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Présentation de la commune du Rheu

Dossier IA35041799 réalisé en 1974

Fiche

L’opération d’inventaire :

La commune du Rheu a fait l’objet d’une opération de recensement de son patrimoine bâti entre octobre 2016 et janvier 2017. Elle a été réalisée dans le cadre du futur Plan Local d’Urbanisme Intercommunal de Rennes Métropole et en partenariat avec le Master 2 Restauration et Réhabilitation du patrimoine bâti de l’Université Rennes 2. Lors de cette étude, 230 fiches ont été réalisées représentant près de 630 bâtiments ou ensembles. Le recensement s’étend des bâtiments anciens antérieurs à 1970 allant jusqu’aux années 1980 pour les maisons d’architectes dans les lotissements.

Suite à cette étape, 15 études collectives et individuelles ont été réalisées. Des dossiers collectifs sur les anciennes fermes, les manoirs et châteaux ou encore les lotissements Bardet ont été créés afin d’avoir une vision générale du territoire rheusois. Ces études sont exhaustives et comportent différentes informations comme des datations, un historique, une description, des photographies ou les principaux matériaux utilisés. Ces données se sont notamment appuyées sur une première enquête réalisée en 1974 - 1975 par l’Inventaire du patrimoine culturel de la région Bretagne, traitant essentiellement du patrimoine seigneurial et agricole ainsi que que le contexte paysager et naturel.

Localisation :

La commune de Le Rheu est située en Ille-et-Vilaine, à l’ouest de Rennes. Elle est limitrophe des villes de Rennes et de Saint-Jacques-de-la-Lande à l’est ; de Vezin-le-Coquet, Pacé et l’Hermitage au nord ; de Mordelles à l’ouest et de Chavagne au sud. Placée en première couronne dans l'agglomération rennaise, elle est séparée de la ville-centre par une frontière naturelle à l’est, la Vilaine. Le Rheu comprend également une rivière, “la Flume”, qui borde la commune au nord sur près de cinq kilomètres. A l’ouest, un ruisseau, “le Lindon”, traverse le bourg de le Rheu. Ce dernier, peu profond à l'état naturel, a été canalisé à plusieurs reprises dans la traversée du bourg à partir du 19e siècle suite à de nombreuses inondations.

Typologies :

Située en fond de vallée, la commune tirerait son nom de sa faible altitude. Au cours des siècles, on trouve des orthographes différentes : Rodo (1279) – Le Rou (1388)- Bourg-Dourou (1397) – La Paroesse du Ru (1539) – Le Roey (1683). A la fin du 17e siècle, on alterne avec plusieurs orthographes : Le Rou – Le Reu – Le Ru – le Rheu. A la Révolution, la commune garde son orthographe actuelle.

Paysage :

Son altitude moyenne est de 34 mètres et son point culminant est situé derrière l'Institut National de Recherche Agronomiques (INRA) à 46 mètres. Son point le plus faible se situe à 15 mètres

Le remembrement des terres agricoles s'effectue à partir des années 1960 à Moigné, puis au Rheu. Le paysage est composé de plusieurs bois, notamment celui de la Motte et de la Freslonnière qui sont des espaces boisés classés. Le long de la Vilaine se situe le site des Priaux, constitué d’anciennes sablonnières qui ont conservé leur bassin d’extraction.

Administration :

Le 1er mars 1965, les communes du Rheu et de Moigné fusionnent à l’initiative de Moigné, alors un petit bourg de 290 habitants. Cette réunification complète la commune du Rheu qui possède une activité artisanale ainsi que des logements résidentiels. Grâce à cette réunification, Moigné apporte son activité agricole à la nouvelle commune rheusoise qui s’étend désormais sur une surface de 1900 hectares. Au 1er janvier 2016, la ville comporte 8249 habitants répartis dans les lieux-dit et dans trois principaux foyers de peuplement : le centre-ville de Le Rheu, les Landes d’Apigné autour de la RN24 et l’ancien bourg de Moigné.

