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Présentation de la commune de Pluméliau

Dossier IA56002393 réalisé en 2001

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Bordée au nord par Saint-Thuriau et le Moustoir-Remungol, à l'ouest par le Blavet et par Melrand et Bieuzy, à l'est par Remungol et l´Evel, au sud par l´Evel et Guenin, Pluméliau est la plus grande commune du canton avec 6772 hectares. Elle est traversée par l´ancienne nationale 168 (aujourd´hui D768), d´Auray à Pontivy, et par la D1, de Locminé à Guémené-sur-Scorff, qui franchit le Blavet à Saint-Nicolas-des-Eaux.

Un territoire vallonné et très irrigué

La commune de Pluméliau appartient au canton de Baud ; elle est bordée au nord par Saint-Thuriau et le Moustoir-Remungol, à l'ouest par le Blavet qui la sépare de Melrand et Bieuzy, à l'est et au sud par l´Evel, affluent du Blavet qui la sépare de Remungol à l´ouest et de Guénin au sud. Pluméliau est la plus grande commune du canton avec une superficie totale de 6772 hectares. Le bourg est situé presque au centre de la commune sur un plateau peu élevé, à 12 kilomètres de Baud et 14 de Pontivy.

Quelques ruisseaux plus modestes, affluents du Blavet ou de l´Evel, irriguent également le territoire, alimentant les moulins : le Frémeur, le Gouave, les ruisseaux de Toulverdan et la Boulaye par exemple. Ils se jettent dans l'Evel ou le Blavet, rivière canalisée dont une partie longe la commune à l'ouest. Cette portion du Blavet possède huit écluses (du nord au sud, Le Divit, Rimaison, Kerbecher, Le Guern, Saint-Nicolas, la Couarde, Gamblen, Moulin Neuf, Boternau) qui font partie d'un ensemble de vingt-trois écluses mises en place à partir de 1827, date de réalisation de la canalisation de la rivière entre Pontivy et Lorient.

A l´exception des rives du Blavet où la déclivité est forte (fig. 1), en particulier autour de la butte de Castennec et dans le nord de la commune, l´espace rural consiste en un plateau élevé à l´ouest et une succession d´ondulations coupées par des vallées vers l´est et le sud-est et la rivière l´Evel. Le bocage initial a été fortement affecté par le remembrement sur l´ensemble de la commune (fig. 2).

La carte géologique montre la rupture opérée par le Blavet entre les zones de granite et de schiste, situées respectivement à l´ouest et à l´est de cette rivière. Le schiste briovérien ou schiste talqueux, parfaitement apte à la taille, constitue la presque totalité du sous-sol de Pluméliau. Cependant, une enclave granitique existe au sud-ouest de la commune (Boternau, Kertanguy), la qualité de ce granite ayant également facilité la construction en pierre de taille.

Périodes celtique et romaine

Quelques vestiges préhistoriques, en l´occurrence des haches polies, révèlent une occupation très ancienne du territoire. Pour la période romaine, la route principale reliant Rennes à Carhaix se décèle encore dans le réseau viaire, passant près de Lann Dravel, Kermaniec, puis franchissant le Blavet à Saint-Nicolas-des-Eaux ; le pont de bois démoli en 1847, considéré comme très vieux, ne figure pas sur le plan cadastral de 1828 : il occupait la place de l´ancien pont romain. Cette voie était jalonnée sur la presqu´île de Castennec limitrophe par le camp romain de la Couarde (ou garda). Une nécropole romaine a été identifiée au Corronc.

Du haut Moyen Age à la Révolution

Le préfixe Plou de Pluméliau indique une paroisse primitive de Bretagne, sous le patronage de saint Méliau, comte de Cornouaille breton qui aurait vécu au VIe siècle selon les sources. Les paroisses de Remungol et du Moustoir semblent avoir primitivement appartenu au territoire de Pluméliau. Il ne subsiste aucun témoignage de cette période. La plus ancienne mention concerne la fondation en 1120 du prieuré de Saint-Nicolas-du-Blavet, à la suite des dons d´Hervé, fils de Jagu et d´Eudon, fils d´Audren, à l´abbaye Saint-Florent-leVieil de Saumur. Le prieuré fut par la suite le siège de la seule trêve de Pluméliau, le culte étant assuré dans la chapelle actuelle qui date du début du XVIe siècle.

