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Présentation de la commune de Pommerit-Jaudy

Dossier IA22132344 réalisé en 2014

Fiche

Œuvres contenues

Situation

La commune de Pommerit-Jaudy se situe dans le nord-ouest des Côtes-d'Armor, à quinze kilomètres de Lannion et de la côte, huit kilomètres de Tréguier. Elle fait partie de la communauté de communes du Haut-Trégor (quinze communes). Son territoire est bordé : au nord par La Roche-Derrien, Troguéry et Minihy-Tréguier ; à l'ouest par Mantallot et Langoat ; à l'est par Hengoat et Ploëzal ; au sud par Runan et Prat. Les cours d'eau y jouent un rôle important de bornage : la rivière du Jaudy borne tout le côté ouest de la commune tandis que son estuaire sépare Minihy de Pommerit avant de sortir du territoire à l'ouest du lieu-dit Cosquer ; le ruisseau de Pen Bizien borne la moitié sud-est. En 2012, 1222 habitants sont recensés sur un territoire de 2037 hectares.

Le sous-sol est essentiellement composé de roches métamorphiques, notamment de schistes omniprésents dans la mise en oeuvre des bâtiments anciens. A l'ouest de la commune, au lieu-dit Quélédern, Les carrières du Jaudy exploitent un gisement de roche métamorphique depuis 1980. Elle sont spécialisées dans l'exploitation de gravières et de sablières et l'extraction d'argiles et de kaolin.

Histoire

Etymologie et origine gallo-romaine de Pommerit-Jaudy

La traversée du territoire par la voie gallo-romaine de Guingamp à Plougrescant (partie de la départementale D8) explique l'occupation ancienne des lieux et l'origine latine du nom Pommerit (Pommerat-um du latin poma, fruit), village entouré de vergers. A Leydour, la voie se divise en deux tronçons, le premier passe par Pont-Rod pour atteindre Tréguier via un gué dont les vestiges sont visibles à marée basse. En effet, la voie romaine franchit le Jaudy pour éviter le contournement du cours d'eau. L'autre voie permet d'atteindre La Roche-Derrien et de traverser le Jaudy par Chef du Pont. A Kersaliou (du latin salles, relais), une halte aurait été établie à proximité immédiate de la voie et serait à l'origine du village gallo-romain de Pomeratum, sur l'un des points les plus élevés de la commune.

Des seigneuries dans la zone d'influence de La Roche-Derrien et de Tréguier

Pommerit-Jaudy est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Ploëzal. De même, la création médiévale de La Roche-Derrien s'est faite aux dépens de Pommerit-Jaudy, dans la seconde moitié du 11e siècle. La proximité de cette cité ducale et marchande explique l'importante représentation de la noblesse à Pommerit à la fin du 15e siècle (17 nobles présents à la "montre" de Tréguier en 1481) dont les audiences de justice se tiennent dans l'auditoire de La Roche-Derrien. Par ailleurs, la proximité de la ville épiscopale de Tréguier, dont la paroisse de Pommerit dépend, est également un facteur déterminant dans l'implantation de cette noblesse qui peut avoir des offices ou des charges liés au fonctionnement de l'évêché. Mais l'existence de ces deux villes offrent aussi des possibilités de ravitaillement, d'échanges, de protection, tout en permettant aux seigneurs de rester proche des exploitations qu'ils surveillent. Les seigneuries sont, en effet, au coeur de l'économie rurale, leur intérêt est de s'installer près des centres urbains pour écouler le produit de leurs terres exploitées par leurs métayers et leurs convenanciers. Outre le blé, l'économie du lin (culture et transformation en fibres à tisser) représente une part importante de revenus qu'accrédite la présence de nombreux routoirs (figurés sur le cadastre ancien) dans les anciens fiefs seigneuriaux.

Fin de l'Ancien Régime et 19e siècle

L'année 1790 marque la fin de l'Ancien Régime et la mise en place de nouvelles institutions. Cette même année, la paroisse de Pommerit-Jaudy est érigée en commune.

