Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Présentation de la commune de Saint-Martin-sur-Oust

Dossier IA56006498 réalisé en 1982

Fiche

Œuvres contenues

Une enquête d’inventaire

Le territoire

L'approche topographique, en considérant avant tout l'œuvre dans son territoire, fait de l'Inventaire un interlocuteur privilégié des organismes et des responsables locaux chargés de la gestion du patrimoine et de l'aménagement de ce territoire. Partout, la richesse et les particularismes du patrimoine constituent des leviers de développement. Les travaux de l'Inventaire permettent d'accompagner une démarche de reconnaissance culturelle tant dans des secteurs ruraux qu'urbains, et aussi de fournir un outil d'aide à la décision en livrant des arguments essentiels à la compréhension historique et esthétique du territoire.

La restitution des données

La restitution des données découle de la méthode d'analyse. À chaque élément étudié correspond une notice. Chacun de ces éléments fait généralement partie, sur un territoire donné, d'une famille d'édifices (maisons et fermes, manoirs et châteaux, églises et chapelles...) ou d'édicules (croix, fontaines et lavoirs, ponts…) ; leurs paramètres descriptifs sont rassemblés dans un dossier collectif, au niveau communal. Au niveau cantonal, un second dossier collectif restitue les caractères communs de la famille sous forme d’observations générales.

Certains de ces éléments particulièrement bien conservés, représentatifs d'une famille ou au contraire uniques, sont sélectionnés et font l'objet d'une notice plus approfondie.

Les dossiers sont classés du général ou du collectif au particulier, par lieu-dit ; les objets mobiliers sont reliés à leur édifice contenant par une notice intermédiaire intitulée « Le patrimoine mobilier de l'église... » ou « Le patrimoine mobilier de la chapelle... ».

L'enquête sur le patrimoine de la commune de Saint-Martin-sur-Oust

Elle s’est déroulée en deux campagnes distinctes :

1) La première enquête s’est échelonnée sur le terrain entre 1982 et 1984 dans un cadre d’études d’inventaire topographique.

Elle a porté sur l'ensemble des éléments bâtis jusqu'en 1950 et sur les objets contenus dans l’église. Elle a abouti à des dossiers « papier ». Les œuvres remarquables ou représentatives du patrimoine, localisées aussi précisément que possible, ont fait alors l’objet d’une notice documentée, accompagnée de photographies et éventuellement de relevés architecturaux.

2) La seconde enquête s’est déroulée entre 2013 et 2014, dans le cadre d’études des communes riveraines du canal de Nantes à Brest.

Après avoir inventorié le réseau du canal (écluses, sites d’écluses, ponts…), il a été décidé d’élargir le champ d’investigation sur une bande de 5 km de largeur totale, de chaque côté du canal, pour mettre en valeur le patrimoine culturel en Bretagne intérieure. Tous les dossiers concernant les communes riveraines ont alors été rassemblés : import des notices électroniques, géoréférencement des œuvres, intégration des illustrations, des notes de lecture et de terrain, mise aux normes d’une bibliographie courante, création des liens entre les notices. Une sélection des œuvres intéressantes du point de vue touristique a été réalisée ainsi que des retours sur le terrain, ne concernant que ces œuvres.

La publication des dossiers permet donc de rassembler des enquêtes issues de cadres d’études différents. Elle est aussi l’occasion de les enrichir de photographies prises en 2013, ainsi que de quelques œuvres qui n’avaient pas été retenues.

S’appuyant d’abord sur l’observation du terrain, le travail des chargés d’étude se nourrit des recherches menées localement ; les résultats de l’enquête viennent en retour alimenter la connaissance du territoire. L’inventaire ainsi réalisé se propose de mobiliser les habitants, de les sensibiliser à la valeur de leur patrimoine bâti et de partager avec eux les connaissances. Qu’il nous soit permis de remercier ici les habitants - et tout particulièrement M. René Guillaume qui a mis ses connaissances à notre disposition - pour leur accueil et pour le temps qu’ils ont bien voulu consacrer à cette étude.

