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Présentation du patrimoine balnéaire de Dinard

Dossier IA35041903 réalisé en 2003

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'études Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Dinard

La présente étude porte sur le patrimoine balnéaire de la ville de Dinard. Des édifices plus anciens sont néanmoins à signaler dans la commune tels que la maison dite du Prince noir dont les façades sont inscrites au titre M.H. par arrêté du 15 décembre 1926, le prieuré avec sa chapelle dont les enfeus sont également inscrits M.H. depuis le 4 décembre 1942, et quelques manoirs dont la Belle Issue, le Vieux Colombier, la Corbinais, les Cognets, la Haute Guais, le Val Poré, et le manoir de la Baronnais classé partiellement M.H. le 28 juin 1972. Quelques maisons anciennes sont également visibles en ville dont certaines ont gardé une date inscrite. Parmi celles-ci, la villa Beauregard où ont séjourné la famille Faber puis Picasso qui nous ont livré de cet endroit, ou à partir de celui-ci, des documents photographiques ou graphiques inédits. 3 sites sont également inscrits sur la commune : l'île Harbour et son fort, et depuis 1945 la pointe du Moulinet et la pointe de la Vicomté avec ses abords jusqu'à l'anse de Dinard s'intègrent à la zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager qui est actuellement en cours.

Dinard, station phare de la Côte d'Emeraude :

Dinard est la station phare de la Côte d´Emeraude. Sa réputation mondaine, la variété de son front de mer, découpé par de nombreuses pointes rocheuses et de petites anses sablonneuses qui s´étendent sur plus de six kilomètres de la Vicomté à Saint-Enogat, sa situation exceptionnelle entre Manche et Rance face à la ville historique de Saint-Malo ont participé, de tout temps, à sa notoriété. La côte est sur la Rance, qui borde la plage du Prieuré, est très abritée et bénéficie d´un climat assez doux qualifié parfois de méditerranéen par la variété des plantations qui prolifèrent sur les escarpements de la falaise aménagée en jardins privatifs. La côte nord sur la Manche, plus sauvage, plus typique du littoral de la côte d´Emeraude, s´étend de la Pointe du Moulinet à la Pointe de la Roche Pelée et regroupe les principales plages. La plage de l´Ecluse, située dans une anse profonde entre les pointes escarpées du Moulinet et de la Malouine, est le cœur de la station. Sur ses dunes de sable ou à proximité ont été construits la plupart des équipements balnéaires qui structurent la station : établissement de bains, casinos et hôtels de prestige. Quant à la plage de Saint-Enogat, éloignée de l´agitation du centre, elle demeure une annexe de la grande plage bien que plus ample et moins profonde. Elle est également encadrée de deux avancées rocheuses sur lesquelles viendront progressivement s´établir de nombreuses maisons de villégiature formant deux quartiers distincts à l´est et à l´ouest.

L´impulsion anglaise :

Comme à Saint-Malo, les anglais font partie des premiers estivants à s´installer dans la commune. Une plaque commémorative, située sur la promenade des Alliés, mentionne leur arrivée en 1836, date de l´installation du nouvel embarcadère à l´anse du Bec-de-la-Vallée. Vers 1840, le consul anglais, Alpyn Thomson, a fait partie de ces premiers découvreurs amoureux du site : il s´installe dans l´ancien prieuré des Trinitaires situé dans la baie du même nom, face à la ville fortifiée de Saint-Malo. Dix ans plus tard, il est suivi par Jean Sedgwich, puis par Robert Monteith, vice-consul, installé précédemment au château de Montmarin. Ces pionniers font partager les beautés du site à leurs amis anglo-saxons installés à Dinan et c´est ainsi que la famille Faber emménage dans la villa Beauregard avant de faire construire, en 1856, sa propre demeure, la villa Sainte-Catherine, sur le promontoire du Bec-de-la-Vallée. Vers 1860, parallèlement à l´installation progressive de l´aristocratie et de la gentry anglophone et étrangère, la municipalité conçoit le dessein d´une nouvelle ville, dans le secteur est de la Vallée. L´ancienne paroisse située à Saint-Enogat est déplacée dans l´anse du Prieuré, plus proche de l´embarcadère de Dinard. Ce nouveau centre, projeté autour de l´église récemment construite par l´architecte Leguen Lacroix, se trouve pourtant très vite éloigné de la station balnéaire. Si celle-ci n´est pas encore véritablement née, son développement est néanmoins pressenti autour de la plage de l´Ecluse. Sur les plans d´urbanisme de 1856 et de 1861, s´esquisse déjà le tracé du futur boulevard Féart, qui doit relier la place de l´Eglise à la grève de l´Ecluse où se situe le premier établissement de bains d´Edouard Legros, suivi bientôt par l´indispensable casino qui assoit rapidement la notoriété de l´endroit. Mais ce sont les préparatifs de 1868 liés à la venue de l´empereur Napoléon III et de son épouse Eugénie qui ont lancé définitivement Dinard comme station balnéaire.