La qualité de la terre et le climat tempéré du Haut-Trégor expliquent sa richesse agricole où cultures du blé et du lin tiennent une place très importante. Les chiffres de Jean-Baptiste Ogée pour Pommerit-Jaudy (1843) sont révélateurs : sur 2037 hectares, 1632 sont labourables, soit plus des trois quarts de la surface totale pour seulement 128 hectares de landes et incultes et 49 de bois. Les différentes professions inventoriées lors du recensement de la population en 1836 font écho à cette réalité agricole. Sur 874 adultes (population totale de 2554 habitants) 677 ont un métier directement lié à la terre (domestiques, journaliers, cultivateurs, laboureurs, fermiers, métayers). La nombreuse domesticité (339 domestiques) travaille et vit dans les grandes fermes de Pommerit et contribue à maintenir les abords et le paysage rural. Beaucoup de femmes (190) pratiquent le métier de filandière, c'est à dire fileuse de lin, certaines commencent très jeunes, dès l'âge de 7 ans. La cinquantaine de routoirs (bassins à ciel ouvert destinés à rouir le lin) figurée sur le cadastre ancien montre l'importance de l'étape du rouissage dans la chaîne de transformation du lin. En revanche, les tisserands sont peu nombreux (15) dans un territoire centré depuis les années 1660 autour de la production du lin (culture, rouissage, teillage et filage) délaissant le tissage au profit d'autres zones, notamment le centre Bretagne. A la fin du 19e siècle avec la mécanisation du teillage, on dénombre 38 teilleurs, métier qui n'était pas signalé comme tel en 1836 avant la modernisation des pratiques.

La première ligne de chemin de fer des Côtes d'Armor

En 1905, la première ligne de chemin de fer à voie métrique ouverte dans les Côtes d'Armor, entre Plouëc-du-Trieux et Tréguier, passe par Pommerit-Jaudy. Le transport des produits agricoles (bétail, légumes, grain, graines, pomme de terre) constitue un important trafic. En saison, le transport du lin et des pommes à cidre venait accroître le trafic ferroviaire. Le bourg de Pommerit-Jaudy possédait une petite gare, détruite après la fermeture de la ligne en 1939. De cette ligne, ne subsiste sur la commune qu'un pont du célèbre ingénieur Harel de la Noë, à Chef du Bois (cf. dossier).

Sur les 294 édifices et édicules recensés sur la commune, 35 font l'objet d'un dossier individuel auxquels s'ajoutent cinq dossiers collectifs sur des familles d'édifices et un dossier ensemble sur le bourg. La commune conserve des éléments patrimoniaux identifiés et dignes d'intérêt parmi lesquels se distinguent : des manoirs qui conservent des vestiges anciens de la fin du 14e siècle ou du 15e siècle (Kersaliou, Kermezen, Le Cosquer, Kericuff) ; de nombreuses fermes de grande taille reconstruites à l'emplacement de manoirs, de métairies ou de convenants très anciens dont il subsiste des éléments (cheminées, portes, saloirs, placards muraux, escaliers, colombiers, dépendances) ; des talus-mur qui contribuent à structurer le paysage rural, notamment dans la partie nord de la commune, construits par la nombreuse domesticité présente dans les grandes fermes ; un patrimoine religieux composé d'une église, de sept petites chapelles de fondation seigneuriale pour la majeure partie et de croix dont les plus anciennes datent de la fin du 14e siècle et du 15e siècle.

Aires d'études Schéma de cohérence territoriale du Trégor
Adresse Commune : Pommerit-Jaudy

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor
  • Pommerit-Jaudy. Administration communale. Bâtiments communaux. Série 2 O 246/1

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 2 O 246/1
  • LE BOURDONNEC, abbé. Cahiers d'histoire locale.

    Archives Privées
Documents figurés
  • Fonds du cadastre ancien. Tableau d'assemblage et plans parcellaires de la commune de Pommerit-Jaudy, 1835

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : série 3 P 247
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : 16FI 4487
  • Série Fi. Documents figurés. Fonds Frotier de La Messelière

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : Fi
Bibliographie
  • PRIZIAC, Michel. Pommerit-Jaudy. Histoire et toponymie. Kidour Editions, 2012

  • LE FELL, Georges et Marie-Louise. La Roche-Derrien de nos jours aux origines. Presses de Roudenn Grafik, Guingamp, 2012.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • FROTIER DE LA MESSELIERE, Henri. Catalogue illustré des Monuments ruraux des Côtes-du-Nord dans le Trégor et le Goëlo. Saint-Brieuc : Les Presses Bretonnes, 1948.

  • Le patrimoine des Communes des Côtes d'Armor. Paris : Flohic éditions, 1998.

  • COLLECTIF. Le manoir en Bretagne : 1380-1600. Paris, Monum, Cahiers de l´Inventaire, Imprimerie nationale Editions, Inventaire général, 1993, 348 p.

  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de Bretagne, nouvelle édition augmentée par Marteville et Varin. Rennes, 1843.

Périodiques
  • COUFFON, René. "Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier : nouvelles additions et corrections". Société d'émulation des Côtes-d'Armor, n° 76, 1947, p. 163-204.

Multimedia
  • Pommerit-Jaudy : Histoire, Patrimoine, Noblesse http://www.infobretagne.com/pommerit-jaudy.htm

  • http://marikavel.org/bretagne/pommerit-jaudy/accueil.htm

  • http://grandterrier.net/wiki/index.php

(c) Région Bretagne (c) Région Bretagne - Tanguy-Schroër Judith
Judith Tanguy-Schroër , né(e) Tanguy
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