Présentation de la commune de Saint-Martin-sur-Oust

Le territoire de la commune de Saint-Martin-sur-Oust a très grossièrement la forme d’un rectangle horizontal dont les côtés ouest et sud sont bordés par la rivière d’Oust, canalisée au 19e siècle. Selon le géographe Ogée qui décrit les communes de Bretagne à la moitié du 18e siècle, « le territoire offre à la vue des terres bien cultivées, des prairies fertiles, quelques bois, des arbres fruitiers et des landes ». Sur le cadastre de 1825, la frontière nord de la commune est constituée par le ruisseau du « Tremendu », le chemin du Houssa, qui sépare les landes du Houssa (Saint-Laurent-sur-Oust) des friches des Noës de Hinga et de celles de la Foy. Au bois de Grizan, à l’est, le ruisseau de Groutel sépare la commune de celle des Fougerêts. L’Étang neuf existe déjà et semble bordé d’une chaussée dans sa partie sud-ouest ; il s'écoule vers le sud par le ruisseau du Moulin neuf, qui approvisionne au passage l’étang du château de Castellan, pour aller ensuite se jeter dans l’Oust au sud de la Repousais. Prenant sa source dans les friches de la Foy, le ruisseau de la Vieille Forêt, après avoir traversé l’étang du Vaulaurent, se poursuit vers le sud et vient alimenter la retenue du Petit moulin, à l’est du bourg ; son cours dévie brusquement vers l’est et rejoint la rivière d’Oust en deux bras, à l’ouest de la Luardaye.

En 1825, toute la partie nord du territoire est constituée de landes qui descendent jusqu’à la hauteur de l’étang du Vaulaurent. Au nord-ouest de la commune, ce qui aujourd’hui apparaît sur la carte IGN au 1 : 25000e comme le « Commun de Tréménan » est un espace absolument vide, seulement bordé par une bande étroite divisée en petites parcelles le long de l’Oust ; deux lieux-dits y paraissent : le Dégouta et le Pot. Le centre de la commune, entre les deux étangs, est lui aussi particulièrement dépourvu de constructions. Les défrichements y ont commencé à partir de la seconde partie du 19e siècle et se traduisent encore aujourd’hui par une densité légèrement moindre des constructions ; ils portent parfois des noms révélateurs de cette époque : Ker Anna, l’Espérance, la Santé…

Deux passages existaient pour franchir la rivière d’Oust : le Guélin, à l’ouest du bourg, et Dégoutta, à l’ouest de la commune, face à Saint-Congard, deux passages où existaient un port et un bac tenu par la famille de Castellan, qui, au 18e siècle se voit maintenue dans ses droits, charge à elle « d’entretenir le bac et les bateaux nécessaires avec le nombre d’homme suffisant pour le service du passage ».

Les moulins à vent étaient bien sûr installés sur les endroits les plus élevés ; il reste les vestiges de trois d’entre eux : au nord, le moulin à petit pied du Grand Houssa, à l’est les moulins de Trélan et de la Luardaye. Quant aux cinq moulins à eau, deux utilisaient l’Oust : Rieux et le moulin de la Née ; le moulin de Groutel était alimenté par le ruisseau du même nom, qui borde la frontière orientale de Saint-Martin avec Les Fougerêts ; le moulin de Vaulaurent a cessé de fonctionner ; le Petit Moulin, à l’est du bourg, a été détruit en 1863.

Les carrières de schiste sont exploitées jusque dans les années 1945-1950. La pierre qui en est extraite est employée à la construction des maisons de la région.

Les manoirs et châteaux

Parmi les « lieux nobles » attestés dans les textes de la Réformation (recensement de la noblesse) de 1427, peu sont parvenus jusqu’à nous. Au sud-est, l'ancien manoir de la Luardaye (sélection), dont le logis du 18e siècle a été agrandi d’un corps de bâtiment au 19e siècle ; à l’ouest du bourg, le château (sélection) de Castellan (inscrit MH), construit en 1732, montre un bon exemple de grande demeure « classique » du 18e siècle. Quelques très beaux vestiges de l’hébergement de la Touche sont conservés dans la ferme de la Touche ronde (sélection).

Les autres manoirs sont les suivants :

- « L’hébergement du Houssaye noble entien appartenant à Guillaume Danet et Jehan Danet son fils ouquel ils demourent et sont exempts » [d’impôts]. D’après le texte de la Montre (convocation de l’arrière-ban de la noblesse) de 1477, Jehan de la Houssaye dispose de 10 livres de rente. En 1536, il appartient à l’écuyer Jehan de la Houssaye. Sur le plan cadastral de 1825, une allée précède une cour triangulaire close par le logis au sud et deux grands bâtiments, un à l’ouest, un à l’est, ce dernier semblant débuter au nord par une chapelle (d’après la forme du bâtiment). Un colombier ou un moulin en ruines est figuré au sud-est du manoir. Il ne subsiste que la partie sud-ouest du logis, l’aile est des dépendances et une petite partie de celles de l’ouest. La chapelle, dont on sait qu’une messe y était célébrée depuis 1658, a disparu. Aucune visite n’a été effectuée en ce lieu.

