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Séminaire puis petit séminaire puis collège et lycée actuellement Lycée Joseph Savina, 5 rue de la République (Tréguier)

Dossier IA22133206 réalisé en 2017

Le lycée Joseph Savina a fêté ses 20 ans en 2017. Son nom vient de Joseph Savina, menuisier et sculpteur de talent installé à Tréguier. C’est un lycée mixte, à la fois lycée général (séries scientifique et littéraire), lycée professionnel (3ème Préparatoire à l’Enseignement Professionnel, staffeur ornemaniste, tapisserie de l’ameublement, menuiserie) et lycée technologique avec des options comme "Cinéma audiovisuel", "Histoire des Arts", "Théâtre", "Arts du cirque", "Arts appliqués". Ce lycée prépare également au brevet de technicien supérieur (BTS) Design graphique.

Les bâtiments du lycée nous racontent l'histoire de la ville de Tréguier : celle du petit séminaire de Tréguier (nommé un temps école ecclésiastique) et de sa chapelle (Théâtre de l'Arche depuis 1992) reconstruits entre 1895 et 1897 par l'architecte Henri Mellet à la demande du chanoine Duchêne, supérieur, mais aussi celle du séminaire fondé en 1649 par Balthazar Grangier, évêque de Tréguier et Michel Thépaut, seigneur de Rumelin, chanoine. A partir de 1908, les bâtiments accueillent l'École Primaire Supérieure de garçons qui doit cohabiter durant la première guerre mondiale avec l'hôpital complémentaire n° 56.

La partie sud du lycée regroupant internat et cantine réutilise quant à elle l'ancien couvent des Paulines devenu au 19e siècle le couvent des Ursulines puis l'école supérieure de filles au début du 20e siècle. En 2004, un nouveau bâtiment à destination de dortoir a été créé par l’architecte Dominique Bonnot dans l’ancien enclos du couvent. L'histoire du lycée Savina continue avec le futur transfert de l'option "Arts du cirque" vers le couvent des Filles de la Croix.

Appellations Séminaire de Tréguier, Petit séminaire de Tréguier, Lycée de Tréguier
Destinations lycée
Dénominations séminaire, petit séminaire, cour, préau
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Tréguier
Adresse Commune : Tréguier
Adresse : 5 rue de la République

La fondation du séminaire de Tréguier (1649)

Créé en 1649, le séminaire de Tréguier est l'un des plus anciens de Bretagne après celui de Saint-Malo (1646). L'initiative de fonder un séminaire dans la ville épiscopale de Tréguier revient à Balthazar Grangier, évêque de Tréguier et Michel Thépaut, seigneur de Rumelin, chanoine. Si le chapitre cathédrale accepte la proposition de l'évêque le 13 août 1649, la Communauté de ville donne son consentement le 16 août et c’est en octobre qu’arrivent les lettres patentes de Louis XIV confirmant la création du séminaire. D’autres séminaires seront créés en Bretagne à Rennes (1662), Saint-Brieuc (1664) et Dol (1697).

Balthazar Grangier (vers 1606-1679) est le fils de Timoléon Grangier, seigneur de Liverdis et d’Anne de Refuge. Evêque de Tréguier de 1646 à 1679, il fut auparavant aumônier de Louis XIII et abbé commendataire de Saint-Barthélémy de Noyon, il a été ordonné prêtre vers 1639. C’est Balthazar Grangier qui a fait venir les Hospitalières (bâtiments de l'hôpital construits entre 1662-1667) et les Filles de la Croix (1666) à Tréguier. Il a également favorisé l’installation des Ursulines à Guingamp et à Lannion. Pour l’historien Georges Minois, il fut une figure marquante de la renaissance religieuse en Bretagne au 17e siècle.

Michel Thépaut, seigneur de Rumelin est chanoine à Tréguier depuis au moins 1635. Il a notamment fondé la confrérie du Rosaire dans la cathédrale. Grand pénitencier jusqu'en 1677 : en tant que "prêtre pénitencier", il lui est accordé des pouvoirs spéciaux comme l’absolution de certains péchés graves (d’après le droit canon, chaque diocèse se doit avoir son pénitencier). Michel Thépaut entretient également une correspondance avec Vincent de Paul qu'il fait venir en mission paroissiale à Tréguier avec quelques Lazaristes (autre nom des prêtres membres de la congrégation de la Mission fondée en 1626 par Vincent de Paul qui sera canonisé en 1737). La règle des Lazaristes est publiée en 1688 : elle définit trois objectifs : l'instruction des classes pauvres, la formation du clergé et les missions. Ce sont justement les Lazaristes qui ont été choisis pour diriger le nouveau séminaire de Tréguier.

Dans un premier temps, le séminaire s'installe dans le collège de la ville (créé au 14e siècle), pour lequel l'évêque paiera une rente tandis que les Lazaristes touchent les revenus de la prébende préceptoriale (c’est quand il y a plus de dix prébendes). Les prêtres Lazaristes devront faire l'école aux enfants du collège.

La construction du séminaire (1654-1672)

En 1754, Michel Thépaut fournit un terrain au bout de la rue Kersco (Kercoz) composé de quelques maisons, cours, jardins et clos et finance les travaux de construction pour un montant de 7700 livres. Entre 1654 à 1672, Michel Thépaut donne 23 511 livres pour la construction des bâtiments du séminaire dont 2 409 livres pour le tabernacle et le maître-autel. Il dote également le séminaire de revenus réguliers via des fermes exploitées en bail à convenant (fermes situées à Pommerit-Jaudy, Pleudaniel et Hengoat). En échange, Michel Thépaut et ses descendants bénéficient à perpétuité de tous les droits et prééminences sur le séminaire par la présence d’armoiries et la possibilité d’être inhumés près de l’autel dans le chœur de l'église. Pour eux, on célébrera une messe par jour et deux services solennels par an. En 1677, Michel Thépaut lègue au séminaire une croix et deux chandeliers en argent. A sa mort, il est inhumé dans la chapelle du séminaire. De son côté, l’évêque de Tréguier accorde 26 200 livres au séminaire.

La première pierre du séminaire est posée le 9 juillet 1658 par Balthazar Grangier en présence des membres du chapitre cathédrale, du supérieur Jean du Pont et d'habitants qui bénéficient pour cette occasion particulière de quarante jours d'indulgence.

Les bâtiments principaux forment les deux côtés (sud et ouest) d'une cour carrée bordée au nord par la chapelle. Couverte en 1662, la chapelle du séminaire est dotée de ses vitraux, portes et autel en 1664. La porte (ouest ?) de la chapelle a vraisemblablement été réutilisée dans le pignon nord de la salle des conférences du nouveau séminaire construit à la fin du 19e siècle.

Décédé en 1679, Balthazar Grangier lègue au séminaire la maison dite de Kermorvan à Tréguier (au carrefour des rues des Perderies et de Plouguiel décrite comme "fort délabrée et en mauvaise réparation"), une maison dans la rue de Plouguiel (abandonnée), une petite chapelle d'argent valant 2 000 livres, sa crosse, sa bibliothèque (660 volumes) et 250 livres. En 1680, cinq prêtres, trois frères, un domestique et un jardinier sont entretenus par le séminaire.

Une "Déclaration des biens appartenant et dépendants du séminaire de Tréguier et maison de la Congrégation de la Mission" est rédigée en 1692 : 6 fondations ou dons ont seulement été faits en sa faveur depuis 1654. Selon Georges Minois, les revenus du séminaire s'élèvent annuellement à 1 453 livres 12 sols et 204 boisseaux 16 sommes 5 tonneaux de froment, plus 4 poulets. Diverses redevances et impôts grèvent les revenus du séminaire ainsi si la chapellenie de Pontrouzault rapporte des droits de passage sur le Jaudy entre Tréguier et La Roche-Derrien, l’entretien du bac coûte en réalité beaucoup plus qu'il ne rapporte.

