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Présentation de la commune de Saint-Père-Marc-en-Poulet

Dossier IA35045680 réalisé en 2006

Fiche

Œuvres contenues

Saint-Père-Marc-en-Poulet

Canton de Châteauneuf-d'Ille-et-Vilaine

Arrondissement de Saint-Malo

Superficie : 1970 ha

Population en 1999 : 1750 habitants

Cours d'eau : le ruisseau de la Goutte

Présentation de l'enquête

Le recensement préliminaire à l'étude du patrimoine mobilier et architectural de la commune de Saint-Père-Marc-en-Poulet a été réalisé, concernant l'architecture, de juillet à novembre 2006. Il comprend 288 dossiers relatifs à des bâtiments antérieurs au milieu du 20e siècle. Ces dossiers n'ont pas la prétention d'être exhaustifs, cependant, ils contiennent différents types d'informations : description, datation, historique, renseignements sur les matériaux, photographies du bâtiment, localisation cartographique de ce dernier, etc. Sur la totalité des bâtiments de la commune, 23 ont été sélectionnés en vue d'une étude approfondie future. D'autre part, un certain nombre de bâtiments antérieurs au milieu du 20e siècle ont simplement été recensés, c'est-à-dire qu'ils sont localisables grâce au système d'information géographique Géoviewer. Cependant, des transformations importantes ne permettant pas d'interpréter ces bâtiments, ils n'ont pas fait l'objet d'un dossier individuel et sont regroupés dans le dossier des "maisons et fermes non analysées".

Une enquête de pré-inventaire du patrimoine a déjà été réalisée sur la commune de Saint-Père-Marc-en-Poulet en 1969. C'est pourquoi certains dossiers sont illustrés, en plus des photographies actuelles, par des photographies en noir et blanc, prises dans le cadre de cette précédente enquête. Ces photographies sont très intéressantes car elles permettent de comparer l'état actuel de certains bâtiments avec celui dans lequel ils se trouvaient il y a plus de trente ans. De plus, ces précédents dossiers font parfois mention d'inscriptions ou de dates portées qui ne sont parfois plus lisibles ou qui ont disparu actuellement.

Présentation de la commune

Le territoire de Saint-Père-Marc-en-Poulet s'étend sur 1970 hectares. Il est limitrophe des communes de Saint-Jouan-des-Guérets au nord-ouest, Saint-Méloir-des-Ondes au nord, la Gouesnière, Saint-Guinoux à l'est, Miniac-Morvan, Châteauneuf d'Ille-et-Vilaine au sud, La Ville-es-Nonais et Saint-Suliac au sud-ouest. La commune est traversée dans sa partie sud-ouest par la quatre voies Rennes - Saint-Malo, réalisée au cours du 4e quart du 20e siècle.

D'après Théodore Chalmel, l'origine et l'étymologie de Saint-Père-Marc-en-Poulet s'expliquent de la manière suivante. Saint-Père-Marc-en-Poulet est formé du gallois "Per" qui signifie Pierre, apôtre, à qui fut dédié le premier oratoire élevé sur l'emplacement de l'église actuelle et des mots "Marc-en-Poulet" ajoutés plus tard, probablement pour éviter une confusion possible avec Saint-Pierre-de-Plesguen, situé à 17 kilomètres au sud et peut-être fondé à la même époque. Le mot "Marc" dérive du Franck "marck" qui signifie dans un sens restreint : démarcation, limite, frontière. Saint-Père se trouve, en effet, sur la frontière du Clos-Poulet. Poulet est une contraction de Plou-Aleth, pays d'Aleth, nom officiel romain donné au territoire fermé par la mer, la Bruyère et la Rance, relié à la terre ferme par l'isthme étroit de Châteauneuf. Saint-Père-Marc-en-Poulet signifie donc saint Pierre sur la frontière du pays d'Aleth. Cette dénomination se retrouve dans les anciens textes des registres paroissiaux et même jusqu'à la Révolution, époque à laquelle Saint-Père-Marc-en-Poulet prend le nom de Père-en-Poulet.