Le blason de la commune est créé en 1975 : les couleurs argent et rouge rappellent celles des armoiries des principales familles du Rheu. Les3 marmites à 3 pieds évoquent Le Rheu, Moigné et les Landes d’Apigné. La bordure jaune et noire illustre la vie associative de la commune. De plus, deux gerbes de blé croisées évoquent l’histoire agricole du Rheu et de Moigné.

L'Histoire du Rheu :

- Une occupation ancienne :

La commune conserve les traces d’une occupation préhistorique et protohistorique dont témoigne la découverte de vestiges à l’emplacement de lieux-dits existants comme au Tertre de La Fleuriais ou encore à Moigné. Le territoire est traversé par une ancienne voie romaine reliant Rennes à Vannes. Des vestiges archéologiques, dont un temple romain, ont été découverts à proximité de cet axe ancien. Le tracé de cette voie persista jusqu’à nos jours et correspond actuellement à la Route Nationale 24 (RN 24).

- L'implantation de seigneuries anciennes :

Le territoire est organisé selon l’implantation de plusieurs grands domaines seigneuriaux. au Moyen-Age, les seigneurs de la Freslonnière, d’Apigné, de Méjusseaume, de La Motte-au-Vicomte pour le bourg du Rheu et les seigneurs de Coutance, Cherville, Bautier pour le bourg de Moigné dominent le territoire et régissent la communauté. Ils jouissent de droit de prééminences et de droits honrifiques dans les deux églises paroissiales du Rheu et de Moigné (Saint-Melaine), mais aussi de Chavagne, de Mordelles et de l’Hermitage. Les armes de la famille de Freslon et des seigneurs de Verrière étaient apposées sur les vitraux de l'église Saint-Pierre et Saint-Paul. Certaines seigneuries possédaient leur propre chapelle comme celles d’Apigné, de Bautier ou de La Freslonnière. L'iinfluence de ces familles et leur rôle dans la vie publique s'étend bien après la Révolution et dure juqeu'au 20e siècle puisque deux maires se succèdent de 1876 à 1953, l'un de la famille de Freslon et l'autre de celle du Boisbaudry.

Cette noblesse a marqué le territoire par une architecture savante et de grands domaines seigneuriaux dont subsistent encore de nombreux témoignages. Néanmoins, la disparition d'un certain nombre de ces ensembles peut être notée, comme le manoir de Coutance, le château fort d’Apigné, dont il il reste la motte et l'ancienne chapelle castrale ou le château de Méjusseaume.

Le Rheu se définit aussi par sa vocation agricole. En effet, le territoire est encore occupé par de nombreuses fermes, dont la plupart sont implantées en écart. Malgré de nombreuses disparitions, 94 ensembles ont été recensés. Ces ensembles comprennent logis, granges, hangars, étables et le patrimoine d’accompagnement comme les puits et les fours. Beaucoup de ces fermes étaient la propriété de familles nobles et gérées par des métayers. Ces anciennes fermes existent depuis les 18e et 19e siècles. Elles sont construites en terre selon la technique de la bauge, un mode de construction caractéristique du bassin rennais qui est conditionné par la nature argileuse du sous-sol.

- Un premier développement :

A partir de la seconde moitié du 19e siècle, l’industrie de la brique se développe sur le territoire. Cette production est favorisée par la nature du sous-sol argilo-sableux. Quatre briqueteries s'implantent sur la commune. Deux se trouvaient aux Landes d’Apigné, le long de la RN24. Situées près du réseau de tramway, le transport des matériaux était facilité. Une première a été implantée en 1851, puis une seconde en 1876. Les carrières de terre se trouvaient à proximité du lieu-dit de la Heuzardière. Une autre carrière, propriété du seigneur De Freslon se trouvait près du manoir du Tertre. Enfin, en 1906, une troisième briqueterie fut installée à Apigné et cessa son activité en 1971. La proximité avec la Vilaine facilite le transport des marchandises par voie fluviale. Elles connaissent une période de forte production après la guerre, car sollicitées pour la reconstruction de Rennes. Elles étaient composées d’un four et d’un hangar servant de lieu de stockage et de séchage pour les briques.