Au 18e siècle, le séminaire accueille près de 80 % de fils d'agriculteurs, 13 % de fils de bourgeois et 7 % de nobles (proportion très importante par rapport à d’autres provinces). Pour leurs études, chaque élève doit disposer d’un revenu annuel d’au moins 60 livres. En moyenne, le séminaire accueille une quinzaine de nouveaux élèves par an. La période de formation est accélérée : le jeune homme (âgé de 21 à 26 ans au 18e siècle) entre au séminaire vers la Saint-Michel (plus de 60 % sortent de la classe de philosophie du collège de Tréguier) ; il reçoit la tonsure et les ordres mineurs à Noël, le sous-diaconat aux quatre-temps de Carême, le diaconat à la Pentecôte, la prêtrise aux quatre-temps de septembre. Moins d’un an pour être ordonné prêtre ! Le séminaire accueille en permanence une vingtaine de séminaristes, cinq prêtres, trois frères, un jardinier et un domestique. S'y ajoute de mai à novembre des ecclésiastiques venant en retraites. Occasionnellement, le séminaire reçoit des prêtres alcooliques. Le séminaire de Tréguier organise plusieurs missions à Pleumeur-Bodou (21 juin-21 juillet 1693), Plougasnou (avril-mai 1695), Tréguier (juin-juillet 1695) et Pont-Melvez (juin-juillet 1698).

En assurant la formation de nombreux séminaristes, retraites et missions, le séminaire de Tréguier, dirigé par les Lazaristes, bénéficie d’une réputation considérable qui assure le rayonnement de l'établissement dans et en dehors de l’évêché. A la veille de la Révolution française, le séminaire de Tréguier est considéré comme l’une des écoles ecclésiastiques les plus dotée de Bretagne.

Le séminaire dans la tourmente révolutionnaire : la fermeture et l’expulsion (1791)

Le décret de l’assemblée nationale du 12 juillet 1790 fixe la constitution civile du clergé : la loi stipule qu’il ne doit y avoir qu’un diocèse par département ce qui entraîne la suppression de l’évêché de Tréguier (les évêchés de Dol, Léon et Saint-Malo sont également supprimés). Evêque et prêtres sont désormais choisis par les électeurs chargés d’élire des administrateurs départementaux. L’autorité ecclésiastique est mise devant le fait accompli : le 14 février 1791, Monseigneur Le Mintier l’évêque de Tréguier, après avoir publié un mandement contre-révolutionnaire destiné au clergé du Trégor et aux fidèles, choisit la fuite et s’exile en Angleterre via Jersey. La cathédrale abrite désormais le temple de la Raison "consacré au silence et à l’instruction des lois".

Le séminaire, comme le collège de Tréguier, sont fermés vers la fin de 1791 : le personnel a refusé de prêter serment à la constitution civile du clergé. La chapelle du séminaire est utilisée comme salle de réunion de la "société populaire" fondée à Tréguier conformément au décret du 18 juillet 1791. A partir du 24 août 1792, les gardes nationaux occupent le séminaire. Une aile du séminaire (construite dans la seconde moitié du 17e siècle) est transformée en caserne de gendarmerie.

Le bataillon d’Etampes (détaché du régiment du Temple) commandé par le citoyen Le Maire est envoyé à Tréguier pour éviter les troubles. Arrivés le 26 janvier 1794, les 842 soldats sont logés dans le palais épiscopal, au Collège (Séminaire) et pour certains d’entre eux dans le couvent des Ursulines.

La mémoire collective se souvient qu’ils ont renversés la croix située au carrefour de la côte Saint-Michel en arrivant à Tréguier (sur le cadastre de 1834 est mentionnée la Croix neuve de Traou Michel situé sur le chemin de Saint-Yves). Les dégâts sont considérables dans le couvent des Ursulines (chapelle et autel profanés, statues brisées), dans le palais épiscopal (la chapelle ou "salle du chapitre" profanée sert de "salle de discipline", la cuisine sert d’atelier du salpêtre afin de fabriquer de la poudre noire), dans la cathédrale (profanée, vandalisée, tombeau de Saint Yves détruit, certaines verrières ont été brisées et arrachées) et le cloître (devenu magasin d’armement). La porte de la tour a été vandalisée afin de déranger l’horloge. Ces évènements dramatiques entrainent de nombreuses plaintes de la municipalité de Tréguier : le bataillon d’Etampes est finalement relevé le 24 mai 1794 contre 300 grenadiers de Rhône et Loire. A la suite, l’Assemblée municipale de Tréguier demande l’autorisation du district de vendre le mobilier vandalisé de la cathédrale.

La nationalisation des biens ecclésiastiques dits de de première origine entraîne la vente des biens nationaux au profit de l’état. Le terrain (14000 m2) et les bâtiments du séminaire (sans l’aile occupée par la gendarmerie) sont vendus comme biens nationaux le 8 août 1799 (21 thermidor an VII) pour 343 066 francs aux consorts Pierre Caro et Élizabeth Le Lay. Selon Adolphe Guillou, les acquéreurs ne payèrent réellement que 5 046 francs en raison des fluctuations de la monnaie.

De l’école ecclésiastique au petit séminaire : le renouveau des bâtiments du séminaire (1816-1892)

Jean-Marie de La Mennais de son vrai nom Robert (1780-1860), alors vicaire général de Saint-Brieuc obtient le droit de créer une seconde "école ecclésiastique" dans le département des Côtes-du-Nord pour la formation des futurs prêtres (ordonnance du roi du 24 janvier 1816). Il s’agit d’une école de niveau secondaire (collège, lycée) qui forme à la fois des élèves à vocation laïc et de futurs séminaristes (ces derniers intégrant ensuite le "grand séminaire". Après la Révolution, on note une raréfaction des prêtres d’extraction noble au profit des familles moyennes de paysans.

Pierre Quéré, recteur de la paroisse de Landebaëron est nommé "supérieur", c’est-à-dire "chef principal" de l’école : il dispose de "tous les pouvoirs pour le gouvernement spirituel et temporel" de l’établissement tant sur les professeurs que sur les élèves (Bibliothèque de l’Institution Saint-Joseph à Lannion). Le règlement de l’école est vu comme "l’expression de la volonté de dieu". Les élèves assistent tous les jours à la messe dans la chapelle de l’établissement. Tous les jeudis, les élèves ont une instruction au catéchisme et le dimanche, sur l’Évangile. Si la rentrée des classes a lieu le 1er octobre, les prix de l’école sont remis au mois d’août suivant au cours d’une distribution solennelle.

Dans un premier temps, la nouvelle école ecclésiastique est installée rue Neuve (aujourd’hui rue Saint-Yves) dans l’auberge du Grand Lion d’Or. En 1817, elle s’installe dans le "collège de Tréguier" avec un effectif de 120 externes (bâtiment reconstruit en 1782, propriété de la ville de Tréguier en 1834, école Notre-Dame puis aujourd’hui école publique élémentaire intercommunale Anatole Le Braz) situé rue de la Poissonnerie (actuellement rue La Mennais). L’école ecclésiastique accueille à la fois des élèves externes et internes. Les écoles ecclésiastiques font directement concurrence aux collèges publics (l’un d’entre eux se trouve à Lannion).

