Chargée d'études à l'Inventaire
- enquête thématique régionale, Inventaire des lieux et objets de pardon et de pèlerinage en Bretagne
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Bretagne
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Commune
Saint-Didier
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Lieu-dit
La Peinière
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Emplacement dans l'édifice
chapelle
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Dénominationsstatue
Une "statue relique"?
L'oeuvre originelle, une statuette en bois, daterait du 16e ou du 17e siècle, période d'apparition des premières processions à la Peinière. Telle une relique, elle était placée à l'intérieur de l'autel, dans une sorte de tabernacle ouvert sous la table, jusqu'en 1926.
En 1926, elle est couronnée lors du pèlerinage diocésain du 8 septembre. C'est en vue de cet évènement que la statue est largement transformée. Selon le livre de paroisse de Saint-Didier, elle est alors très dégradée et le recteur estime qu'elle doit être remise en état avant la cérémonie. Il l'emporte à Paris en octobre 1925 pour la montrer d'abord à un prêtre jésuite, le père d'Armailhac, qualifié d'"archéologue". L'érudit la date comme étant postérieure à 1550 et emmène le recteur la fait restaurer chez un sculpteur "de renom", Camille Charles Jules Debert (1867-1935). Un socle est ajouté et elle est recouverte de métal doré. Trois couronnes sont également réalisées en vue du couronnement de la statue, dont une en or. Une fois la statue restaurée et couronnée, elle remplace la Vierge de 1877 qui trônait au-dessus de l'autel. En 2024, la statue est toujours placée sur le maître-autel. Elle est processionnée tous les ans pour la fête de la Nativité de la Vierge, lors du pèlerinage diocésain. Pour l'occasion, elle est habillée de son manteau de couronnement et porte la couronne en or.
Deux légendes miraculeuses
Les sources manquent pour établir la datation de la statue originelle. En 1907, l'abbé Renault rapporte plusieurs versions concurrentes du récit de l'invention de la statue. Selon la première, des religieuses nommées "ermites", vivaient dans ce lieu vers le 16e siècle. L'une de ces ermites, la seule ayant survécu aux guerres de religions, passait ses jours à prier et à confier ses peines à une statue. À sa mort, son logis s'écroula et on retrouva sous les débris, à côté d'une fontaine, une statue de la Vierge. Plusieurs personnes continuèrent alors à venir prier la statue qui fut abritée sous une grotte en forme de four. C'est ce premier oratoire qui accueille la statue, qui fut ensuite installée dans un plus grand oratoire au début du 19e siècle, puis dans une chapelle à partir de 1840, et enfin dans l'édifice que l'on connait aujourd'hui.
Une autre tradition raconte qu'un paysan trouva la statue alors qu'il labourait son champ. Le soir, il la plaça dans sa maison, mais le lendemain, la statue était retournée à la fontaine près de l'endroit de la découverte. Il l'emporta dans sa maison une seconde fois, mais le même événement se produisit. La troisième fois, c'est le recteur de Saint-Didier qui l'enferma dans sa chambre, mais encore une fois la statue retourna près de la fontaine. Ces évènements furent interprétés comme le signe que la statue voulait être vénérée à l'endroit où elle avait été découverte.
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Dates
- 1926, daté par source
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Lieu d'exécutionCommune : Paris
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Auteur(s)
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Auteur :
Debert Camillesculpteur attribution par sourceDebert CamilleCliquez pour effectuer une recherche sur cette personne.
Sculpteur français né à Lille. Il obtient une mention honorable au Salon des artistes français de 1898. Il est l'auteur de nombreux monuments aux morts et statues religieuses.
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Auteur :
La statue visible aujourd'hui est constituée d'une âme de bois recouverte de feuilles de métal doré. Elle porte une couronne pour le temps quotidien, qui est remplacée par une autre lors des fêtes de la Vierge. Elle dispose d'une troisième couronne en or lors des occasions les plus importantes comme le couronnement, les anniversaires de couronnement ou les jubilés.
La Vierge est représentée debout, dans une posture protectrice, la tête penchée, une main posée sur sa poitrine et l'autre tenant son manteau. Le geste de ces mains se croisant sur la poitrine fait penser à une Vierge de l'Annonciation ou à une Vierge de Calvaire. Henri Bourde de La Rogerie la décrit comme une « petite statue de bois extrêmement mutilée que l'or, dit être une statue de la Vierge et qui est plutôt, croyons-nous, une statue d'un personnage accessoire provenant d'un retable flamand. » Il est donc possible que la statuette originelle qui se cache dans l'objet que nous connaissons aujourd'hui était initialement autre chose qu'une statuette de dévotion indépendante.
Quoi qu'il en soit, elle a conditionné l'iconographie de Notre-Dame de la Peinière telle qu'on la connaît aujourd'hui. Cette iconographie se retrouve dans l'autre statue (1877), la bannière (1905) et même sur le chaperon de la chape, créés avant la transformation de la statue initiale.
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Catégoriessculpture
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Matériaux
- bois, (incertitude)
- métal, doré
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Mesures
- h : 64 cm
- l : 15 cm
- la : 12 cm
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Iconographies
- VIERGE
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Précision représentations
Iconographie propre à Notre-Dame de la Peinière
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État de conservation
- bon état
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Statut de la propriétépropriété d'une association diocésaine
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
- (c) Région Bretagne
Documents d'archives
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Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 5V 271
Livre de paroisse de Saint-Didier
Bibliographie
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Bibliothèque des Champs Libres (Rennes) : 91451 FB
RENAULT, Edouard, Histoire du pèlerinage de Notre-Dame de La Peinière, paroisse de Saint-Didier, Diocèse de Rennes, Rennes, H. Vatar, 1907, 224p.
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Bibliothèque des Champs Libres (Rennes) : BP410
Bourde de la Rogerie, Henri, « Chroniques d’histoire, de géographie et de littérature de la Bretagne », dans Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, tome 38, 1928
Périodiques
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Bibliothèque des Champs Libres (Rennes) : DL 109123
FERRIEU, Xavier, « Notre-Dame de la Peinière », Bulletin & Mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, t. CX, 2006, p. 45-122.
Dans le cadre d'un stage de fin d'études de Master en Gestion et Mise en valeurs des œuvres d'arts
Chargée d'études à l'Inventaire
Chapelle Notre-Dame-de-la-Peinière (Saint-Didier)
Lieu-dit : la Peinière
Dans le cadre d'un stage de fin d'études de Master en Gestion et Mise en valeurs des œuvres d'arts