Le fleurissement de cette industrie se matérialise dans l’architecture rurale et urbaine. Elle se retrouve en particulièrement dans les encadrements d’ouvertures, les souches de cheminée, les chaînages d’angles. De même, des constructions singulières sont marqueurs de l’utilisation de ce matériau sur le territoire rheusois comme les châteaux de la Janais et d’Apigné, mais aussi la mairie, presque entièrement construite en briques.

Parallèlement à cet essor industriel, différents types de transports par voies ferrées se développent. En 1863, la construction de la gare de l’Hermitage permet de desservir le Rheu par la ligne Paris-Brest assurée par la Compagnie des Chemins de Fer de l’Ouest. Cette ligne voit aujourd’hui passer le TGV. En 1998, un tramway à vapeur est installé sur la commune. La voie du tramway était implantée à l’emplacement de l’actuelle RN24 et reliait Rennes à Plélan. Trois arrêts : La Croix-Verte, le Rheu et la Janais desservaient le Rheu. Elle permettait de faciliter le transport des marchandises et du bétail. Mal entretenu, il cessa son activité en 1948.

- Le passage du bourg à la ville :

Après la Seconde Guerre mondiale, la ville connaît une rupture avec notamment la disparition de métiers artisanaux liés à des savoir-faire traditionnels (tisserands, marchands ambulants, briquetiers, etc). Cette césure se fait au profit du développement du secteur tertiaire. Cela se matérialise dans l’architecture et le paysage, notamment dans le bourg et sa périphérie.

L’urbanisation du Rheu commence avec la création de lotissements. Le lotissement des Landes d’Apigné, composé de 110 maisons, est le premier réalisé en 1955. Il répond particulièrement à la demande croissante de logements due à l’arrivée de l’usine Citroën inaugurée en 1960 à la Janais. En effet, son implantation permet une intensification de l’économie de la commune avec une population ouvrière. Cependant, l’organisation de ces lotissements ne satisfait pas le maire de la ville, Jean Châtel, qui fait appel à l’urbaniste Gaston Bardet afin de développer le bourg et de générer un véritable urbanisme fondé sur le concept de la cité-jardin. Ce nouveau principe est un schéma de développement basé sur l’harmonie paysagère, architecturale, humaine et s’effectue autour du bourg par la création de lotissements. Sur les cinq initialement prévus, seuls trois sont réalisés : le lotissement de l’Ouest en 1959, le lotissement des Oiseaux en 1964 et le lotissement des Sports en 1966.

Après une première amorce d’accroissement économique avec l’installation de la zone d’aménagement concerté des Landes d'Apigné, l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) s'implante sur le territoire communal. Installé dans un premier temps à Rennes dès 1947, l’INRA se développe dans le bassin rennais. En 1968, elle s’établit au domaine de la Motte. Cet organisme possède plusieurs unités de recherches expérimentales basées sur la faune et la flore et engendre un dynamisme de l’emploi et une diversification des activités de la commune.

En parallèle, la mise en place de divers équipements collectifs sportifs, scolaires et culturels participent à l’attractivité du bourg. Le collège expérimental “Georges Brassens” est construit en 1974 et le lycée agricole en 1977. Des équipements sportifs sont intégrés dans les lotissements, majoritairement dans le lotissement des Sports de Gaston Bardet.

Avec les premiers lotissements apparaissent les premières zones d’activités en particulier à l’ouest des Landes d’Apigné. Le début de l’industrialisation de la commune se matérialise par un fort développement économique associé à une forte évolution démographique. Dans la commune, des Zones d’Activités Concertées (ZAC) sont construites correspondant à des procédures urbanistiques qui permettent d’aménager le territoire par la réalisation de bâtiments alliant diverses fonctions. Ces architectures ont un rôle d’habitation, de commerce, d’industrie, de service, d’installation et d’équipement collectif public ou privé. De 1973 à 1983, le programme de la ZAC du Chêne Vert est mis en place progressivement avec l’installation d’une soixantaine d’entreprises. Aujourd’hui, les zones d’activités du Rheu couvrent plus de 80 hectares. Ces aménagements engendrent une transformation dans l’urbanisme de la ville avec un changement dans les matériaux et modes de constructions au regard de leur fonction commerciale.