Faute de place suffisante, les bâtiments du séminaire sont rachetés par l’évêché de Saint-Brieuc pour 34000 francs à Pierre Caro (qui les avait acquis en 1799 comme biens nationaux). A la rentrée de 1820, les 10 prêtres enseignants et les 230 élèves du « petit séminaire » intègrent les bâtiments du séminaire déserté en 1791. Ces bâtiments construits dans la seconde moitié du 17e siècle sont en mauvais état. Entre 1832 et 1838, le petit séminaire accueille notamment Ernest Renan (de la 8ème à la 3ème).

Le cadastre de 1834 nous montre l’emprise du séminaire clos de murs. Passé l’entrée faisant face à la rue de Kercoz, on pénètre dans le "petit séminaire" qui encadre la cour d’entrée (156), au nord se dresse la chapelle (157), à l’ouest, la cour de récréation (169) et au sud, la basse-cour (155). Plusieurs parcelles sont des jardins (154, 158 et 170 dit de "Lenilos", une partie se nommé auparavant "Clos Rumelin"). Le séminaire a donné son nom à la venelle, qui devient par la suite rue de la Mission, rue du Collège (1912) puis la rue Marie Perrot (institutrice, membre du parti communiste et résistante).

Des achats de terrains et de bâtiments ont lieu afin de suivre les effectifs, à la hausse, des élèves. Vers 1850, l’école ecclésiastique de Tréguier devient le "petit Séminaire de Tréguier". Un cloitre est aménagé en 1860 tandis qu’un pavillon d’honneur est également construit vers 1864. En 1962, le petit séminaire est fréquenté par 415 élèves (350 internes, 65 externes). Le pavillon ouest est construit en 1863 (date portée à deux reprises sur la façade et accompagnée des armoiries de Monseigneur David, évêque de 1862 à 1882 : "D’azur à la tour crénelée, d’argent mouvante d’ondes, en courroux de même et surmontée d’une étoile d’or"). Les bâtiments du séminaire sont très vite jugés en mauvais état : les murs du pavillon monumental sont renforcés par des croix de Saint-André en 1875.

A la fin du 19e siècle, près de 80 % des élèves du petit séminaire de Tréguier entre au grand séminaire.

La modernisation et la reconstruction du petit séminaire (1892-1897)

L’architecte Henri Mellet (1852-1926) est chargé par le chanoine Duchêne, supérieur du petit séminaire de la reconstruction de la chapelle du séminaire en 1892. Le plan de la chapelle à abside polygonale répond au besoin du personnel ecclésiastique : huit autels permettent à la vingtaine de prêtres enseignants de dire leurs messes quasi simultanément le matin. La chapelle est datée 1895 : elle avoisine les 800 m2 de superficie.

Le supérieur du petit séminaire Duchêne a écrit à l’évêque de Saint-Brieuc et de Tréguier le 28 mai 1895 le courrier suivant co-signé du secrétaire, de l’économe et du trésorier : "La démolition du pavillon central à l’effet d’établir la façade d’entrée de la nouvelle chapelle sur la grande cour nous a révélé l’état des autres édifices de même époque bâtis suivant le même mode de construction et n’a que trop confirmé nos craintes, au sujet de la solidité d’une grande partie de notre maison. […] Nous avons encore à craindre que d’autres bâtiments qui sont plus menacés de ruine que ne l’était le pavillon démoli, ne viennent à céder tout à coup, malgré les étais qui les appuient. […] Nous avons donc fait examiner l’état de nos constructions par notre architecte, le priant de consigner les résultats de son examen dans son rapport […]. Il en résulte que le petit séminaire de Tréguier se compose de deux groupes d’édifices d’apparence et de constructions différentes. D’abord, l’ancien Grand séminaire datant de 1654, puis le développement récent qui date d’une trentaine d’année. […] Le groupe des édifices les plus récents est l’objet de notre principale préoccupation. Nous n’avons pas cru devoir continuer à loger nos élèves dans l’un d’entre eux, sans l’étayer à l’intérieur et à l’extérieur du haut en bas. [...] On se demande peut-être comment on a pu bâtir dans d’aussi mauvaises conditions. […] Quoi qu’il en soit, nous croyons que la reconstruction d’une partie du petit séminaire s’impose, et nous avons étudié cette grande question avec la double pensée de répondre à la nécessité présente par un aménagement qui fournira aux élèves et aux maîtres un logement convenable qui leur manque et de préparer l’avenir par l’établissement d’une ligne générale et d’un plan uniforme du futur petit séminaire. Nous avons demandé à notre architecte de préparer des plans, à la fois simples et bien conditionnés, et de nous dire le chiffre minimum pour une construction d’une aile nouvelle et la réfection de deux édifices adjacents qui se raccorderaient avec la nouvelle chapelle et constitueraient à peu près la moitié de l’établissement total. Il nous a répondu que ce travail entrainerait une dépense d’au moins 160 000 francs. Si nous ajoutons à cette somme, celle du remaniement de l’ancien grand séminaire et les imprévus, bien au-dessus de notre budget ordinaire que nécessiteront des changements de services, nous arrivons à un total de 200 000 francs" (Archives diocésaines de Saint-Brieuc, document aimablement communiqué par Michel Le Cam).

C’est dans la lettre de Monseigneur l’évêque de Saint-Brieuc et de Tréguier aux prêtres de son diocèse en date du 9 juillet 1895, que Pierre-Marie Fallières (évêque de 1889 à 1906) annonce le financement de la reconstruction du petit séminaire de Tréguier : "Nous avions songé à un emprunt au Crédit foncier mais, outre que nous nous heurtons à des formalités sans nombre et sans fin, nous avons été dissuadé de ce mode d’emprunt par des hommes très sages et très compétents. C’est alors que nous avons résolu de ne rien devoir qu’à nous-mêmes ; et voici tout notre plan. Nous emprunterons à chacun de nos prêtres […]".

Pour l’architecte Mellet, l’établissement n’est alors qu’un "assemblage de bâtiments construits bout à bout, au fur et à mesure des besoins, où les services étaient, par suite, plus ou moins confondus et disséminés". Si le projet initial consistait uniquement en la reconstruction de la chapelle, il se poursuit par la reconstruction du bâtiment ouest accolé à la chapelle et par l'aile nord en 1897. A la fin du 19e siècle, le petit séminaire est en effet fréquenté par environ 400 élèves.

Les nouveaux bâtiments doivent se raccorder avec la partie ancienne du séminaire au sud (cette partie sera finalement rasée en 1911) et avec les bâtiments construits en 1863-1864 (toujours existants). C’est la disposition du terrain - parallèle à la rue des Perderies - qui a dicté l’emprise de la nouvelle aile nord limitée à l’est par la voirie (c’est-à-dire l’actuelle rue Marie Perrot).

Ce nouveau bâtiment scolaire est avant tout fonctionnel et moderne : "des classes, des études, des dortoirs, salle de conférence, préau couvert, water-closets, escaliers, couloirs : le tout largement éclairé […]". Au-dessus des arcades du préau, on peut lire le millésime 1897 et une dédicace à monseigneur Pierre-Marie Fallières en tant que "promoteur généreux" des constructions nouvelles. L’évêque dispose également d’un appartement situé immédiatement au nord de la chapelle.

Les cloches de la nouvelle chapelle sont baptisées en 1892. Sa façade ouest est datée de 1895. La chapelle est bénie le 23 octobre 1896 par monseigneur Fallières. Elle a été construite par l’entrepreneur Guillaume Le Collen de Tréguier pour un coût d’environ 120 000 francs (les honoraires de l’architecte se monte généralement à 5% du montant des travaux). Les orgues sont du facteur Didier de Nancy, les verrières de Félix Gaudin, peintre-verrier et mosaïste français, le chemin de croix de Savary (daté 1896) et le mobilier de Le Merrer (un trône épiscopal et 24 stalles sculptées). Pour honorer son donateur primitif, l’archidiacre Le Provost fait procéder à la translation des reliques du chanoine Michel Thépaut, seigneur de Rumelin dans la nouvelle chapelle le 26 octobre 1897. La chapelle est finalement consacrée le 21 juin 1899. La chapelle du petit séminaire de Tréguier peut être comparée à d’autres productions d’Henri Mellet : l’église de Melesse (1885-1890), l’église d’Izé (1889-1896) ou encore l’église Notre-Dame de Bonabry à Fougères (commencée en 1896).

