Keralio [fig. 5], la fontaine Saint-Gonéry, toutes trois protégées au titre de la législation sur les monuments historiques, et les colombiers de Kergresq et de Lézernan [fig. 6, 7], ont fait l'objet d'une proposition de sélection en fonction de critères d'ancienneté, de qualités architecturales, d'unicité ou de représentativité.

4- Plougrescant : le patrimoine littoral et maritime : (Guy Prigent)

Les espaces littoraux remarquables :

Le patrimoine littoral et maritime de la commune de Plougrescant est caractérisé par des espaces littoraux et insulaires remarquables, qui s'étendent sur un linéaire côtier d'une dizaine de kilomètres, entre la baie de l'Enfer et l'anse de Gouermel. Nous avons retenu le site littoral de Castel Meur (propriété du Conservatoire du Littoral), le site de Beg ar Vilin (cimetière à bateaux dans un marais littoral) et les sites insulaires de Loaven, de Ivinec et des Îles d'Er. Ces espaces sont protégés par la Loi Littoral et des mesures de classement, hors le cimetière à bateaux de Beg ar Vilin, qui présente cependant un intérêt pour l'architecture navale. La toponymie nautique de ces paysages côtiers fait aussi partie du patrimoine de la commune et des traditions orales populaires, que nous avons pu collecter en complément de l'étude de Alain Le Berre (1970).

Le patrimoine des fontaines et des moulins :

Les petits patrimoines liés au circuit de l'eau (fontaines, lavoirs, puits et routoirs) ont été sélectionnés pour leur intérêt architectural et afin de montrer la volonté de la commune et des associations locales de préserver ces édicules et de les mettre en valeur (circuit d'interprétation). La fontaine de Saint-Gonéry (17ème siècle) est classée MH. Les édicules suivants : puits du Castel Meur, puits de Loaven et de l'Île d'Er sont datables du 18ème siècle. Les quatre derniers moulins à vent de la commune, propriétés privées, ont été repérés, mais mériteraient une étude historique plus approfondie, dont le moulin du Roudour (le plus ancien, antérieur au 19ème siècle).

Le patrimoine nautique et portuaire :

Les infrastructures portuaires de la commune sont récentes. Les quatre sites portuaires (Port du Castel, Pors Hir, Pors Bugale, Pors Scaff) sont davantage des abris naturels pendant la saison estivale. Ils permettent rarement un hivernage de sécurité, hors Beg ar Vilin.

Le patrimoine maritime nautique de la commune est constitué d'un certain nombre de bateaux traditionnels de travail et de plaisance : huit bateaux ont été sélectionnés et étudiés ainsi qu'une série de canots de servitude, dont les formes spécifiques sont liés à un savoir-faire local. La datation de ces bateaux est comprise entre le 2ème et le 4ème quart du 20ème siècle. Ces bateaux ont été construits dans des chantiers locaux aujourd'hui disparus (Bernard, Clochet, Huon, Reynaud). Des bateaux de travail plus anciens (sabliers-goémoniers), datés du 1er quart du 20ème siècle, dont il existe encore quelques rares représentations iconographiques (photos et dessins de Louis-Marie Faudacq), rappellent l'histoire maritime de cette commune.

Le patrimoine archéologique maritime :

Les pêcheries repérées et étudiées sur l'estran de la commune sont difficilement datables. Elles représentent cependant un témoignage de l'époque monastique (la pêcherie des Moines aux Îles d'Er) et d'une activité vivrière. Le dernier four à goémon de la commune a été repéré sur l'Île d'Er (datable du 1er quart du 20ème siècle). Il témoigne de l'importance de l'activité goémonière sur la commune, pour amender les terres cultivables. Cette ruralité littorale montre l'importance de la mer côtière et de l'exploitation de l'estran (sable, maërl, goémon) dans l'économie locale. La pêche restant une activité plus aléatoire et saisonnière.

Aires d'études Communes littorales des Côtes-d'Armor
Adresse Commune : Plougrescant

Annexes

  • Description de la paroisse de Plougrescant au 18ème siècle

    D'après les recherches de Olivier Levasseur (Arch. nat. Mar. D2 22, f°129 et Arch. Art. 3a 19, f°154).

    La paroisse de Plougrescant possède au 18ème siècle plusieurs petits ports ou havres. Ce sont les ports de 'Port en Calquel', de 'Port Floriac', 'Port Kerlaben', 'Port Caffé', le 'Havre du pape', Les 'Couziaux', 'Port Trestano' et 'Port Laber'.

    'Port en Calquel' :

    ce n'est pas à proprement parler un port, mais plutôt un havre pour de très petites unités : en avant du moulin du Roudour (...) est le port en Calquel où des batteaux très petits peuvent rester une marée au plus

    'Port Floriac' :

    ce petit port proche du précédent possède des conditions d'accessibilité un peu meilleures : à 1/4 de lieüe plus loin se trouve le port de Floriac, situé S.E. dans lequel des batteaux seulement de 3 à 4 tonneaux peuvent aborder depuis la mi-marée jusqu'à 3 heures de retirant : il n'y a ordinairement dans ce port que 3 à 4 pieds d'eau aux plus hautes marées, au joignant de la côte qui n'est jamais abandonnée par la mer.

    'Port Kerlaben' :

    ce port est encore un havre non aménagé : le port Kerlaben suit celui ci dessus, il est situé au même air de vent, et à tous égards mêmes circonstances que celui ci-dessus.

    'Port Scaff' :

    nous le retrouvons sous le nom de 'Port Caffé'. La description que nous avons de ce port est plutôt laconique, puisqu'elle ne mentionne que les mêmes choses qu'au port Klaben.