Au début des années 1980, l’implantation de la ZAC des Champs Freslon et le lotissement de la Bouvetière contribue à l’extension urbaine. L’association de logements collectifs et de maisons individuelles apportent une marque singulière par rapport aux autres zones. Une véritable politique sociale est mise en place.

Parallèlement, la commune entreprend une réflexion d’aménagement et de restructuration de ses deux centres-bourgs : Le Rheu et Moigné. A partir de 1978, le bourg du Rheu n’est plus simplement aménagé mais entièrement restructuré. La ville entreprend la destruction de bâtiments en terre pour laisser place à des résidences avec des espaces commerciaux en rez-de-chaussée.Le changement est également visible à Moigné, lié à différentes opérations urbanistiques de 1965 à 1971.

Dans les années 1970, Jean Auvergne fait construire un lotissement à Moigné puis une école, une salle polyvalente (Brocéliande), un restaurant scolaire, des terrains de sports et participe à la restauration de l’église. En 2012, le quartier résidentiel Bon Air est terminé, ce qui développe considérablement le bourg même si son urbanisation est plus tardive.

Le Rheu, aujourd'hui :

De nouveaux projets sont aujourd'hui en cours de réalisation comme le quartier des Acquêts et celui de la Trémelière. La ville ne cesse d’engendrer de nouveaux projets par l’appui de partenariats afin de continuer son développement urbain. Cependant, l’empreinte de Gaston Bardet a permis de conserver une cohérence entre l'architecture rurale et l’architecture plus urbaine du bourg. Une attention particulière est accordée aux espaces verts, aux chemins bocagers, aux divers espaces piétonniers sur la base de l’ancien parcellaire agricole.

Aires d'études Rennes Métropole
Adresse Commune : Rheu (Le)

Historique de la ville du Rheu :

La commune conserve les traces d’une occupation préhistorique et protohistorique dont en témoigne la découverte de vestiges à l’emplacement de lieux-dits existants comme au Tertre de La Fleuriais ou encore à Moigné. Aussi, le territoire est traversé par une ancienne voie romaine reliant Rennes à Vannes. Des vestiges archéologiques, dont un temple romain, ont été découverts à proximité de cet axe ancien. Le tracé de cette voie persista jusqu’à nos jour et correspond actuellement à la Route Nationale 24 (RN 24).

Le territoire est organisé selon l’implantation de plusieurs grands domaines seigneuriaux. Les seigneurs de la Freslonnière, d’Apigné, de Méjusseaume, de La Motte-au-Vicomte pour le bourg du Rheu et les seigneurs de Coutance, Cherville, Bautier pour le bourg de Moigné ont imposé leur domination sur le territoire et régissent la communauté. Ils jouissaient d’un droit de prééminences dans les deux églises paroissiales des anciennes communes du Rheu et de Moigné (Saint-Melaine), mais aussi de Chavagne, de Mordelles et de l’Hermitage. Les armes des Freslons et des Verrières étaient apposées sur les vitraux de l'Église Saint-Pierre et Saint-Paul. Certaines seigneuries possédaient leur propre chapelle comme celle d’Apigné, de Bautier ou de La Freslonnière. La puissance de ce système perdure jusqu'au 20e siècle, notamment dans la vie politique de la commune. En effet, leur influence s'étend bien après la Révolution puisque deux maires se succèdent de 1876 à 1953 dont un Freslon et un Boisbaudry.

Cette noblesse a marqué le territoire par une architecture savante et de grands domaines seigneuriaux dont il subsiste encore de nombreux témoignages. Néanmoins, la disparition d'un certain nombre de ces ensembles peut être notée, comme le manoir de Coutance, le château fort d’Apigné, dont il reste la motte ou le château de Méjusseaume.

