Dossier d’œuvre architecture IA00131008 | Réalisé par ; ;
Boisson Enora (Enquêteur)
Boisson Enora

Dans le cadre d'un stage de fin d'études de Master en Gestion et Mise en valeurs des œuvres d'arts

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  • enquête thématique départementale, Inventaire des églises et chapelles d'Ille-et-Vilaine
  • enquête thématique régionale, Inventaire des lieux et objets de pardon et de pèlerinage en Bretagne
Chapelle Notre-Dame-de-la-Peinière (Saint-Didier)
Œuvre étudiée

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Ille-et-Vilaine - Châteaubourg
  • Commune Saint-Didier
  • Lieu-dit la Peinière
  • Cadastre 1981 A1 142
  • Dénominations
    chapelle
  • Précision dénomination
    chapelle de pélerinage
  • Vocables
    Notre-Dame-de-la-Peinière
  • Parties constituantes non étudiées
    fontaine, sanctuaire de plein air

Un oratoire dédié à Notre-Dame est mentionné dès le 17e siècle. Devant l'affluence des pèlerins, il est reconstruit une première fois entre 1839 et 1840 et de nouveau entre 1895 et 1900, par l'architecte Henri Mellet, à l'initiative de Jean-Baptiste Huchet, recteur de la paroisse de 1871 à 1900, dont l'autel funéraire est actuellement visible dans une absidiole.

D'après l'abbé Renault, le père Huchet fait "englober le vieil oratoire dans le nouvel édifice", permettant au pèlerinage de ne subir aucune interruption. On construit la tour et les sacristies en premier, dans lesquelles un autel est aménagé. Quand on détruit le vieil oratoire avant de commencer la construction de la nef, cette chapelle improvisée devient le lieu de rendez-vous des pèlerins pendant deux ans.

Bâtie au milieu des champs, la nouvelle chapelle se trouve encaissée et l'accès en est également rendu difficile par l'humidité du terrain détrempée par le ruisseau et l'eau de la fontaine. Une campagne de déblaiement est alors initiée à l'hiver 1899 mais terminée l'hiver suivant seulement.

Différentes photographies témoignent de ce premier état des abords de la chapelle. Y apparaissent des arbres devant l'entrée mais aussi des bâtiments anciens qui ont soit disparu depuis, soit été très lourdement remaniés comme la maison la plus proche du perron (aujourd'hui la librairie, dont seule une niche en façade témoigne de l'identité avec un bâtiment visible sur des vues du début du 20e siècle).

Toujours très vivant au milieu du 20e siècle, le pèlerinage nécessite la construction d'un sanctuaire de plein air, appelé "podium", en 1956. La chapelle et le "podium", situé à 150m à l'ouest, sont reliés par une large allée bordée d'arbres. Devant la chapelle, l'esplanade en contrebas de l'allée, s'y connecte par deux emmarchements.

La chapelle Notre-Dame-de-la-Peinière présente un plan original qui associe une nef octogonale, un chœur carré supportant la tour-clocher et à l'arrière de ce choeur, une grande sacristie en forme de croix, assez vaste pour accueillir un autel dans la chapelle absidiale.

Comme l'édifice qu'elle remplace, la chapelle achevée en 1900 est précédée d'un perron qui met à profit la déclivité du terrain pour monumentaliser l'entrée. Ce perron distribue deux larges rampants d'escalier, fluidifiant la circulation des pèlerins. Il doit aussi permettre de faire la messe en plein air, les jours de grande affluence. Il abrite une fontaine orné d'un groupe statuaire représentant la Déploration du Christ.

L'abbé Edouard Renault (1907), attribue à l'architecte de la chapelle, Henri Mellet, la description suivante du programme (sans préciser sa source) :

"Il s'agissait de construire à la place de l'oratoire de 1840, une chapelle plus grande qui permît d'abriter des pèlerins toujours plus nombreux et d'y placer plusieurs autels pour permettre aux prêtres venant dès le matin d'y célébrer le Saint-Sacrifice. Ces conditions imposées déterminèrent l'architecte à construire une nef octogone, destinée aux pèlerins et entourée d'absidioles demi-circulaires contenant des autels. Cette disposition existe dans plusieurs églises ou chapelles des XIe et XIIe siècles".

Canoniquement (c'est-à-dire conformément aux règles de l'Eglise), il est impossible de célébrer plusieurs messes sur le même autel dans la journée, d'où la nécessité d'ajouter ici des autels secondaires au maître-autel. L'architecte invoque aussi la référence à l'architecture romane pour expliquer le plan de la chapelle.

Hélène Guéné et François Loyer ont montré que ce projet d'église octogonale avait en réalité été proposée une première fois dès 1893 pour la commune de Saulnières qui pour des raisons économiques avait dû l'abandonner (L'Eglise, l'Etat et les architectes. Rennes 1870-1940). Le modèle en était l'église romane de Saint-Michel d'Entraygues en Charente, restaurée par Paul Abadie à partir de 1848, et dont un calque a été retrouvé dans les archives d'Henri Mellet.

Ce dessin est aussi à rapprocher de celui de la chapelle Notre-Dame-de-Beauvais, au Theil-de-Bretagne (35), construite dans ce même style néo-roman entre 1893 et 1894 par Henri Mellet, qui présente également un plan centré (c'est-à-dire un plan massé et symétrique de part et d'autre de plusieurs axes et non un plan basilical). L'église paroissiale voisine Saint-Pierre de Châteaubourg, édifiée entre 1889 et 1902 sur des plans d'Arthur Regnault, offre un parti comparable.

