Photographe à l'Inventaire
- enquête thématique régionale, Inventaire des moulins à papier et papeteries industrielles de Bretagne
- enquête thématique régionale, Inventaire des ateliers ruraux liés à la Société linière du Finistère
Dossier non géolocalisé
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Aire d'étude et canton
Bretagne
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Hydrographies
Queffleuth
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Commune
Plourin-lès-Morlaix
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Lieu-dit
Pont-Pol
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Dénominationsmoulin à papier, moulin à blé, usine
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Précision dénominationteillage de lin
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Destinationsmoulin à papier
Le moulin de Pont-Pol est situé sur la rivière du Queffleuth. On ne connaît pas la date précise de sa fondation. Dans un premier temps, c'est un moulin à farine. Il devient moulin à papier en 1635 avec Julien Cordier, papetier normand, qui a déjà fondé le moulin à papier de Glaslan, sur Pleyber-Christ en 1629. Le propriétaire du moulin est le seigneur Yves de Coatanscour. En 1776, le fabricant de papier de Pont-Pol est M. Thépaut, il dispose d'une roue, d'une cuve et de cinq piles à maillets (3000 à 3300 rames de papier/an). En 1808, Pont-Pol travaille pour F. M. Andrieux qui, dans les années 1830, va faire passer la fabrication du papier dans l'ère industrielle. Les petits moulins vont changer peu à peu d'affectation. Pendant une courte période, Pont-Pol devient moulin à concasser des pierres pour en faire de la poudre de kaolin.
En 1846, Pont-Pol est acheté par la Société linière du Finistère - créée à Landerneau en 1845 - pour le convertir en moulin à teiller. Les teillages apparaissent en France dans la 2e moitié du 19e siècle, inspirés des "moulins flamands", équipés d’un axe horizontal rotatif muni de spatules en bois qui, en tournant, battent les tiges de lin pour en faire tomber les débris de bois (anas). Ce système permet un rendement bien supérieur à celui du teillage manuel jusque-là utilisé. Des liniculteurs flamands viennent former leurs homologues bretons à ces nouvelles techniques, et M. Verschaeve, contremaître flamand, est présent à Pont-Pol pendant un certain temps. Il est agrandi un an après l'incendie de 1849 pour faire face à l'augmentation de la production de lin. Pont-Pol est l'un des rouages essentiels de la Société Linière du Finistère qui emploie 3 000 ouvriers en 1865. La société décline peu à peu face à la concurrence des toiles anglaises, belges, lilloises (...), à la suppression de la voile dans la marine et à la diminution de l’approvisionnement en toile de l’armée et des prisons. Quand la Société linière du Finistère ferme en 1891, Pont-Pol est inactif pendant quelques années, avant de reprendre son activité. Il subit des incendies en 1934 et 1948. Le moulin à teiller cesse de fonctionner en 1953. Il est propriété de la commune de Plourin-lès-Morlaix jusqu'en 2025.
(Enquête thématique régionale "Les moulins à papier et papeteries industrielles de Bretagne", Caroline Leroy-Déniel, 2015)
Le moulin à papier
Le moulin de Pont-Pol est attesté comme moulin à farine avant d’être reconverti en moulin à papier en 1635. Au début du 18e siècle, une trentaine de moulins à papier est en activité dans un périmètre d’environ 50 km² au sud de Morlaix, dans la vallée du Queffleuth, dont l’eau limpide et peu calcaire est appréciée des papetiers. La vallée est alors renommée «la vallée du papier». On y emploie entre 200 et 250 ouvriers, auxquels s’ajoutent les marchands, chiffonniers, transporteurs et familles nobles qui tirent profit du droit féodal sur les moulins.
En 1635, le papetier normand Julien Cordier prend à ferme le moulin de Pont-Pol, propriété du seigneur Yves de Coatanscour. Il a déjà reconverti en papeteries les moulins de Glaslan (Pleyber-Christ). Cependant, il se retrouve rapidement impliqué dans un conflit de concurrence opposant Yves de Coatanscour et Jean Le Borgne, seigneur de Lesquiffiou, qui possède un autre moulin situé également sur Le Queffleuth. Cette rivalité cause la ruine de Cordier, dont les biens sont saisis et vendus. Le droit d’afféagement est alors acquis par la famille Chrétien de la Masse, qui en reste détentrice jusqu’en 1750. Le moulin passe ensuite à Yves Plassart. En 1776, M. Thépaut est mentionné comme « fabricant » au moulin de Pont-Pol. Il y exploite une roue, une cuve et cinq piles, ce qui lui permet de produire environ 3 000 rames de papier par an. En 1808, le site est occupé par Guillaume Guédon, papetier au service de la papeterie Andrieux, acteur économique majeur dans la région. Les chiffons de lin constituant une matière première essentielle à la fabrication du papier, les moulins disposent localement d'une ressource directement accessible.