Le Rheu se définit par une forte emprise seigneuriale mais aussi par sa vocation agricole. En effet, le territoire est encore occupé par de nombreuses fermes, dont la plupart sont implantées en lieux-dits. Malgré de nombreuses disparitions, 94 ensembles ont été recensés. Ces ensembles comprennent le logis du métayer, les granges, les hangars, les étables et le patrimoine d’accompagnement comme les puits et les fours. Beaucoup de ces fermes étaient la propriété de familles nobles. Ces anciennes fermes en terre existent depuis les 18e et 19e siècles.

L’ensemble des architectures en terre de la commune sont édifiées selon la technique de la bauge. C’est un mode constructif permettant de monter des murs monolithiques avec un mélange de terre et de fibres, à l’état plastique, sur un soubassement en pierre. Cette technique est conditionnée par la nature argileuse du sous-sol et est caractéristique du bassin rennais.

A partir de la seconde moitié du 19e siècle, l’industrie de la brique se développe sur le territoire. Cette production est favorisée par la nature du sous-sol argilo-sableux. Quatre briqueteries s'implantent sur la commune. Deux se trouvaient aux Landes d’Apigné, le long de la RN24. Situées près du réseau de tramway, le transport des matériaux était facilité. Une première a été implantée en 1851, puis une seconde en 1876. Les carrières de terre se trouvaient à proximité du lieu-dit de la Heuzardière. Une autre carrière, propriété du seigneur De Freslon se trouvait près du manoir du Tertre. Enfin, en 1906, une troisième briqueterie fut installée à Apigné et cessa son activité en 1971. La proximité avec la Vilaine facilite le transport des marchandises par voie fluviale. Elles connaissent une période de forte production après la guerre, car sollicitées pour la reconstruction de Rennes. Elles étaient composées d’un four et d’un hangar servant de lieu de stockage et de séchage pour les briques.

Le fleurissement de cette industrie se matérialise dans l’architecture rurale et urbaine. Elle se retrouve en particulièrement dans les encadrements d’ouvertures, les souches de cheminée, les chaînages d’angles. De même, des constructions singulières sont marqueurs de l’utilisation de ce matériau sur le territoire rheusois comme les châteaux de la Janais et d’Apigné, mais aussi la mairie, presque entièrement maçonnée en briques.

Parallèlement à cet essor industriel se développent différents types de transports par voies ferrées. En 1863, la construction de la gare de l’Hermitage permet de desservir le Rheu par la ligne Paris-Brest assurée par la Compagnie des Chemins de Fer de l’Ouest. Cette ligne voit aujourd’hui passer le TGV. En 1998, un tramway à vapeur est installé sur la commune. La voie du tramway était implantée à l’emplacement de l’actuelle RN24 et reliait Rennes à Plélan. Trois arrêts : La Croix-Verte, le Rheu et la Janais desservaient le Rheu. Elle permettait de faciliter le transport des marchandises et du bétail. Mal entretenu, il cessa son activité en 1948.

Le passage du bourg à la ville :

Après la Seconde Guerre mondiale, la ville connaît une rupture avec notamment la disparition de métiers artisanaux liés à des savoir-faire traditionnels (tisserands, marchands ambulants, briquetiers, etc). Cette césure se fait au profit du développement du secteur tertiaire. Cela se matérialise dans l’architecture et le paysage, notamment dans le bourg et sa périphérie.

L’urbanisation de la ville de Le Rheu commence avec la création de lotissements. Le lotissement des Landes d’Apigné, composé de 110 maisons, est le premier réalisé en 1955. Il répond particulièrement à la demande croissante de logements due à l’arrivée de l’usine Citroën inaugurée en 1960 à la Janais. En effet, son implantation permet une intensification de l’économie de la commune avec une population ouvrière. Cependant, l’organisation de ces lotissements ne satisfait pas le maire de la ville, Jean Châtel, qui fait appel à l’urbaniste Gaston Bardet afin de développer le bourg et de générer un véritable urbanisme fondé sur le concept de la cité-jardin. Ce nouveau principe est un schéma de développement basé sur l’harmonie paysagère, architecturale, humaine et s’effectue autour du bourg par la création de lotissements. Sur les cinq initialement prévus, seuls trois sont réalisés : le lotissement de l’Ouest en 1959, le lotissement des Oiseaux en 1964 et le lotissement des Sports en 1966.