Le 29 mars 1902, la nouvelle chapelle a les honneurs de la presse spécialisée nationale, à savoir un article rédigé par Louis-Charles Boisleau dans la revue L’Architecture : "…j’avais été frappé du bon aspect des rotondes absidiales de la chapelle, au-dessus du mur de soutènement des cours. […] …une façade latérale apparaissait, dessinée dans un si bon caractère, que je crus un instant à une restauration plutôt qu’à une construction neuve ; on devinait, dans le haut, au-delà des faitages des bâtiments accotés à la chapelle, une silhouette heureuse, couronnant un pignon. […] Combien c’était mieux que ces églises neuves rencontrées dans les gros bourgs de ce coin de la Bretagne, de ces bâtisses prétentieuses, à clochers carrés, la plupart mal étudiées, banales à l’excès, en tout cas si manifestement inférieures aux veilles et pauvres églises d’autrefois !".

La loi de Séparation des Églises et de l’État : deuxième fermeture et expulsion du petit séminaire (1906)

Suite à l’application de la loi de Séparation des Églises et de l’État, le Petit Séminaire de Tréguier est fermé à la fin de l’année 1906. Il est cependant rétablit à Lannion sous le nom d’Institution Saint-Joseph dès 1907 (pour plus de détails sur l’application des lois de Séparation des Églises et de l’État, nous vous renvoyons à la lecture de l’article de Jean-Yves Marjou intitulé "De l’expulsion du Petit Séminaire de Tréguier à l’installation de l’Institution Saint-Joseph à Lannion").

L'École Primaire Supérieure de garçons (1908-1941)

Le Petit Séminaire est transformé en école primaire supérieure de garçons en 1908 (établissement d’Enseignement Primaire Supérieur de 1908 à 1941). Les deux sacristies de la chapelle sont transformées en salle de lecture et de réunion pour les professeurs tandis que l’appartement de l’évêque est attribué comme logement de fonction à un "professeur marié". Le directeur dispose d’un appartement de cinq pièces. Un plan général conservé aux Archives communales de Tréguier nous renseigne sur l’organisation et le fonctionnement de l’école en 1908 (4M2, carton n° 77). Après la loi de Séparation des Églises et de l’État, la chapelle du petit séminaire abrite un atelier de menuiserie et de travail des métaux puis une salle de sport. La durée des études est fixée à trois ans : soixante-douze élèves (dont 50 internes) font leur rentrée des classes en octobre 1908 sous la direction de monsieur Lacroix.

La cohabitation de l'école primaire avec l'hôpital complémentaire n° 56 (1914-1918)

Pendant la Première guerre mondiale, l'établissement est en partie réquisitionné pour accueillir un hôpital complémentaire : 9000 soldats au total y seront soignés entre 1914 et 1918. Henri Pollès dans son roman intitulé "Sur le fleuve de sang vient parfois un beau navire" (1982) évoque cet épisode dans l'histoire de Tréguier : C’était devant la porte du Complémentaire (dont on peut se demander de quoi, puisqu’il était l’hôpital principal ; peut-être de l’insuffisance du plan sanitaire général…) qu’avait lieu le premier tri des « arrivages ». D’après la fiche épinglée sur la capote et un rapide examen, on gardait l’un, on aiguillait l’autre vers les diverses annexes. Parfois l’opération était assurée par de simples infirmières, tout de même triées sur le volet on s’en doute, et certains jours de fièvres, où il y avait de l’électricité dans l’air – il semble qu’en voici un -, les charmantes et distinguées « petites sœurs laïques des pauvres soldats » accréditées par leurs établissements respectifs, se disputaient aussi bien les blessés debout que ceux des civières, selon la spécialité de leurs services et sans doute plus encore les préférences personnelles des chefs pour telles ou telles sortes de blessures…". La cohabitation entre la direction de l’établissement, les élèves et les blessés est dénoncée : "la promiscuité gênante vis à vis des hospitalisés" commence à influer sur le fonctionnement normale de l'école, les "Boches" comme on les surnomme à l’époque sont accusés de "vols et déprédation" et en 1918, un soldat soigné à l'hôpital a fait irruption dans une des classes de l'école primaire avec un couteau.

Pendant les vacances d’été à partir de 1919, les bâtiments de l'école permettent d'héberger une centaine de pupilles d’une colonie de vacances de la ville de Paris.

Le collège puis le lycée (1941-1997)

L’ensemble scolaire est transformé en collège entre 1944 et 1959 avec l'adjonction d'un centre d'apprentissage en 1946 (collège d’enseignement technique), puis en lycée mixte – enseignement général et technique - en 1960. Pour l’historien Jean-Yves Andrieux, il s’agit du "réinvestissement du religieux par le laïque".

Le service des archives départementales des Côtes-d’Armor conserve les archives du Collège de garçons de Tréguier (1931-1945) sous la cote 1 T 1347 et les archives du collège moderne et du Centre de formation professionnelle de Tréguier (1940-1974) sous la cote 999 W.

En raison de leur mauvais état sanitaire, les anciens bâtiments du séminaire (datable de la seconde moitié du 17e siècle) et la cour d’honneur sont rasés en 1911 pour créer la Place de la République. La même année sont construits les bureaux de l'Inscription maritime par l’architecte Georges-Robert Lefort. Un buste de Marianne (réquisitionné en 1942 par les allemands) sur son piédestal est installé sur la place ; la rue de la République est créée à la même époque.

En 1920, le mur de soutènement nord est reconstruit au croisement de la rue du Collège et de la rue des Perdreries (Perderies) pour donner plus de largeur à la rue. L’année suivante, les dépendances (buanderie - lingerie ; grange et étable) de l’école primaire supérieure de garçons (ex petit séminaire) sont transformées en logements sociaux (Archives communales de Tréguier, 3M2, carton n° 83). C’est sur les terrains du petit séminaire de Tréguier que sont construits les quatre immeubles à logements dits "maisons ouvrières" en 1932-1933 sur des plans de Adolphe Le Gouëllec, architecte de Saint-Brieuc (Archives communales de Tréguier, 1W5).

Le 12 février 1929, Gustave de Kerguezec, maire de Tréguier autorise la vente de gré à gré de trois autels en pierre blanche de la chapelle du Petit Séminaire à Marc-André Salaun, architecte domicilié à Paimpol pour la somme de 7000 francs. La vente a été autorisée à l’unanimité par le conseil municipal de Tréguier (Archives communales de Tréguier, 1N2, carton n° 94).

Le 4 mai 1944, Jean Raoul, élève de troisième de 17 ans est arrêté par les Allemands comme résistant, membre du maquis de Kerrès à Langoat.

En 1948, les restes du chanoine Thépaut, seigneur de Rumelin ont été transférés dans la crypte de la chapelle du Collège Saint-Joseph de Lannion. Les cloches de la chapelle du petit séminaire de Tréguier ont également été transférées dans le clocher de la chapelle du collège Saint-Joseph de Lannion.

Les derniers vestiges du séminaire ainsi que les deux sacristies sud ont été remplacés par un bâtiment administratif : ce dernier a vraisemblablement été construit vers 1957-1960, époque où le collège est devenu lycée d’enseignement général et technique.

