La paroisse de Monthault dépendait de Saint-Melaine de Rennes alors que les paroisses voisines de Villamée et Poilley dépendaient du Mont Saint-Michel et Louvigné de Marmoutiers. A l'instar de nombreux autres édifices religieux, l'église de Monthault a connu plusieurs campagnes de construction. Ainsi, les parties les plus anciennes sont le choeur et le porche sud, dont la construction remonte probablement à la fin du 15e ou au début du 16e siècle. La sacristie a été construite au nord en 1632, l'inscription suivante en atteste : L'AN 1632 L'ALLONGE SACRISTIE ET CHANTRERIE FUT BASTIE. Cette sacristie communiquait avec le choeur par une arcade, aujourd'hui murée, percée dans le mur nord de ce dernier. Les croisillons du transept de l'église datent de la première moitié du 18e siècle, plus précisément de 1724 et 1728. Ils portent les armes des comtes de Poilley. La construction de la nef remonte à 1734, une date dans un cartouche en façade ouest en atteste. L'inscription suivante est gravée sur la façade ouest de la nef : "donné par M. Desgranges Recteur de Ceans". Le clocher a été reconstruit en 1899 par l'architecte Arthur Regnault dans un style néo-gothique cornouaillais qu'il affectionnait particulièrement. Ce style n'est absolument pas local et donne par conséquent une certaine originalité à l'édifice. Ce clocher a remplacé un ancien clocher qui datait de 1714 et qui avait été construit par le recteur Desgranges, comme en témoigne l'inscription portée en façade ouest. C'est également lui qui fit édifier les croisillons du transept ainsi que le bas de la nef en 1734. Il semble que tous ces travaux furent réalisés à ses frais. En 1748, il fit paver l'église et la dota d'une horloge. A l'intérieur de l'édifice, dans le haut de la nef, se trouve la pierre tombale de 1682 de l'un des comtes de Poilley : Charles Lecuyer, seigneur de la Céhardière. Les cartes postales du début du 20e siècle témoignent d'une époque durant laquelle le cimetière était encore situé au sud de l'église. Son transfert à l'extérieur du village n'est intervenu qu'au début du 20e siècle. A l'intérieur, les vitraux d'origine ont laissé place à des vitraux contemporains des maîtres-verriers Klein et Jumel de Rennes, réalisés en 1959. L'église a été restaurée en 1997-1998.
(Sabrina Dalibard, enquête thématique départementale, 2009)
Photographe à l'Inventaire