Du point de vue nobiliaire, le territoire dépendait de la vicomté de Rohan depuis 1221. En 1221, le vicomte Alain reçoit de son frère la totalité du territoire situé à l'ouest de l'Oust dans lequel se situe le canton de Baud, avec Castel Noec ou Castennec en Bieuzy comme siège. Dès 1228 Alain de Castel Noec transporte le siège de la seigneurie sur l'Oust, à Rohan, dont il prendra le nom. Le canton de Baud fait dorénavant partie de la vicomté de Rohan jusqu'à la Révolution. Les vicomtes de Rohan, rentrés en possession de la seigneurie de Baud à la fin du XVe siècle, vendent cette seigneurie en 1562 à la famille de Kerveno, seigneurie de Pluméliau, mentionnée dès 1288. Cette puissante seigneurie alliée à celle de Baud est érigée en baronnie dès 1577, puis en marquisat en 1623, relevant directement du roi. Les témoignages visibles de cette puissante famille se limitent à quelques blasons témoignant de leurs importantes dotations à des édifices religieux, comme Saint-Nicodème ou Saint-Nicolas. Quant à leur château, il avait déjà disparu au XIXe siècle, puisque sur le plan cadastral de 1828 apparaissent seulement les fossés de la forteresse attestée sous les guerres de la Ligue car assiégée par le duc de Mercoeur, "avec cour, double cour, plate-forme, guérites, murailles, douves et fossés, grand et petit pont, pont dormant, herses et barrières". La retenue occupait 305 journaux de terre.

Cette seigneurie laissa peu de places aux petites seigneuries vassales : des dix terres nobles attestées dans les sources sur le territoire de Pluméliau (Botberen, la Boulaye, Guernevé ou la Villeneuve, Keraron, Kerascoët, Kerdaniel, Kerjagu, Saint-Thomas, Sarhoet, Talvern), il ne subsiste aucun manoir. Le seul bâtiment à structure de manoir conservé sur la commune, à Saint-Nicolas-des-Eaux, n´est pas attesté dans les sources. A Kerascoët subsistait il y a peu les vestiges du manoir. Aujourd´hui, seule est conservée la métairie.

Si l'architecture seigneuriale n´a pas laissé de traces, il n´en est pas de même des édifices religieux, nombreux et de qualité : on ne compte pas moins de sept chapelles à Pluméliau, dont l´une, Saint-Claude à l´état de ruines. Une seconde, Sainte-Anne au Cloître, quoique protégée depuis 1925 au titre des Monuments historiques, était en ruines au milieu du XXe siècle : ses pierres ont été cédées à la propriété ecclésiastique de Pont-Callec en 1961. La chapelle de la Congrégation construite au XIXe siècle au bourg,face à l'église, le Botrel, face à l'église a été détruite dans les années 1960. Elle était flanquée par la nouvelle mairie poste, importante construction néo-régionaliste des années 1950, à son tour récemment détruite. D´après le chanoine Luco, la paroisse de Pluméliau était considéré comme un des meilleurs bénéfices du diocèse et certains recteurs, Toussaint Cormier, Louis de Kerveno eurent une grande activité architecturale. Aucun témoignage ne subsiste de l'époque romane mais le gothique flamboyant est particulièrement bien représenté avec un édifice emblématique du Morbihan, Saint-Nicodème, richement doté par les familles aristocratiques et le clergé. Sa fontaine triple, un unicum en Morbihan, témoigne de l´importance du lieu de pèlerinage qui se double d´une foire. A proximité, Sainte-Anne du Cloître et Saint-Nicolas-des Eaux, au plan en croix latine, sont bâtis à la même époque. A l´autre extrémité de la commune, Saint-Claude, en ruines, et Notre-Dame de La Ferrière, à l´exception de sa tour-clocher, refaite au XIXe siècle, sont également contemporaines. Au XVIIe siècle, l´église est reconstruite, mais en mauvais état avant la seconde Guerre mondiale, elle est reconstruite après la guerre à l´exception de sa tour occidentale. Du XVIIe siècle datent également les chapelles plus modestes de Saint-Rémi et de la Madeleine. Quant à la chapelle Saint-Hilaire, elle a été rebâtie à la fin du XIXe siècle.

