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Présentation de la commune de Rimou

Dossier IA35049725 réalisé en 2011

La commune de Rimou est située dans la communauté de communes d’Antrain, à 10 kilomètres d’Antrain, 27 kilomètres de Fougères et 38 kilomètres de Rennes, et s’étend sur 1327 hectares. On rencontre les appellations suivantes : Rimau (en 550), Rimo (en 1123), Rimol (en 1163), Rimou (en 1190), Rymou (au 16e siècle).

Des découvertes fortuites de tuiles gallo-romaines attestent d'une occupation du site dans l’Antiquité : une voie romaine franchissait la rivière au gué de Quincampoix. A l’époque mérovingienne un pont est construit sur le Couesnon.

La première mention de la paroisse de Rimou remonte aux années 550, lorsqu'elle est donnée par le roi Childebert Ier à saint Samson, évêque de Dol. Au 12e siècle, l'église appartient à l'Abbaye de Saint-Florent en Anjou. Comme le souligne le Pouillé de Rennes, peu de paroisses remontent, en Bretagne, à une aussi haute antiquité que celle de Rimou. Lorsque vers 550 saint Samson alla à Paris chercher le roi breton Judual, chassé par l'usurpateur Comorre, Childebert, roi de France, donna au bienheureux évêque de Dol la paroisse de Rimou, située dans le diocèse de Rennes. Par suite de cette donation, Rimou devint une enclave du diocèse de Dol dans celui de Rennes et demeura tel jusqu'à la Révolution. Comme toutes les enclaves, Rimou dut être à l'origine placée sous la juridiction immédiate des évêques de Dol ; mais après les invasions normandes des 9e et 10e siècles, cette paroisse échappa à leur autorité privée, soit que les prélats s'en fussent dessaisis eux-mêmes, soit que des particuliers l'eussent usurpée. Toujours est-il qu'au 12e siècle nous trouvons Rimou possédée par deux abbayes, celle de Saint-Florent de Saumur et celle de Rillé. Les Bénédictins de Saint-Florent s'établirent les premiers à Rimou, car dès 1123 Baudry, archevêque de Dol, les confirma dans la possession de cette église. Les papes Innocent II en 1142 et Urbain III en 1186 firent la même chose ; ce dernier pontife mentionna de plus, parmi les possessions des moines de Saint-Florent à Rimou, celle de la chapelle Saint-Génévée. Enfin, Jean de la Mouche, évêque élu de Dol (1190-1199), reconnut à son tour les droits de l'abbé de Saint-Florent sur l'église de Rimou. Les moines de Saint-Florent unirent ce qu'ils possédaient en Rimou à leur prieuré de Tremblay et conservèrent jusqu'à la Révolution une partie des dîmes de Rimou et le droit de présenter le recteur de cette paroisse. Peu de temps après la fondation de leur abbaye, les chanoines réguliers de Rillé reçurent de leur côté quelque chose à Rimou.

Rimou semble avoir été dès le 12e siècle une localité assez importante ; importance qu'elle devait sans doute à l'existence d'un pont qui établissait une communication entre les deux rives du Couësnon. Naguère on voyait encore dans le bourg, entre l'église et la rivière, des vestiges d'une ancienne fortification élevée, semble-t-il, pour défendre ce pont et empêcher au besoin le passage. Dans la grande charte de 1163 en faveur de Rillé, Raoul II, seigneur de Fougères, donne à cette abbaye la dîme des moulins, du passage et du cens de Minou. A cette époque, le baron de Fougères devait posséder la seigneurie entière de Rimou avec son château, bâti près du bourg et au bord du Couësnon, sa métairie l'avoisinant et les deux moulins assis près de la rivière. Mais de bonne heure le puissant seigneur abandonna à l'un de ses nobles vassaux tout le domaine proche de Rimou et lui concéda même un fief, parce que ce vassal s'obligea à devenir le sergent féodé de la châtellenie de Rimou que se réservait le sire de Fougères. A partir de ce moment, il y eut deux seigneuries portant le nom de Rimou : la châtellenie, membre de la baronnie de Fougères, comprenant toute la paroisse de Rimou et s'étendant même aux environs, — et la terre seigneuriale de Rimou, gage féodé de la sergentise de cette châtellenie. La châtellenie de Rimou demeura toujours entre les mains des barons de Fougères, qui l'unirent souvent à leurs châtellenies d'Antrain, de Marcillé et de Bazouges. Une seule fois, semble-t-il, Rimou fut distrait de Fougères, quand le duc d'Alençon démembra cette baronnie pour payer sa rançon aux Anglais. La châtellenie de Rimou fut alors vendue, le 4 août 1427, à un habitant de Vitré nommé Guillaume Pichot, moyennant 2 000 écus d'or ; mais cette vente fut annulée bientôt, car Jean V, duc de Bretagne, ayant acheté dès 1428 la baronnie même de Fougères, remboursa ledit Pichot et prit possession de Rimou en 1439.