    'Havre du Pape' :

    si le havre du Pape est sensiblement identique en structure aux autres, il leur est supérieur en capacité d'accueil des navires et est protégé par une série de rochers : le havre du pape suit et joint le port caffé, il est situé de même, d'ailleurs ce sont les circonstances de Kerlaben, exceptés que de plus gros bâtimens peuvent s'y réfugier, lorsqu'ils sont poursuivis par des corsaires ennemis, parce qu'ils se mettent à l'abri de quantité de pierres qui sont au devant /f°130/ dont les principales s'apellent Biscelet, Chatelneuv, Discoaldanes, Kgonet et la Couasse

    'Les Couziaux' :

    le petit port des Couziaux est un port de relâche dont la capacité reste cependant limitée, il est décrit comme un petit port près de la pointe de Legarec, dans lequel des batteaux de 6 à 7 tonneaux peuvent aborder ; comme il est renfoncé dans les terres, les barques y sont plus tranquilles, et peuvent y rester plusieurs marées : la mer ne quitte presque point la côte en cette partie ; il y a ordinairement 4 à 5 pieds de hauteur d'eau.

    'Port Trestano' :

    ici encore nous sommes en présence d'un petit port d'échouage, qui est pourtant plus dangereux : 1/2 lieüe plus loin, situé O. est le petit port de Trestano, à tous égard mêmes circonstances que ci-dessus ; il y a au devant une basse de sable vaseuse, sur laquelle il faut bien prendre garde d'échoüer car on courroit risque de se perdre, la mer ne pouvant retirer une barque qui s'y seroit enfoncée au bas de l'eau

    'Port Laber' :

    c'est un port de refuge, où l'on ne peut rester mouillé trop longtemps à cause de sa situation et de son orientation : ce port est à 1/4 de lieüe de celui ci-dessus, à la pointe la plus avancée en mer, quoique la tenüe y soit bonne, les batteaux ne peuvent y rester longtems, étant trop battu des vents qui sont très violents, et rendent la mer impraticable ; elle ne quitte jamais la côte, elle y laisse au plus bas 3 à 4 pieds de hauteur d'eau.

  • 20082209088NUCA : Tableau d'assemblage des plans cadastraux parcellaires de 1834 - Archives départementales des Côtes-d'Armor - 4 num 1/42, Numplan 1.

    20082210135NUCB : Carte - Collection particulière

    20082210138NUCB : Dessin - Collection particulière

    20082209770NUCB : Carte postale - Collection particulière

    20082209414NUCB : Photographie noir et blanc, 1ère moitié du 20ème siècle - Archives départementales des Côtes-d'Armor - Fonds Lacombe, 19 Fi 329.

    20082209413NUCB : Photographie noir et blanc, 1ère moitié du 20ème siècle - Archives départementales des Côtes-d'Armor - Fonds Lacombe, 19 Fi 328.

    20082209412NUCB : Photographie noir et blanc, 1ère moitié du 20ème siècle - Archives départementales des Côtes-d'Armor - Fonds Lacombe, 19 Fi 327.

    20082209411NUCB : Photographie noir et blanc, 1ère moitié du 20ème siècle - Archives départementales des Côtes-d'Armor - Fonds Lacombe, 19 Fi 326.

    20082209410NUCB : Photographie noir et blanc, 1ère moitié du 20ème siècle - Archives départementales des Côtes-d'Armor - Fonds Lacombe, 19 Fi 325.

    20082209409NUCB : Photographie noir et blanc, 1ère moitié du 20ème siècle - Archives départementales des Côtes-d'Armor - Fonds Lacombe, 19 Fi 324.

    20082209408NUCB : Photographie noir et blanc, 1ère moitié du 20ème siècle - Archives départementales des Côtes-d'Armor - Fonds Lacombe, 19 Fi 323.

    20082209407NUCB : Photographie noir et blanc, 1ère moitié du 20ème siècle - Archives départementales des Côtes-d'Armor - Fonds Lacombe, 19 Fi 322.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes-d'Armor : 2 O 218/2.

    bâtiments communaux (1878-1936)
  • AD Côtes-d'Armor : 2 O 218/3.

    biens communaux (suite) et mobilier (1858-1939)
Documents figurés
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/42, plans cadastraux parcellaires de 1834.

    Numplan 1, tableau d'assemblage. Documents consultables sur le site Internet http://archives.cotesdarmor.fr
  • BEAUTEMPS-BEAUPRE, Charles-François. Le Pilote français. Paris : Imprimerie Royale, 1847.

Bibliographie
  • COUFFON, René. Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc : Les Presses Bretonnes, 1939.

    p. 151-153, 157
  • FLOHIC EDITIONS. Le patrimoine des communes des Côtes-d'Armor. Charenton-le-Pont : Flohic éditions, 1998, 2.

    p. 1284-1285
  • JOLLIVET, Benjamin. Les Côtes-du-Nord, histoire et géographie de toutes les villes et communes du département. Guingamp : B. Jollivet, 1854, 4.

    p. 261-264
  • LE SAULNIER DE SAINT-JOUAN, Régis. Dictionnaire des communes du département des Côtes-d'Armor : éléments d'histoire et d'archéologie. Saint-Brieuc : Conseil Général des Côtes-d´Armor, 1990.

    p. 519-523
  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Rennes : Deniel, 1853, 2.

    p. 331
  • TANGUY, Bernard. Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor : origine et signification. Douarnenez : Ar Men-Le Chasse Marée, 1992.

    p. 211-212