Après une première amorce d’accroissement économique avec l’installation de la zone d’aménagement concerté des Landes d'Apigné, l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) s'implante sur le territoire communal. Installé dans un premier temps à Rennes dès 1947, l’INRA se développe dans le bassin rennais. En 1968, elle s’établit au domaine de la Motte. Cet organisme possède plusieurs unités de recherches expérimentales basées sur la faune et la flore et engendre un dynamisme de l’emploi et une diversification des activités de la commune.

En parallèle, la mise en place de divers équipements collectifs sportifs, scolaires et culturels participent à l’attractivité du bourg. Le collège expérimental “Georges Brassens” est construit en 1974 et le lycée agricole en 1977. Des équipements sportifs sont intégrés dans les lotissements, majoritairement dans le lotissement des Sports de Gaston Bardet.

Avec les premiers lotissements apparaissent les premières zones d’activités en particulier à l’ouest des Landes d’Apigné. Le début de l’industrialisation de la commune se matérialise par un fort développement économique associé à une forte évolution démographique. Dans la commune, des Zones d’Activités Concertées (ZAC) sont construites correspondant à des procédures urbanistiques qui permettent d’aménager le territoire par la réalisation de bâtiments alliant diverses fonctions. Ces architectures ont un rôle d’habitation, de commerce, d’industrie, de service, d’installation et d’équipement collectif public ou privé. De 1973 à 1983, le programme de la ZAC du Chêne Vert est mis en place progressivement avec l’installation d’une soixantaine d’entreprises. Aujourd’hui, les zones d’activités du Rheu couvrent plus de 80 hectares. Ces aménagements engendrent une transformation dans l’urbanisme de la ville avec un changement dans les matériaux et modes de constructions au regard de leur fonction commerciale.

Au début des années 1980, l’implantation de la ZAC des Champs Freslons et le lotissement de la Bouvetière contribue à l’extension urbaine. L’association de logements collectifs et de maisons individuelles apportent une marque singulière par rapport aux autres zones. Une véritable politique sociale est mise en place.

Parallèlement, la commune entreprend une réflexion d’aménagement et de restructuration de ses deux centres-bourgs : Le Rheu et Moigné. A partir de 1978, le bourg de Le Rheu n’est plus simplement aménagé mais entièrement restructuré. La ville entreprend la destruction de bâtiments en terre pour laisser place à des résidences avec des espaces commerciaux en rez-de-chaussée.

Le changement est également visible à Moigné, lié à différentes opérations urbanistiques de 1965 à 1971. Dans les années 1970, Jean Auvergne fait construire un lotissement à Moigné puis une école, une salle polyvalente (Brocéliande), un restaurant scolaire, des terrains de sports et participe à la restauration de l’église. En 2012, le quartier résidentiel Bon Air est terminé, ce qui développe considérablement le bourg même si son urbanisation est plus tardive.

De nouveaux projets sont aujourd'hui en cours de réalisation comme le quartier des Acquêts et celui de la Trémelière. La ville ne cesse d’engendrer de nouveaux projets par l’appui de partenariats afin de continuer son développement urbain. Cependant, l’empreinte de Gaston Bardet a permis de conserver une cohérence entre l'architecture rurale et l’architecture plus urbaine du bourg. Une attention particulière est accordée aux espaces verts, aux chemins bocagers, aux divers espaces piétonniers sur la base de l’ancien parcellaire agricole.

Sites de proctection abords d'un monument historique

Annexes

  • Synthèse communale :
  • Pré-inventaire de 1975 :