La première église appartenait, au 12e siècle, à l´abbaye bénédictine de Saint-Florent de Saumur en Anjou, même si l´édifice avait été reconstruit au 13e-14e siècle. L´église figurée sur le premier cadastre communal de 1833 ne correspond que partiellement à l´édifice actuel qui a subi des transformations dans les années 1840 puis au cours du début du 20e siècle.
En 1834, la construction d'une tour à l'église paroissiale avait été entreprise mais stoppée en cours de réalisation, faute de ressources. En 1842, la reconstruction de l'église avait commençé par l'ajout d'un clocher, toutefois, en 1904, le manque de solidité de l'édifice impliquait une reconstruction en conservant le maitre-autel, les stalles, le mobilier de sacristie, un porche en granite et une fenêtre. Le projet a été dressé par Arthur Regnault et devait contenir environ 400 places. La chapelle nord du transept, de la Sainte-Vierge, contenait un confessionnal alors que celle du transept sud renfermait l'autel Saint-Joseph et un confessionnal. A l´instar de nombreuses autres églises du département d´Ille-et-Vilaine, celle-ci a donc connu une période de travaux en 1904-1905 d´après les plans de l´architecte Arthur Regnault. En 1904, la reconstruction partielle de l'église était en effet autorisée par l'archevêque de Rennes, Dol et Saint-Malo. Après une visite d'Arthur Regnault, le montant des travaux à réaliser est estimé à 38 650 francs. Cette reconstruction est justifiée par le mauvais état dans lequel se trouvait l'ancien édifice à cette époque et par sa taille trop réduite par rapport à la population de la commune.
Les vantaux de la menuiserie de la porte ouest de l´édifice sont datés 1911. Les travaux ont été réalisés par l´entrepreneur Brunet, à l´initiative du recteur Joseph Louet au début du 20e siècle. La couverture de la tour de l'église est refaite en 1925 par Louis Cornille, architecte d'Avranches.La tour de la façade ouest a été conservée, elle avait été édifiée en 1842 ainsi qu´en atteste une date portée dans un cartouche situé au-dessus de la porte d´entrée ouest. Le clocher ouvert est l´œuvre d´un architecte vitréen du nom de Droyaux. La tour abrite trois cloches, la première de 1864 offerte par Hyacinthe Tumoine, la seconde, la grosse cloche porte le nom de Robin de la Vieuville et date de 1884 et la troisième, la petite cloche date de 1914. De l´ancien édifice visible sur le cadastre de 1833, subsiste le chapitreau du 15e-16e siècle en arc brisé qui se trouve sur la façade sud. Il abrite des pierres tombales dont celle de l´abbé Joseph Louet, commanditaire des travaux de l´église au début du 20e siècle et auteur de l´ouvrage La Chouannerie et le clergé constitutionnel dans un coin de la Bretagne ou les guerres religieuses pendant la Révolution. A l´intérieur de l´édifice, de nombreux éléments du 18e siècle ont été conservés. C´est le cas du retable du maître autel réalisé en granite rose. La chaire à prêcher semble remonter à la même époque, c´est-à-dire au 18e siècle. Les seigneurs du Rocher Portail possédaient un enfeu (niche où est placé un tombeau) dans le choeur.
(Sabrina Dalibard, enquête thématique départementale, 2010)
Photographe à l'Inventaire