Le Théâtre de l'Arche (1992)

A l'initiative du Conseil Régional de Bretagne (propriétaire du lycée), la chapelle du petit séminaire conçue par Henri Mellet a été rénovée en 1991-1992 pour être reconvertie en espace culturel : le Théâtre de l'Arche a été inauguré le 28 septembre 1992 par l'Orchestre de Bretagne.

Le lycée Joseph Savina (1997)

Le lycée de Tréguier est baptisé en janvier 1997 du nom de Joseph Savina, artisan ébéniste et sculpteur de Tréguier. C’est un lycée mixte, à la fois lycée général (séries scientifique et littéraire), lycée professionnel (3ème Préparatoire à l’Enseignement Professionnel, staffeur ornemaniste, tapisserie de l’ameublement, menuiserie) et lycée technologique avec des options comme Cinéma audiovisuel, Histoire des Arts, Théâtre, Arts du cirque, Arts appliqués. Ce lycée prépare également au brevet de technicien supérieur (BTS) Design graphique.

Fils et frère d'ébéniste, Joseph Savina (1901-1983) était arrivé à l’âge de 23 ans en apprentissage dans l'atelier de Jean-Marie Le Picard père d'André (1911-1989), menuisier sculpteur situé rue de La Chalotais à Tréguier. Récompensé comme meilleur ouvrier de France, Joseph Savina ouvre son propre atelier d'art celtique en 1929, au 11 rue Saint-André à Tréguier (actuellement étude notariale Guillou). Savina aime la Bretagne et la mer : son "motif Gonery" est inspiré des laminaires. Il a produit du mobilier, principalement en chêne patiné, tables, chaises (assise en paille), fauteuil, ensemble de meubles, dessiné pour la production moderne de série des années 1930 à 1960. Joseph Savina fut membre des Seiz Breur (les "Sept frères" en breton), mouvement artistique breton fondé entre les deux guerres mondiales par Jeanne Malivel (graveuse et décoratrice) et René-Yves Creston (peintre et graveur). Prisonnier en Allemagne en 1939, Joseph Savina est revenu à Tréguier en 1943. Il a collaboré à Le Corbusier (rencontré en 1935 via un ami commun) pour, et avec qui, il exécute des sculptures à partir de ses dessins. Quarante-quatre sculptures portent la signature double "LC:JS" ou "JS:LC". En 1970, Joseph Savina confie son atelier à Michel Le Calvez, son ouvrier, aujourd'hui en retraite dans sa maison, rue Colvestre. Joseph Savina est mort à Tréguier en 1983 au Foyer Logement Goas Mickaël.

En 2004, un nouveau bâtiment à destination de dortoir a été créé par l’architecte Dominique Bonnot dans l’ancien enclos du couvent des Paulines (construit vers 1760) puis couvent des Ursulines (19e siècle), puis école primaire supérieure de jeunes filles (l’école accueille la première promotion d’élèves le 1er octobre 1907), puis collège puis lycée.

Dans le dictionnaire des lycées publics de Bretagne, ce bâtiment est décrit comme un « bâtiment à la modernité élégante et écologique ». Le lycée Joseph Savina accueille en 2016 plus de 290 internes.

Le lycée Joseph Savina a fêté ses 20 ans en 2017.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle , (?)
Dates 1892, daté par source
1895, porte la date
1897, porte la date
Auteur(s) Auteur : Mellet Henri

Le séminaire de Tréguier (puis petit séminaire) était clos de murs dont certaines portions se dressent toujours rue des Perdreries. Le long de cette rue subsiste deux portes, l’une en arc plein cintre (murée), la seconde à linteau droit. Un peu plus loin, se dresse un portail donnant autrefois accès aux dépendances du petit séminaire (transformées en logements).

Le petit séminaire comprenait trois cours : la cour d’honneur, la cour principale et la cour nord :

- autour de la cour d’honneur se dressait le petit séminaire : entrée avec conciergerie orientée vers la rue de Kercoz, parloirs, administration (bureau et salon) et réfectoire aménagé dans la partie ancienne du séminaire (2ème moitié du 17e siècle) ;

- autour de la cour principale se dressent au nord, le nouveau bâtiment comprenant le préau (avec ses arcades), la scène et la salle des conférences ; à l’est, des salles de classes avec au centre, la chapelle ; au sud, le réfectoire et des salles de classes (logées dans l’aile sud datées 1863) ; à l’ouest, deux préaux, deux serres et une porte donnant sur un parc (cf. plan général de 1908). Ces édifices seront ensuite remplacés par des ateliers ;

- autour de la petite cour nord se dressent des salles d’études ; au sud, la chapelle et l’appartement de l’évêque. L’accès à cette cour se faisait autrefois uniquement par le petit passage vouté aménagé sous l’abside de la chapelle.

A l’exception de l’aile sud datée par millésime de 1863 (date portée à deux reprises sur les façades nord et ouest), les parties anciennes du séminaire ont disparu. Sur l’aile sud figurent les armoiries de Monseigneur David, évêque de Saint-Brieuc et de Tréguier de 1862 à 1882 : "D’azur à la tour crénelée, d’argent mouvante d’ondes, en courroux de même et surmontée d’une étoile d’or". Cette aile abrite l’infirmerie en 1908 et dispose de six chambres d’isolement.

Le nouveau bâtiment du petit séminaire comporte quatre niveaux. Il est construit en maçonnerie de moellon de schiste et en pierre de taille de granite gris et rose (granite de l’île Bréhat) pour l’entourage des ouvertures, les chainages d’angle, les bandeaux (soulignant le premier étage et l’étage de comble) ou encore la corniche à modillon. Les voûtes des arcs (plein cintre ou segmentaire) des ouvertures (fenêtres et arcades du préau) voient une mise en œuvre alternée entre granite rose (voire orangé) et granite gris. Certains piédroits sont chanfreinés et reçoivent un décor à boules. Les arcades de la fosse d’orchestre reposent sur des colonnes en granite sur piédestal : c’est aujourd’hui l’accès principal du centre de documentation. Au-dessus des arcades du préau, dans un cartouche sculpté dans le granite, se trouve une inscription en latin que l'on peut traduire ainsi : PIERRE FREDERIC FALLIERES / ÉVÊQUE DE SAINT-BRIEUC ET DE TREGUIER, / POUSSE PAR UN DÉVOUEMENT PATERNEL A L’ÉGARD / DE LA JEUNESSE, EN L’ANNÉE 1897, A REMIS AVEC / GÉNÉROSITÉ CETTE DEMEURE EN ÉTAT".

Si la distribution horizontale des salles de classes s’opère par de longs corridors, la distribution verticale utilise deux grands escaliers tournant en maçonnerie dans œuvre et un escalier en vis en demi-hors-œuvre (placé entre la scène et la salle des conférences, il est accessible depuis le grand préau servant de salle de fêtes). Le deuxième et le troisième étage abritaient les dortoirs. Au premier étage de l’aile ouest (abritant la scène et la salle des conférences au rez-de-chaussée) se trouvait la salle de "physique, chimie et histoire naturelle" et à côté, la "salle de dessins".