D'après M. Maupillé, le revenu fixe de la châtellenie de Rimou ne consistait plus, au commencement du 18e siècle, qu'en 236 livres en argent et 59 boisseaux d'avoine. Le baron de Fougères était seigneur supérieur et premier prééminencier de l'église de Rimou, à cause de sa châtellenie, mais le droit de fondation de la paroisse appartenait au seigneur de Rimou, dans le fief duquel elle se trouvait. On voit encore aujourd'hui l'antique motte féodale du château de Rimou, baignée par les eaux du Couësnon ; c'est le dernier souvenir de la châtellenie. Cette seigneurie dépendait jusqu'en 1789 de la baronnie de Fougères.

Les seigneurs du Boisbaudry avaient autrefois au bourg de Rimou un droit de cep et de pilori. Ceux de Montmoron en Romazy y possédaient une halle.

Pendant la Révolution, la commune est le théâtre de luttes sanglantes entre chouans et républicains. Sa défense par l’abbé Macé, Marie Collin et Trébourg, en est un des épisodes les plus marquants.

Le patrimoine naturel de la commune est également un élément structurant et identitaire, en effet on y trouve un paysage bocager parcouru par le Couesnon.

Aires d'études Pays de Fougères
Adresse Commune : Rimou

Annexes

  • Patrimoine industriel en Ille-et-Vilaine

    Voir aussi enquête thématique 'Patrimoine industriel en Ille-et-Vilaine' - Marina Gasnier, 1998 : .

  • Cadastre, 1822 - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

    20083505007NUC : Cadastre, 1822 - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

    20083505022NUC : Cadastre, 1822 - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

Références documentaires

Documents figurés
  • Tableau d'assemblage du plan cadastral parcellaire de la commune de RIMOU, Canton d'Antrain, Arrondissement de Fougères, Département d'Ille-et-Vilaine. Terminé sur le terrain le 1er octobre 1822, sous l'administration de Monr le Comte de la Villegontier, Préfet, Mr Morel, Maire. Sous la direction de Mr Levaillant, directeur des contributions, Mr Naylies, Géomètre en chef. Par Mr Roger, géomètre. Papier, encre, aquarelle, échelle 1 : 10000e. (A.D. Ille-et-Vilaine).

  • Rimou. Section B du Milieu, en 4 feuilles, 1ère feuille, par Roger, géomètre. Papier, encre, aquarelle, 1823, échelle 1 : 2500 e. (A.D. Ille-et-Vilaine).

Bibliographie
  • BADAULT, Dominique. CHEVRINAIS, Jean-Claude. ANTRAIN et son canton. Chronique de la vie quotidienne 1880-1950. Editions Danclau, 1996.

    p. 135-143
  • BANÉAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine. Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1927 ; reprint, Mayenne : Editions Régionales de l´Ouest, 1994.

    t. 3, p. 278-281
  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic Editions, 2000. (Le patrimoine des communes de France).

    p. 66-69
  • Patrimoine écrit d'Ille-et-Vilaine : Les Fastes de la République. Monographie de la commune de Rimou ou admirable conduite de Marie Colin, de Gilles Trébourg, de l'abbé Macé en 1795 et 1796. Par Victor Chapellière Instituteur public. Rennes : Conseii général d'Ille-et-Vilaine, Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 2008.

  • GUILLOTIN DE CORSON, abbé. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray, Paris : René Haton, 1884.

  • FROTIER DE LA MESSELIERE, Henri. Le guide de l'Ille-et-Vilaine. Plouagat : GP Impressions-Kervaux, 1994.

  • GASNIER, Marina. INVENTAIRE GÉNÉRAL DES MONUMENTS ET DES RICHESSES ARTISTIQUES DE LA FRANCE, Comission régionale Bretagne. Patrimoine industriel d'Ille-et-Vilaine. Editions du Patrimoine, 2002, (Indicateurs du patrimoine).

  • INVENTAIRE GÉNÉRAL DES MONUMENTS ET DES RICHESSES ARTISTIQUES DE LA FRANCE. Région Bretagne. Eglises et Chapelles, Ille-et-Vilaine. Rennes : Association pour l'Inventaire Bretagne, 1996, (Indicateurs du patrimoine).

  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

  • ORAIN, Adolphe. Petite géographie pittoresque du département d'Ille-et-Vilaine pour servir de guide aux voyageurs dans Rennes et le Département. Rennes : P. Dubois Libraire-éditeur, 1884.

  • PAUTREL, Emile. Notions d'histoire et d'archéologie pour la région de Fougères, 1927.

  • PEROUSE DE MONTCLOS, Jean-Marie. Architecture, méthode et vocabulaire. Paris : Inventaire Général des monuments et des richesses artistiques de la France, Centre des monuments nationaux/Editions du patrimoine, 2000.