En lien avec l´architecture religieuse, le nombre de maisons de prêtre conservées dans la commune est inhabituel ; on ne compte pas moins de 7 maisons de prêtre, entre la fin du 16e siècle (Nénez, 1589), jusqu´au milieu du 18e siècle (Kermadio 1738).

Le canton de Baud appartient à la vicomté de Rohan jusqu'à la Révolution. En 1790, érigé en commune et même en chef-lieu de canton, Pluméliau entre dans le district de Pontivy. Mais en 1801, il perd son titre de canton et dépend désormais de celui de Baud.

Au XIXe siècle

Le XIXe siècle est l'époque de l'aménagement du territoire : au début du siècle est prise la décision de réaliser la canalisation de Blavet. Elle est réalisée vers 1829, puis le niveau du canal est exhaussé vers 1860. Initialement prévu pour un rôle militaire de transport de troupes entre Pontivy et Lorient, le Blavet est une voie commerciale très empruntée au cours du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Des gabares de faible tonnage transportent des pommes de terre, des céréales, de la chaux, du charbon ou des poteaux de mines. Cependant, l´ouverture en 1865 de la voie ferrée Auray-Pontivy, qui suit d'ailleurs le cours de la rivière, offre une nouvelle infrastructure pour la circulation des marchandises qui contrebalance le rôle du canal du Blavet, en particulier après la création de la gare de Saint-Nicolas à Pluméliau.

La départementale D1, reliant Guémené-sur-Scorff à Locminé réalisée vers 1830 traverse le bourg de Pluméliau, favorisant les échanges ainsi que l´éclosion du bourg, très important à la fin du XIXe siècle, en particulier le long de D1. Devenue route nationale, l´ancienne route royale de Baud à Pontivy, à l´ouest du bourg, favorise également la formation de nouveaux villages, tels Port-Arthur ou Talvern Nénez, né de la réunion de deux villages, Talvern et Nénez. le long de la route. Les nombreuses maisons de lande de cette portion du territoire sont renouvelées, de même que les logis les plus anciens.

Essentiellement agricole, la commune possédait cependant quelques installations artisanales. Une laiterie existe à Saint-Nicolas au début du XXe siècle, mais elle ferme en 1934. Le seul établissement industriel est l´usine de produits tanniques Joubert à Saint-Nicolas-des-Eaux, qui fonctionna de 1898 à 1932. Seule est conservée une maison de l´ancien établissement. Quant aux douze moulins (dont dix sont à énergie hydraulique) qui émaillent le territoire, cinq sont conservés dont celui de Kergoual devenu minoterie au début du XXe siècle. La seule pêcherie mentionnée dans les archives au milieu du XIXe siècle a disparu peu après, son autorisation de fonctionnement ayant été retirée par les Ponts-et-Chaussées. D´autres pêcheries existaient à Boternau, à Saint-Nicolas, à Rimaison, peut-être sur la rive de Bieuzy.. Il n´ a pas été retrouvé de document mentionnant d´autre part les nombreux commerces et artisans, type maréchal-ferrant, nécessaires au bon fonctionnement d´une communauté rurale ; certains édifices, comme la maison de Saint-Nicolas dont la porte arbore des outils de couvreurs ou celles mentionnant des maçons permettent cependant d´attester de ces activités.

En forte augmentation au cours du XIXe siècle (la commune compta jusqu´à 4996 habitants en 1856, alors qu´en 1796, elle en totalisait 3432), elle s´est ensuite stabilisée malgré des fluctuations dans les années 1870 1880, dont l´origine est inconnue puis après la guerre de 1914. En raison de l´exode rural qui n´a pas été compensé par un apport de population nouveau, elle est en forte décroissance depuis la dernière guerre : au dernier recensement de 1999, elle ne comptait plus que 3091 habitants.