Au centre du petit séminaire se dresse la chapelle de style néo-roman. Le haut clocher-mur à contreforts massifs est surmonté d’un clocher à quatre chambres de cloche lui-même sommé d’une croix pattée. La façade ouest, monumentale, comprend un décor sculpté dans de la pierre calcaire de Caen. Autour d’un Christ en croix se trouvent six anges, on peut y lire l’inscription suivante : XXX A COMPLETER XXX. Sous le Christ, dans un quadrilobe de granite rose se trouvent des armoiries. La grande rosace a perdu sa verrière. Sous la rosace figurent une inscription et le millésime 1895 en chiffre romain : "ANNO DNI [abréviation de domini ?] MDCCCLXXXXV) et deux armoiries, dont celles de Monseigneur Fallières, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier ("D’azur au calice d’or"). Cinq petites baies en arc plein cintre s’intercalent entre la rose et le porche ouest. Le porche en arc plein cintre et à voussures est de style néo-roman comme le reste de l’édifice. Les arcs sont supportés par des colonnes creuses (il s'agit de pierre reconstituée) surmontées de chapiteaux sculptés avec des représentations d'animaux fantastiques et grimaçant et de motifs végétaux. De part et d’autre de l’entrée du porche se trouve un "cabinet noir", s’agit-il de salles de discipline ?

Murs granite moellon
schiste moellon
Toit ardoise
Couvertures toit à deux pans croupe
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
escalier demi-hors-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
États conservations bon état, restauré
Statut de la propriété propriété de la région, Lycée Joseph Savina
propriété d'une personne privée, Ancien bâtiment du séminaire daté 1863 actuellement logements, cabinet de masseur-kinésithérapeute et "Résidence de la Rade"

Annexes

  • Emploi du temps des élèves de l’école ecclésiastique de Tréguier selon le règlement de 1816 conservé dans la Bibliothèque de l’Institution Saint-Joseph à Lannion

    5h30 en été (6h en hiver) : lever,

    6h-7h15 : prières du matin et lecture puis étude.

    7h15 : "déjeuner",

    7h30 : messe,

    8h-10h : classe

    10h-10h15 : récréation,

    10h15-12h : étude,

    12h : "dîner" puis récréation et étude,

    14h-16h : classe,

    16h-16h30 : goûter puis récréation,

    16h30-19h : classes pour certains (écriture et mathématique) et étude,

    19h-20h30 : "souper" puis récréation,

    20h30 : prières du soir puis lecture ou méditation du lendemain,

    21h : les chandeliers doivent être éteins.

  • Les cloches de la chapelle petit séminaire (1892)

    Saint-Joseph : carillon du clocher [provenant de la chapelle du petit séminaire de Tréguier]

    1ère cloche – 1892 : Sainte Marie

    Parrain : monsieur le comte de La Tour

    Officier de la Légion d’honneur

    Commandeur de François Joseph d’Autriche

    Chevalier de Grégoire Le Grand

    Maire de Tréguier

    Marraine : madame la comtesse de Trogrof

    Née Kermerchou de Kerauten

    Née à Guingamp

    2ème cloche -1892 : Saint Joseph

    Parrain : monsieur L’abbé France

    Vicaire général

    Archiprêtre de Lannion

    Marraine : madame Guezennec

    Née Caroline Le Goaster

    3ème cloche : Saint Yves

    Parrain : monsieur Guillaume Guichet

    Docteur en médecine

    Marraine : madame Bouget

    Née Marie Reine Maignou

    S.S. LÉON XIII PAPE

    Mgr FALLIERES

    Évêque de Saint-Brieuc et Tréguier

    Fabricant : Mr A. HAVARD à VILLEDIEU

    Vendeur : Mr L. LE JAMTEL à GUINGAMP

  • Extrait d'un article de L'Architecture, Journal hebdomadaire de la Société centrale des architectes français, (29 mars 1902) rédigé par Louis-Charles Boisleau

    "Cet établissement n’était encore, il y a quelques années qu’un assemblage de bâtiments construits bout à bout, au fur et à mesure des besoins, où les services étaient, par suite, plus ou moins confondus et disséminés.

    Ainsi que le fait voir le plan d’ensemble, une partie de ces bâtiments a été réédifiée sur un plan très simple. Tout d’abord, il ne s’agissait que de reconstruire la chapelle et d’ajouter une aile neuve au collège [au nord], en la soudant le mieux possible aux constructions anciennes, qui devaient être entièrement conservées. C’est dans ces conditions que fut étudié le projet de chapelle. Mais, comme il arrive trop souvent, on reconnut, en cours d’exécution, que le mauvais état des bâtiments, d’ailleurs peu commodes, exigeait leur reconstruction immédiate…

    La chapelle occupe le centre de la composition et ceci s’explique aisément dans un petit séminaire. Elle se compose de trois travées voûtées en coupoles, la troisième accompagnée de deux bras de croix et terminée par une abside polygonale flanquée elle-même de cinq absidioles.

    Il fallait que cette chapelle répondit aux besoins d’un nombreux personnel ecclésiastique. De là, l’obligation d’y établir beaucoup d’autels, - il y en a huit en tout, - de leur donner un accès facile, sans troubler l’attention des élèves et tout naturellement, de grouper ces autels autour du chœur…".

    Monsieur Henri Mellet explique ici que la façade de la chapelle s’élève sur la cour centrale et est séparée de la nef par le grand corridor du collège. Le même corridor se retrouve au premier étage, toujours séparé de la nef, mais ouvert sur l’espace antérieur correspondant à cette nef, et éclairé, ainsi que cet espace par les cinq arcatures rangées au-dessus du portail. "On a, dit-il, profité de la situation centrale de l’espace en question pour y établir la librairie scolaire".

    Au deuxième étage, il n’y a plus de corridor. Toute la partie du bâtiment correspondant à la librairie, éclairée cette fois par la grande rose et complètement ouverte sur la nef de la chapelle, est occupée par un grand orgue. "On peut traverser cette tribune pour communiquer d’un côté à l’autre du collège ; mais cette communication ne doit être qu’accidentelle, car les services placés à droite et à gauche de la chapelle sont complètement distincts à cet étage.

    Au chevet de la chapelle, fait remarquer notre confrère, la pente très prononcé du sol a permis d’ouvrir un passage sous l’abside, pour pénétrer dans une cour intérieure de partout ailleurs inaccessible. On a ainsi évité de prendre sur la longueur de l’édifice, déjà très réduite par la disposition du terrain".

    Monsieur Mellet parle ensuite du parti décoratif qu’il a adopté : "A cette vieille ville de Tréguier, robuste et rugueuse, faite de maisons grises entassées sans ordre par le temps, et que domine, plus vieille et plus grise encore, sa cathédrale, il fallait dit-il [l’architecte] épargner le stigmate du convenu moderne, la tâche criarde que met au front des cités la bâtisse neuve. A cette population scolaire, rude et vigoureuse comme la terre qui la porte, il fallait donner des édifices aux rudes murailles, aux formes solides, faites de matériaux primitifs. Il fallait aussi faire grand, et à peu de frais, cela va sans dire".

    L’architecte a demandé aux matériaux du pays la solution du problème. Le schiste dur et le granit[e] fournissaient tout naturellement cette solution, mais à la condition de les combiner sous des formes simples et frustes, excluant toute complication des profils.

    De là, ces constructions aux tailles presque brutes, aux moellons raboteux à peine dégrossis, en maçonneries épaisses mais peu couteuses, où le détail disparait pour laisser place à la seule silhouette. Parfois pourtant, piquant l’étendue grise des murailles, quelques accents de couleur que donne de place en place le granit[e] rose de l’île Bréhat.

    A l’intérieur, même économie mais dans une note moins sévère. Les parties portantes y sont constituées par le granit[e] et la pierre calcaire de Caen que débarquent à Tréguier même les navires. Le reste est enduit en mortier de chaux et de sable ; les voûtes sont en briques creuses enduites en plâtre teinté.

    De forts doubleaux reçoivent les coupoles, et sous celle-ci s’ouvrent de vastes fenêtres, emplissant la nef de lumière, mais très haut placées, pour ne pas détourner l’attention du motif principal de l’édifice, de sa seule raison d’être, l’autel.