Le moulin de teillage
Le moulin de Pont-Pol demeure un moulin à papier jusqu’à son rachat, en 1845, par Charles Homon et son beau-frère Joseph Desloges, tous deux négociants à Morlaix. Charles Homon est l’un des actionnaires de la Société Linière du Finistère et en représente les intérêts à Morlaix. Fondée la même année, cette société a pour objectif d’organiser et de mécaniser la production du lin dans le Finistère. Le moulin de Pont-Pol constitue alors l’un de ses principaux atouts : il permet un teillage rapide et local du lin, avec une exportation facilitée par la proximité du port de Morlaix.
Le moulin devient un site de teillage à partir de 1846, lorsque la Société Linière du Finistère y installe un mécanisme et des machines de teillage. Des travaux sont alors entrepris pour adapter les bâtiments à cette nouvelle production, notamment la modification des structures existantes et l’aménagement d’un nouveau bief. L’usine de Pont-Pol devient ainsi l’un des premiers moulins à teiller de la région, et plus largement de la Société Linière. Pendant toute la période d’activité de cette dernière, le site reste l’un de ses établissements les plus actifs et les plus productifs. Le moulin de Pont-Pol est même l’une des usines de teillage les plus importantes de Bretagne, avec 118 employés, dont 110 ouvriers en 1863.
En 1849, un incendie endommage les installations de Pont-Pol. La reconstruction entraîne une réorganisation des espaces et un agrandissement des bâtiments pour faire face à l’augmentation de la production. À la mort de Charles Homon, en 1879, le moulin revient à sa fille, Marie-Caroline Zoé Homon, et à son époux, Édouard Puyo, qui poursuivent l’activité de teillage. À la fin du 19e siècle, la Société Linière du Finistère est fragilisée par la concurrence des toiles anglaises, belges et du Nord de la France, par la disparition progressive de la voile dans la marine, ainsi que par la baisse des commandes de l’armée de terre. Elle cesse définitivement ses activités entre 1891 et 1892.
Après la Société Linière
Lorsque la Société Linière du Finistère disparaît en 1891, plusieurs ouvriers et ouvrières du moulin de Pont-Pol sont licenciés et une partie des machines est vendue. À la suite de la liquidation, les parts du moulin sont réparties entre plusieurs acquéreurs. Malgré ce changement de propriétaire, le site conserve sa fonction de teillage. En septembre 1928, une nouvelle société est fondée au moulin de Pont-Pol. Elle est constituée pour une durée de cinquante ans par Jean-Louis Laviec, François-Charles Salaün et Jean Richard, les parts de ce dernier reviennent ultérieurement à son épouse après son décès. L’activité mobilise alors une trentaine de salariés. Malgré deux incendies, survenus en 1934 puis en 1948, l’usine poursuit son activité de teillage jusqu’à sa fermeture définitive en 1953. La société est officiellement dissoute en 1958, cinq ans après l’arrêt de la production. Le moulin de Pont-Pol est ensuite racheté en 1979 par M. et Mme Abgrall, avant d’être cédé à la commune de Plourin-lès-Morlaix en 2013. Le mécanisme de teillage est toujours en place. En 2025 il est mis en vente par la commune.
(Enquête thématique régionale "Inventaire des ateliers ruraux de la Société linière du Finistère", Anna Lepage, Andrée Le Gall-Sanquer 2025)
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Période(s)
- Principale : 17e siècle
- Secondaire : 3e quart 19e siècle
Le bâtiment principal du site correspond à la partie ancienne de l'usine à teiller. La partie la plus moderne de l'usine a quasiment disparu. On peut distinguer des traces de l'ancien moulin à papier dans la première salle du bâtiment (voûte à l'intérieur sous laquelle devait circuler l'eau) et à l'extérieur de ce même bâtiment au pied de la roue (2 voûtes par lesquelles l'eau devait s'évacuer).
L'usine à teiller a connu de nombreuses modifications dues à sa modernisation mais également aux incendies qui l'ont frappée. Le bâtiment principal mesure 27 mètres x 7 mètres (dimensions extérieures), sa façade est orientée vers le nord-ouest. Il est composé d'un seul niveau et de quatre salles. On pénètre par une première salle (6,40 x 6,20 mètres de dimensions intérieures) qui abrite le mécanisme du moulin : le mécanisme à actionner la vanne, la roue d'entraînement (avec des alluchons en bois) et le débrayage sont encore présents. On pénètre ensuite dans une deuxième salle (2,85 x 3,85 mètres de dimensions intérieures) qui permet d'accéder à la salle d'espadage (9 x 6,20 mètres). On y trouve encore les 9 postes à espader le lin dont certains sont en mauvais état. L'espadage consiste à battre les tiges de lin, après leur broyage, pour séparer le bois des fibres. Sous ces postes se trouve la fosse à étoupe et chènevotte que l'ouverture sur la façade nord-ouest permet d'évacuer vers une roue située dans un bâtiment accolé, aujourd'hui disparu. La dernière salle, dite salle des peignages, ne communique pas avec les autres, on y accède par le pignon nord-est. C'est là que la filasse est peignée. Derrière le bâtiment se trouve une cuve à diésel, le support pour un moteur (qui permettait de prendre le relais quand l'eau manquait dans la rivière) ainsi qu'une fosse (sans doute pour un broyeur à cylindres). La roue du moulin est une roue métallique à aubes, de type Sagien, qui mesure 6,40 mètres de diamètres et 2,80 mètres de largeur (roue de poitrine) dont les pales ont disparu. Le bief du moulin, toujours visible, est aujourd'hui asséché.
