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Statue d'Ernest Renan et de la déesse Pallas Athéna, Place du Martray (Tréguier)

Dossier IA22133263 réalisé en 2017
Dénominations statue monumentale
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Tréguier
Adresse Commune : Tréguier
Adresse : Place du Martray

L’initiative de ce monument à la mémoire d’Ernest Renan émane d’Armand Dayot, ami de l’écrivain, critique d'art et historien d'art français, administrateur puis inspecteur général des Beaux-Arts. Républicain convaincu, Armand Dayot a fondé avec Ary Renan l'organisation « Bretons de Paris » : l’annonce officielle d’un monument à Tréguier est d’ailleurs faite lors du banquet fondateur en avril 1894. Dès la fin de l’année 1894, Armand Dayot semble avoir recueilli le soutien de Jules Guillerm, maire de Tréguier mais le projet est mis en sommeil jusqu'en 1903. A Tréguier, ancienne cité épiscopale, Ernest Renan est en effet persona non grata depuis la publication en 1863 de sa Vie de Jésus (premier tome de L'histoire des origines du christianisme). Le pape Pie IX, l'a d'ailleurs traité de « blasphémateur européen », et Victor Duruy, ministre de l'Instruction publique a supprimé son cours d’hébreu au Collège de France. Peu après la mort d’Ernest Renan survenue le 2 octobre 1892 à Paris, la Semaine religieuse de Paris publiait : « Renan, le grand blasphémateur du Christ Jésus, est mort à Paris, sans avoir donné le moindre signe d’un repentir qu’il avait répudié à l’avance comme une faiblesse. Ainsi s’est-il condamné éternellement aux flammes de l’enfer ».

En 1898, une plaque commémorative est apposée sur la maison natale d’Ernest Renan à Tréguier alors que l’opinion publique est toujours contre Renan.

L’année suivante, le projet de monument de Tréguier revient, porté par l'association des « Bleus de Bretagne » (ex « Bretons de Paris »), bientôt soutenue par la Ligue des Droits de l’homme. Pour le monument, le comité est composé d’Armand Dayot, Marcelin Berthelot et Anatole France. Le sculpteur Jean Boucher, âgé de 33 ans et étiqueté « dreyfusard et libre-penseur » est choisi pour réaliser le monument. Si la statue de Renan symbolise l’anticléricalisme, celle d’Athéna illustre la libre pensée et la raison.

Le monument à la mémoire d’Ernest Renan a été inauguré le dimanche 13 septembre 1903 par le président du conseil Émile Combes dans des conditions très particulières : pour éviter l’affrontement entre anticléricaux et cléricaux, on fait appel à l’armée qui est obligée de charger baïonnette au canon contre les cléricaux (pour plus de détails sur l’inauguration du monument, nous vous renvoyons à la lecture du livre de Loïc Thomas intitulé Le Bronze de Renan à Tréguier, 1903).

L’année suivante, un calvaire monumental est érigé sur un espace privé du port (à l'entrée orientale du parc de la Baronnais sur la rue Marcellin Berthelot) à la demande des catholiques de Bretagne et en signe de protestation contre l'érection de la statue d'Ernest Renan. Symboliquement, ce calvaire dit de Protestation est inauguré le 19 mai 1904 lors du pardon de saint Yves.

Adoptée le 9 décembre 1905, la loi concernant la séparation des Églises et de l’État marque une étape décisive dans laïcisation de la République française.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle , porte la date
Dates 1903, porte la date
Auteur(s) Auteur : Boucher Jean, sculpteur, attribution par source
Auteur : Malesset Joseph,
Joseph Malesset

Fondeur d'art à Paris.


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fondeur, attribution par source
Auteur : Nénot Henri-Paul, architecte, attribution par source

Ce monument a été érigé sur la place du Martray (dans l’angle sud-ouest, c’est à dire en haut de la place) devant la cathédrale Saint-Tugdual. La placette ovale figurant sur le cadastre de 1834, appelée « levée », est depuis appelée localement le « tertre de Renan ».

Posé sur un piédestal en granite gris, ce groupe sculpté en bronze se compose de deux figures : Ernest Renan âgé, représenté pensif, assis sur un banc - canne en bois et chapeau à la main - et sur sa droite, debout et légèrement en retrait, Pallas Athéna, déesse de la sagesse, des artistes et des maîtres d'école de la mythologie grecque. La déesse est représentée l’air grave, coiffé d’un casque attique à cimier et aigrette, le bras droit levé tenant un rameau d’olivier, symbole de la paix.

Cet ensemble monumental est l’œuvre du sculpteur Jean Boucher dont la signature est visible au verso de la statue (à la base). On peut également voir le sceau du fondeur et le millésime : « ETABLts MOLZ / J. MALESSET / fondeur PARIS 1903 ». Le piédestal en granite est de Henri-Paul Nénot.

Sur une plaque en granite poli, on peut lire : « Ernest Renan / né à Tréguier le 28 février 1823 / On ne fait de grandes choses qu'avec la science / et la vertu - la foi qu’on a eue ne doit / jamais être une chaîne - l'homme fait / la beauté de ce qu'il aime et la sainteté / de ce qu'il croit... / E. R. ».

Sur une deuxième plaque, mise en place en 1992, on peut lire : « A Ernest Renan / centenaire / de sa mort / en 1992 / Hommage des Trégorrois / J-Y Prud'homme maître artisan bronzage d'art à Tréguier ».

Murs granite pierre de taille
bronze
États conservations bon état
Statut de la propriété propriété de la commune

Références documentaires

Bibliographie
  • BOTOUROPOULOU, Iphigénie. "L’inauguration de la statue de Renan à Tréguier en 1903 : la fonction symbolique d’Athéna" in Les Bretons et la Séparation : 1795-2005 [en ligne]. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2006 (généré le 13 décembre 2017).

  • THOMAS, Loïc. Le Bronze de Renan à Tréguier, 1903. Éditions Anagrammes, 2008, 232 p.

  • THOMAS, Loïc. Gustave de Kerguézec. Un missionnaire de la République. Cesson-Sévigné, édition à compte d'auteur, 2013, 154 p.

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