Dans le site http://pinsonnais.free.fr, on peut retrouver la généalogie de la famille de la Houssaye, qui porte peut-être les armes (échiqueté d’argent et d’azur) de l’un des plus célèbres capitaines bretons, Eustache de la Houssaye, nommé Maréchal de Bretagne par le duc Jean IV.

- « L’hébergement de la Peliczonaye [Plissonnaye] entien appartenant à Jehan Hastelou sieur de Trelan ouquel a metayrie entienne franche et exempte. » D’après le texte de la Montre de 1464, Jehan Hastelou dispose de 120 livres de rente ; à la convocation de 1477, où il est représenté par son fils Pierre, il dispose de 100 livres de rente. Lors de la Réformation de 1536, la Brissonnais appartient à Vincent du Bobry. Manoir disparu.

- « L’hébergement et manoir de Trelan entien appartenant à Jehan Hastelou ouquel il demoure, et y a metayrie entienne franche et exempte. » Le propriétaire de ce lieu est mentionné dans les Montres de 1464 et de 1477 (voir la Plissonaye) ; en 1536, il est la propriété de Vincent du Bobry. Figurant encore sur le cadastre de 1825, le manoir a disparu, remplacé par une ferme construite en 1905 ; la ferme toute proche, du 17e siècle (?), est peut-être l’ancienne métairie. Le moulin à vent de Trélan existe encore, à l’état de ruines.

- « L’hébergement entien de la Touche appartenant à Guillaume de St Martin ouquel y a metayrie entienne et exempte. » Le propriétaire de ce lieu n’est pas mentionné dans les Montres de 1464 et de 1477 ; en 1536, il est la propriété de Vincent du Bobry. Manoir disparu.

NB : d'après la Montre de 1536, ces trois "hébergements" appartiennent à Vincent du Bobry que l'on connaît aussi sous le nom de Vincent du Boberil ; cette maison noble, dans la famille depuis le XIIIe siècle, est située en la paroisse de L'Hermitage (évêché de Rennes) ; Vincent est le fils de Galhaut du Boberil et de Yvonne de Hastelou, "fille de bonne maison, dont l'origine est la maison noble du Trelan, en la paroisse de Sainct-Martin, de laquelle ils estoinct seigneurs, evesché de Vennes."

Voir : La noblesse de Bretagne devant la Chambre de la Réformation 1668-1671 - Comte de Rosmorduc, 1896, tome II, p. 46-54, 2013 ; en ligne sur Tudchentil.org, www.tudchentil.org/spip.php?article902.

- La Frairie de Treliez (Crélier) ou village de la Touche Piart « appartenant à Allain Boucel ouquel a metayrie entienne franche et exempte. » D’après le texte de la Montre de 1464, Jehan Bouexel de la Touche Piart, représenté par Jehan de la Grenaudaye, dispose de 40 livres de rente ; à la convocation de 1477, Jehan Bouexel dispose de 25 livres de rente. En 1536, le manoir appartient à Guillaume Boucel. Il ne subsiste aujourd’hui qu’une ancienne ferme datée 1661 (cf Les maisons & les fermes de la commune de Saint-Martin).

Enfin, le texte de la Réformation de 1536 mentionne pour la première fois le Galivier, à Gilles Even. Le manoir a disparu.

Le patrimoine religieux

Sur les très nombreuses croix de chemin qui se répartissent sur tout le territoire de la commune, 24 ont été repérées ; les plus anciennes remontent au 16e siècle ; elles reposent toutes sur un soubassement sauf celle du Pot. Six d’entre elles, surtout du 17e siècle, sont en granite : celles du bourg, de la chapelle Saint-Mathurin, de Castellan et celle de la Touche (qui remplace, en 1915, une croix en schiste). Toutes les autres sont taillées dans un palis de schiste.