Cadre géographique

Le territoire communal se compose d'une plaine mouvementée où les différences de niveau varient entre 5 et 60 mètres. Le bourg s'est développé sur le point culminant. A l'ouest de la commune, une partie du territoire est bordée par les grèves de Beauchet et du Grand Marais formées par l'estuaire de la Rance, site classé par la DIREN (Direction Régionale de l'Environnement). Les ruisseaux de la Goutte et de la Couaille s'y jettent. Au sud-est se situe une partie de la vaste plaine marécageuse qui s'étend également sur Saint-Guinoux, Lillemer, Plerguer, Miniac et Châteauneuf. Au sud du territoire, dans le prolongement du château de Châteauneuf se trouvaient une partie du parc et les bassins. Aujourd'hui, il n'en subsiste aucune trace mais ils sont clairement représentés sur les cadastres de 1809 et 1848.

Le territoire de Saint-Père-Marc-en-Poulet est aux trois quarts assis sur une bande de schistes cambriens ou phyllades, orientée sud-ouest/ nord-est. Une zone de quartz, ayant la même orientation, est nettement déterminée des environs de la Marelle à la Picaudais. Au sud-est, à partir de Châteauneuf, il existe une étroite bande, également orientée sud-ouest/nord-est, formée de granite gneissique.

Il existait des carrières de granite, au sud de la commune, à Bellisle (aujourd'hui le Bas Marais) et au Tertre. Le fort, l'église actuelle et la plupart des maisons ont utilisé les matériaux provenant de ces carrières. La zone quartzique a donné les carrières de la Croix-Hodye, de Claire-Vue, du Clos-du-Jardin, des Champs-Chauffaux, aujourd'hui comblées. Ces carrières servaient à l'empierrement des chemins.

Actuellement, une carrière de granite est en exploitation au sud du territoire, à l'ouest du fort.

Contexte historique

La fondation de la paroisse de Saint-Père-Marc-en-Poulet remonterait, semble-t-il, au 6e ou 7e siècle. Il s'agirait de l'une des plus anciennes paroisses du Clos-Poulet. En 1152, elle dépendait de l'évêché de Saint-Malo. Quatre églises s'y seraient succédées. La première aurait été construite vers le 6e siècle. Quant à l'église actuelle, elle a été bénie en 1904.

Il existait au lieu-dit la Mâre un prieuré et une chapelle dédiée à saint David. Ce prieuré dépendait de Léhon, près de Dinan et par suite indirectement de Marmoutiers depuis que Léhon était devenu prieuré de cette puissante abbaye. En 1182, Albert, évêque de Saint-Malo confirma les moines de Léhon dans la possession de la chapelle de la Mâre.

Au 15e siècle, le bourg détenait l'auditoire, la prison, les ceps et collier de la seigneurie de Saint-Père. Durant les guerres de Religion, Saint-Père-Marc-en-Poulet fut le lieu d'un massacre de ligueurs. En effet, une troupe de Ligueurs, sous les ordres du capitaine Jean d'Avaugour dit de Saint-Laurent, tomba dans une embuscade en 1597 : la troupe fut anéantie en allant secourir le château du Plessis-Bertrand en Saint-Coulomb.

L'économie locale

Théodore Chalmel nous apporte beaucoup d'informations relatives à l'économie locale. Au 18e siècle, les céréales formaient la base de l'exploitation rurale. Le froment, le seigle et la paumelle (orge de printemps) occupaient les deux tiers des terres labourées. Le reste était en prairies artificielles, pommes de terre, colza, lin et chanvre. La culture des plantes textiles était répandue, et ce, déjà au 17e siècle. De nombreuses parcelles portaient les noms de chènevière et linière. Chaque métairie avait la sienne. Les particuliers y consacraient un coin de leurs jardins. L'avoine n'a jamais été cultivée pour la vente, mais seulement pour les besoins domestiques. Le sarrasin ou blé noir, importé au 16e siècle, prit une grande extension.

Au début du 19e siècle, les céréales ne furent plus la base de l'exploitation rurale. Elles cédèrent la place aux plantes industrielles : colza, lin, chanvre, pommes de terres, tabac, qui furent cultivées à grande échelle. La culture du tabac apparut en 1817, date de la première déclaration à la mairie. Après avoir été un instant florissante, cette culture diminua progressivement de 1900 à 1925, pour disparaître tout à fait en 1926. Actuellement, il reste quelques séchoirs à tabac transformés à l'Ecure et à Beaulieu. Vers 1860, le lin et le chanvre occupaient plusieurs hectares et donnèrent naissance à la petite industrie locale qui exigeait une main-d'oeuvre affectée au rouissage, au teillage,