    Cet autel, relativement très riche, est en pierre calcaire encadrant des mosaïques d’émaux à fonds d’or. La rosace l’éclaire bien en face ; les fenêtres des absides, peu nombreuses d’ailleurs, sont au contraire presque entièrement cachées au spectateur, toujours afin de laisser valoir l’autel et de donner au fond qu’il occupe plus de mystère.

    Y compris, autel, vitraux (de Gaudin), chapiteaux historiés, parquet sur bitume et honoraires, cette chapelle d’une surface de 800 m2 a couté environ 120000 francs.

    Entrepreneur : M. Le Collen, de Tréguier.

    La chapelle a été complétée depuis par 24 stalles sculptées et par un trône épiscopal, exécutés par M. Le Merrer, de Lannion, sur les dessins de l’architecte.

    Les autres bâtiments du collège, édifiés dans ces dernières années, comprennent des classes, des études, des dortoirs, salle de conférence, préau couvert, water-closets, escaliers, couloirs : le tout largement éclairé à l’étage de rez-de-chaussée, réservé aux études, mais beaucoup moins ouverts aux autres étages. C’était là, chose très rationnelle, et même presque obligatoire, dans un pays où les vents de mer soufflent chaque jour avec une intensité variable, mais produisent toujours une prompte et parfaite ventilation des pièces habitées.

    [...]

    Une des inscriptions sur marbre placées par Henri Mellet rappelle le nom d’un des principaux donateurs primitifs : le chanoine Thépault de Rumélin.

    Une autre ainsi conçue :

    [croix pattée] HAS AEDES

    PETR : FREDERICVS FALLIERES

    EPISC : BRIOC : ET TRECOR :

    PATERNO IVVENTVTIS STVDIO PERCITVS

    ANNO DII MDCCCLXXXXVII

    MVNIFICE RESTITVIT

    Que l’on voit au-dessus du grand préau de la cour principale, indique que le promoteur généreux des constructions nouvelles a été Monseigneur Fallières.

    Partant du collège, "on y fait toute les études classiques préparant aux baccalauréats. Beaucoup de jeunes gens, sortis de ce collège, entrent au grand séminaire ou dans des missions étrangères. Je puis, ajoute notre confrère, sans parti pris, faire l’éloge de cette population scolaire, robuste et joyeuse, vivant de peu comme de vrais spartiates - il y a des pensions de 300 francs - et malgré cela, bonne à l’étude et excellent au jeu. Les maîtres dînent au même réfectoire que les élèves, simplement, je puis vous l’assurer, de stomacho.

    Il y a là des traditions de saint Yves et saint Vincent de Paul (Saint Vincent de Paul y envoya en 1654 les Lazaristes, comme professeurs. Ceux-ci gardèrent la direction du petit séminaire jusqu’en 1791, époque où il fut vendu. En 1820, on le rendit à sa première destination.) qui planent au-dessus du collège, saint Yves étant de Tréguier même, et saint Vincent de Paul y étant venu et ayant même habité le vieux bâtiment du sud-est, où se trouvent le salon et un réfectoire. [...]

    Monseigneur Fallières, aimant beaucoup son collège et, dit-on, sa chapelle, a demandé à loger tout auprès, quand il vient à Tréguier. C'est pourquoi, je lui ai construit cet appartement accoté à la chapelle. Il y entre par le grand corridor, en passant à travers le premier contrefort.

    Les cinq chapelles, en plus du maître-autel, permettent aux vingt ou vingt-cinq prêtres qui enseignent au collège de dire leurs messes le matin en aussi peu de temps que possible, avant l’heure des classes ; chaque prêtre, étant isolé dans sa chapelle, n’est pas gêné par son voisin. Les vingt-quatre stalles sont pour les professeurs et, au besoin, les prêtres du voisinage qui assistent, en passant aux offices.

    La grande salle dite des fêtes est tout simplement un grand préau couvert de la cour de récréation. On y fait la distribution des prix, les représentations théâtrales données par les élèves, les concerts, fêtes de gymnastique, etc. Les parents y sont admis. On se borne à boucher les arcades par des toiles ou des planches, quand il fait froid.

    La salle de conférence sert aux réunions moins nombreuses, et en particulier à certaines réunions périodiques de tous les élèves. Elle est utilisée comme salle de dessin. La scène donne sur ces deux salles. [...]

    « …j’avais été frappé du bon aspect des rotondes absidiales de la chapelle, au-dessus du mur de soutènement des cours. […] …une façade latérale apparaissait, dessinée dans un si bon caractère, que je crus un instant à une restauration plutôt qu’à une construction neuve ; on devinait, dans le haut, au-delà des faitages des bâtiments accotés à la chapelle, une silhouette heureuse, couronnant un pignon. […]

    Combien c’était mieux que ces églises neuves rencontrées dans les gros bourgs de ce coin de la Bretagne, de ces bâtisses prétentieuses, à clochers carrés, la plupart mal étudiées, banales à l’excès, en tout cas si manifestement inférieures aux veilles et pauvres églises d’autrefois ! […]

    Henri Mellet m’a dit que son client, l’honorable supérieur du petit séminaire, avait été d’accord avec lui - contrairement peut-être à l’avis d’autres personnes moins éclairées - pour préférer au clocher vulgaire les jolies arcatures bretonnes, assises sur un pignon d’une puissante allure. C’est là une opinion qui dénote un homme de bon goût, un connaisseur sérieux ; je me permets de lui adresser ici l’expression de mes respectueux compliments".

    Les coupoles enduites de plâtre sont, comme on peut voir sur les coupes, décorées par des bandes horizontales d’un ton un peu plus soutenu que le fond. Ce ton est parait-il, un rose pâle, en harmonie avec ce granit[e] de l’île de Bréhat que je disais, dans ma causerie de 1901, teinté pour l’éternité dans le pourpre des soleils couchants.

    Un certain dessin des vitraux de M. Gaudin, que je n’ai pu reproduire, a pour objet de rendre ce verset des évangiles : "Laissez venir à moi les petits enfants". Il y a là, à côté de femmes dans le costume simple et sévère du pays, parmi d’autres bambins, un petit Breton encore habillé à la vieille mode, qui salue très gentiment le seigneur Jésus Christ. Ce vitrail, si j’en juge par la photographie, est tout à fait charmant.

    Dans l’autel, les motifs des mosaïques vénitiennes sur fond d’or représentent la vigne et le blé entrelacés. Tout sauf les bronzes, a été exécuté par des ouvriers de Rennes, d’après les dessins, grandeur d’exécution, de l’architecte.

    J’ai déjà fait pas mal de compliments à notre confrère Henri Mellet, pour le beau caractère qu’il a su donner à des ouvrages très simples, partant économiques ; j’en rajoute un dernier, encore très vif, pour l’étude du maître-autel, ouvrage d’une grande richesse composé dans un goût très distingué […] ».

    (Louis-Charles Boisleau, collaborateur de la revue L’Architecture. Ce dernier cite en partie dans son article des notes que l'architecte Henri Mellet lui a fait parvenir)

  • 1908 : l'école primaire supérieure de Tréguier par Michel Le Cam

    "L’école primaire supérieure de Tréguier ouvre ses portes le 1er mai 1908. Le directeur, monsieur Lacroix publie en 1914, une plaquette illustrée d’une vingtaine de photos de son établissement, accompagnées d’un texte de présentation : "installée dans des bâtiments superbes, elle (l’EPS), ne le cède en rien à aucune autre école pour ce qui est des conditions matérielles et hygiéniques. Les différents locaux affectés au service de l’internat sont vastes et confortables, et les dortoirs surtout, ainsi que du reste le vestiaire, la lingerie et le réfectoire, font l’admiration de tous les visiteurs. Le régime alimentaire ne laisse rien à désirer : les menus hebdomadaires sont signés par le médecin de l’école et la nourriture est saine et abondante autant que variée. Enfin, les plus grands soins sont donnés à l’éducation des jeunes gens".