La chapelle Saint-Léonard, édifice très simple portant la date 1651, rappelle le prieuré fondé là vers 1162 par les religieuses de l’abbaye Saint-Sulpice près de Rennes. La chapelle Saint-Mathurin, du 15e siècle, a été remaniée au début et à la fin du 17e siècle et abrite un mobilier intéressant, restauré depuis peu ; la croix monumentale toute proche, également du 17e siècle, est protégée au titre des Monuments historiques depuis 1928.

La première église paroissiale Saint-Martin datait du 15e siècle ; les remaniements importants qui l’ont touchée au milieu du 19e siècle (transept et clocher) ont notamment introduit des pierres de calcaire dans la maçonnerie de son clocher ; un siècle plus tard (1958-1960), la nef entièrement démolie est reconstruite en béton ; on utilise alors les propriétés de ce matériau pour créer un seul espace sous des voûtes en ogive reposant directement sur le sol. L’église a conservé trois beaux retables du début du 18e siècle.

L'habitat rural

Lors de l’enquête, 110 maisons ou fermes ont été repérées ; il s’agit pour beaucoup d’un habitat modeste, dont la moitié est composée de petits logis à une pièce ; parmi eux, 5 fermes (18e siècle) ont une porte unique pour l’entrée du logis et de l’étable ; 5 maisons (18e et 19e siècles) n’ont pas de fenêtre et n’étaient éclairées que par l’ouverture de la porte.

Le matériau des murs est toujours du moellon de schiste, parfois accompagné de grès, granite ou quartz, dont on peut admirer la qualité de mise en œuvre (carreaux et boutisses). Le matériau d’entourage des baies varie ; généralement, une fine dalle de schiste sert d’appui de fenêtre ; quant au linteau, les grandes dalles de schiste courantes au 17e siècle – période au cours de laquelle de nombreuses dates sont gravées –, sont remplacées par du bois au 18e siècle ; à partir de la fin du 19e siècle, il adopte la taille et les dimensions industrielles tout comme le granite qui commence à apparaître dans les édifices les plus modestes, tandis que la brique apporte sa touche de couleur, toujours en alternance avec eux. Quelques villages intéressants : le Bois neuf, Rieux, le Guélin, le Galivier, Véret, la Luardaye, Hinga, la Brissais… ont été retenus pour la disposition des bâtiments en rangées ; c’est une caractéristique de l’habitat autour de Redon, déjà décelable sur le cadastre napoléonien levé en 1825.

(M. -D Menant)

Aires d'études Communes riveraines du canal de Nantes à Brest, Gacilly (La)
Adresse Commune : Saint-Martin-sur-Oust

Références documentaires

Documents figurés
  • Saint-Martin-sur-Oust. Cadastre napoléonien, section H de La Houssaye. Levée par M. Quermeleuc, géomètre, 1825, échelle 1/2500 e.

    Archives départementales du Morbihan : 3 P 269/14
  • [Vue aérienne du bourg prise depuis le sud-est]. Carte postale, Louannec : Collection d'art Jack, vers 1970.

    Collection particulière
  • St-MARTIN-sur-OUST. - Château de Bois de Haut (Façade Nord). Carte postale, 2e quart 20e siècle.

    Collection particulière
  • Environs de LA GACILLY. - SAINT-MARTIN. Le lavoir de la Fontaine. Carte postale, La Gacilly : Brosseau, photographe, vers 1910.

    Collection particulière
Bibliographie
  • LE MENÉ, Jean-Marie. Histoire archéologique, féodale et religieuse des paroisses du diocèse de Vannes. Vannes, 1891-1894. Reéd. Coop Breizh, 1994.

    t. 2, p. 418-421 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • LAIGUE, René, comte de. La noblesse bretonne aux XVe et XVIe siècles. Réformations et montres. Evêché de Vannes. Vannes, 1902, rééd. Versailles : Mémoires & Documents, 2001.

    p. 732-735 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • Le patrimoine des communes du Morbihan. Paris : Flohic éditions, 1998. (Le patrimoine des communes de France).

    p. 290-293, fig Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. 1ère édition 1778-1780. Nouvelle édition, revue et augmentée par MM. A. Marteville, et P. Varin, avec la collaboration principale de MM. de Blois, Ducrest de Villeneuve, Guépin de Nantes et Lehuérou. Rennes : Molliex, libraire-éditeur, 1843-1853.

    t. 2, p. 834-835 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)

Liens web