De manière générale, le plan centré ou ramassé, connait à la fin du 19e siècle et au 20e siècle une certaine vogue, en particulier dans les édifices de pèlerinage, que Jean-Michel Leniaud attribue à la volonté des constructeurs de faire référence aux martyria paléochrétiens et à la déambulation autour du tombeau ou des reliques de saints martyrs.

L'aspect extérieur de la chapelle est celui d'un édifice octogonal de 12 m de diamètre, éclairé de 8 baies cintrées étroites et hautes, accosté d'absidioles et dominé par son haut clocher carré, percé au niveau de la chambre des cloches d'un triplet de baies. Les volumes comme leur étagement mais aussi le décor architectural mis en œuvre (chapiteaux, voussures, modillons) quoi que fort simple, lui confèrent une allure néo-romane affirmée.

A l'intérieur, la nef est couverte d'une coupole octogonale qui est supportée par de fins pilastres retombant sur 8 colonnes monolithes de granit bleu. Le décor se concentre sur leurs chapiteaux richement ornés, dus au sculpteur rennais F. Frayard et sur ceux des colonnettes cantonnant les petites baies des absidioles. Sur le mur de la nef, au-dessus des arcs, des rosaces à 8 lobes restent en attente de décors jamais réalisés (d'après l'abbé Renault, étaient prévus des "tableaux du chemin de croix, d'ex-voto ou de blasons des évêques qui visitèrent la Peinière"). Une petite tribune en bois posée sur des corbeaux de pierre et destinée initialement à accueillir un harmonium, des musiciens et des chanteurs, surplombe l'entrée. L'avant-choeur et le maître-autel dans son choeur carré font face à cette tribune.

Les deux absidioles adjacentes au choeur sont éclairées de verrières dues au maître-verrier parisien Félix Gaudin (1851-1930). Elles abritent les autels de Notre-Dame-de-Lourdes et de Sainte-Anne. De même que le maître-autel, ils ont reçu des décors de mosaïque réalisés par Isidore Odorico père (1845-1912). Les deux absidioles suivantes sont ornées de vitraux sortis des ateliers rennais d'Emmanuel Rault (1874-1932), consacrés au nord à saint Jean-Baptiste, saint patron de l'abbé Huchet qui dirige la reconstruction de la chapelle et au sud, au Christ ressuscité. Les deux absidioles encadrant l'entrée accueillent pour l'une un confessionnal (avec la Samaritaine à la fontaine) et pour l'autre un ensemble de plaques ex-voto dont certaines proviennent de l'ancienne chapelle.

  • Murs
    • grès
    • calcaire
    • granite
    • moyen appareil
    • pierre de taille
    • appareil mixte
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    1 vaisseau
  • Couvrements
    • voûte d'ogives
    • cul-de-four
    • coupole
  • Couvertures
    • toit à longs pans
    • appentis
    • flèche carrée
    • croupe ronde
    • noue
  • Typologies
    style néo-roman ; chevet arrondi ; chapelles latérales avec absidioles
  • Techniques
    • vitrail
  • Représentations
    • saint
  • Précision représentations

    Sujet : Saint Pierre, sainte Elisabeth, saint Francois, sainte Jeanne d'Arc, saint Goulven, sainte Anne, Christ, saint André, sainte Thérèse, saint Joseph, Vierge, saint Ignace de Loyola, saint Michael ; support : verrières.

  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Documents d'archives

  • Village de la Peinière en 1830, extrait du cadastre ancien, section A1 de la Roche, 3 P 5488

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 3 P 5488
  • Plan d'ensemble du terrain de construction de Notre-Dame-de-la-Peinière, 1899, fonds Joseph des Bouillons 4J Saint-Didier/9

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 4J Saint-Didier/9

Bibliographie

  • RENAULT, Edouard, Histoire du pèlerinage de Notre-Dame de La Peinière, paroisse de Saint-Didier, Diocèse de Rennes, Rennes, H. Vatar, 1907, 224p.

    Bibliothèque des Champs Libres (Rennes) : 91451 FB
  • POISSON, Henri (abbé), Notre-Dame de la Peinière, VIe édition, Saint-Brieuc, Les Presses bretonnes, 1977, 50p.

    Bibliothèque des Champs Libres (Rennes) : D.L.30830
  • LOYER, François, GUENE, Hélène. L'Eglise, l'Etat et les architectes, Rennes 1870-1940, éditions Norma, 1995.

  • Leniaud, Jean-Michel, Les basiliques de pèlerinage en France et leur architecture (XIXe-début XXe siècle). In: Mélanges de l'École française de Rome. Italie et Méditerranée, tome 117, n°2. 2005. Sanctuaires français et italiens dans le monde contemporain. pp. 487-496;

    [Consulté en ligne sur persee.fr le 05/01/2026]

Périodiques

  • FERRIEU, Xavier, « Notre-Dame de la Peinière », Bulletin & Mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, t. CX, 2006, p. 45-122.

    Bibliothèque des Champs Libres (Rennes) : DL 109123
  • BLOT, Roger, Eglises en Ille-et-Vilaine, "Notre-Dame de la Peinière en Saint-Didier", n°249, janvier 2014, pp.28-29.

    Bibliothèque des Champs Libres (Rennes) : DL 302430

Documents figurés

  • /Fonds Joseph des Bouillons 4J Saint-Didier/9

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 4J Saint-Didier/9

Annexes

  • Annexe n°1
Date(s) d'enquête : 1992; Date(s) de rédaction : 1993, 2026