Un second bâtiment mesure 20,30 x 8,00 mètres. Sa façade est orientée vers le nord-est. Il s'agit sans doute d'une dépendance de l'usine moderne, transformée en remise. Dans la cour, les traces de l'usine moderne sont visibles entre ces deux bâtiments. De l'autre côté de la route, se trouve l'ancien magasin de filasse dans lequel le lin teillé est stocké avant expédition. Aujourd'hui, il sert de garage.
(Enquête thématique régionale, " Les moulins à papier et papeteries industrielles de Bretagne" Caroline Leroy-Déniel, 2015)
Roue hydraulique innovante
Cette roue est toujours visible sur le site. Il s’agit d’une roue de poitrine de type Sagebien, du nom de son inventeur, l’ingénieur Alphonse Sagebien, qui conçoit ce modèle en 1850 avant de le mettre en œuvre à partir des années 1860, notamment dans le nord de la France. Contrairement à la roue « en dessous », la roue de poitrine canalise l’eau à mi-hauteur, dans des augets latéraux, ce qui améliore considérablement son rendement. La spécificité de la roue Sagebien réside dans l’orientation de ses pales : elles ne sont pas disposées radialement, mais inclinées de façon à ce que l’aube entre dans l’eau avec un angle d’environ 45°, optimisant ainsi la force motrice exercée par le poids de l’eau, même à faible vitesse. Ce système limite les pertes d’énergie et assure une meilleure efficacité hydraulique. La première roue Sagebien est installée à Ronquerolles (Oise) vers 1860. Celle du moulin de Pont-Pol, bien que non datée précisément, aurait été installée après 1870. À cette date, on ne recense qu’un seul exemple de son utilisation en Bretagne, à Rennes.
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Murs
- schiste moellon
- granite
- brique
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Toitsardoise
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État de conservationétablissement industriel désaffecté
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Statut de la propriétépropriété de la commune
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Intérêt de l'œuvreà signaler
- (c) Archives départementales du Finistère
- (c) Ville de Plourin-lès-Morlaix
- (c) Ville de Plourin-lès-Morlaix
- (c) Ville de Plourin-lès-Morlaix
- (c) Ville de Plourin-lès-Morlaix
- (c) Ville de Plourin-lès-Morlaix
- (c) Région Bretagne
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- (c) Au fil du Queffleuth et de la Penzé
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- (c) Au fil du Queffleuth et de la Penzé
- (c) Au fil du Queffleuth et de la Penzé
- (c) Au fil du Queffleuth et de la Penzé
Documents d'archives
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Archives municipales de Landerneau : 1S 6
Archives municipales de Landerneau, série 1S 6. Registre journal de la Société linière du Finistère, 1867-1868, p. 48-49
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Archives municipales de Landerneau : 1S 92.
Archives municipales de Landerneau, série 1 S 92. Registres des actionnaires. Assemblée Générale des actionnaires de la Société linière, 1886-1895
Bibliographie
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BOURDE DE LA ROGERIE, Henri. Contribution à l'histoire de la papeterie en France. [8], les Papeteries de la région de Morlaix depuis le XVIe siècle jusqu'au commencement du XIXe siècle. Editions de l'Industrie Papetière. Grenoble, 1941. 61p.; 23cm.
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KEMENER, Yann-Ber. Moulins à papier de Bretagne. Skol Vreizh. Morlaix, 1989. 84p. ISBN 2.903313-22-9
-
KORT (de), Fons. Pont-Pol, moulin à papier moulin à teiller. Kort (de), Fons, Imprimerie de Bretagne. Morlaix, 1988. 40p.
-
CHASSAIN, Maurice. Moulins de Bretagne. Keltia Graphics. Spézet, 1993.
-
POULIQUEN, Gilles. Les moulins en Bretagne, Coop Breizh, Spézet, 2005.
-
CAROFF Jean. Moulins à papier et familles papetières de Bretagne du XVè siècle à nos jours. Les éditions du CGF et du Queffleuth. Saint-Thonan, 2015. 364 p. ISBN 978-2-9552574-0-1
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BLAVIER Yves, La Société linière du Finistère. Ouvriers et entrepreneurs à Landerneau au XIXe siècle, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, 1999, 247p.
Chargée d'études Inventaire
Chargée d'études Inventaire