Un essor spectaculaire :

A partir de cette date et jusqu´au début des années trente, la ville ne va cesser de se développer et l´ancien bourg de Saint-Enogat, situé plus à l´ouest, finira par être complètement absorbé par l´extension de cette nouvelle ville qui prendra le nom, dès 1879, de Dinard-Saint-Enogat. Ainsi, au temps des découvreurs et de la villégiature modèle succède, dès les années 1870, le temps des investisseurs et des promoteurs. Joseph Rochaïd Dahdah, comte libanais en exil, arrive à Dinard en 1873. Cet homme entreprenant dispose de capitaux importants et va marquer par ses nombreux projets d´intérêt général l´urbanisation du centre-ville de Dinard (ind. n°3,14, 17,61). Il acquiert notamment de nombreux terrains dans la Vallée dont il va assainir le versant oriental. Albert Lacroix, quant à lui, investit à Saint-Enogat et construit à partir de 1875 le lotissement des Villas de la Mer (ind. n°6). C´est également en 1879 qu´Auguste Poussineau rachète le parc du Château de la Malouine au comte d´Audiffret Pasquier afin d´y installer un lotissement balnéaire de standing. Le développement de la station en plusieurs pôles est une des caractéristiques de Dinard qui ne possède pas de programme unitaire d´urbanisation comme à Paramé et à Saint-Lunaire. Néanmoins, la physionomie de la nouvelle ville s´est dessinée très tôt, puisque trente années ont suffi à en déterminer les différents quartiers.

En 1902, le plan de Dinard publié par l´agence régionale Cherruel et Guyot témoigne de cet essor spectaculaire qui ne s´étend pas, à cette date, au-delà de la ligne de chemin de fer (1883). Le quartier balnéaire de la Rance a rejoint celui de la plage de l´Ecluse qui prend un aspect de plus en plus monumental avec la création récente d´un deuxième casino et du Grand-Hôtel Royal. Plus à l´ouest, Saint-Enogat apparaît comme une sorte de faubourg de la grande station à laquelle elle est reliée par le boulevard de Saint-Enogat (1880). Quant au quartier de la gare, il reste très excentré et peu urbanisé malgré les travaux de voirie qui le relient à l´Ecluse et à la Rance . Il faudra attendre le nouveau plan d´alignement et d´embellissement de 1925 pour que soient envisagés de nouveaux projets dans la partie occidentale de la ville, enserrée actuellement par le boulevard périphérique du Villou.

Enfin, le magnifique domaine de La Vicomté, situé en dehors du centre, a connu son propre développement et ses rêves grandioses. Une nouvelle station balnéaire avec tous les équipements appropriés : casino, hôtels, tennis, embarcadère, quartier commercial avait été dessinée entre 1922 et 1929 par deux architectes parisiens Victor Lesage et Charles Miltgen. Les visions philanthropiques de ces derniers ont été anéanties par les effets dévastateurs de la crise de 1929 et la fuite de la clientèle aisée vers la Côte d´Azur.

Annexes

  • Informations complémentaires :
  • Le classement des dossiers dans la rubrique voir a été effectué selon les catégories de dossiers, vous trouverez en haut de liste tous les dossiers collectifs et thématiques concernant l´aire d´étude étudiée, puis dans un second temps tous les dossiers ensemble qui sont suivis par des dossiers individuels d´oeuvres. Ces derniers sont listés par ordre alphabétique de rue.

  • 19983500696X : - Service historique de l'Armée de Terre (SHAT, Vincennes)

    19933500319X : - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine - 3 P 5323.

    19963500324X : Dessin à la plume - - 1 Fi Saint-Enogat.

    20003502702XA : - Archives Privées

    19883500183X : - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine - 8Fi.

Références documentaires

Bibliographie
  • La Côte d´Emeraude, La villégiature balnéaire autour de Dinard et Saint-Malo . Inventaire général des Monuments et des Richesses Artistiques de la France. Région Bretagne ; par Isabelle BARBEDOR, Gaëlle DELIGNON, Véronique ORAIN, Jean-Jacques RIOULT, sous la direction de Bernard Toulier et Francis Muel. Paris : Imprimerie Nationale, Monum, éditions du patrimoine, 2001 (Cahiers de l'Inventaire n° 60).