130 000 dossiers d’Inventaire à explorer
« L’arme parfaite contre les déprédations de tous genres est l’intérêt que les usagers, les habitants des petites villes prennent à « leurs » édifices, même modestes […] » André Malraux, André Chastel 1964

Depuis la création de l'Inventaire en 1964 en Bretagne, plus de 130 000 dossiers d'études réunissent textes, photographies, plans, cartes, reproductions de documents anciens,

La méthodologie et les outils d'investigation ont varié au cours de ces 60 années d'exploration : les dossiers restituent aussi l'épaisseur historique et le contexte dans lequel chaque étude a été conduite. La photothèque permet de consulter et de commander les photographies liées aux enquêtes. Plusieurs milliers d'autres clichés, les « dossiers papier » réalisés lors des premières études et un fonds important d'ouvrages et revues sont consultables à notre centre de documentation .

La Région Bretagne s'attache à co-construire la connaissance des patrimoines bretons en invitant tous ceux qui le souhaitent à s'associer à ces explorations du territoire en utilisant l'application GLAD .

Image du jour
Hippodrome de la Chaussée, tour de contrôle
Lumière sur

La Mission Évangélique Bretonne

Le protestantisme a marqué l'histoire de la commune de Trémel à partir des années 1840. Le pasteur Jenkins, missionnaire gallois, y a fondé une mission, dirigée par Guillaume Ricou, puis par son petit-fils, Guillaume Le Coat (1845-1914). Guillaume Ricou, lettré bretonnant et anticlérical, a en effet été un des collaborateurs de John Jenkins dans sa révision de la Bible en breton. Le pasteur John Jenkins, installé à Morlaix en 1834 avec sa femme, avait pour particularité de prêcher en langue Bretonne. Le colportage lui a permis de diffuser une Bible en breton à partir de 1844.

En 1911, Guillaume Le Coat écrit : "Il n'y a pas un coin, un village, une ville des trois départements bretons [comprendre bretonnant] qui n'ait été parcouru par les colporteurs de Trémel... les foires, les marchés ont été visités... ainsi que les centres de pèlerinage et les pardons". Guillaume Le Coat a même créé une voiture hippomobile avec un logement pour le colporteur afin de vendre le livre de la "Société Évangélique Bretonne". Guillaume Le Coat est secondé par un neveu de sa femme nommé Guillaume Somerville (1868-1945).

En 1861, une chapelle protestante est édifiée au hameau de Uzel à Trémel mais le préfet des Côtes du Nord refuse son ouverture. Diplômé en 1866, Guillaume Le Coat ouvre finalement une école à Uzel et épouse une anglo-irlandaise nommée Gertrude Shaw en 1868. La Troisième République (1870-1940) lui permet de fonder officiellement la Mission Évangélique Bretonne à Trémel. Autour de la chapelle sont construits une école de fille, un orphelinat, un hospice, une ferme et des logements qui servent aux colporteurs et aux évangélistes. La mission protestante surplombe le Dour Uzel, affluent du Douron : une usine à lin est créé en 1899 puis une bonneterie afin de financer la mission et de procurer du travail aux orphelins.

Le journal Le Trémélois : écho de la Mission évangélique bretonne, paraît de 1888 à 1914.

Guillaume Le Quéré (né en 1873) connu sous le nom de "Tonton Tom" fut colporteur jusqu'à sa mort en 1963. L'orphelinat d'Uzel a définitivement fermé en 1974. Les bâtiments ont été vendus à des particuliers ; la chapelle est en cours de restauration.

Trémel, Uzel : Mission évangélique bretonne, ensemble de bâtiments de la mission protestante, carte postale (collection particulière)