L'organisation de la propriété paysanne et ses conséquences sur l'habitat rural

Les maisons rurales sont sous l'Ancien Régime, notamment au XVIIe siècle, le reflet d'une société rurale relativement riche dont l'économie est florissante. La majorité des tenues est à domaine congéable, les autres étant des métairies relevant du domaine proche de la seigneurie. Le domaine congéable est un régime propre à la Basse-Bretagne dont les caractéristiques paraissent découler du servage. Le paysan est propriétaire des édifices et superfices (talus et arbres sur les talus) ainsi que de la couche arable. Le seigneur est propriétaire du fonds et reçoit une rente faible du domanier.

Dans le canton de Baud, le domaine congéable est sous l'usement de Rohan, dont les conditions considérées comme les plus dures, pourraient avoir eu des conséquences importantes pour l'architecture rurale. En effet, le domanier contrairement à d'autres coutumes ou usements n'a pas le droit de vendre ni de modifier ses édifices sans l'autorisation du propriétaire foncier. Or, on constate peu de transformations des habitations avant le XIXe siècle. De plus, l'héritier étant souvent mineur au moment de la mort du père, la tenue est baillée à ferme ; les termes de la ferme sont toujours : "sans pouvoir changer ni modifier les bâtiments". Le peu d'acquisition de terres vendues comme bien national à la Révolution constitue un autre facteur de conservation de l'habitat rural. Ce phénomène est contraire à d'autres régions du Finistère voisin où l'on constate une reconstruction presque totale des bâtiments au XIXe siècle suite aux acquisitions des fermes par les paysans.

Des édifices remarquables subsistent de l´Ancien Régime, tels les fermes de Bodion, Boternau, de la fin du XVIe siècle, peut-être d´anciennes métairies nobles, la Ferrière en 1643, Kertanguy au XVIIIe siècle, ou encore les maisons de prêtre de Bodion (1647) et de Kerbellec (1616).

Au XIXe siècle, l´agriculture reste prospère, en particulier dans l´est de la commune, plus vallonnée. Les principales cultures sont les céréales seigle, avoine, blé noir, mais aussi le chanvre et les pommes à cidre. Les nombreuses "granges" conservées abritent en fait le pressoir et l´activité cidricole jusqu´au milieu du XXe siècle. Les logis à étage des fermes témoignent de cette activité florissante. Très importante pendant les guerres napoléoniennes en raison du blocus anglais, la production de chanvre diminue fortement au XIXe siècle. Quant aux landes, elles restent considérables : dans les statistiques annuelles de l´annuaire de 1836, leur surface est supérieure à celle des terres cultivées.

Aires d'études Baud
Adresse Commune : Pluméliau

La paroisse de Plumélau d'une superficie de 6800 hectares, dépendait du doyenné de Porhoet, du vicomté puis du duché de Rohan et de la sénéchaussée de Ploërmel. Elle est érigée en commune en 1790 et même en chef-lieu de canton, avec Remungol et Le Moustoir-Remungol aujourd'hui dépendant de Locminé. En 1801, Pluméliau perd son titre de canton pour dépendre de celui de Baud ; l'autorité ecclésiastique accepte en 1802 cette situation nouvelle.

Annexes

  • 20055603712NUCA : - Archives départementales du Morbihan - 3P 493.

    20055603713NUCA : - Archives départementales du Morbihan - 3P 493.

    20055603711NUCA : - Archives départementales du Morbihan - 3P 493.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Morbihan. Série O. 2O 173. Pluméliau. Archives communales.

    p.
  • A.D. Morbihan. S271. Chemin de fer Paris Orléans. Ligne d'Auray à Pontivy. Acquisitions des terrains sur la commune de Pluméliau.

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Bibliographie
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  • DUHEM, Gustave. Les églises de France. Morbihan. Paris : Impr.-édit. Letouzé et Ané, 1932.

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  • FLOQUET, Charles. Pluméliau au cours des siècles. Pluméliau, 1994.

  • LE MENE, Joseph-Marie, Histoire archéologique, féodale et religieuse des paroisses du diocèse de Vannes, Marseille : Laffitte, 1982.

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