    Organisation et programme

    - L’École comprend 4 années d’étude, avec une section maritime organisée à partir de la 2° année. L’agriculture théorique est enseignée aux élèves de 2°, 3°,4° années comme application des cours de Sciences physiques et naturelles.

    - L’Enseignement est donné, conformément aux programmes officiels de 1909 :

    - Instruction morale

    - Langue et littératures françaises

    - Histoire et Géographie

    - Instruction civique, Droit et Économie politique

    - Anglais

    - Mathématiques

    - Physique et Chimie

    - Histoire naturelle et Hygiène

    - Agriculture, Enseignement nautique

    - Dessin géométrique et d’art

    - Travaux manuels

    - Écriture

    - Chant

    - Gymnastique et exercices militaires

    Exercices pratiques pour la marine, de l’agriculture, ou du commerce (navigation, travaux agricoles ou travaux d’atelier, dactylographie…)

    - L’enseignement est gratuit, seuls les livres et les fournitures scolaires restent à la charge des familles.

    - Les élèves se présentent aux examens et concours suivants :

    - Brevet élémentaire et Brevet Supérieur

    - Certificat d’études Primaires Supérieures

    - Concours d’entrée aux Écoles normales

    - Concours d’entrée dans les Ecoles spéciales : école d’hydrographie, commerce, mécaniciens de la marine.

    - Concours d’entrée dans les Administrations publiques : postes, contributions directes et indirectes, ponts et Chaussées, douanes.

    Tarifs Scolaires

    (Internat) : le prix de la pension est fixé à 450 fr. par an, pour la nourriture, le chauffage et l’éclairage.

    Trousseau

    - Il comprend des draps, couvertures, chemises de jour, serviettes de table et de toilette, 2 paires de chaussures et une paire de sabots avec chaussons, couverts de table, verre, brosse à cheveux et à dents, peigne, brosse à vêtements et à chaussures.

    - Les vêtements doivent être en nombre suffisant pour l’intérieur ; un costume convenable est obligatoire pour les sorties, de préférence en cheviotte (laine d’Écosse) gris foncé ou bleu-marine. Aucun uniforme n’est exigé, à part la casquette. Tout le trousseau doit être marqué aux initiales de l’élève et au numéro de l’élève.

    Extrait du règlement intérieur

    - Toute dégradation commise par l’élève reste à la charge des familles. Les jeux violents ou dangereux sont interdits.

    - Les élèves internes sont en dehors des heures de classe constamment placés sous la surveillance d’un maître. Sur la demande des parents, ils sont conduits et surveillés chaque dimanche à l’office religieux.

    - Au cours de l’année scolaire il est adressé aux parents au moins une fois par trimestre un bulletin donnant, avec des renseignements sur la conduite et le travail de l’élève, les notes obtenues pour chacune des matières d’études, ainsi que le résultat du classement (rang et moyenne)

    - Les élèves internes qui ont obtenu des notes satisfaisantes de travail et de conduite, au cours du mois, sont inscrits au Tableau d’honneur et ont droit à une sortie de faveur le premier dimanche du mois".

  • 1966 : la défense du second cycle au lycée de Tréguier par Michel Le Cam

    "Le ministère de l’Éducation Nationale avait prévu en 1965 la suppression du second cycle à Tréguier. Seuls le collège et le collège d’enseignement technique seraient maintenus. Les élèves fréquentant le lycée de Tréguier seraient alors scolarisés au lycée de Lannion et dans le futur lycée de Paimpol. Afin d’éviter la suppression du lycée, un comité de défense est mis en place à l’initiative de la "Fédération Cornec" des parents d’élèves : il rassemble l’association des parents d’élèves, le conseil municipal de Tréguier, le Centre Culturel Ernest Renan, l’association des professeurs, des représentants des municipalités du secteur de recrutement des élèves, le conseiller général du canton, et le député de l’arrondissement.

    Le Comité décide d’organiser un meeting à Tréguier le dimanche 20 mars 1966 sur la place du Martray : près de 1500 personnes viendront lui apporter, par leur présence, un soutien.

    Le 1er avril 1966, une délégation composée de Pierre Bourdellès, député, Joseph Nicolas, maire de Tréguier, Jeannine le Bouder, présidente des parents d’élèves, est reçue au Ministère de l’Éducation Nationale. A la fin de l’entrevue, le représentant du ministre promet de revoir le dossier : le lycée sera maintenu.

    Une photographie (XXX) montre les principaux orateurs lors du meeting du 20 mars 1966 à Tréguier : de gauche à droite, monsieur Lasbleiz, adjoint au maire de Tréguier, monsieur Tanguy, proviseur du lycée, Pierre Bourdellès, député de l’arrondissement de Lannion, Jeannine le Bouder, présidente des parents d’élèves, Pierre le Guével, président du Centre Culturel Ernest Renan, François Jégou, professeur au lycée".

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives communales de Tréguier. C1 : L'Architecture, Journal hebdomadaire de la Société centrale des architectes français, 15e année, n° 13, samedi 29 mars 1902, p. 98-104 (carton n° 171).

    Archives communales de Tréguier : C1
  • École primaire supérieure de garçons ; aménagement dans les locaux du collège (ancien "Grand séminaire") : correspondance, rapport, délibération du conseil municipal, devis estimatifs, plans, soumissions, procès-verbaux de réception des travaux, paiements, décompte définitif des travaux (1908-1914). Reconstruction du mur de soutènement de la cour nord : devis estimatif, plan, 2 photographies (1920). 1908-1920.

    Archives communales de Tréguier : 4M2
  • Documents iconographiques et textuels réunis par Michel Le Cam, ancien professeur au Lycée Joseph Savina.

Documents figurés
  • Tableau d'assemblage et plans parcellaires de la commune de Tréguier, 1834.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 3P 362/1-4
Bibliographie
  • GUILLOU, Adolphe (préface d'Anatole Le Braz). Essai historique sur Tréguier par un Trécorrois. F. Guyon, Saint-Brieuc, 1913 (réédition collection Monographies des villes et villages de France. Paris, 1993, 204 p.)

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel) : 7382
  • CHOUTEAU, Nicole. Les rues de Tréguier du 18e siècle à nos jours. Éditions Art, Culture et Patrimoine, Tréguier. 1995, 76 p.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • MARJOU, Jean-Yves. "De l’expulsion du Petit Séminaire de Tréguier à l’installation de l’Institution Saint-Joseph à Lannion" In : Les Bretons et la Séparation : 1795-2005 [en ligne]. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2006 (généré le 15 novembre 2017). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/pur/23574>. ISBN : 9782753523579. DOI : 10.4000/books.pur.23574.

  • BRANCHEREAU, Jean-Pierre, CROIX, Alain, GUYVAR'H, Didier, PANFILI, Didier. Dictionnaire des lycées publics de Bretagne. Geriadur liseoù publik Breizh. Histoire, culture, patrimoine. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2012. 656 p.

Périodiques
  • MINOIS, Georges. "Le séminaire de Tréguier jusqu'à la fin du 17e siècle". Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest. Tome 84, numéro 1, 1977. p. 553-575.

  • BONNET, Philippe. "Jacques, Jules et Henri Mellet, bâtisseurs d’églises". Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, Actes du Congrès de Vitré, t. LXXXIV, 2006, p. 407–441.

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